‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 72 sur 219 · ALIMENTS · texte numérisé non relu

ALIMENTS

certain point, indispensables a Thomine qui doit produire un travail considérable avec une nourriture insuffisante, et l'abus venant fatalement après l'usage modéré, la physiologie nous montre que ce n'est pas tant contre cet abus même qu'il faudrait réairir aujourd'hui, mais contre les conditions qui font de l'usage de l'alcool une nécessilé impérieuse et fatale pour l'ouvrier (Moles«'hott).

Après raloool viennent les principes actifs du thé. du café et des boissons semblables : la théine, la caféine, la théobromine, la coumarine (fève tonka), le pi-incipe de la coca du Pérou *. Cette dernière substance paraît agir surtout sur l'activité du système musculaire, tandis que les précédentes portent plus spécialement leur aciion sur le système nerveux. Mâchées par les courriers, les voyageurs, les ouvriers, les feuilles de Yerythroxylum coca permettent de rester un ou deux jours s »ns prendre d'aliments solides ou liquides ; elles calment la faim et la soif, soutiennent les forces. Aussi les Péruviens avaient-ils divinisé cet arbre dont les Incas employèrent plus tard les feuilles comme monnaie. Cependant, d'après Ch. Gazeau 2. il n'y aurait, sous cette prétendue action d'épargne, qu'une anesthésie de l'estomac et de l'œsopbage. D'après les expériences entreprises par Rabuteau, sous l'influence de la coca, l'urée serait excrétée en plus grande quantité : la température s'élève et le pouls devient plus rapide. Cette substance serait donc un agent excitateur de la nutrition; l'homme serait aulophage et dans l'état d'inanition sans eu avoir conscience. Mais comme la faim est un sentiment général de toute l'économie, il n'est guère possible de soutenir cette opinion, en présence des résultats bien constatés d'économie nutritive produits par la coca comme par l'alcool. (V. A. Rabuteau, Éléments de thérapeutique. 2<^ édition 1S75. p. 130.)

On ne saurait invoquer, pour expliquer l'action de ces dernières substances, la présence de l'azote dans leur composition, et les regarder comme des aliments azotés, des aliments plastiques de Liebig. La caféine, la théine, etc., contiennent bien de l'azote, mais leur composition est à peu près celle de l'acide urique, de la xanihine, de l'hypoxanthine, qui sont autant de produits excrémentitiels, de déchets de l'organisme ; la théine, la caféine, etc., doivent donc traverser simplement l'organisme et se retrouver dans les excréta, et c'est ce qu'a, en effet, confirmé l'expérience. Il semble plutôt que ces substances agissent en surexcitant les fonctions nerveuses, l'énergie nerveuse, d'où le nom d.'aiirixeyits -nerveux (Mantegazza) qui leur a été aussi donné^.

D'après les ditférentes phases de l'acte digestif, nous étudieron-

i Angel Marraud, Aliments d''épai'gne. Alcool et boissons aromatiqv.e>\ café, thermale, cxcao. coca, eff-^ts physiologiques. Paris, 2° édition, i874.

2 Ch. Gazeau. Nouvelles Recherches expérimentales sur la pharmacologie, la physiologie et la thérapeutique de la coca. Thèse de doctorat, Paris, 1370.

3 V. A. Lacassagne, Précis d'hygiène pricée et sociale, Paris, 1876, p. 411.

successivement les actes qui se passent clans la partie sus-diaphragmatique Ju canal . ceux qui se pas«^ent dans la cavité stomacale, enfin les phénomènes qui ont lieu dans le trajet du tube intestinal (intestin grêle et gros intestin).

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