E. — CERVELET
Toutes les recherches expérimentales comme les observations cliniques semblent aujourd'hui d'accord sur deux conclusions, en partie négatives, qui constituent ce que nous savons de plus précis sur les fonctions du cervelet : 1" cette masse encéphalique, relativement si considérable sur les animaux supérieurs, ne prend cependant aucune part aux fonctions intellectuelles proprement dites, aux manifestations de la sensilîilité, de la mémoire, de la volonté ; 2^ les fonctions du cervelet sont en rapport avec la motricité.
lo Le cervelet ne prend aucune part aux actes de l'intelligence proprement dite. Mais ne joue-t-il aucun rôle dans le mécanisme de certains instincts? On sait que Gall faisait du cervelet le centre de Vamouv physique, de la passion érotiqi(,c. Malgré des expériences et des observations contradictoires de Leuret, de Ségalas, de Combette et de Vulpian, nous voyons plusieurs arguments empruntés à Texpérimentation et à la clinique par Budge, Valentin, Wagner, Lussana, apporter peut-être quelque apparence de réalité à Thypothèse de Gall, et assigner, mais au lobe moyen seulement (plus constant dans la série animale), un rôle important dans les manifestations et l'exercice de l'instinct génital.
2o C'est essentiellement comme appareil coordonnateur des mouvements, que le cervelet paraît jouer un rôle important. C'est ce qui résultait déjà anciennement des expériences de Rolando et, plus tard, des recherches si nombreuses de Flourens ; c'est ce que confirme l'expérience sur le pigeon et toutes les vivisections portant sur les divei's ordres de pédoncules cérébelleux (ci-dessus, p. 77). Cette manière de voir a été adoptée aujourd'hui par la plupart des physiologistes ; mais quant au mode de fonctionnement de cet appareil coordonnateur, quant aux localisations de ses divers éléments, nous n'avons encore, à ce sujet, que des résultats peu significatifs.
D"une part, on ne saurait plus aujourd'hui regarder le cervelet comme \id CQ\\[re {[Qldi sensibilité musculaire, ainsi que Lussana l'énonçait récemment encore. D'autre part, les faits expérimentaux ne nous donnent que des renseignements négatifs sur les fonctions des parties grises des hémisphères cérébelleux, car les troubles de la coordination locomotrice ne se manifestent que si les parties profondes du cervelet ont été lésées. Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'anatoroie nous montre
une partie du nerf acoustique venant aboutir dans le cervelet, qu'il est probable que cette partie de la huitième paire vient des canaux semi-circulaires et que, si ces canaux doivent être considérés comme des organes périphériques des sens de Téquililiratiou (V., ci-après. Organe des sens), le cervelet, à sou tour, doit être le centre de cette équilibration ou coordination des mouvements.