‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 45 sur 219 · DU SANG — SERUM · texte numérisé non relu

DU SANG — SERUM

parente Structure fibreuse que preud la tibriue coagulée (V. fig:. 78, ei-après, p. 249), Mais il est reconnu aujourd'hiii que la fibrine est loin d'avoir cette importance : elle est rare dans les matières les plus nutritives, et sa quantité dans le sang n'est pas en raison directe de la vigueur du sujet; au contraire, on la voit s'accumuler • lans le sang après le jeûne, après une marche épuisante, dans les maladies qui amaigrissent, dans les cas où la nutrition languit, dans la chlorose, etc. Elle est plus abondante chez l'adulte que chez l'entant. Quand on saigne un animal et qu'on lui enlève ainsi beaucoup de fibrine, on peut constater qu'après [leu de temps la fiiirine s'est reproduite. Ainsi doue cette fibrine ne vient pas du dehors, elle se forme dans l'organisme, et l'étude des circonstances où sa proportion augmente prouve qu'elle constitue une sorte de déchet organique. En efièt, le sang qui revient d'un muscle est d'autant plus riche en fibrine que le muscle a plus travaillé, qu'il vient, jtar exemple, d'être soumis à la galvanisation. La fibrine est donc bien déjà une forme excrémentitielle des produits de nutrition des tissus, se rencontrant avec d'autant plus d'abondance que le tissu a une nutrition plus active. Il est difficile de dire où disparaît, où va se détruire cette fibrine On a prétendu que le sang qui sort du foie ne contient plus de fibrine, mais c'est là une erreur. Le sang du foie est tout aussi riche en fibrine que celui de la rate, que celui des muscles, et il n'eu parait dépourvu dans les analyses que quand on laisse la bile se mêler au sang extrait de ce viscère (Vulpian). On constate flans le sang un excès de fibrine toutes les fois qu'il y a exagération de travail, de combustions organiques : il y a donc hyperinose dans toute inflammation : cette hyperinose est tout à fait secondaire, et ne joue nullement le rôle de cause vis-à-vis de l'état de fièvre ou d'inflammation. Dans les épanchements, on ne trouve de fibrine que si les tissus voisins sont dans un état d'inflammation capable de donner lieu à im excès de ce déchet organique : ainsi le liquide d'un hydrothorax ne contient pas de fibrine; celui d'une pleurésie en est, au contraire, très riche, etc.

Le liquide qui reste après la coagulation de la fibrine constitue le sérum. Ce sérum contient les substances albumiuoïdes non spontanément coagulables dans une proportion considérable, avonsnous dit (70 à 75 grammes pour 1.000). La principale de ces substances albuminoïdes est celle qui a reçu le nom de serine; la serine présente de grandes analogies avec l'albmninoïde de l'œuf, mais elle est plu? endosmotique et se coagule à une température un peu plus élevée l'O*^ au lieu de 60"^). Les autres matières albumiuoïdes sont eu proportions bien moins considérables : ce sont la yara-

glohuline (de Scbmidt) et les peptones qui proviennent de l'absorption intestinal.

Le sérum contient des matières grasses, plus dans le sang veineux que dans l'artériel, plus après raLsor})tion digestive qu'après l'abstinence. En général, le sérum contient de 2 à 4 p. 1.000 de graisse, ce qui fait pour 1 litre de sang, moyenne 1,4.

On trouve encore dans le sérum une substance que l'on rapprocbait autrefois des matières grasses, mais que la cbimie a montrée analogue aux éthers et aux alcools; c'est la cholestérine (0,1 p. 1.000).

C'est encore dans le sérum que nous trouvons ces composés désignés sous le nom de matières extractives^ et qui sont aujourd'hui bien déterminés, comme: 1 sucres; le sang normal, ainsi que l'a montré Cl. Bernard, contient toujours du sucre qui provient essentiellement des transformations glycogéniques dont le foie est le siège (V. Digestion, fonctions du foie) y 2^ des alcools [cholestérine citée plus haut) ; 3» des acides gras volatils : ce sont peut-être ces acides qui, particuliers à chaque animal, donnent lieu, quand on traite le sang par l'acide sulfuriqiie, à une odeur caractéristique au moyen de laquelle on a prétendu pouvoir distinguer nettement le sang de l'homme de celui des animaux, et même le sang de l'homme de celui de la femme; 4» Yurje ei Y acide uriqite, produits excrémentitiels destinés à être rejetés et dont la rétention dans le sang amène le.s troubles les plus graves : telles sont encore la créatine, la créatinine, leucine, xanthine, hypoxanthine, dérivés azotés.

Nous devons encore citer ici des matières colorantes provenant sans doute des globides et destinées à reparaître dans quelques sécrétions et particulièrement dans la bile.

r.es sels contenus dan>^ le sérum (et, par suite, dans le liquor) >r,nt tout autres que ceux que nous avons signalés dans les globules • Le sérum renferme à peu près 6 à 8 ]>. 1,000 de sels, dont la plus grande partie a bases alcalines. La base qui domine dans le liquor est la soude (chlorure de sodium, 3 à 5 grammes p. 1.000; carbonate de soude, 1 à 2 grammes p. 1.000, etc.). Le sérum est très alcalin, et la nécessité de cette réaction se conçoit facilement .<i l'on songe à toutes les réductions qui doivent se faire dans ce liquide. Il est, du reste, peu de métaux dont la présence n'ait été soupçonnée dans le sang (liquor et cruor); on en a retiré du fer et du manganèse ; on y a trouvé parfois du. cuivre^ qu'il faut peutêtre considérer comme normal ; on prétend même y avoir rencontré de l'arsenic : ce n'est que rarement qu'on y a vu du plomb ; mais cène sont là que de simples curiosités chimiques.

Gaz du sang. — Le sang ne contient pas seulement des solides .et des liquides, il contient ayssi des gaz. Considéré au point de vue

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delà respiration, le sang est une vôritablo solution gazeuse : 1" Nous avons tléjà vu qu'une certaine quantité (Voxyr/ène avait pour véhicule le i>:lol3ule rouge. Une moins forte i)roportion de ce même (j:az est dissoute dans le liquor. 2'' Quant à Vacide carbonique, il est tout entier contenu dans le sérum, partie à l'état d(! dissolution, partie combiné avec les carbonates alcalins qui pas.sent ainsi à l'état de bicarbonates (Emile Fernet) ^. L'étude complète des gaz du sang sera faite à propos de la respiration ; nous verrons ainsi que le sang est essentiellement le véhicule des gaz qui servent aux combustions intimes des tissus ou qui proviennent de ces combustions. Nous dirons seulement ici qu'en moyenne le sang contient en volume de 40 à 45 p. 100 de gaz qui se répartissent ainsi :

Sang artériel : oxygène =16 acide carbonique : =28 Sang veineux : oxygène = 8 acide carboniqne : r= 32

Appendice (V. p. 188). — La question des substances albuminoïdes du sang est une de celles qui ont donné lieu au plus grand nombre de imvaux, et cej^iendant elle est loin d'être complètement élucidée. Il est |)ri)uvé aujourd'hui que la fibrine ne provient pas des globules, comme '»ii le croyait tout d'abord; qu'elle ne re])résente pas une substance ili^soute dans le sang, soit à la faveur du chlorure de sodium, soit à la faveur de l'ammoniaque (Richardson), quoique l'action fluidifiante de ces substances soit incontestable. Robin et Verdeil avaient déjà montré (1851) 2 que la fibrine ne préexiste pas dans le sang comme suljstance concrète, mais que son état normal est l'état liquide, qu'elle n'abandoMiie d'ordinaire qu'en dehors de l'économie. Mais aujourd'hui on est aile plus loin, et les études récentes, encore bien incomplètes sans doute, tendent à la faire considérer comme le produit d'un dédoublenient, en même temps qu'elles précisent ses rapports avec les autres substances albuminoïdes qui l'accompagnent dans le liquor du sang. p]n effet, une série de recherches fécondes en applications patholoi;iques ont donné des résultats tellement semblables à Denis (de Gommercy) eu France, et à Schmidt en Allemagne, que nous ne pouvons nous dispenser de les résumer en quelques lignes, pour compléter l'étude du sérum.

D'après Schmidt et Denis (de Gommercy), la partie albumineuse du sang se compose de deux substances : l'une, la serine (52 p. 1.000 de sang), n'est coagulable que par la chaleur et les acides; l'autre, la plasynine (25 p. 1.000 de sang), est coagulable par le chlorure de sodium, et peut se redissoudre dans 10 à 20 parties de son poids d'eau ; mais de cette solution, comme de la plasmine normale, une partie peut se séparer spontanément et se coaguler: c'est la fibrine concrète (3 à -'i p. 1.000 de sang); l'autre reste dissoute, mais est coagulable par

1 D'après les dernières recherches de P. Bert, tout l'acide carbonique serait dans le sang veineux combiné avec les carbonates : il n'y aurait pas d'acide oçirbonique dissous. (V. le chap. Respiration.)

2 Robin et VejrdeiJ, Traité de cliimie anatqmique.

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le sulfate de magnésie : c'est la fibrine dissoute {22 p. 1.000 de sang). Ainsi la coajrnlatiou du sang résulte du dédoublement de la lilasmine en fibrine dissoute et en fibrine concrète. Tout, dans les variations de la quantité de fibrine du sang coagulé, se réduit à un dédoublement qui partage d'une façon plus ou moins inégale la pkismine en ses deux produits : lorsqu'on trouve un excès de fibrine concrète (par exemple, 8 grammes), il y a alors diminution de la fibrine dissoute (17 seulement dans l'exemple choisi) et vice versa.

Cette manière de voir permet de se rendre compte de tout ce qu'avait encore d'obscur la physiologie comme la pathologie de la coagulation du ■f^ang. Ainsi le sang des veines sus-hépathiques paraît ne pas renfermer lie fibrine ; mais que l'on précipite sa plasmine par le chlorure de sodium, et si l'on dissout ce coagulum dans dans 10 à 20 fois son poids d'eau, on verra spontanément ou par le battage se précipiter la quantité normale de fibrine concrète (2 à 4 grammes) ; la plasmine du sang sus-hépitique contenait donc, comme normalement, les deux espèces de fibrine, mais une cause difficile encore à préciser (V. plus haut, p. 189) en empêchait le dédoublement et nous cachait ainsi l'existence de la fibrine concrète telle qu'elle est anciennement connue. D'autre part, nous- avons reconnu comme règle générale l'augmentation du caillot, de la fibrine dans les inflammations : cependant il est quelques inflammations où l'examen du caillot semblerait indiquer mie diminution dans l'élément coagulable, une hypinose ; mais ici encore, la fibrine concrète l'emporte sur la fibrine dissoute dans la composition de la plasmine. et se révèle immédiatement si l'on parvient par un artifice à provoquer le dédoublement de cette dernière, et la formation du caillot (précipitation par le chlorure de sodium, dissolution en 10 foi^ son poids d'eau, exposition à l'air, battage, etc.). Nous pouvons donc conclure avec Germain Sèe (Pathologie expérimentale : fZé'^ Anémies) que clans les maladies en général, comme dans les anémies, il n'y a pas réellement excès ou défaut de fibrine, mais une plasmine plus ou moius parfaite, plus ou moins facile à dissocier en deux éléments qui se partagent d'une façon variable sa composition. Enfin, pour Vulpian, toute la partie albumineuse du sang forme probablement un composé, dont la serine, la plasmine (et ses deux éléments), sont un produit de dédoublement, comme l'alcool et l'acide carbonique sont le produit du dédoublement du sucre. Cette manière de voir jette un grand Jour sur la pathogénie des albuminuries, particulièrement des albumiimries par altération de l'albumine du sang, et des albuminuries expérimentales après ingestion ou injection d'albumine, même de l'albumine retirée précédemment du s uig de l'animal. (Expériences de Cl. Bernard, de Stokvis, de Calmettes.)

Résume sur le sang. — Vv'mQi^aXe humeur constituante. Milieu intérieur. — Réaction toujours alcaline; saveur légèrement salée.

Le corps humain renferme en moyenne de 5 à 6 litres de sang.

1 litre de sang se compose à peu prés de 2 parties égales de cruor (globules) et de liquor (plasma). (Exactement: 446 de globules pour 554 de plasma,}

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