PULSATION ARTÉRIELLE
Ce dicrotisme consiste en un petit soulèvement qui interrompt la lijrne de descente du tracé (tig. 76, en cl), c'est comme une seconde pulsation qui se produit après la première. Les recherches de Marey,
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de Vivenot , de Duchek, ont élucidé le mécanisme de ce phénomène : on l'attribuait d'abord à une onde en retour produite soit par l'abaissemeQt des valvuves sigraofdes, soit par le reflux d'une pulsation qui
ie refléchit à la terminaison de l'aorte sur l'éperon qui résulte de sa bilurcation en deux iliaques. Tout démontre aujourd'hui que le dicrotisme est dû à Télasticilé de l'artère, qui, distendue par la systole ventriculaire. revient à son volume primitif (systole artérielle). La petite ascension qui interrompt la ligne de descente (Hg. 76, d') nous marque précisément le moment ou, comme nous le disions plus haut,
FiG. 76. — Tracé sphygniographique du pouls normal.
l'élasticité artérielle restitue à l'ondée sanguine la force qu'elle avait emmagasinée, et qui se serait perdue, dépensée en frottements dans un tube rigide (V. plus haut. p. 221). Le sphygmographe a encore permis d'étudier nombre d'autres particularités de la circulation: par exemple, dans les grandes inspirations les ondes négatives augmentent tandis qu'elles diminuent dans les fortes pressions du thorax coïncidant avec une expiration énergique ; alors les ondes positives augmenent (V. Respiration). On a cru remarquer que dans certaines circonstances le pouls droit était plus ou moins rapide que le pouls gauche : c'est ce qu'on appelle le pouU différent ; mais ce sont là des faits résultant d'observations erronnées; ces pouls différents ne sont que le résultat de contractions rythmiques accidentelles des muscles satellites des artères, du coraco-brachial, par exemple, s'il s'agit du pouls radial i.
La fréquence du pouls (nombre des battements du cœur) varie avec l'âge : on en compte par minute 140 à 180 chez le nouveauné : 100 à 115 chez l'enfant d'un an : 90 à 100. puis 80 à 85 dans l'enfance et jusqu'à Tâge • de quatorze ans : 70 à 75 chez l'adulte : chez le vieillard, le pouls, loin de se ralentir, prend de la fréquence. Le nombre des battements est plus grand après le repas et surtout après les exercices corporels, plus grand chez les femmes que chez les hommes.
Contractilîté des artères. — Outre ces propriétés élastiques dues au muscle et au tissu jaune, et grâce auxquelles les artères régularisent la circulation générale, ces vaisseaux peuvent encore, par la contraction de leurs muscles lisses, modifier activement leur calibre et par cela même la circulation. Gomme le muscle abonde vers les petits vaisseaux (V. fîg.71, schématique), ce sont surtout les circulations locales qui sont ainsi modifiées, ainsi que nous l'avons sommairement indiqué plus haut (V. p. 221) ; ces variations de diamètre •sont peu sensible sur les artères volumineuses. En général, les ar-
i V. Lorain, Etude de médecine clinique. Du Pouls; 1S70, in-S-,
CIRCIJI'ATION — CAPILLAIRES
térioles se coiitraeteut plus ou moins bien selon qu'elles sont plus ou moins bien nourries. Ces propriétés contractiles sont utilisées en chirur^i \ et les hémostatiques que l'on emploie sont utiles non seulement parce qu'ils coagulent le sang, mais encore parce qu'ils excitent la conti'action des artéiioles et diminuent ainsi leur calibre ; le froid est surtout apte à amener ces contractions, ainsi qu'on peut le vérifier sur le mésentère de la grenouille (expérience de Schwann); les artérioles diminuent dans cette circonstance des 6/7 de leur largeur (fig. 77). A l'état normal, le muscle artériel est tantôt contracté , tantôt relâché :
mais tout eu tenant compte des variations de calibre et des modifications de la oirculation qui en résultent, on ne peut y voir, du moins chez les animaux supérieurs, des contractions rythmiques capables d'aider celles ilu cœur. Le muscle artériel ne prend aucune part aux pulsations: il est purement passif dans ce phénomène, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut.
2*^ Capillaires. — Les capillaires sont des vaisseaux de très petit calibre : dans les plus petits, la lumière est à peine suffisante pour laisser passer un globule sanguin : ces ditiérences de calibre varient selon les régions.
* Contractions irrégulièr*^s de? petits vaiseaux de la membrane natatoire d'une grenouille. La contraction a été provotjuée par une irritation ("Wliarlon Jopes).
FiG. 77. — Contractions des petites artères'.
Dans la peau, les capillaii-es sont gros relativement à ceux du poumon ou du cerveau : aussi, vu la largeur des capillaires des doigts, réussit-on facilement à injecter par les artères les origines des veines du pied ou de la main.
Les capillaires sont formés en général par des parois propres d'une structure très simple : le tissu en est amorphe en apparence, avec des noyaux ; mais il est reconnu aujourd'hui que cette prétendue membrane amorphe est constituée en réalité par de véritables cellules (Auerbach et Eberth) épithéliales, constituées par du protoplasma plus ou moins granuleux et réunies par un ciment intercellulaire amorphe ^ ; cette couche de cellules se continue avec celle qui tapisse la surface interne des artères et des veines (endothéliicm vasculaire) .
D'après ce que nous avons déjà vu, nous savons que d'ordinaire la circulation est continue dans les capillaires, et que l'onde cardiaque ne s'y fait sentir que dans des circonstances exceptionnelles. Nous avons également étudié et expliqué la présence de ce qu'on appelle la couche inerte (V. plus haut, p. 211).
Les capillaires, tels que nous venons de les envisager, forment une portion parfaitement définie du système circulatoire, et leurs propriétés phvsiologigues sont parfaitement distinctes de celles des artères et des veines: nous pouvons, en effet, n'appeler capillaires, avec Kôlliker et G. Morel -, que ces petits vaisseaux qui, sans aucun artifice de préparation, se montrent confine des tubes de substance amorphe, dans lesquels sont enchâssés des noyavx ovales et qui. en réalité, sont formés de cellules distinctes, comme le montrent les imprégnations par le nitrate d'argent. Mais quelques histologistes, et surtout Henle et Charles Robin, comprennent sous cette dénomination et les capillaires proprement dits et les plus fines ramifications des artérioles et des veinules. C'est ainsi que Ch. Robin divise les capillaires en trois variétés: 1» capillaires proprement di^s, caractérisés par l'existence d'une seule tunique homogène avec noyaux, et larges de 0,007 de millimètre (diamètre du globule sanguin) à 0,030 de millimètre; 2" capillaires de la deuxième variété, de 0,030 à 0,070 de millimètre de lari^eur, pourvus d'une double paroi, dont l'interne est la continuation de la précédente, et l'externe est formée de fibres cellules contractiles disposées circulairement : 3" capillaires de la troisième variété, larges de 0,60 à 0,140 et offrant de plus que les précédents une troisième tunique externe, formée de tissu connectif. C'est qu'en effet, entre les artères ou les veines et les capillaires proprement dits, se trouvent des vaisseaux de transition formés par des capillaires revêtus d'une seconde
1 V. Gh. Rouget, Mémoire sur le développement, la structure et les propriétés physiologiques des capillaires. (Archiv. de physioL, 1873, n" 6.)
2 G. Morel, Traité dliistoloaie humaine, normale et pathologique, f^, fis. 1877),