‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 62 sur 219 · USAGES GKNKRAUX DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

USAGES GKNKRAUX DE LA CIRCULATION

s'en faut lie beaucoup qu'avec cette movt coïncide la morl de chaque élément aualoinique ; nous avons vu que les muscles et les nerfs restent encore longtemps excitables, que répithélium de la vessie s'oppose .'ucore pendant plusieurs heures à tout phénomène d absorption; nous verrons que les épithéliums vibraliles continuent encore leurs mouvements pendant huit ou dix heures ; il en est de même de Vendothé- ILum des vaisseaux sanguins, et ce n'est qu'après sa mort complète, qu'après vingt ou vingt-quatre heures, que la coagulation des couches les plus périphériques du sang veineux peut s'effectuer : souvent on extrait des vaisseaux d'un cadavre déjà en rigidité cadavériqne un licpùde sanguin qui, placf^ dans un vase, au contact de l'air, se coagule bientôt, presque comme du sang extrait de l'animal vivant.

Le coagulation étant ainsi très lente à se produire dans le cadavre, nous avons là toutes les oondilions qui favorisent la séparation de la fibrine et des globules, qui déterminent la formation d'une couenne (V. sançi couenneu.'-, p. 187). En effet, les vaisseaux peuvent être

Fin. 78. — Caillot Jihrineux sans globules rouges *.

Considérés comme formant un réservoir de forme compliquée, dans lequel, pendant la coagulation, fibrine et globules se déposent par couches selon les lois de la i)esanteur, les globules vers les parties déclives, la fibrine vers les parties plus élevées, sous forme de caillots décolorés ; (le là les caillots mixtes^ ou formés en partie de caillots c, l'.oi'iques (centre et parties déclives des masses coagulées), et en partie de caillots décolorés ou couenneux. Dans ces derniers, comme dans la couenne formée après coagulation dans un vase, on trouve une très grande quantité de globules blancs (fig. 78), réunis parfois en si grand nombre qu'ils forment de petits amas qu'on prendrait facilement pour des amas de pus.

La disposition de ces caillots mixtes est déterminée par la position

* A 3iJ, Couche rnince fibrineuse, montrant l'entre-croisement des stries de la couclic llbrincuse ; — i, k, leucocytes englobés par la fibrine et pâlis par l'action de l'eau (çross. 3ûO diam ) (Robin, Traité du microscope).

du cadavre dans Tagonie. Ainsi dans la veine cave, le cadavre étant d'ordinaire couché sur le dos, le caillot est décoloré vers le voisinajj^e du cœur puis il devient foncé vers la réiiion lombo-dorsale, qui est plus déclive ; puis de nouveau décoloi-é vers l'angle sacro-vertébral, qui est un peu plus élevé, et reprend l'aspect cruorique dans les veines iliaques et surtout dans les iliaques internes. Les caillots des veines pulmonaires sont toujours très foncés, vu leur position déclive ; en changeant la position du cadavre, en le renversant pendant que se forment les caillots, on renverse la disposition de ceux-ci et on obtient des caillots mixtes de composition inverse.

On voit comljien ces faits sont intéressants et de quelle utilité ils peuvent être, par exemple, en médecine légale, pour déterminer la position dans laquelle s'est trouvé un cadavre pendant les vingt-quatre heures qui ont suivi l'agonie. Tous ces faits sont le résultat de la singulière propriété dont jouit la paroi interne du vaisseau d'empêcher la coagulation,

RÉSUMÉ. — A. Le CŒUR est l'organe central de la circulation. L'oreillette agit en se laissant facilement distendre par le sang veineux (élasticité) et en chassant par une contraction très rapide (durée, V5 de la révolution cardiaque), son contenu dans le ventricule, avec léserrefiux dans l'origine des veines.

Le ventricule, par une contraction énergique et d'une durée appréciable, lance le sang dans l'origine des artères (pulmonaire et aorte) ; le reflux ne peut se faire vers l'oreillette, parce que les voiles auriculoventriculaires (valvuves mitrale et tricuspide) sont appliqués par la contraction des muscles papillaires les uns contre les autres et contre la paroi ventriculaire, d'où occlusion parfaite de l'orifice correspondant.

Le cœur eifectue chez l'adulte environ soixanle-dix à soixante-quinze contractions par minute; chacune de ces contractions se révèle à l'extérieur par: 1° le choc du cœur, attribué à un mouvement de recul ou de torsion de cet organe, mais qui est dii en réalité au changement de consistance du muscle cardiaque en contraction ; 2' le premier bruit, synchrone à la systole ventriculaire, et dû à la tension des replis (valvules) auriculo-ventriculaires par les muscles papillaires ; 3o le second bruit (synchrone au début du temps de repos), qui est du au redressement brusque des valvules sigmoïdes aortiques et pulmonaires.

Les résultats mécaniques de la systole ventriculaire sont que : à chaque systole il entre dans l'aorte 175 à 180 grammes de sang, à une pression de 130 millimètres de mercure (1/5 d'atmosphère) et avec une vitesse de 40 à 50 centimètres^

B. Les ARTÈRES. — L'arbre artériel forme un cône dont le sommet est au ventricule et la base au niveau du système capillaire. Dans ce cône, la -pression du sang {hémodynamomètres divers) va en diminuant du cœur vers les capillaires; telle est la cause delà circulation. Quant à la vitesse, elle est en chaque région du cône artériel en raison inverse de' la sui-face de section correspondant à celte région du cône.

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Il en est de même pour la vitesse dans le cône veineux : la vitesse va doue dans le système artériel en diminuant du centre à la périphérie, et dans le cône veineux en augmentant de la périphérie au centre. La nappe de sang contenue dans les capillaires est ainsi comme le lac du fleuve sanguin.

La vitesse générale de la circulation est très irrande ; il suffit de quelques secondes pour qu'une substance toxique introduite dans le sang fasse le tour de la circulation (quinze secondes).

On nomme vaisseau porte, systètne porte, toute partie de l'appareil circulatoire où le sang marche directement d'un système capillaire vers un autre système capillaire: vei7ie porte hépalhique, veine porte rénale (vaisseau efférent du glomérule).

La iitnique vioijen )ie des artères est la phis importante à considérer au point de vue physiologique ; elle renferme des fibres rausculaires lisses et des cléments élastiques; dans les artères de moyen calibre, ces deux éléments anatomiques (muscles et tissu élastique) se partagent à peu près également la constitution de la tunique moyenne; mais dans les grosses artères (aorte, sommet du cône artériel), le tissu élastique règne seul, tandis que dans les artèrioles (vers la base du cône artériel), c'est l'élément musculaire qui tinit par prédominer complètement.

Le tissu élastique sert à régulariser la circulation générale, en transformant le jet intermittent du cœur en jet continu.

Le tissu musculaire sert à régler les circulations locales (V. nerfs vaso-moteurs).

On nomme pouls la sensation de soulèvement brusque que le doigt éprouve lorsqu'il palpe une artère reposant sur un plan osseux; il sent alors Vende sanguine (ou vibration causée par le choc de la masse de sang que le ventricule lance dans l'aorte) ; il ne faut pas confondre cette vibration, ce pouls avec le mouvement lui-même du sang e:i circulation (la vitesse de propagation de l'onde pulsatile est de 9 mètres par seconde ; celle de la circulation à l'origine de l'aorte est seulement de 40 à 50 centimètres par seconde).

Le dicrotisrne du pouls est un phénomène normal, exagéré par certains états morbides, et qui est dû à une seconde onde causée par la réaction du tissu élastique des grosses artères (aorte, systole artérielle).

Les capillaires, formés en apparence d'une membrane amorphe avec des noyaux, sont constitués en réalité par des cellules soudées {endothéliuni vasculaAre). Le système capillaire est le lieu des échanges des matériaux soit avec les organes, soit avec les milieux ambiants (poumon).

G. Les VEINES, étant très dilatables, servent jusqu'à un certain point de réservoirs au sang, qui, du reste, y circule par la vis n tergo et grâce à ce que les valvules sont disposées de manière à utiliser dans le sens du cours du sang toutes les causes de compression du vaisseau (contraction des muscles voisins).

Innervation de l'appareil circulatoire. — Le pneumo-gastrique est le nerf modérateur, et le grand sympathique le nevï accélérateur

du cœur. De plus, le cœur contient dans l'épaisseur même de ses parois de petits ganglions dont les uns jouent le rôle de centres modérateurs, les autres celui de centres accélérateurs. C'est pour cela que le ccewr, arraché de la poitrine, continue encore à battre plus ou moins longtemps, selon les espèces animal-s.

Les vaso-moteurs sont les nerfs qui innervent les vaisseaux (tunique moyenne musculaire des artérioles). Ces nerfs nous sont représentés dans leur trajet périphérique par les filets du grand sympathique (expérience de Cl. Bernard sur le cordon cervical du sympathique chez le lapin : vascularisation de Toreille.) Les uns sont vaso-constricteurs. les autres vaso-dilatateurs. L'action de ces derniers s'explique par une action suspensive ou d'arrêt analogue à celle que le pneumogastrique exerce sur le cœur.

La lièvre résulte d'une action exagérée des nerfs vaso-dilatateurs. qui sont en même temps calorifiques (Cl. Bernard).

CINQ V I l'; ME PARTIE

GIXUL'IÈME PARTIE

DES GLOBULES ÉPITHÉLIAUX

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