DES VAISSEAUX CAPILLAIRES
enveloppe dite tunique adventice. Il est difficile de refuser à ces jielits vaisseaux le nom de capillaires.
On ne peut donc plus considérer les capillaire.s comme résultant de la fusion bout à bout de cellules dont la cavité deviendrait la lumière, et la membrane deviendrait la paroi du capillaire. Cette manière de concevoir le développement des capillaires, indiquée d'abord par Schwann et Kolliker, d'après leurs recherches sur la queue de jeunes tètar.ls, et que semblaieiit confirmer les expériences de Balbiani sur la cicatrisation et la soudure de ces mêmes animaux, ne peut plus se maintenir devant le fait de l'existence d'un endot hélium dans la cavité du capillaire ; dès lors, il faut considérer cette cavité comme un espace non plus i lit racellulaire , mais bien imiter cellulaire.
Pour bien comprendre le rôle des capillaires dans la mécanique de la circulation, il faut tenir compte de ces connaissances acquises sur la structure de.'î capillaires. Sans doute, les vrais capillaires ne sont pas contractiles, leur structure ne permet pas do leur attribuer cette propriété, et tous les phénomènes de dilatation ou de resserrement qu'on y observe sont purement passifs et résultent de phénomènes semblables dont les artérioles ou les veinules sont le siège actif. Les anciens physiologistes faisaient, avec Bichat, volontiers jouer un rôle actif aux capillaires, qu'ils croyaient très contractiles et qu'ils considéraient comme un cœu7' péripJtérique; la capsule de Glisson, tissu fibreux qui entoure les réseaux vasculaires du foie, était pour eux un de ces organes d'impulsion périphérique destinés à aider l'action du cœur. Après l'étude que nous avons faite de la circulation, il est aisé de voir que la contraction des capillaires, de ces prétendus cœurs accessoires^ serait plutôt un obstacle qu'un adjuvant à la marche du sang. On donnait comme preuve de la contraction rythmique des capillaires les pulsations que l'on ressent dans un tissu enflammé (par exemple, dans le panaris), mais nous avons déjà expliqué ce fait par une dilatation paralytique des petites artères (p. 221). Nous avons vu de même que les agents hémostatiques agissent en amenant la contraction non des capillaires, mais des petits vais.seaux artériels.
Mais si les capillaires ne sont pas contractiles à la manière des artérioles ou de l'organe central de la circulation, il faut cependant ne pas oublier que les parois de ces petits vaisseaux sont composées de globules qui ont, en partie, conservé les propriétés du globule vivant : que ces cellules peuvent changer de forme et modifier ainsi plus ou moins la lumière du vaisseau i. C'est dans ce sens qu'il faut
' Ce sont peut-être aussi ces notions sur la véritable structure des capillaires qui permettront de s'expliquer les phénomènes de diapédèse, si toutefois la réalité de ces phénomènes est bien cçntirmée, On appelle diapédèse
comprendre l'expression de contractilit' des capillaires^ employée récemment par les physiologistes allemands, par Stricker, par exemple. Cet auteur dit avoir observé que les parois capillaires des têtards jouissent d'une contractilité qui se manifeste par des rétrécissements et des élargissements successifs, et il pense être autorisé à attribuer la même propriété aux capillaires des animaux complètement développés.
Les capillaires représentent la partie de l'appareil de la circulaiion dans laquelle a lieu l'échange des matériaux, soit avec les organes, soit aussi (dans les poumons, par exemple) avec les milieux ambiants. C'est au niveau des capillaires que le physiologiste, dans ses expériences, doit porter toute son attention, car, parmi les diverses parties de l'appareil circulatoire, le système capillaire seul présente des rapports immédiats avec les éléments des tissus, seul 41 nous amène à assister aux phénomènes intimes de la vie des cellules : « Les gros vaisseaux, les artères, les veines ne sont que les rues qui nous permettent de parcourir une ville; mais avec les capillaires, nous pénétrons dans les maisons, où nous pouvons observer directement la vie, les occupations, les mœurs des habitants.
« Ainsi quand on introduit une substance toxique ou médicamenteuse dans l'arbre circulatoire, cette substance restera sans effet tant qu'elle ne circulera que dans les veines ou les artères; elle ne commencera à manifester son action que lorsqu'elle arrivera dans les
la sortie des erlobules blancs à travers les parois des petits vaisseaux, sortie dont plusieurs observateurs auraient été témoins, et que nombre de patholégistes admettent comme l'une des sources de la suppuration. Nous avons vu que les globules blancs du sang et les globules du pus étaient identiques; ainsi, du reste, que les globules de la lymphe. On avait donc émis rhyp'>thése que les globules du pus n'étaient que des globules blancs du sang sortis des vaisseaux. Dans ses recherches sur l'inflammation de la cornée et du mésentère de la grenoille, Cohnheim (1869) aurait expérimentalement vérifié cette hypothèse, et aurait assisté à la diapèdèse des globules blancs; Ha3'em a fait les mêmes observations et constaté de plus la diapédèse des globules ronges, surtout sous l'influence d'un excès de pression produit par la ligature des veines. Cette question de physiologie pathologique est trop importante pour que nous puissions nous dispenser de l'indiquer ici; mais nous devons ajouter qu'il s'en faut de beaucoup que les auteurs soient fixés à cet égard. La diapédèse compte aujourd'hui de nombreux partisans dans les écoles françaises : rejetée par Gh. Robin, elle est admise par Vulpian et Charcot; nous devons ajouter que, dans une sérié d'expériences personnelles, nous n'avons pu constater la sortie des globules blancs que dans des circonstances exceptionnelles, et alors que la suppuration, déjà très avancée, avait ramené les parois vasculaires à l'état embryonnaire (V. Mathias Duval et Straus. Archiv. de physiol., 1878; et M. Duval, PreciR de technù/ue microscopique, Paris, 1878, p. 2MJ