‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 82 sur 219 · BILE · texte numérisé non relu

BILE

produit bien avant l'arrivée de la bile, uniquement 'sous l'action excitante du sur. gastrique ; d'autre part, les niouveuients des parois musculaires de l'intestin se produisent tout aussi bien quand la bile est détournée de ce canal.

En présence de ces doutes et de ces hypothèses, il faut se demander si la bile a réellement une action digestive; si, en outre de son rôle de liquide en partie excrémentitiel (cholestérine), elle a un rapport important avec les fonctions intestinales. Dans ce cas, ne pourrait-on pas, l)Our arriver à une hypothèse probable, prendre pour point de départ ce fait que la bile n'arrive dans Tintestin que lorsque l'absorption est à peu prés terminée ; lorsque Tépithélium qui a servi au passage commence à se flétrir et à se desquamer? On voit alors que la bile ellemême subit quelques changements: sa matière colorante se précipite et va se mêler aux fèces qu'elle colore; il en est de même de la cJwlestérine qui est un produit excrémentitiel ; le reste de la bile semble disparaître dans les parois intestinales et être résorbé, mais non en nature, car on ne retrouve pas ses acides dans le sang ; elle paraît décomposée au moment même où elle pénètre dans la muqueuse intestinale.

Cet ensemble de faits, et celui bien connu que la bile dissout très vite tous les éléments cellulaires (comme on peut très bien le constater sur les globules sanguins), enfin cette circonstance que la plus grande activité de la desquamation épithéliale de l'intestin coïncide avec le contact de la bile, semblent nous autoriser à conclure que l'arrivée et l'action de la bile sont en rapport avec celte chute des épilhci .ans. La bile servirait donc essentiellement à renouveler le revêtement cellulaire, à aider la chute des anciens éléments et la restauration des nouveaux : elle produit, qu'on nous permette l'expression, t£7i -yeVifaôZe balayage de cet atelier où vient de se 'produire le travail si laborieux de V absorption, et reconstitue de nouveaux organes épithéliaux prêts pour un nouveau fonctionnement semblable. Cette reconstitution se fait par les jeunes cellules dont nous avons eu occasion de constater la présence dans la partie profonde de l'épithélium. Aussi ne trouve-t-on jamais l'intestin privé de cellules épithéliales : c'est que la nouvelle génération est si rapide, qu'on n"a pas le temps de la constater, voilée encore par les débris en ruine des anciens éléments. Nous avons vu que, lorsque la bile est détournée du canal intestinal, les animaux sont incapables d'absorber, particulièrement les corps gras ; ils se portent bien, mais il leur faut double ou triple ration d'aliments. Donc la digestion proprement dite ne souffre pas, c'est labsorption seule qui est insuftisante, et particulièrement celle des graisses. Or, cette absorption est la plus laborieuse, c' est celle qui exige le plus d'activité de la part de l'épithélium ; la bile serait donc en rapport avec l'absorption des corps gras, en rendant ])lus actif l'acte de renouvellement, la desquamation et la végétation de ré})ilhélium.

h) Fonction du foie, Glycogénèse. — Le rôle de la bile danç

] "absorption nous ex})lique déjà Timportance physiologique de cet énorme viscère, le foie ; mais nous avons déjà vu que cet organe n'est pas sans action sur la composition du sang, sur la formation et sur la destruction de ses éléments globulaires, et particulièrement des globules rouges (V. Sang. p. 184). Enfin les travavx de Cl. Bernard ont ri'vélé dans cet oi-gane de nouvelles fonctions, celles de la (jhjcogénie, de sorte qu'il aurait pour le moins autant d'importance i^Mv la constitution du séi^um que sur celle des éléments figurés du sang.

Si l'on déchire le foie, oa voit que la surface de la déchirure offre des grains saillants, gros comme des grains de millet, et séparés par dessillons plus ou moins irré^uliers. Ces grains constituent les lobules du foie; ils ontl millimètre environ. Lorsqu'on coupe un de ces lobules, on remarque que le centre est un peu plus foacé et la partie extérieure plus claire. Dans d'autres cas, c'est la partie superficielle qui est la plus foncée. Ces différences de couleur tiennent à la nature du coateuu des vaisseaux et des canalicules biliaires. Les lobules sont très rapprocliés chez l'homme. Avec un instrument grossissant de 50 diam. environ, on aperçoit au cmtre l'orifioe béant (VH, fli^. 95) d'un vaisseau coupé (veine sus-hépatique, veine intralobulaire de Kiernan, ISS^î). A la surface du lobule on aperçoit les ramifications de la veine porte (VP. fig. 95) qui sont contenues, depuis le bile jusqu'aux lol)ules, dans la capsule de Glisson. Les ramifications de la veine porte entre les lobules ont été comparées aux ra.-ines d'un arbre qui pénétrent entre les])ierres d'un sol pierreux. Elles portent le nom de -ceines inter-lobulaires de Kieruau. De ces veines partent des capillaires (R.fi^'. 95) qui sillonnent le lobule pour aller se jeter dans l'origine des veines sus-hépatiques. Les capillaires du lobule sont petits. 10 ;j. en moyenne : les mailles sont étroites.

Avec un grossissement de 300 à 35'"» diam., on verra, entre les capillaires, les cellules hépatiques (2 ou 3 en moyenne par maille : en G. fig. 95). Ces cellules sont l'élément sécréteur du foie pour le sucre (et peut-être pour la bile?) Les cellules hépatiques ont été découvertes par Purkinje et Henle. Elles sont polyédriques, tantôt cubiques, tantôt prismatiques. I-Llles n'ont pas d'enveloppe et elles offrent tous les caractères des jeunes cellules. Elles possèdent un ou deux noyaux, tous caractères qui prouvent une grande activité dans ces cellules. Les granulations sont nombreuses dans leprotoplasraa de ces cellules: granulations protéiques, glycogéniques et graisseuses. Les granulations glycoi/éniques, sous l'influence de la teinture d'iode, se colorent en violet. La ,natière glycogène, véritable amidon animal, est quelquefois à l'éîat de dissolution et ne se montre pas sous forme de granulations. Dans ce cas, il sufàt de traiter par la teinture d'iode la surface d'une coupe du foie pour obtenir la coloration violette.

Les granulations graisseuses existent de tout temps dans le; cellules hépatiques, elles sont plus nombreuses après le repas. On ne les rea- Çùulre pas. dit-on, chez les animaux qui vivent à l'état sauvaû'-e. L'accu-

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