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du ventrifulc. C'est ([u'en edet, do la contraeliou des muscles papillaires il résulte d'abord rallon^'emeut du cône auiiculaire, dont ensuite les l)ords libres se rapprochent. Eu même temps que ce cône creux desc«Mid dans le ventricule, les parois de celui-ci se contractent, se rapprochent de lui, de sorte que l'aiipareil auriculoventriculaire agit conuno une sorte de piston creux qui pénètre dans le ventricule, se rapproche de ses parois, en même temps que ces parois se rapprochent de lui, et c'est ainsi que le ventricule (fig. 57) arrive à se vider complètement, le contact devenant parfait entre ses parois et le prolong-ement auriculaire.
11 résulte de ce mécanisme simple, et cependant si longtemps méconnu, qu'il ne peut se produire aucun reflux de sang vers l'oreillette ; lien plus, il y a une sorte d'aspiration que l'oreillette, grâce au mécanisme que nous venons d'étudier, exerce sur le sang veineux, puisque sa cavité se prolonge de plus en plus dans le ventricule. On voit en même temps que, dès la fin de la systole ventriculaire, le canal allongé, lo cône plus ou moins creux qui fait eommimiquerle ventricule avec l'oreille, est déjà plein de sang, et qu'il suffira de la faible et rapide contraction de l'oreillette pour chasser ce sang dans le ventricule et en amener la réplétion.
Presque tous les ouvrages classiques admettent sans discussion la ihéorie de rocclusion des orifices auriculo-ventriculaires par un simple mécanisme de soupape, de valvule, comme pour les orifices artériels (V. plus loin), sans remarquer la complète diff'érence de structure qu distingue les valvules auriculo-ventriculaires des valvules sigmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire ; cette théorie est devenue, jusqu'à un certain point, la propriété de Chauveaii et Faivre, par les belles expériences qu'ils ont si souvent répétées sur des chevaux foudroyés par la section du bulbe et chez lesquels on entretenait la respiration artificielle : « Si dans ces circonstances on introduit le doigt dans une oreillette et si l'on explore l'orifice auriculo-ventriculaire, on sentira, au moment où les ventricules entrent en contraction, les valvules triglochines ou Iricuspides se redresser, s'aflfronter par leurs bords et se tendre de manière à devenir convexes par en haut et à former un dôme niulticoncave au-dessus de la cavité ventriculaire i. » Cette constatation ne Iburnit pas toujours des résultats aussi nets, et le doigt ainsi introduit a donné des sensations tout autres à un grand nombre d'observa. teurs.
La théorie que nous avons adoptée est la seule qui tienne compte de la présence et de la disposition des muscles papillaires ; indiquée d'abord par Parchappe (1848), cette théorie a été surtout développée par Burdach, puis par Purkinje et Nega (1852), et plus récemment par Malherbe (de Nantes) et Fossion; elle a été admise par J. Béclard
1 Ghauveau et Faivre, Gazette médicale de Paris, 1S56.
{Physiologie, 7e édition, 1880, page 230)1. Aujourd'hui il nous paraît donc incontestable que la contraction des muscles papillaires transforme le cône auriculo-ventriculaire, c'est-à-dire Tinfundibulum laissé entre les parois opposées des valvules, en un véritable cordon tendineux à travers les interstices duquel le san.tr ne saurait se frayer un passage pour refluer vers l'oreillette.
Que devient le sang ainsi pressé outre les })arois du ventricule? Le sang ue pouvant retourner vers l'oreillette, doit s'échapper par l'orifice artériel de cette cavité (artère pulmonaire ou artère aorte). Mais il faut remarquer que les artères aorte ou pulmonaire sont déjà, par la contraction précédente, pleines de sang soumis à une pression considérable et que l'on peut évaluer à 1/4 d'atmosphère (V. plus loin). On conçoit que pour surmonter cette pression il faut une grande énergie de la part du ventricule : aussi sa contraction se fait-elle lentement et avec force. A l'inverse de ce que nous avons vu pour l'oreillette, la systole tentriculaire présente une durée très appréciable ; c'est pour cela aussi que les parois des ventricules sont beaucoup plus épaisses que celles des oreillettes, et d'autant plus épaisses que la résistance à vaincre est plus considérable, celles du ventricule gauche plus épaisses que celles du droit.
Ainsi l'artère pulmonaire (ou l'aorte, ventricule gauche) se trouve forcée d'admettre le sang que le ventricule lance dans son intérieur. Le ventricule se vide complètement ; de^ lors rien ne sollicite plus sa contraction et il se relâche. C'est à ce moment que le cœur se repose. D'une manière générale le cœur présente trois temps dans sa révolution : 1° systole auriculaire ; 2^^ systole ventriculaire ; 3° repos général. La durée typique que nous avons assignée à ces trois temps (V. le tableau p. 207) peut beaucoup varier selon les circonstances, selon les individus et encore selon les animaux exa-
1 Telle est la théorie à laquelle est arrivé, en en précisant mieux le mécanisme, Marc Sée, dans une belle monographie sur les valvules auriculoventriculaires : « Les muscles papillaires des valvules, dit-il, se contractent en même temps que l'ensemble des parois ventricuiaires ; la contraction des muscles papillaires a pour effet la tension des cordages tendineux et Vabaissemeat des valvules. Cet effet se produit malgré le raccourcissement systolique du diamètre longitudinal des ventricules, admis par la plupart des auteurs. Les muscles papillaires du ventricule gauche sont disposés de faQon à s'emboiler fun dans Vautre et à combler la portion gauche de la cavité ventriculaire. En se contractant, ils attirent à gauche les deux valves de la mitrale, qu'ils appliquent Vune contre l'ardre et contre la jmroi ventriculaire. Dans le ventricule droit, les muscles papillaires appliquent les valvules de la tricuspide à la suface de la cloison. (Marc Sée, Recherches sur Vanaiomie et la physiologie du cœur., spécialement au point de vï(e du fonctionnement des vnlvules auri cv,lo-r entrir-uln ires, Paris, 1875).
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minés: ainsi le troisième temps, celui du repos, est celui qui i)i-ésente le plus de variété ; chez les animaux à sang froid, particulièrement chez les batraciens, le repos constitue un long intervalle entre chaque contraction du cœur .
Mais pourquoi, lorsque le cœur se repose, le sang qui vient d'être chassé dans l'artère ne revient-il pas dans la cavité ventriculaire? C'est que l'orifice artériel (pulmonaire ou aortique) est garni de trois valvules serai-lunaircs ou sigmoïdes, qui se redressent alors sons la pression rétrograde du sang, et ferment complètement l'orifice correspondant ; l'explication de ce mécanisme, évident à la seule inspection d'une pièce anatoniique, n'a pas besoin d'amples développements : vu leur forme en gousset^ dont l'orifice est tourné vers la cavité artérielle, au moment où le sang tendi-ait à refluer, la colonne liquide en retour s'engage dans leur intérieur, les refoule et se ferme ainsi elle-même le passage. Le nodule cVArentius^ placé à la partie moyenne du bord libre de chacune des valvules, a sans doute pour etïèt de rendre l'occlusion plus parfaite.
L'ordre de succession et la valeur relative (durée) de chacune (\e> phases de la révolution cardiaque, ont été établis par Marey d'une manière irréfutable au moyen de la méthode graphique. Cette méthode, dont nous avons déjà indiqué le principe à propos de l'analyse de la contraction nuisculaire (myo graphie), a été appliquée de la manière suivante (cardiograpihie) à l'étude des mouvements du cœur ^. Des ampoules élastiques, pleines d'air, étaient introduites, par les vaisseaux du cou, dans les cavités du cœur (chez le cheval), et se ti'ouvaient par suite comprimées lors de la contraction de la cavité correspondante. Chaque ampoule était conjuguée, par l'intermédiaire d'un long tube en caoutchouc, avec une autre ampoule extérieure sur laquelle reposait un levier ou pointe écrivante : l'ampoule extérieure recevait les impulsions de l'ampoule cardiaque et soulevait le levier à chaque compression de cette dernière, c'est-àdire à chaque contraction. En employant trois ampoules cardiaques introduites l'une dans l'oreillette droite, l'autre dans le ventricule droit et la troisième dans le ventricule gauche, et en conjuguant ces trois ampoules cardiaques avec trois ampoules extérieures et par suite trois leviers, on obtient simultanément sui- le cylindre enregistreur trois lignes ondulées, c'est-à-dire trois tracés, comme le monti'c la figure 58. Le tracé supérieur (Or. D) est celui des
i A Chauveau et Marey, Appareils et expériences cardiogra phiques . Démonstration nouvelle du, mécanisme des mouvements du, cœur par l'emploi des instruments enregistreurs (Mémoires de VAcadémie de méde-cine, 1863, t. XXVI, p. 210.) — P. Loiain, Nouveau Dictionnaire de mèdC' cine et <le chirurgie pratique. Paris, 1867, t VI, art. CARnio'iBAPHiE.
contractions fie l'oreillette droite : le tracé moyen représente celles du ventricule droit (V. le soulèvement de la ligne en m). Enfin le tracé inférieur donne les contractions du ventricule g-auche (soulèvement en m).
On voit, en lisant ces tracés de gauche à droite, que Tordre de succession des systoles auriculaire et ventriculaire est bien tel que
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nous l'avons indiqué, et qu'il en est de même de leur durée relative. Si, en efiét, on compte cette durée en ayant égard au nombre de divisions transversales qu'occupe la base de chaque soulèvement, on voit que le soulèvement de la systole auriculaire correspond à 2 divisions, le soulèvement de la systole ventriculaire à 5 divisions, et le repos total à 3 «livisions : le tout rejjrésente 10 divisions,
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correspondant à toute la révolution cartliaquc (V. \e tableau,
On aurait pu se deniander si ces tracés recueillis sur le cheval étaient applicables à la physiologie du cteur humain. Parmi les nombreuses observations qui légitiment cette application, nous citerons seulement, d'après F. Franck, un cas exceptioimellement favorable pour l'étude de la physiologie du cœur chez l'homme, car la région ventriculaire du coMir faisait tout entière saillie à l'épigastre et permettait, outre les constatations faites par la palpation et l'auscultation, rajtplication simultanée de plusieurs appareils explorateurs. Nous ne MOUS arrêterons ici que sur les résultats fournis par ce dernier mode d'iuvestigation.
En ex})lorant les deux pulsations des ventricules à l'aide de deux explorateurs à tambour, placés l'un à droite et en avant, l'autre à gauche et en arrière de la tumeur ventriculaire. on obtient un double tracé qui montre k la fois le synchronisme des deux ventricules et l'impulsion plus énergique du ventricule gauche. Là pulsation de l'oreillette précède immédiatement la pulsation ventriculaire. Si l'on compare ces tracés recueillis sur l'homme à celui recueilli par ChauveauetMarey sur le cheval, en explorant les pressions intracardiaques. ou constate entre eux une parfaite identité. Au moment de la systole ventriculaire. le tracé de l'oreillette présente des soulèvements secondaires qui on! été attribués pai- Marey aux vibrations des valvules auriculo-ventriculaires. Dans le nouveau tracé obtenu chez l'homme, ces oscillations paraissent très atténuées, sans doute parce qu'on n'a pu explorer que l'extrémité de l'auricule droite *.
Les battements du cœur se révèlent à l'extérieur pcir des signes ([ue nous allons analyser et qui permettent de compter com-uen de fois le cœur se contracte par minute: ce nondjre, qui est de 70 à 75 en moyenne chez l'adulte, varie sekm les conditions d'àg-e, et quelques autres conditions que nous indiquerons à propos du poufs {\. plus loin).
Bruits et choc du cœur. — Dans l'étude qui précède nous avons employé inditlérennnent le^^ mots de cœur droit ou gauche, d'artère aorte ou pulmonaire ; c'est qu'en effet tout ce que l'on dit du cœur droit peut s'appliquer au cœur gauche, et il n'y a pas plus de valvules aux vehies pulmonaires qu'aux veines caves.
Les phénomènes que nous venons d'étudier dans les deux cœurs se révèlent à l'extérieur par des bruits particuliers (premier et tfruj-iciiie brait d't cœxr) et par le choc du cœur; il y a donc «u choc et deux bruits pour chaque révolution cardiaque.
Choc du cœur. — Le cJioc du cœur consiste en un ébi-anlement
1 François Frank, K.topie coagéaitale du cœur : comixiraison de Vej:ameii graphique des mouvements du cœur et de la cardiographie chez les animauT (Compt. rend. Acad des stvV/fVS, 16 et 30 juillet 1877).
que l'on sent contre la paroi thoracique : en appliquant la main vers la sixième côte, en dedans du mamelon, il semble que le cœur est lancé à chaque contraction contre cette paroi, comme un mai'teau sur une enclume. Mais en réalité il n'y a pas de choc dans le sens propre du mot, puisque la pointe du cœur touche en permanence la paroi thoracique, et qu'il n'y a jamais séparation entre ces deux parties ; du reste, on ne saurait concevoir une semblable séparation, car pour remplir le vide qu'elle produirait, pour venir s'interposer entre le cœur et la cage thoracique, il n'y a rien, pas même le poumon, puisque, en général, il y a quatre pulsations du cœur pour un seul mouvement d'expansion du poumon. Il n'y a donc, à chaque prétendu choc, qu'un contact plus prononcé entre le cœur et le point correspondant de la paroi. Pour expliquer ce phénomène, on a invoqué un grand nombre de théories, dont la plus généralement admise est celle de Hiffelsheim, théorie du recuLou choc en retour. On compare le choc du cœur, au moment où le ventricule expulse son contenu, au recul d'un fusil au moment où le coup part. Mais de quelque côté qu'on touche le cœur, on sent ce choc, même quand on touche sa partie inférieure, à travers le diaphragme. Cette simple expérience réfute la théorie du recul qui ne peut s'exercer dans tous les sens. Elle renverse aussi l'explication basée sur un mouvement de redressement de la crosse de l'aorte, sous l'influence de l'ondée sanguine, d'autant plus que le choc du cœur existe même chez les animaux qui n'ont pas de crosse de l'aorte.
On se rend compte du choc du cœur en se rappelant les changements de forme et de consistance que le ventricule subit au moment de la systole : de l'état de relâchement il passe à celui de contraction; il presse avec force sur sou contenu pour le faire pénétrer dans l'arbre artériel qui renferme déjà du sang sous une tension assez forte. Même lorsque la poitrine d'un animal est ouverte, et qu'on saisit son cœur à pleine main, on sent sur toute sa surface se produire ce changement de consistance qui coïncide avec la systole ventriculaire. On sent alors le choc du cœur, comme lorsque la main, placée vers la région cardiaque, ne le perçoit qu'à travers la ])aroi thoracique. Le déplacement, le recula et même la torsion du cœur n'entrent donc que pour peu de chose dans la production du choc : celui-ci est dû essentiellement au changement d'état du ventricule, qui, de flasque et mou, se raidit dans sa totalité pour expulser son contenu.
Le cardiographe de Marey est destiné à transmettre à un levier enregistreur le choc du cœur. Cet appareil se compose d'une capsule en bois (fig. 59) dont les bords s'appliquent hermétiquement à la peau de la région précordiale (du fond de la capsule, s'élève un ressort muni à son