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les liquide.-^ qui proviennent de la désassimilation et ceux qui n'ont pas été coniplètcnicnt utilisés par la nutrition, mais encore de se remplir du surplus du plasma sanguin, qui arrive dans les capillaires à chaque systole du ventricule {K. Onimus).
2^ Enfin Sappey, par dos procédés particuliers de préparation, consistant essentiellement à amener dans les vaisseaux IvmphatiquC'» le développement de spores qui les remplissent, les injectent et donnent ainsi d'admirables i)réparations microscopiques, est parvenu a obtenir des pièces qui montrent avec la plus grande évidence les résultats suivants qu'il vient de publier *. Les capillaires lymphatiques naissent par un réseau extrêmement délié, réseau des capil- Jicules et des lacunes. Los c«pî\7tc'w^£?s n'ont pas plus de deux nullièmes de millimètre: on ne peut encore affirmer sileurs parois sont tapissées par un endothélium. Les lacunes sont des cavités comnumiquant avec les capillicules; de grandeurs varialiles, elles ont toujours une forme étoilée, limitées par des côtes curvilignes dont la convexité regarde le centre de la lacu::e. Elles contiennent les mêmes granulations que les capillicules.
C'est de ce réseau des capillicules et des lacunes que partent les capillaires lymphatiques, constitués à leur point de départ par une série de lacunes linéairement disposées.
Mais les conclusions les plus remarquables de ces recherches sant les suivantes : 1« Les vaisseaux lymphatiques à leur origine comnumiquent avec les capillaires sanguins au moyen des capillicules. qui se continuent avec de petites épines ci'euses dont sont hérissés les capillaires sanguins (par exemple, dans les papilles du derme): vu le diamètre étroit de la lumière de ces canaux de communication, le sérum sanguin peut seul les traverser, mais dans certains cas pathologiques, ils s'élargissent de façon à donner passage aux globules rouges eux-mêmes . 2" Ces origines des lymphatiques s'observent dans la peau, les muqueuses, le tissu musculaire, les glandes et un certain nombre de viscères; certains tissus et certains organes eu sont totalement dépourvus: tels sont le tissu conjonctif et tous ses dérivés, le système nerveux central et périphérique, les membranes séreuses et synoviales, les os, les cartilages.
Pour notre part, ayant examine un grand nombre de fois les préparations du professeur Sappey, c'est à son interprétation que nous nous rattachons* Mais même pour celui qui restera encore indécis, au milieu des résultats contradictoires présentés [)ar les
1 Sappey, Analomli', physiolojie, palholoijie des vaisse^mcc ly)nphatiqucs considères chez V homme el les rcrfeôrey, Paris, 1874, iu-foi., et Aufl^onKc descriptive, 3' édit., t. II, 1876.
diverses écoles, il n'y a pas à craindre que la physiologie doive se trouver dans un grand embarras, manquant de bases anatomiques solidement établies et universellement admises. En effet, les données expérimentales montrent que pour le physiologiste et le médecin, quant à la question de la pénétration et du transport des suJ^stanccs dans l'organisme, les vaisseaux lymphatiques peuvent être considérés comme faisant suite au système artériel aussi bien que les vaisseaux veineux: quelle que soit la solution anatomique, que le passage des artérioles aux capillaires lymphatiques se fasse directement (Sappcy), ou qu'il succède à une extra vasation de la partie liquide du sang dans des lacunes interorganiques (Ranvier), ces solutions anatomiques ne changeront rien à nos idées relativement à ces phénomènes physiologiques de l'absorption. 11 sera bien établi par rexpérimeutation ^ que la circulation veineuse et la circulation lymphatique sont dans un rapport intime: que les deux systèmes communiquent ensemble (fonctionnellement) et succèdent également, à peu près au même titre, au système artériel. Ces rapports sont si intimes, que si la circulation ve'neuse varie dans un sens, la circulation lymphatique variera dans le sens opposé, et vice versa; ainsi lorsqu'on meta nu, sur un cheval, un lymphatique et une veine provenant de la même région, toutes les fois qu'on gêne le retour du sang veineux, on voit augmenter l'écoulement delalymphe : dès qu'on laisse abondamment couler le sang veineux, on voit diminuer la lymphe.
De la rate. — Nous plaçons ici l'étude des fonctions attriJDuées à cet organe, parce qu'il a de grands rapports avec le système lymphatique; en se reportant aux quelques indications que nous avons données (p. 271) sur les nouveaux résultats relatifs à la structure des ganglions lymphatiques, on doit, d'après l'école allemande, considérer la rate comme un ganglion lymphatique disposé d'une façon piirticulière : c'est encore du tissu connectif (gaines des artères spléniques) qui s'est transformé en tissu adénoïde ; seulement ce tissu n'est plus sillonné par des lacunes ou sinus lymphatiques: ici c'est le sang lui-même qui se répand dans les mailles uu tissu, et entraîne avec lui les globules blancs qui s'y développent incessamment. On trouvera dans les traités d'histologie les détails de structure qu'afltccte ce tissu pour constituer et les corpuscules de Malpiglii et la substance de la pulpe de la rate, mais on reconnaîtra toujours au milieu de ces variétés, grâce aux ti-avaux (]e Gray, de Billroth, de Schweigger-Seidel et de W. Mliller, on reconnaîtra toujours le tissu connectif adénoïde (lymphoïde), c'est-à-dire un amas de ganglions lymphatiques plus ou moins fusionnés et dans
1 Cl. Bernard, Physiologie oj^éraloire. 1^79, p. 3iS.
ET DE La raté 275
lesquels les conduits lymphatiques sont remplacés par des vaisseaux sanguins: en un mot, la rate est une [/lande lymphatique sanguine (H. Frey).
Aussi, lorsque la rate est détruite ou enlevée, on constate une hypertrophie générale des autres glandes lymphatiques, qui sen;blent se mettre en état de suppléer la rate dans la formation des globules blancs. Cette hypertrophie des ganglions lymphatiques a été constatée chez les animaux après l'ablation de la rate, et chez l'homme après sa dégénérescence ou sa destruction (Fuhrer).
Ce rapide aperçu anatomique concorde d'une façon très précise avec les fonctions que quelques auteurs ont attribuées à la rate. Sans parler de son inlluence indirecte et encore bien énigmatique sur les fonctions de la digestion, influence que nous aurons à étudier plus tard, la rate devrait être essentiellement considérée comn;e un lien de formation des fjlohidcs blancs, au même titre que toutes les glandes lymphatiques; aussi le sang veineux splénique est-il singulièrement liehe en globules lymphatiques ; tandis que le sang artériel qui y entre en contient 1 sur 22U rouges, le sang veineux qui eu sort en contient 1 sur 60 (His) et même 1 sur 5 ou 4 (Vierordt, Funke). Quant à son action sur les globules rouges, elle est encore si difficile à déterminer que pour les uns la rate est un lieu de destruction de ces éléments (Béclaixl, Kôlliker), tancUs que pour les autres elle serait un atelier de formation des globules rouges (Funke, J. Bennett).
On invoque en faveur du rôle destructeur des globules rouges les faits suivants: un animal auquel on extirpe la rate supporte plus longtemps l'inanition qu'un animal intact: son sang ne s'appauvrit pas si vite en globules rouges : la lymphe qui vient de la rate (car ce viscère possède aussi des vaisseaux lymphatiques) est presque toujours colorée en rouge. Quelques observateurs auraient constaté une sorte de pléthore (d'hyperglobulie) chez les animaux qui avaient subi l'extirpation de la rate, mais cette observation est loin de concorder avec les résulats que nous présente la clinique.
11 est évident que des globules rouges doivent se détruire dans la rate, comme dans tout organe, dans tout tissu où se produisent des transformations très actives, et, du reste, ces destructions d'élénîents colorés deviennent très évidentes dans les cas pathologiques, où l'on voit la rate produire en abondance les débris pigmentaires des globules rouges (cachexie palustre) ; mais il est encore plus probable qu'à l'état physiologique la rate voie se former un grand nombre de globules rouges, eu ce sens que les globules blancs qui y ont pris naissance commencent déjà à s'y transformer en corpuscules sanguins colorés. En eilet, on trouve en abondance, dans le sang des
276 Dû SYSTÈME LYMPHATIQUE
veines spléniques, des globules intermédiaires entre les globules blancs et les rouges, et des globules rouges qui ont tous les caractères de jeunes éléments (petit volume, forme moins aplatie, plus grande résistance à l'action de l'eau, etc.).
MM. Malassez et P. Picard i ont cherché à se rendre compte des résultats coiitradictoii-es obtenus aatérieuremeut parBéclard, Lehmann, Gray et Fuiik relativement aux modificalions qu'éprouve le sang dans son passage à travers la rate. Ils se sont à cet etîet attachés à déterminer exactement les conditions expérimentales, et ont employé, comme procédés d'analyse, parallèlement : 1» la numération des lilobules ; 2" le dosage du plus grand volume d'oxygène que peut absorber une quantité donnée de sang.
Dans ces circonstances ils ont pu obtenir les résultais suivants : lorsque les nerfs de la rate sont paralysés, c'est-à-dire lorsque cet organe est dans l'état d'activité (comme les autres glandes le sont à la suite de la section de leurs vaso-moteurs), la richesse glol)ulaire du sang veineux splénique et sa capacité respiratoire augmentent. Celle augmentation est un j)hénoméne tout à fait spécial à la rate, car, pour toutes les autres glandes, la paralysie des filets sympathiques produit dans les veines qui en proviennent une diminution dans la richesse tilobulaire et dans la cai)acité respiraloiic.
L'auijmentation globulaire et respiratoire du sang veineux splénique ])endant le temps d'activité de la rate est suffisante pour accroîire la richesse globulaire et la capacité respiratoire de la masse sanguine totale.
A la suite d'une période d'activité de la rate, on peut constater que la proportion de fer contenue dans la pulpe de cet organe a considérablement diminué, pour descendre jusqu'à la p'.-oportion de fer confeime dans le sang normal.
Il est encore quelques appareils glandulaires qu'il faudra sans doute raj)procher des ganglions lymphatiques et de la rate : tels sont le corps thyroïde, le thymus et peut-être les cajjsules surrénales; mais ici les notions anatomiques sont encore trop peu précises, et les théories j)hysiologiques trop hypothétiques, pour que nous jiuissions aborder avec fruit l'étude de ces prétendues glandes vasculaires sanguines.
RÉsu.MÉ. — Les KPiTUÉLiUMs sout des couches de cellules revêtant les surfaces internes ou e->::ternes de l'organisme.
Les onetnbranes séreuses sont revêtues d'un épitJiélii'.m pavi'ineiiteiix à une seule couche (dans les synoviales il y a plusieurs couches) .
L'épiderme est un éj)ithélium pavimenteux stratifié, dont les cellules superficielle sont cornées et desséchées, les profondes pouvant seules être considérées comme vivantes.
L' dpithétiu.m cylindrique simple revêt les voies digestives (estomac
1 L. Malassez et P. Picard, Ri'cJierclirs sur les modifications qit'cproavé le sang d"ns son pass'^ge à travers la rate, au double point de vue de s i richessi, en globules rouges et de sa capacité respiratoire. {Compt. rend, de l'Académie des scie)ices.i2i décemb. 1>74.)
et intestins). La bouche et l'œsophage sont revêtus par un épithélium pavimenteux stratitié.
h' épithélium cylinlrique vihratile est le plus remarquable ; il se trouve dans les fosses nasales, la trachée, les grosses bronches, les canaux de répididyrae chez l'homme, les trompes et l'utérus chez la femme, etc. Les mouvements des cils vibratiles sont à comparer à ceux des spermatozoïdes (queue des spermatozoïdes) : chez les uns comme chez les autres, ils persistent un temjjs variable après la mort de lorganisme L'énéral ; ils sont arrêtés pai* les liquides acides et excités par les liquides alcalins.
Les cpithéliinns ont pour fonction de présider aux échanges entre le milieu intérieur (san^r et lymphe) et le milieu extérieur. Par leurs déchets (fonte et desquamation), les épithéliums des diverses muqueuses donnent les divers mucus, caractérisés par la présence de la mucosine, coagulable non par la chaleur, mais par l'acide acétique.
Le SYSTÈME LYMPHATIQUE est l'uuc des voies d'absorption des liquides qui ont traversé les surfaces tégumentaires et muqueuses ; il vient verser son contenu dans la partie centrale du système veineux. C*^ contenu, représenté par la lymphe (et par le chyle dans les lymphatiques de l'intestin), se compose: !<> d'éléments figurés (globules blancs, leucocytes, gouttes de graisse dans le chyle): 2<' d'un liquide coagulable (fibrine) et qui présente à peu prés la même constitution q:c le sérum du sang.
Plusieurs questions sont encore controversées dans les données ar.a- 'oraiques relatives aux lymphatiques ; telles sont la signification de la f/aine péritasculaire lymphatique (de Ch. Robin) et l'origine des capillaires lytnphatiques. Pour les uns (Ranvier), ces capillaires se continuent avec les lacunes du tissu conjonctif, lacunes qui sont rej)résentées à leur plus haut degi-é de développement par les grandes cavités séreuses {stomates des séreuses ; mais ces pré'endus .'•fomaf^^, dits encore puits ou citernes lymphatiques, ne sont sans doute que des centres de rénovation de l'épithelium de la séreuses, centres placés dans des points déclives et déprimés, c'est-à-dire plus à l'abri des frottements) ; pour les autres (Sappey), ces capillaires sont, au moyen d'un réseau de capillicules et de lacunes, en communication directe avec les capillaires sanguins. Cette dernière interprétation est basée sur des préparations microscopiques si complètes, qu'elle nous parait devoir être adoptée généralement. Mais, du reste, quelle que soit l'opinion qui doive, triompher^ l'expérimentation physiologique a dès aujourd'hui établi qu'au point de vue fonctionnel les lymphatiques font directement -uife au système artériel, i)resque au même titre que les veines»
La rate peut être considérée comme très analogue aux ganglions lymphatiques, et elle produirait en abondance, comme ces derniers, dps globules blancs ; mais on n'est pas encore bien fixé sur son rôle elativement aux globules rouges; on l'a considérée longtemps comme un lieude destruclion des globule rouires: des expériences plus récentes tendent à démontrer, au contraire, que la rate est un lieu de production de ces éléments.