‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 73 sur 219 · II. — PREMIÈRE PARTIE DE I.'aCTE DIGESTIF · texte numérisé non relu

II. — PREMIÈRE PARTIE DE I.'aCTE DIGESTIF

Les aliments introduits dans la cavité buccale sont divisés par les dcnt&f^ mastication), humectés, et modifiés par la salive (insalivation), puis enfin portés vers le pharynx, saisis par lui et poussés jusque dans l'estomac par Fœsophace (déf/lutition).

A. Mastication. — La mastication a pour but de diviser les aliments solides, afin qu'ils puissent être attaqués plus facilement par les liquides digestifs tant de la bouche que de tout le reste du canal intestinal. La viande et les matières azotées sont plus facilement digérées dans l'estomac, quand elles ont été soumises dans la cavité buccale à l'action de la mastication. Toutefois cette opération n'a pas besoin d'être pou?sée très loin pour les aliments de cette nature : aussi remarque-t-on que les animaux exclusivement carnivores n'ont pas de dents proprement dites, mais de simples crochets destinés à déchirer la masse alimentaii'e en bouchées. Pour les aliments tirés du règne végétal, au contraire, la mastication est indispensalDle. La plupart des matières nutritives végétales sont renfermées dans des enveloppes, en général réfractaires à l'action des sucs digestifs : l'appareil masticateur fonctionne alors pour déchirer les cellules, les enveloppes des graines, etc.; prima digestio in ore. disaient les anciens, qui ne considéraient cependant en parlant ainsi que la mastification, ignorant l'acte chimique qui se produit pendant l'iusalivation.

La mâchoire inférieure, dans les mouvements d'abaissement et d'élévation, représente un levier qui se meut autour d'un axe fictif, lequel, dans les mouvements peu étendus, passerait par les deux condyles : mais lorsque la cavité buccale s'ouvre largement, l'écartement des mâchoires devient plus considérable, les condyles quittent les cavités glénoïdes pour se porter en avant, le mouvement s'exécute autour d'un axe qui traverserait les deux branches montantes du maxillaire inférieur au niveau du trou dentaire; du reste, lorsque la cavité buccale s'ouvre tant soit peu largement, et même dans la mastication ordinaire, les deux mouvements se conibinent, comme ou peut s'en assurer en plaçant le doigt sur l'articulation temporopaaxillaire : il v a à la fois rotation du condyle dans la cavité, et

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