SES 0 R 1 G 1 N E S 2G
?ont encore i)liisiiitiinos, et les capillaires lyin[)lialii|uc.s et sanguins ^:ont tellement continus, que, dans la coupe d'un de ces réseaux, on voit le vaisseau lyniphati([ue embrasser la moitié ou les deux tiers de la circonférence du vaisseau sanguin : « Le lymphatique représente un vaisseau qui n'a de |)aroi propre que d'un côté ; dans le reste de son étendue il est limité par le capillaire sanguin (Onimus). »
1,1' degré le plus prononcé (h' cette derniéredispositon nonsest pré?enlô par les espaces péricasculaires que Ch. Roliin (1858), puis His(18G3) ont successivement décrits autour des vaisseaux de l'encéphale {Gaines lymphatiques de Ch. Robin, de His). Ce sont des conduits à paroi mince, mais bien délinntée, hyaline, entourant les vaisseaux jusqu'aux plus fins capillaires, dans les substances blanche et ,urise des centres céphalo-rachidiens et dans la pie-mère ; encore cette gaine n'existe-t-elle pas autour de tous ces vaisseaux. Leur aspect, leur contenu formé d'un liquide renfermant plusieurs noyaux sphériques (globulins), tout porte à penser que ces gaines doivent être rattachées au système des origines lymphatiques, « car autrement ils constitueraient un quatrième système vasculaire dont l'aboutissant et la nature resteraient à déterminer, à côté des systèmes lymphatiques, artériel et veineux. Mais il laut reconnaître aussi qu'avant d'être absolument sûr que ce sont là des lymphatiques, il reste encore à les suivre depuis leur origine, qui est connue, jusqu'aux troncs efférenls qu'ils doivent former en se réunissant, et à déterminer le trajet de ceux-ci jusqu'à leur terminaison ganglionnaire, comme on l'a fait pour toutes les autres portions du système lymphatique (Ch. Robin). » Cette lacune n'a pu encore être comblée.
Les travaux de l'école allemande se sont spécialement portés sur la question de structure et à^origine des capillaires lymphatiques. Sur les détails intimes de ce problème, les opinions les plus diverses ont été successivement émises :
lo La communication des radicules lymphatiques avec les corpuscules du tissu conjonctif a été d'abord indiquée par Virchow, qui, sur une langue hypertrophiée, trouva des lacunes dépourvues de parois propres (capillaires lymphatiques), dans lesquelles s'ouvraient des prolongements de cellules plasmatiques également hypertrophiées. Leydig et Heidenhain se firent surtout les champions de cette manière de voir, et le dernier de ces observateurs admet, pour expliquer l'absorption au niveau des villosités intestinales, un réseau de cellules plasmatiques qui communiqueraient, d'une part, avec les cellules épithéliales, et, d'autre part, avec le chylifère central Kolliker, d'après ses recherches sur les lymphatiques de la queue du têtard, se rattacha à cette même opinion ; on peut même rapprocher de la manière de voir de ces auteurs, celle de Recklinghausen. D'après lui, les origines lymphatiques se trouvent dans un système de canaux qu'il nomme tubes plasinatiques, ({h'Usl injectés
208 I>L' SYSTÈME LYMPHATIQUK
dans la cornée, et qui seraient des lacunes spéciales du tissu conjonctifi. Or, d'après Kolliker, ces lacunes correspondent précisément aux parties que Virchow a désignées spécialement sous le nom de corpuscules du tissu conjonctif ou cellules plasmatiques, quoique Reeklinghausen continue à les considérer comme des lacunes particulières dans lesquelles il place des éléments celluleux dépourvus de prolongement (éléments pour lesquels il réserve le nom (le corpuscules du tissu conjonctif).
2^^ La communication avec des licunes du tissu conjonctif rentre déjà en partie dans la manière de voir de Eecklinghausen, si l'on distingue bien avec lui ce qu'il appelle les canaux du suc flacunes), d'avecles cellules plasmatiques. Cette opinion a été surtout soutenue par His, Tommsa. Sch^veigger-Seidel. Pour His, il y a communication directe du capillaire avec la lacune, par disparition de répithélium du premier. Les capillaires lymphatiques de Kolliker ne seraient pas des canaux ii(tra-ceUidaires.\waiîihien inlercellul lires. En France. Rouget et Ranvier- se sont rangés à cette opinion ; ils considèrent les lymphatiques comme communiquant librement à leur origine avec les vides, les interstices des tissus, L'auatomie comparée, fait remarquer Rouget, nous montre chez les animaux inférieurs des circulations purement lacunaires (sipoucles), dont le sinus caverneux pour le sang, et les origines lymphatiques pour la lymphe sont les seuls restes chez les animaux supérieurs. D'autre part, le péritoine doit être considéré comme un reste de ce qui constitue chez le^ animaux inférieurs la cavité générale du corps (entre le tégument externe et le tégument interne ou muqueuse digestive). Or. chez les animaux supérieurs, le système lymphatique continue à communiquer librement par de petites ouvertures avec la cavité péritonéale, comme Reeklinghausen l'a démontré le premier. Mettant à la surface du péritoine diaphragmatique du lait ou une substance pulvérulente en suspension dans un liquide, il a mi les gouttelettes de graisse ou les autres granulations traverser la couche épithéliale en des points déterminés : Ranvier décrit les mêmes phénomènes ; l'étude de la séreuse péritonéale à Taide du nitrate d'argent lui a permis de constater que ces points correspondaient à des pores particuliers situés entre les cellules de l'épithélium péritonéal (du centre phrénique), et conduisant dans les lacunes qui sont le commencement des lymphatiques du diaphragme. Ces faits ont été vérifiés en Allemagne par Ludwig,Schweigger-Seidel. Dybrowsky, Dogiel, etc.
1 V, H. Beaunis, Anatomie générale et Physiologie du système lymphO' t>que. Strasbourg, thèse d'agrégation, J863.
2 Ranviei", Leçons sur les lymphatiques (Progrès médical, 1S74. et Traité ie?hnique d'histologie, p. Ç6§),
SKS ORIGINES 2o9
L<^.s mêmes expériences ont été reproduites avec plein succès par Roui^et, qui a vu des injections si^onUinées de particules colorantes se faire ilans les lyiii|)liatiqiies du diaphragme, quand on injecte ces substances dans la cavité pc'ritonéale de l'animal vivant.
Cependant il serait très probable, d'après les recherches de Uauvier, que les orifices au moyen desquels cette absorption se produit ne sont pas normalement béants, mais qu'ils s'ouvrent seulenient au moment du i)assage des particules résorbées. La disposition de ces orifices e t encore énigmatiquo. On avait cru en apercevoir sur toutes les régions du péritoine (Schweigger-Seidel et Dtigiel), et même sur h; mésentère; mais Rauvier, qui a repris cette étude, est arrivé à conclure qu'il n'existe en ces points ni bouches absorbantes ni stomates, mais bien les trous faisant communiquer les deux côtés du mésentère par des orifices dont la struciiire doit être rapprochée de celle qu'il a décrite pour les parties analogues de l'épiploon (\'. pour plus de détails : Hauvier, Soc. de hioloffie, 1872. et H. Farabeuf, I)e Véfjiderme et des épithéliums^ p. 171.)
Les prétendues oi-iiriues des lymphatiques sur les sui'laces séreuses ont fait le sujet d'un travail étendu de la part de Tourneux etHermanni. L'objet principal de ces divers travaux a été Tétude des petits amas de Cellules qui se rencontrent dans les enfoncements connus, par exemple sur le mésentère de la grenouille, sous le nom de citernes ou de puits lymphatiques. Nous avons déjà dit que, pour Ranvier entre autres, les petites cellules qui tapissent le fond des citernes ne sont pas des éléments fixes, mais sont susceptibles de s'écarter pour laisser passer ditïérentes substances, telles que les grains de carmin, globules de 1 it, etc. Tourneux et Hermann ont observé ces amas cellulaires, non seulement sur le péritoine, mais encore sur la plèvre pariétale ; là, ils occupent presque constamment les espaces intercostaux et se continuent ijraduellement avec le restant de l'épithélium pleural. Ce sont évidemment des centres de formation cellulaire, occu]:ant des endroits déclives par rapport à la surface générale, de même que dans les enfoncements cratériformes du péritoine de la grenouille. Ces dispositions sont encore plus nettes au niveau du j)ériloine qui tapisse le centre phiénique: là, au lieu de constituer une couche unie ccmme celle de la plèvre, l'épithélium péritonéal s'invagine plus ou moins profondément dans les fentes intertendineuses et dans les nombreuses dépressions qu'offre la surface du centre phrénique. Les cellules épithéliales qui ta])issent ces enfoncements sont beaucoup plus petites que celles qui se trouvent à la surface des faisceaux tendineux. En certains points,, les cellules plus larges affectent au pourtour de ces dépressions une
i Recherches si.'.r quelques épithéliums plats dans la série animale, par MM. Tourneux et Hermann {Journal de l'anatomie et de ia physiologie, W^ de mars et de juillet 1S79).
disposition rayonnée qui rappelle singulièrement les formations analogues que l'on trouve sur le sac lymphatique des batraciens. Or, comme il arrive souvent que limpré.irnation de nitrate d'ar^'ent ne se lasse pas pour les petites cellules qui tapissent l'enfoncement, si celuici est profond, il arrive que l'on a l'apparence d'un véritable trou avec u;ie garniture de cellules marginales plus ou moins rondes d'aspect. Au fond du trou apparaît répithélium du lymphatique sous-jacent ; mais cet epithélium ne présente aucune solution de continuité: Tourneus et Hermann arrivent donc aux conclusions suivantes:
Les cellules épithéliales qui tapissent une même séreuse ne sont pas partout identiques à elles-mêmes; au milieu des cellules plates dites encîothélia'es, on rencontre, d'espace en espace, des élémen's plus petits, rattachés génésiquement aux précédents et disposés sous forme de traînées ou d'îlots. Ces petites cellules occui;ent généralement des points de la séreuse excavés et paraissant par conséquent soumis à un moindre frottement. Ces cellules présentent une activité nutritive plus considérable que les cellules dites endothéliales ; elles sont les centres de formation de ces dernières. Elles sont mutuellement tangentes les unes aux autres et ne laissent entre elles aucun espace libre. L'absorption, si elle se fait à leur niveau, ne i)eut avoir lieu qu'en raison de la constitution même de leur corps cellulaire permettant le passage de substances et de particules solides, passage déjà signalé pour les corps gras dans les cellules de la muqueuse inlestinale. Ces centres de prolifération peuvent bourgeonner, soit extérieurement, soit intérieurement, donnant dans le premier cas des amas muriformes pédicules, et, dans l'aulre, des cônes pénétrants logés dans le tissu sousjacent. Cette dernière disjjosition donnerait lieu aux apparences décrites sous le nom de puits lymphatiques. Les cellules constituant ces amas, en continuité morphologique et génésique avec l'épithélium séreux, peuvent être en contact, mais ne sont jamais en continuité avec l'épithélium tapissant les vaisseaux lymphatiques.
Quoi qu'il en soit, pour en revenir aux idées de l'école allemande au sujet de l'origine des lymphatiques, on en peut résumer les principaux points en disant qne le tissu conjonctif représente l'une des principales origines du système lymphatique, et que le tissu cellulaire lâche peut être considéré comme un large sac lymphatique cloisonné, eu communication directe avec les vaisseaux lymphatiques. L'anatomie pathologique en fournirait de nombreuses démonstrations (Ranvier), ainsi que l'anatomie comparée, et que l'étude du développement des vaisseaux lymphatiques et des tissus dits tissus lympJioïdes. Ainsi les sacs ou réservoirs lymphatiques des vertébrés inférieurs se laissent à peine délimiter du tissu counectif ambiant, et Ma ver les considère comme des lacunes du tissu cellulaire (grenouilles). A mesure que le système lymphatique, qui n'existe d'uBe façon distincte que chez les vertébrés, se dévelojjpe d'une
SKS ORIGINES 271
façon do plus en i)lus nette dans rëchellc do ces animaux, on le voit provenir de modifications du tissu connectit'. Leydig a vu que dans boaucoup de poissons osseux la tunique adventice des vai-soaux du mésentère se transforme en aréoles remplies do petites ccliulos incolores, c'est-àwlirc, en réalité, en une véritable paino lymphatique; on observe le mémo phénomène dans la tuniquo a Ivoiitico dos artères i\e la rate, dont le tissu connoctif se transforme peu à peu en ce retioulum lymphoïde qui constitue les corpuscules de Alalpighicomme il constitue les ganglions lymphatiques.
En effet, les nombreux travaux dos auteurs que nous venons de citer sur la structure (\e.< ganglions lymphatiques, fournissent une nouvelle série de considérations, invoquées par eux en faveur des rapi)orts intimes (d'origine) du système lympathique avec le tissu connectif. Ces ganglions, dans Fétude histologiquc desquels nous ne l)Ouvons entrer ici, ont été de tout temps considérés comme formés par un pclotonnements des capillaires /.i/mpliat/ques (V. p, 2G6) ; i r, leur étude attentive a montré dans ces derniers temps qu'ils sont en même temps composés d'un tissu connectif à mailles plus ou moins lâches, dans lesquelles s'infdtre (lacimos lymphati(pios) le courant lymphatique pour entraîner les corpuscules (p. 206) qui s'y développeraient par prolifération des cellules plasmatiques, ahsolumont comme se développent les globules du pus, par prolifération semblable, dans toute inflanmiation du tissu conjonctif; ainsi se trouverait expliquée la ressemblance ou pour mieux dire l'identité morphologique des globules du pus et des globules lymphatiques ou globules blancs du sang.
On trouve, du reste, toutes les transitions entre les ganglions lymphatiques et le tissu connectif proprement dit: le tissu connectif de la muqueuse intestinale, formé de trabéeules lâches, circonscrivant dos mailles riches en globules blancs, et dans lesquelles viennent s'ouvrir de nombreux capillaires lymphatiques (lacunes, sinus lymphatiques), représente, d'après les recherches de His (tissu adénoïde). \o tissu rudimentaire d'un ganglion lymphatique étalé et difius ; en certains points, ce tissu se condense et forme des amas mieux circonscrits : ce sont les follicules clos, isolés ou l'éunis en Iliaques de Peyer, dans lesquels on a depuis longtemps reconnu une structure identique à celle des ganglions lymphatiques.
B. Pour l'école française (Robin, Sappey), les communications des radicules capillaires soit avec les larges mailles du tissu lamineux, soit avec les cavités des grandes séreuses, ne sauraient être admises.
1"^ Pour Gh, Robin, les origines des lymphatiques sont çpnstituées
par les reseaux capillaires précédemment décrit?, ou par des prolougemeuts en cul-de-sac semblables aux capillaires précédents, pénétrant dans les villosités intestinales (cliylifère central), les papilles de la langue, etc. Cette manière de voir, qui fut celle de Mascagni, de Panizza, de Cruveilhier, s'appuie aujourd'hui principalement sur les recherches de Gh. Robin i. Ces capillaires n'ont pour pai'oi qu'une simple couche de cellules épithéliales (Robin), quelles que soient, du reste, leurs varicosités ou les autres irrégularités qui, dans l'épaisseur de certains organes, leur donnent une forme plus ou moins bosselée, triangulaire (ce qui aurait fait croire à des communications très fines avec des éléments voisins) ; ce n'est que dans les' gros capillaires voisins des vaisseaux efférents que Ton trouve, en dehors de la couche épithéliale (endothélium). des fibres annulaires et une membrane hyaline parsemée de noyaux . Les capillaires lymphatiques, comme les capillaires sanguins, formeraient donc partout un réseau fermé et séparé des autres cléments anatumiques par une .couche épithéliale semblable à l'endothélium des vaisseaux sanguins (fig. 84) : la continuité de cette
Fi;. Si. —Cellules épithélial.^s (des capillaires) imprégnées par le nitrate d'argent.
couche montre que leur rôle est essentiellement relatif à des actes de pure endosmose et exosmose ; leurs rapports intimes de contiguïté avec les vaisseaux sanguins, et la gaine qu'ils forment à ces derniers capillaires dans de nombreuses régions, indiqueraient peutêtre qu'ils ont pour usage, non seulement de ramener dans le sang
1 Robin, article lymphatiques : Dictio.inaire encyclopédique des science!^ médicales (1870),