LYMPHE
La lyinjibe contient aussi dos (/uz, comme le sang ; ces ga/ sont les mêmes que ceux du sang ; il était à su[)i)Osei' a priori que l'oxygène et l'acide carbonique devaient se trouver dans la lymphe dans les mêmes proportions que dans le sang veineux; il n'en est rien cependant. Les récentes analyses de Hammarsten ont montré que lu hjmphc renferme moins d'acide carbonique que le sang veineux. C'est un lait qui paraît ici sans importance, et sur lequel nous aurons cependant un grand intérêt à revenir en traitant des combustions respiratoires qui se passent dans l'intimité mêmes des tissus.
La manière générale dont nous concevons les rapports des origines du système lymphatique avec les épithéliums ne se réalise pas })Our tous ; elle est telle pour la peau, les muqueuses de la bouche, de l'estomac, et les muqueuses en général ; mais dans l'intestin grêle le réseau lymphatique est séparé de Tépithélium par un réseau sanguin ; nous chercherons plus tard à expliquer cette disposition au point de vue de l'absorption. D'autres muqueuses nous paraissent complètement dépourvues de réseaux lymphatiques : on a longtemps contesté ceux de l'urètre et de l'œsophage * ; il paraît ne pas y en avoir dans les muqueuses vésicales et conjonetivales.
Sur le trajet des vaisseaux lympathiques se trouvent développés
I La présence des lymphatiques dans ces muqueuses a été l'objet de nombreuses recherches.
La muqueuse de l'urètre est bien décidément pourvue de lymphatiques : d'après les recherches de Sappey, ils sont très fins, et leurs réseaux convergent tous vers le frein de la verge d'où ils se rendent vers les ganglions du pli de l'aine; mais en arrière ils communiquent avec les lymphatiques des voies séminifères et du testicule, ce qui expliquela propagation jusqu'aux bourses de l'angioleucite blennorrhagique (Sappey). C'est sur les lymphatiques du gland et du canal de l'urètre que Belajeffa fait ses fines recherches sur la structure des capillaires lymphatiques.
La vessie,par contre, est complètement dépourvue de lymphatiques ; Sappey a montré que les troncs décrits par Gruikshanck et Mascagni sur cet organe, n"y prennent pas naissance, mais proviennent de la prostate, et rampent, pour se rendre dans les ganglions intrapelviens, sur les parties postéro-latéraies de la vessie. On invoque parfois cette absence de lymphatiques pour expliquer la non-absorption par la muqueuse vésicale, mais il faut voir dans ce refus de passage un phénomène essentiellement épithélial.
Les lymphatiques de la pituitaire ont été longtemps un sujet de débats entre les anatomistes. Malgré les descriptions de Cruveilhier, Sappey refusait de les admettre, parce qu'on ne pouvait poursuivre les vaisseaux injectés jusqu'à leurs ganglions terminaux. Aujourd'hui, après les recherches de Simon, de Panas, de Sappey lui-même, l'existence de ces lymphatiques ne peut plus être contestée, car on est parvenu à les poursuivre jusque vers des ganglions stylo-pharyngiens, et vers un gros ganglion situé au-devant de l'axis, le ganglion le plus élevé du corps (Sappey).
II en est de même des lymphatiques de l'œsophage.
Mais, par contre, ceux de la conjonctive palpébrale et oculaire sont encore contestés (Sappey).
des ganglions dont la structure compliquée se comprend mieux d'après Tétude de leur développement : ce sont primitivement des plexus de capillaires lymphatiques ramifiés, anastomosés et pelotonnés ; le parenchyme ainsi constitué retarde le cours de la lymphe qui le traverse, et c'est en ces points que se multiplient les globules blancs, destinés à être versés dans le sang.
La question des origines des lymphatiques est aujourd'hui trèîj controversée et présentée de manières très difterentes par l'école allemande et par l'école française.
A. Pour l'école allemande (représentée en France par Ranvier), les nouveaux procédés d'investigation, et notamment les injections avec le nitrate d'argent, auraient permis d'arriver à la solution de quelques-uns de? points de cette importante question.
D'abord il aurait été montré que. outre les lymphatiques sousjacents aux épithéliums, on trouve encore d'abondants réseaux d'origines lymphatiques dans les tissus profondément placés, non seulement dans les glandes (qui sont encore des dérivés épithéliaux), mais encore dans les différentes espèces du tissu conjonctif, soit figuré, soit diffus et constituant le tissu interstitiel des divers organes.
Ensuite on a reconnu qu'en plusieurs points, même pour les lymphatiques des surfaces, les rapports des réseaux d'origine et de l'épithélium ne sont pas aussi intimes que l'avaient fait penser les anciens procédés de préparation : « Dans toutes ces régions, l'examen des lymphatiques injectés au nitrate d'argent et observés par des coupes transparentes, montre nettement qu'ils ne siègent pas absolument à la surface (hi derme au-dessus des réseaux sanguins comme leur injection avec distension exagérée par le mercure le faisait croire. Teichmann et Belajeff ^ ont bien démontré que le réseau capillaire sanguin est dans son ensemble toujours superposé aux lymphatiques d'origine qui par leur ensemble aussi forment le réseau tégumentairele plus superficiel. Cependant Belajefi' note que quelques lymphatiques de la muqueuse urétrale vont jusqu'à la superficie même de celle-ci, de manière à toucher les cellules épithéliales polyédriques, dans l'intervalle des papilles, à leur base ; il en serait ainsi également sur les parties de la peau des lapins dont le derme est très mince.
En tout cas, les réseaux d'origine des lymphatiques sont immédiatement appliqués contre les réseaux capillaires sanguins ; dans certaines régions les rapports des vaisseaux de ces deux ordres
1 Belajeff, Sur les vaisseaux lympathiques du glaml (Journal de Vanaîomip et de la physiologie^ de Gh. Eobin, 1§60, p. 465).