‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 58 sur 219 · DES VEINES · texte numérisé non relu

DES VEINES

capillaires, et dans les capillaires baignant les éléments anatomiques sur lesquels elle agit spécialement, les ca[)illaires des masses nerveuses grises centrales, [lar exemple, pour la sti ycbnine, les capillaires du muscle ou des terminaisons périphériques des nerfs moteurs pour le curare, etc. ', »

D'après quelques auteui-s, les iMpillaires ne seraienf pas la seule voie de })assage des artères aux veines : d'après les recherches de Sucquet et de Peau, la commuui*\\tioa du cône artériel avec le cône veineux se ferait parfois saus rintermédiaire de capillaires, à l'aide de petits vaisseaux intermédiaires visibles à l'œil nu, et très riches en éléments musculaires; ces vaisseaux se contracteraient à certains moments, tandis que, dans d'autres circonstances, ils laisseraient, par leur dilatatiou, un passage très facile au sani^' artériel, qui irait directement se jeter dans les veines, la circulation capillaire étant réduite à son minimum: de là le nom de civculntion dérivative. Cette disposition, que tous les anatomistes sont loin d'admettre jusqu'à ce jour (niée pu- Vulpiau),se rencontrerait plus spécialement, d'après Sucquet^, vers l'extrémité unguéale des doigts et des orteils, à la partie antérieure du genou et postérieure du coude, dans la peau des lèvres, des joues, du nez, des paupières, dans la muqueuse des fosses nasales et de la langue.

3*^ Veifies. — Les veines ont à peu près la même structure que les artères : elles s'en distinguent cependant eu ce qu'elles contiennent beaucoup moins de tissu élastique, de sorte qu'elles n'ont aucune tendance à rester béantes, même sur le cadavre, lorsque le sang s'en est écoulé.

Par contre, ces vaisseaux sont très contractiles ; mais l'élément musculaire y est irrégulièrement distribué. Leurs contractions sont très faciles à constater : on peut, par exemple, voir les veines de la main se contracter et se dégonfler sous l'intluence de l'immersion dans l'eau froide : un choc brusque, une légère percussion sur une veine sous-cutanée, y produisent aussitôt une contraction à laquelle succède bientôt une paralysie amenant la dilatation du vaisseau, et l'on voit parfois ces deux phénomènes se reproduire par saccades successives et irrégulières. Ces contractions des veines favorisent la circulation, mais elles n'ont jamais un rythme intermittent et régulier: il n'y a pas réellement systole et diastole proprement dites. La contraction a pour etiét de diminuer le calibre du vaisseau et de chasser le liquide sanguin toujours dans le même sens, vu la présence des valvules dont nous parlerons dans un instant.

Grâce à l'élasticité tles éléments musculaires qui composent leurs

1 Ci. Bernard. Physiologie opératoire. Leçons sur les capillaires^ iST9-

2 Sucquet, Circulation du sang. D'une circulation (tëriViitive dans les ifiembres et dans la tète de l'homme^ Paris, 1868,

parois, les veines sont très dilatables, et on peut dire qu'une de leurs fonctions principales est de se prêter à un facile écoulement du sang des capillaires. Nous voyons donc déjà les veines, outre le rôle de conducteur, prendre de plus celui de réservoir, rôle qui se trouve réalisé à son plus haut degré au sommet du cône veineux, dans l'oreillette. Dans ce Lut, les veine? sont parfois développées en plexus, disposition qui a pour eflfet d'augmenter la capacité de leur ensemble : ces espèces de gô.teaux xeineux peuvent ausssi parfois être destinés à servir à la caléfaclion des parties où ils sont situés, comme nous le verrons pour la choroïde (appareil caléfacteur de la rétine): mais d'ordinaire ils ont pour but d'empêcher la stagnation dans les capillaires : aussi sont-ils disposés et groupés dans des endroits où ils ne puissent être exposés à des compressions, comme, par exemple, derrière le corps des vertèbres (entre ce corps et le grand surtout ligamenteux postérieur). Du reste, la forme ramifiée et les anastomoses de ces plexus sont telles qu'une compression partielle et locale ne saurait entraver la circulation en retour, le sang trouvant toujours un passage facile par les vaisseaux restés libres. Enfin il est des veines dont les parois sont inextensibles et incompressibles, de sorte que rien ne peut y entraver la circulation, et que, d'autre part, elles ne peuvent se gonfler au point de comprimer elles-mêmes les organes voisins : les veines de la dure mère (sinus crâniens) offrent le plus bel exemple de cette disposition.

Les veines sont en général munies de valvules disposées de telle manière que, quand une pression anormale se produit en un point, elles se redressent sous l'intiuence du courant sanguin qui tendrait à refluer, elles obturent la lumière du vaisseau et empêchent le sang de retourner vers les capillaires. Ces valvules servent donc à neutraliser et même à utiliser, dans le sens delà circulation, l'action du choc, des pressions irrégulières Me la part des muscles voisins eu contraction, par exemple) : elles servent aussi à soutenir, en les divisant, les longues colonnes sanguines, comme, par exemple, la colonne veineuse du membre inférieur. Les veines qui ont à supporter de longues colonnes de ce genre présentent des parois singulièrement épaisses. Ainsi les parois de^veine.s saphènes rappellent tout à fait par leur aspect celles d'une artère, et restent béantes quand on les incise, de même qu'un gros vaisseau artériel. Là oii les pressions locales sont rares, les valvules n'existent pas dans les veines : tels sont les appareils veineux du cerveau, du poumon.

La principale cause de la circulation dans les veines est donc la vis a tergo (réplétion continue par le sang que chassent les artères à travers les capillaires) et l'utilisation, grâce à la présence des valvules, de toutes les causes de compression des veines, parnù ces

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