‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 60 sur 219 · INNERVATION DU CŒUR · texte numérisé non relu

INNERVATION DU CŒUR

les uns virent dans le ralentissement (le>< mouvements du cceurTetret de l'épuisement du i)neunio-g'asti'ique [)ar une excitation ti-op forte. On ne pouvait voir, dans \ni nerl" se rendant à un nniscle, qu'un agent excitateur de ce muscle, et c'est par un épuisement de ce nerf qu'on s'expliquait le ralentissement succédant à son excitation. Mais Ptliii;er et Rosenthal ont cliei'clKÎ en vain à produire l'accélération du cœur en portant sur le pncumo-gastrique des excitations électriques aussi faibles que possible. Du reste, la théorie en question tombe devant ce fait que la simple section du pneumo-gastrique pi-oduit une grande accélération des battements cardiaques (ils montent de GO à 150 par minutes). Gomme l'observation de phénomènes analogues dans d'autres parties du système nerveux (V. p. 33) nous a familiarisés aujourd'hui avec l'idée de nerfs qui ont des actions paralysantes (nerfs frénateiirs), on admet généralement ({ue le nerf pneumogastrique est un nerf modérateur du cœur ; sa s(^ction supprime cette action modératrice et, par suite, accélère les battements : son excitation exagère cette action modératrice, et, par suite, ralentit les battements. Cette théorie est seule d'accord avec les faits cliniques et peut seule expliquer les divers actes émotionnels (réflexes) qui tantôt accélèrent, tantôt ralentissent le cœur*.

Quelques expériences récentes ont précisé divers éléments de ce fait physiologique. Ainsi Legros et Onimus, étudiant les résultats de l'excitation des pneumogastriques par des courants intermittentsont montré que dans ces conditions, les pulsations deviennent plus rares et plus amples, en raison directe du nombre des intermittences : pour amener l'arrêt du cœur, il faut un nombre d'intermittences d'autant moindre que l'animal est plus affaibli, qu'il est dans un état d'hibei-nation, ou qu'il est à sang froid. Arloing et Tripier ont remarqué que rex(?itation du pneumogastrique droit a plus d'action sur le cœur que celle du gauche. Il faut ajouter que l'étude de Faction comparée de ces deux nerfs sur la respiration les a conduits à admettre que le pneumogastrique gauche agit plus spécialement sur le poumon.

Nous avons déjà fait remarquer (V. Nerfs crâniens, p. 48) que l'influence exercée par le pneumogastrique sur le cœur n'appartient pas à ce nerf lui-même, mais lui vient de la branche interne du spinal qui s'anastomose avec lui.

Nerfs accélérateurs du cœur. — L'influence que la moelle exerce, par l'intermédiaire du grand sympathique, sur le cœur pour augmenter et la force et le nombre de ses battements a été

. 1 V. Germain '^èe.^ Du Diagnostic pI du traitement des maladies du cœur, Paris, 1879.

diversement interprétée, et les travaux de contrôle qui ont eu lieu à ce sujet ont amené la découverte d'un nerf à fonctions bien singulières, le nerf de Cyon, nerf sensible du cœur, par lequel cet organe provoque un réflexe qui va dilater les voies de la circulation périphérique, et par conséquent, permet au cœur de diminuer l'énergie et le nombre de ses efforts. Nous empruntons aux leçons de Cl. Bernard (mai 1872) et à son rapport à l'Académie des sciences sur les expériences de Cyon l'étude de cette intéressante question.

Legallois indiqua le premier l'intluence do la moelle épinière sur les battements du cœur. Mais c'est surtout von Bezold qui, en 1863. établit, par de nombreuses expériences, que la section de la moelle entre rocci})itaI et l'atlas produit un abaissement très considérable (le la pression du sang dans les grosses artères, en même temps qu'un ralentissement dans les battements du cœur. Il prouva ensuite que l'excitation de la moelle en arrière de la section rétablit et la pression du sang et l'accélération des battements. La moelle agissait donc, d'après Bezold, sur le cœur ])Our modifier et la force et le nombre de ses battements.

Mais Ludwig et Thiry, ayant observé que l'excitation de la moelle, séparée du cerveau exerce toujours son action sur la pression du sang, lors même qu'on a détruit tous les nerfs cardiaques qui relient le cœur à la moelle, en conclurent que l'action de la moelle ne porte nullement sur le cœur lui-même, mais bien sur le SN'stème circulatoire périphérique : et, en elfet, de nouvelles recherches de Ludwig et Cyon firent voir que cette action sur le système circulatoire périphérique s'exerce surtout surda vascularisation des viscères abdominaux et s'y transmet par l'intermédiaire des nerfs 5/3^awc/i?u'5wes; lorsqu'on divise les nerfs splanch niques, on obtient des effets semblables à ceux qui résultent de la section de la moelle entre l'occipital et l'atlas ; si l'on excite les bouts périphériques des nerfs sphlanchniques divisés, ou obtient de même des effets semblables à ceux que produit l'excitation du segment postérieur de la moelle. (Du reste, on sait depuis longtemps qu'après une ponction abdominale suivie de l'évacuation du liquide d'une hydropisie, ou après l'ablation d'une tumeur alîdominale, le vide qui se produit dans l'abdomen y facihte l'afflux du sang, d'où diminution de pression dans le reste du système circulatoire, affaiblissement des battements du cœur, anémie cérébrale et syncope.)

Ludwig en concluait que la moelle n'exerce aucune action directe sur le cœur, qu'elle n'a d'action que sur les vaisseaux ; c'est aller trop loin. Dans une nouvelle série d'expériences sur ce sujet, Cyon (1867) a prouvé qu'il existe bien réellement des filets sympathiques qui, comme l'avait indiqué von Bezold, vont de la moelle au cœur, et

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