‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 44 sur 219 · FIBRINE · texte numérisé non relu

FIBRINE

<le centres uu nœuds, au niveau desquels le rvseau est plus serré; ces centres mesurant de 1 à 5 (j, présentent, du reste, les mêmes réactions colorées que les fibrilles elles-mêmes. Quand le sang se coajj;ule en masse, la fibrine forme une espèce de masse spongieuse qni contient dans ses mailles toutes les autres parties du sang ; puis, la coagulation se prononçant de plus en plus, la partie liquide se trouve ex[)rimée sous forme de sérum, liquide limpide ou un peu opalin, qui contient l'albumine et les divers sels du liquor ; la masse coagulée, et qui surnage, forme le caillot. Le caillot ne doit i)as être confondu avec le cruor, puisque c'est la fibrine entjlohant le cruor: le mot sérum n'est pas non plus synonyme do liquor, ^mïscine c'est le liquor moins la fibrine.

On ne connaît pas bien les circonstances qui favorisent la coagulation du sang. Le froid la retarde, le contact de l'air l'accélère, et le battage, que l'on emploie pour défibriner le sang, n'agit pas autrement qu'en rendant plus intime et plus étendu le contact de l'air et de la fibrine, d'où rapide coagulation de celle-ci, qui s'attache sous forme de filaments à l'instrument employé pour battre le sang. Les globules paraissent aussi jouer un certain rôle dans ce phénomène, et hâter par leur présence la solidification de la fibrine, et nous avons vu, en effet, précédemment (cidessus, p. 183), que d'après Hayem la fibrine serait produite par la décomposition des hématoblastes. On sait que cette coagulation est retardée par le mélange au sang de substances telles que le sucn^, un sel ou un alcali. Dans ce cas, un certain nombre des glol)ules échappent à l'action enveloppante do

la fibrine et colorent le sérum en rouge, tandis que le caillot est plus pâle et peut même être tout à fait blanc dans ses couches superficielles (couenne) : ces couennes fibrineuses se rencontrent aussi dans certaines conditions pathologiques, par exemple chez les pneunioniques, où l'on voit l'éponge fibrineuse enfermant les globules recouverte d'une couche de fibrine simple, hlanchâtre, lardacée, couenneuse en un mot, et renfermant à sa partie inférieure les glo-

I"''iG. 53. — Tableau schématique d'un sang coagulé avec couenne*.

* «, Niveau du liquide sanguin ; — c, couenne ay;mt la forme dune coupe ; — l, eroûte .'ranuleuse avec les ainas fçranuleux, yuuifonnes des globules blanos; — r, caillot avce les jlobules rouges (cruor etraillot rouge) (Virrhow, Palholoi)ie cellulaire).

[i^g — SANG ET GIRCUI.ATIOX

l)ules ])laiK«. qui. vu leur légèreté, tendent à monter à la superficie du liquide, tandis que les rouges tombent au fond du liquide (fig. 53), Ce phénomène peut avoir deux causes diiférentes, et même indépendantes d'un excès de fibrine : ou bien les globules sanguins (rouges) sont devenus spécifiquement plus lourds, ou bien la coagulation est plus lente. Dans le premier cas, ils n'occupent pas le même niveau du liquide que la fibrine qui surnage et se coagule à part : dans le second, ils ont le temps de se précij iter pendant que la fibrine se coagule lentement. Chez les chevaux, le sang coagulé présente toujours une couenne K

On attribuait autrefois à la fibrine un rôle très important dans l'économie : on la regardait, d'une part, comme la substance nutritive par excellence, comme une albumine perfectionnée : d'autre part, on confondait la coagulation avec l'organisation, à cause de l'ap-

i La question de la coagulation du sang soulève encore tous les jours quantité de travaux qui n'ont pu cependant nous donner encore une théorie satisfaisante de ce phénomène. Aussi nous en tiendrons-nous encore à la ';héorie de Denis (de Commercy) et de Schmidt, théorie que nous exposons plus loin (p. 191), parce qu'elle ne peut être comprise qu'après létude des divers éièuients albuminoïdes du plasma. Mais nous donnerons cependant ici quelques indications sur les travaux les plus récents entrepris à ce sujet.

1" Pour Arm. Ga.u.[ïer {Chiniie appliquée à la physiologie, etc., Paris, ISTi, t. I, p. 509), la coagulation du sang est due à une réaction produite par la paraglohuline, substance exsudée du globule rouge. Tout ce qui peut faire extravaser la paraglobuline, c'est-à-dire diminuer la vitalité du globule, hâte, en effet, la coagulation du sang ; de là la coagulation plus rapide jnr le battage, etc.

2° Pour Mathieu et Urbain [Comp. rend. Acad. des sci^/ices, 14 sept. 1874), c'est l'acide carbonique qui, en se portant sur la fibrine dissoute dans le plasma, la transforme en fibrine coagulée. En effet, du sang privé rapidement de tout l'acide carbonique qu'il renferme, ne se coagulerait pas, à moins qu'il ne se trouve de nouveau en contact avec de l'acide carbonique.

3° M. Glénard {Contribution à l'étude des causes de la coagulation spontanée du sang à son issue de l'organisme, thèse, Paris, 1S75), sans donner une théorie de la coagulation, a cherché à bien préciser les causes qui influent sur elle et a réalisé dans ce sens une expérience intéressante qui aura certainement son influence sur les théories à venir. "Voici cette expérience :

Lorsque sur un animal vivant (cheval, bœuf) on enlève un segment artériel ou veineux plein de sang et qu'on le conserve à l'air, le sang ne s'y coagule pas, quelle que soit la capacité du segment. Après un temps variable, en relation avec le volume du vaisseau et la masse du sang conservé, le segment sèche au point d'offrir la consistance de la corne. Si, à cet état, on reprend le sang ainsi transformé parla dessiccation et qu'on le désagrège dans l'eau, il s'y dissout, et cette solution est susceptible de se coaguler spontanément en masse, M. Glénard en conclut que la coagulation du. sang est causée par le contact des corps étrangers (parois du vase où il est reçu); cette influence coagulatrice du contact des corps étrangers est d'autant moins grande que. par leur structure physique, ces < orps étrangers .se rapprochent davantage de la structure physique du vaisseau.

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