DES VEINES
causes, uoiis veuons de signaler les effets de contractiou des muscles voisins. Il faut encore tenir compte, ainsi que l'a signalé Ozanani (Acad. des sciences, juillet 1881) de 1" influence qu'exerce sur toute veine satellite l'artère qui lui est conjuguée. La plupart des grosses veines étant unies aux artères correspondantes [)ar un tissu connectif serré, ou même étant renfermées dans une gaine cclluleuse commmie, la paroi veineuse doit forcément ressentir le contre-coup des mouvements artériels ; et on constate, en effet, avec les s[)hygmographes que tout mouvement diastolique artériel donne lieu à une ondulation veineuse. La veine cave inférieure reproduit la tracé inverse de l'aorte abdominale, la veine crurale, la sous - clavière , celui des artères correspondantes, et la pédieuse même donne le tracé le plus l'emarquable. Si l'on considère, en outre, que le cœur comprime et vide à chaque battement les veines situées dans son tissu, que les artères vertébrales battent au milieu de la gaine presque complète que leur forment les veines correspondantes, que les artères du cordon s'enroulent autour de leur veine et la compriment, on pourra se faire une idée de l'importance et de la généralité du phénomène que l'auteur désigne sous le nom de loi de la circulation par influence.
De même que les phénomènes de passage et de reflux du sang à travers les orifices cardiaques donnent lieu à des bruits particuliers (bruit du cœur, p. 206), de même la circulation périphérique donne lieu à des phénomènes sonores, plus faciles à constater dans les cas pathologiques (anémie) que dans l'état normal, et que l'on entend surtout au niveau du cou, sans doute parce que les aponévroses de cette région donnent, par leurs dispositions spéciales, aux parois des vaisseaux et à leur gaine, un état de tension qui favorise la transmission des bruits ; le timbre de ces bruits est très variable (bruit de souffle, bruit musical, bruit de diable); ils sont tantôt continus et tantôt intermittents : ils sont produits les uns dans les artères, les autres dans les veines. Weber leur donnait pour origine les parois des vaisseaux mises en vibration par le mouvement du sang. Plus généralement, avec Chauveau et Potain, on attribue ces bruits à la présence d'une partie étroite où le sang jiasse rapidement, et qui est suivie d'une partie plus large où il avance moins vite. Chauveau ^ a, en effet, montré que des vibrations se produisent dans ces cironstauces par l'effet d'une 'i^eine liquide qui détermine une sorte de remous au point où la partie étroite s'abouche dans la partie plus large (veines fluides de Savart). Cette disposition peut se trouver réalisée de plusieurs manières : normalement, comme à
1 Chauveau, Mécanisme et théorie générale des murrnwes vasculairea I Académie des sciences, 1858.J
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rouvei'tiii'c^ de la jugulaire dans la sous-clavière ; accidentellement, comme par la compression du vaisseau par un nmscle, par une aponévrose tendue, et le plus souvent par la simple application du stéthoscope lui-même. Reproduisant expérimentalement ces bruits dans des tubes en verre, Heynsius (d'Utrecht) a pu rendre visibles les mouvements du liquide à l'aide de particules colorées qui suivaient, en supension, les remous et les tourbillons, d'autant plus rapides que le bruit est plus prononcé.
m. — INFLUENCES DU SYSTÈME NERVEUX SUR LA CIRCULATION
Nous avons constaté dans le cœur et dans les vaisseaux (artères et veines) un grand noml)re de phénomènes musculaires ; il est donc probable a priori que les contractions de ces muscles sont sous la dépendance du système nerveux.
Cœur. — Cependant on a cru longtemps, avec Haller, que le cœur était indépendant du système nerveux et que l'afflux du sang amenait la contraction de ce muscle creux en excitant directement par sa présence la fibre musculaire des parois cardiaques. Aujourd'hui il est bien démontré que les mouvements du cœur sont régis par le système nerveux, comme les auti'es mouvements. La moelle (moelle épinière et bulbe) paraît être le centre de ces actions, et l'on sait qu'une commotion cérébro-spinale, les lésions de la moelle allongée, peuvent ralentir ou accélérer le mouvement cardiaque ; cette action peut être réflexe et un grand nombre d'impressions périphériques peuvent ainsi accélérer ou ralentir ce mouvement. C'est qu'en effet la moelle et le bulbe donnent au cœur des nerfs, dont les uns (rameaux du grand sympathique) ont pour effet d'accélérer ses battements, les autres (pneumogastrique^ de les ralentir: le pneumogastrique est donc un nerf paralysant du cœur (Weber et Budge). Nous trouverons des faits tout semblables dans l'innervation des vaisseaux.
Nerfs modérateurs du cœur. — Budge, Weber et Cl. Bernard (1848) découvrirent à peuples en même temps que l'excitation du pneumogastrique entier, ou seulement de son bout périphérique, a pour effet de ralentir les mouvements du cœur. Ainsi, chez le chien, dont le cœur ]jat normalement d'une façon désordonnée et très rapide, cette excitation a pour effet de régulariser la pulsation cardiaque. L'explication du phénomène fut donnée de manières bien différentes;