ARTICULATIONS \Q
de colonne:» ou supports destinés à soutenir le poids du corps. Parfois aussi ils forment autour do certaines cavités une charpente plus ou moins complète destinée à les protéger : telles sont les côtes, le bassin, et, au plus baut degré, la boîte crânienne, formant à la à la masse cérébrale une enveloppe incompressible.
Articulatiotis. — Les parties par lesquelles les pièces du squelette s'unissent les unes aux autres constituent les articulations. Les articulations sont donc, la plupart du temps, des centres de mou vements ; aussi sont-elles disposées de manière à éviter autant que possible les frottements. Les cartilar/es qui revêtent les surfaces articulaires sont compressibles et élastiques, et forment ainsi des coussinets protecteurs qui modèrent les chocs, diminuent les frottements et résistent aux pressions, dans les divers mouvements de la locomotion et dans l'équilibre de la station. Ils sont lubrifiés par une substance liquide, filante, onctueuse, la synovie.
La synovie^ qu'on a à tort comparée aux sérosités des plèvres ou du péritoine, s'en distingue par une viscosité caractéristique due à une grande quantité de mucosine (64 p. 1 .000, d'après Gh. Robin) ^ . Elle ne contient de fibrine que dans les cas d'inflammation (arthrite) ; elle est d'ordinaire d'une coloration jaunâti-e, ou simplement citrine ou) même parfois tout à fait incolore. Les mouvements et les frottements des sui:faces articulaires les unes contre les autres intluent beaucoup sur la composition de la synovie ; chez un animal au repos, ce liquide est très aqueux, paa giuant et pauvre en débris cellulaires. A la suite d'un exercice long- et énergique, le liquide devient épais, gluant, plus riche en synovino ou tnacosine (V. Physiologie des surfaces muqueuses : épithéliums) et en débris épithéliaux (Frerichs). La synovie, ainsi formée, jouit d'une grande force de cohésion et adhère très énergiquement aux surfaces qu'elle enduit. 11 en résulte qu'à la rigueur ce ne sont pas les cartilages, mais ces couches liquides qui se meuvent les unes sur les aulre>-. de sorte que le frottement est à peu près nul. Ce n'est que dans certains cas de maladies que la synovie disparaît et que le frottement commençant alors à se reproduire, amène rapidement l'usure et la déformation des couches cartilagineuses et osseuses sous-jacentes.
Autour des articulations, se trouvent, outre la capsule articulaire et son èpithélium synovial^ des pièces formées de tissu fibreux résistant, appelées ligaments articulaires. Plus en dehors de l'articulation et autour des muscles, se trouvent d'autres appareils fibreux membraniformes, les aponévroses ; l'ensemble de ces appa-
1 Ch. Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides; 2' édit. Paris, 1874.
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reils sert à limiter les mouvements, et non à maintenir les os en contact.
Les ligaments ne servent à maintenir les os en contact que lorsqu'ils sont situés entre les deux os, comme dans les symphyses. réunissant alors deux pièces du squelette peu mobiles l'une sur l'autre. Mais, dans les articulations mobiles (cUarthroses). les ligaments, situés surtout à la périphérie, ne peuvent empêcher la disjonction des surfaces articulaire, comme on peut facilement le vérifier sur les articulations scapulo-humérales et coxo-fémorales, où les tètes osseuses peuvent être considérablement écartées des cavités correspondantes, malgré l'intégrité de l'appareil ligamenteux. Dans les articulations de ce genre, c'est simplement la pression atmosphérique (Weber) qui détermine l'adhérence des surfaces articulaires. On peut, eu eiiet, sur un cadavre dont on laisse pendre librement le membre inférieur, enlever toutes les parties molles, peau et muscles, qui entourent l'articulation coxo-fémorale; on peut couper enfin la capsule articulaire, sans que le membre cesse d'être suspendu dans la cavité cotyloïde ; un poids additionnel peut même être surajouté sans que l'adhérence soit détruite: mais si, par un trou pratiqué dans Tarrière-fond de la cavité cotyloïde, on laisse pénétrer l'air entre les surfaces articulaires, l'adhérence cesse aussitôt et la tête fémorale quitte sa cavité. Si alors, remettant les os ou contact, on opère quelques mouvements en difierents sens pour expulser les bulles d'air qui peuvent être interposées, et qu'on bouche ensuite avec le doigt le trou artificiellement pratiqué, le membre restera de nouveau suspendu,' tant qu'on empêchera ainsi l'accès de l'air {expériences des frères Weber) ^. C'est donc le vide, le contact intime des surfaces, qui permet à la pression atmosphérique de faire contrepoids aux membres, lesquels se trouvent ainsi supportés sans que les puissances musculaires aient besoin d'être mises en jeu.
Lorsque, en tirant fortement sur les doigts on parvient à en écarter légèrement les phalanges, il se produit un craquement bien connu, dont l'étude précédente nous fournit l'explication ; la force de traction exercée sur les articulations phalangiennes parvient à vaincre la pression atmosphérique et à écarter les surfaces articulaires qu'elle maintenait en contact : mais, au moment de la séparation, les parties molles périphériques sont précipitées par cette même pression dans l'intervalle des deux os ; ces phénomènes sont très brusques et déterminent des vibrations sonores, d'où le bruit de craquement.
Les notions précédentes sur la mécanique des os, des muscles et des
1 G. et E. Weber, Mécanique oes orgnnes de la locomotion chez l'homme, trad. de l'allpmand par Jourdan.