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FONCTIONS DU FOIE

mulation de ces granulations finit pai* transformer les cellules en véritables vésicules graisseuses, phénomène qui s'observe palhologiquement dans le foie gras et physiulogiquemeut dans le foie des animaux qu'on eugraise (pour la confection des pâtés de foie).

Tel est le foie (ily>'0()énique (glande vasculaire sanguine).

Nous l'avons déjà dit (V. p. 30Ô), le foie peut être considéré comme composé de deux glandes qui se pénètrent réciproquement : la glande biliaire et la glande vasculaire sanguine (fig. 95). Nous avons vu les fonctions de la glande biliaire: ces fonctions peuvent être regardées

Fig. \.o. — Lobule hépatique'.

comme indépendantes de celle de la glande vasculaire, surtout au point de vue de la glycogéaie (Cl. Bernard); l'étude embryologique du développement du foie nous a aussi servi à montrer cette indépendance, surtout au point de vue anatomique (C Morel, V. ci-dessus, p. 300). Enfin, on eu trouve des preuves nombreuses, et peut-être plus intéressantes encore, dans les faits empruntés à la pathologie.

* YH. Veine hépatique prenant naissance au milieu du lobule hépatique; — VP, VP, VP, terminaisons de la veine porte autour du lobule hépatique : de ces divisions de la veine porte part un système de vaisseaux capillaires (r) intermédiaires entre la veine porte et la veine hépatique. G"est dans les mailles de ce réseau capillaire que se trouvent situées les cellules hépatique-. G, qui sont aiiisi immédiatement en conta^'t avec le sang de la veine porte; — B, B, B et << terminaison des conduits biliaiies, ou plutôt origine de ces canaux autour des lobules hépatiques (Cl. Bernard).

Ainsi dans la cirrhose du foie, affection qui porte sur le tissu conneclif de l'organe, quoique les grandes cellules hépatiques (foie glycogénique) soient altérées par compression et même détruites, la sécrétion de la bile, et plus tard sa résorption pathologique (ictère) n'en continuent pas moins à se produire, parce que les canalicules, les culs-de-sac sécréteurs de la bile ne sont pas primitivement atteints.

La dégénérescence graisseuse du foie, qui porte uniquement sur les grîindes cellules, ne modiiie parfois en rien la sécrétion biliaire, et sur des foies très volumineux, devenus presque complètement gras, on trouve encore de la bile en quantité notable dans la vésicule et dans les canaux, parce que le foie biliaire est relativement intact. Si les grandes cellules étaient l'élément sécréteur de la bile, il serait impossible de comprendre la persistance de la sécrétion biliaire, car ces cellules, complètement infiltrées de graisse, ne sont plus, au point de vue physiologique, que des cadavres de globules i.

Cependant les recherches histologiques récentes et multipliées, qui ont eu pour objet l'origine des canalicules hépatiques semblent montrer entre les grandes cellules hépatiques et l'appareil biliaire des rapports peut-être plus intimes que ceux indiqués par Kiiss, Morel, Handfield Jones, et Gh. Robin (Dict. de Nysten). La concordance des résultats obtenus par de nombreux histologistes, tant en France (Robin, Legros. Cornil) que dans les autres pays (Gerlach, Andréjevié, Mac Gillavry, Chronszewsky, Hering, Ebert, etc.), doit nous en fare tenir compte, et nous verrons que les données physiologiques répondent à ces résultats.

Déjà LerebouUet 2, en 1853, d'après ses recherches sur le foie gras, avait été amené à considérer les canaux biliaires comme ayant pour racines de simples vides creusés entre les cellules disposées en séries (méats intercellulairesj, vides purement virtuels et qui, dans les préparations, seraient le résultat du passage même de la matière à injection.

Ces vides ont été l'objet d'études nombreuses sous le nom de capillaires biliaires, de canalicules intralobulaires. Avec les histologistes que nous avons déjà cités, Kôlliker est parvenu à les distinguer, et les considère comme de simples lacunes intercelhdaires dépourvues de parois propres, ou revêtues seulement par une sorte de cuticule qu'il regarde comme dépendant des cellules entre lesquelles la lacune est située: « J'aimerais mieux appeler cette cuticule membrane cellulaire, et dire que dans les régions des capillaires biliaires cette membrane est plus développée que dans les autres points. » (Traduct. franc, 1870, p. 568.)

Mais voici que pour quelques anatomistes (Mac Gillavry, Frey) ces canalicules sont pourvus d'une paroi propre, de sorte que les grandes

1 V. P. -A. Accolas. Ei^sai sur l'origine des canaliculfs hèpaliquen et sur l'indépendance des appareils biliaire et glycogène du foie. Thèse de Strasbourg, 1S67, n' 19.

2 Lerebouîlet, Mémoire sur la structure intime du foie et sur la nature 4,e l\iltéra(ion connue sous le nQm de foie gras. Paris, 1853, in-4°,

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cellules hépatiques seraient situées en dehors d'eux; enfin les recherches de Legros i montrent que cette paroi est tapissée par un épi' thélium pavimenteux. Nous nous trouvons, en définitive, ramenés à la conception d'une glande biliaire parfaitement distincte de la glande vasculaire sanguine ; seulement nous trouvons alors entre ces deux appareils une pénétration réciproque encore plus intime que ce que l'on soupçonnait d'après les recherches qui remontent à cinq ou six ans. « Déjà, dans des canaux interlobulaires, l'épithélium n'est plus aussi nettement prismatique que dans les branches du canal héj atique proprement dit; n)ais, dans les canal icv.les intralobulaires, il devient franchement pavimenteux, à cellules minces, composant la paroi des canalicules sécréteurs par leur intime juxtaposition, rfonf elles forraent ainsi un organe bien distinct de celui qui, beaucoup plus volumineux^ est constitué par les cellules hépatiques proprement dites. » (Ch. Robin, Du microscope, 1871.)

Ainsi les derniers résullats de l'histologie ne sont point contraires à la distinction physiologique d'une glande biliaire et d'une glande glycogénique. Cette dernière, constituée par les grosses cellules hépatiques disposées dans le réseau capillaire intermédiaire à la veine porte et aux veines sus-hépatiques, a, en etiet, pour fonction de produire une substance qui est incessamment versée dans le sang, le sucre ou glycose (sucre de foie). Il nous reste à étudier cette fonction.

Cl. Bernard établit le premier que les organismes animaux peuvent former du sucre comme les organismes végétaux. Magendie avait déjà trouvé du sucre dans le sang, mais seulement chez les herbivores : Cl. Bernard montra qu'il existe aussi dans le sang des carnivores, mais qu'on en trouve à peine des traces dans la veine porte, tandis que dans les veines sus-hépatiques il y eu a une quantité relativement considérable. 11 montra en même temps que ce sucre ne I>eut provenir uniquement d'une alimentation antérieure dont les éléments sucrés se seraient emmagasinés dans le foie, comme le font certains poisons ; que le sucre existe dans le foie en dehors de toute alimentation. Le foie est donc le lieu de production de ce sucre, identique au sucre des urines des diabétiques. et le diabète n'est qu'une exagération pathologicfue de la fonction normale glycogénique. Cette fonction du foie ne commencerait chez le fœtus que vers l'âge de trois ou quatre mois. Avant cette époque, le placenta serait chargé de fonctions analogues, grâce à une couche cle cellules glycogènes placées entre le placenta fœtal et le placenta maternel (Cl. Bernard, 1847-1855).

Bientôt Cl. Bernard reconnut que les éléments globulaires du

* V. Ch. Legros, Sar la structure et Vépithélium propre des canaux sécréteurs de la bile [Journ. de Vanat. et de la piiysiol., de Çh. Robin, 1S74> P-137). - ..

foie ne forment pas directement du sucre, mais bien une substance capable de se transformer en sucre, une matirre ghjcogène, analogue à l'amidon, et se transformant en glycose par les mêmes agents que l'amidon. Ce n'est que par l'action d'un ferment, qui se produit dans lo foie ou qui y est amené par le sang, que cette matière glycogène est transformée en sucre dans l'organisme. Il fut amené à ce nouveau point de vue en observant que la quantité de sucre variait suivant le moment où l'on examinait le foie ; que constamment, quand le foie était examiné au moment de la mort de l'animal, il contenait moins de sucre que quand il était examiné le lendemain. C'est que la matière glvcogène s'est changée en sucre après la mort (Cl. Bernard, 1855-1859). Cette matière glycogène a été retrouvée par Schiff, qui lui a donné le nom à'inuline, la comparant à un amidon végétal dont elle a jusqu'à un certain point les caractères microscopiques et même les réactions. Rouget a donné à cette substance glycogène le nom de zoamyline (ou amidon animal).

Ainsi le foie forme de la matière glycogène : cette matière glycogène se transforme en sucre par Faction d'un ferment dont la nature a été déterminée par les dernières recherches de Cl. Bernard*. Le sucre

1 On peut donc résumer de la manière suivante les travaux de Cl. Bernard sur la gl3-cogénie. En 1840, découverte du sucre dans le foie; son existenca V est constante, quelle que soit l'alimentation de l'animal. En i855, il démontre ccmraent le sucre du foie dérive d'une matière formée dans le foie, matière qu'il isole (1857). et à laquelle il reconnaît des caractères identiques à ceux de l'amidon végétal. En lSâ9, recherchant l'origine de cette matière gljcocène, il en signale la présence dans les organes placentaires des mammifères, dans la membrane vitelline des oiseaux et chez les animaux inférieurs à l'état de larve ou de chrysalide. Il montre alors que les cellules glycogéniques se rencontrent d'abord sur la face interne de l'amnios des mammifères, y forment des papilles très développées vers le milieu de la gestation, et disparaissent plus tard à mesure que la fonction glycogénique se localise dans le foie. Chez les oiseaux, les cellules glycogéniques se rangent d'abord sur le trajet des veines omphalo-mésentériques et plus tard aux extrémités des veines vitellines, qui forment de véritables villosités glycogéniques flottant dans la substance du jaune. La substance glycogène existe donc d'abord d'une manière diffuse dans les organes embryonnaires, transitoires, et c'est ultérieurement qu'elle apparaît dans le foie pour y persister. D'autre part, la glycogénie animale constitue une véritable évolution chimique des principes amidonnés, évolution analogue, ou pour mieux dire identique à celle que présente l'amidon dans les organismes végétaux. (Cl. Bernard. Cou,rs de 1872.)

Enfin, en 1877 (Coraptes rend. Acad. des sciences, 10 sept.) Cl. Bernard indique la manière d'isoler le fermeat diastasique qui, dans le foie, transforme la matière glycogène en glycose. A cet effet, on agit sur un foie lavé par une injection intravasculaire jusqu'à ce qu'il ne reste plus ni sucre ni glvcogène dans le tissu hépatique. Le ferment, qui est toujours en excès, se trouve alors seul; on l'extrait en broyant ie tissu du foie et ea délayant la bouillie hépatique avec quatre ou cinq foi> son po ds dç glycérine pure; on

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ainsi formé est versé dans le sang-, et, entraîné par le torrent de la circulation, ne tarde pas à disparaître, soit brûlé dans le poumon, soit détruit par oxydation ou par tout autre mode dans un point quelconque de l'économie. Aussi n'en reste-t-il, en définitive, que peu dans le sang* ; mais toutes les fois que la quantité de sucre formé est trop considérable et n'est pas entièrement détruite, il y a glycémie; et si cette quantité est supérieure à 3 p. 100 du résidu solide du sang, ou s'il y en a plus de 2 à 3 grammes par kilogramme de l'annnal (Kûhne), alors le sucre est excrété par les reins, la glycémie se relève par la glycosiirie, par le diabète.

Non seulement le foie produit du sucre, mais il est encore l'organe régulateur de la distribution, dans le sang, du sucre absorbé par l'intestin: il l'enmiagasine, leitransforme, puis le restitue sous forme de glycose (sucre de foie). En eifet, les dernières expériences de Cl. Bernard mettent bors de doute le rôle actif du foie qui consisterait à retenir le sucre, à empeL-lier qu'il se montre dans les veines susliépatiques en aussi forte proportion que dans les vaisseaux afférents. La démonstration est établie par la ligature de la veine porte. A la suite de cette oblitération, la circulation complémentaire s'organise par les anastomoses qui relient les Ijranclies de la veine porte aux liémorroïdales, aux veines des parois abdominales, aux diaphragma tiques, de sorte que le sang venant de l'intestin ne passe plus par le foie, mais est versé par ces anastomoses dans la circulation générale. Si, dans ces circonstances, on fait ingérer à l'animal 10 à 12 grammes de sucre, on constate bientôt la présence du sucre dans les urines, tandis quje chez un chien de même taille, mais n'ayant jjas la veine })orte oblitérée, il faut 50 ou 80 grammes de sucre ingéré pour qu'il apparaisse dans les urines. Cette expérience dé la ligature de la veine porte se trouve parfois réalisée dans les cas cliniques d'obstruction de ce vaisseau (pyléphlébite et cirrhose). Dans ces cas, on a observé l'absence complète de glycose dans les urines lorsque le malade était à jeun, tandis que les urines de la digestion, après un repas composé de matières amylacées ou sucrées, en renfermaient des quantités notables = (V. ci-après le chapitre

laisse macéi-ir piiudant deux ou trois jours et on filtre. Le liquide qui passe contient le ferment hépatique dissous dans la glycérine et rendu par cela inè:ne inaltérable ; en effet, la glycérine pure empêche le ferment d'agir et de s'altérer; mais dès qu'on l'étend d'eau, le ferment reprend et manifeste son activité spéciale de transformer la solution d'empois d'amidon en dextrine et en sucre. Si maintenant on veut isoler et extraire de la glycérine le ferment hépatique, rien n'est plus facile. Il suffit de le précipiter par l'alcool, de le recueillir sur un filtre et de le purifier par une nouvelle dissolution et iine nouvelle précipitation.

Cette exagération de la production du sucre et toutes les conséquences qui en résultent peuvent être produites expérimentalement par i)lusieurs procédés qui confirment la théorie de la .elycogénie hépatique, car tous portent leur action d'une façon plus ou moins directe sur le foie.

Ainsi Tinjection de matières irritantes dans la veine porte (éther, Arley) amène la glycosurie. C'est ainsi qu'agissent sans doute certaines substances plus ou moins toxiques, al sorhées par diverses voies, comme le chloroforme, le curare, les matières putrides, etc. ; ces dernières contribuent sans doute à augmenter la quantité de ferment capable de produire la transformation du o-lvcoo-ène en sucre. En effet, toutes les conditions qui favorisent les femientations sont aptes à produire et à augmenter loidiabète. de même que toutes les conditions qui arrêtent les fermentations peuvent diminuer ou même faire cesser le diabète. Ainsi ^^'inogradoff a montré que les grenouilles qu'on rend diabétiques cessent de l'être quand on les

place dans un lieu froid, car les fermentations s'arrêtent à une basse température; le diabète se reproduit lorsque la grenouille est remise dans lui milieu assez chaud pour permettre la fermentation^.

Mais de toutes les conditions expérimentales capa- Ijles de produire le diabète, la plus intéressante en physiologie est celle qui résul te de modifi cations particulières jjortées sur le système nerveux. Cl. Bernard a découvert que si on pratique sur un animal (lapin) une piqûre sur le })lancher du quatiième ventricule (en P'. fig. 96), entre les racines des nerfs accoustiques et celles des nerfs

FiG. 9(3. — Quatrième ventricule (lapin) et piqûres exp''riaientales *.

1 V. Cl. Bernard, Cours du Collège de France, in Revue des cours scienti/iques, avril 1873.

* Les lobes du cervelet sont écartés. On voit, en bas, les corps restiformes dont lécartement circonscrit le bec du calamus scriptorius et le quatrième veniriculo. — La piqûre P', qui produit de la glycosurie, est située un peu au-dessus du bec du calamus. — La piqûre P est située au nivonu des tuberci^les (je Wenzel, c'est-Mire de lorigine des nerfs acoustiques (Cl. Berqard);

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pneumofiasti'iquos, on trouve au bout de peu de temps (une heure et quelquefois moins) du sucre dans les urines de l'animal. (Une piqûre pratiquée un peu plus haut, en P, produit de la glycosurie accompagnée de polyui'ie; un peu plus haut encore, elle produit une albuminurie). Cette glycosurie est due à un travail hé[)atique, car Winogi-adoff a montré qu'après avoir, chez une grenouille, piqué le quatrième ventricule et produit ainsi le diabète consécutif, celui-ci cesse si on enlève le foie, c'est-à-dire l'organe producteur du sucre. D'autre part, on sait qu'après un long empoisonnement par l'acide arsénieux, le foie est privé de substance glycogène, et ne peut phis produire du sucre. Or, sur un animal placé dans ces conditions, la piqûre du quatrième ventricule ne donne i)lus lieu au diabète.

Quant à la voie nerveuse qui relie le quatrième ventricule au foie, elle paraît se trouver, non dans le pneumogastrique, mais dans le grand sympathique, comme l'avait soupçonné Cl. Bernard, et comme Tont prouvé directement Schift" et Moos. Ce dernier a particulièrement montré que si on lie sur une grenouille tous les nerfs sympathiques qui vont au foie, on ne peut plus produire, chez cet animal ainsi préparé, le diabète, soit par la piqûre du quatrième ventricule, soit par l'excitation électrique de la moelle épinière. Dans Ions ces cas, une forte hypérémie du foie paraîiêtre la condition de l'exaltation de ses fonctions glycogèniques. Et en effet, si on lie sur une grenouille la veine cave inférieure au-dessous du foie, on amène, vu les anastomoses qui existent chez cet animal entre le système veineux général et le système de la veine porte, on amène une circulation plus considérable dans la veine porte, et, par suite, le diabète. Mais dans la piqûre du quatrième ventricule la congestion du foie et l'exaltation de sa fonction glycogénique ne paraissent pas résulter d'une simple hypérémie névro-paralytique provenant de la destruction de l'innervation vaso-motrice, car le diabète artificiel ainsi produit n'est que temporaire (de vingt-quatre heures au maximum). Ce diabète parait plutôt provenir de Yexcitation de certains nerfs compris dans les filets du grand sympathique et qui seraient- au foie ce que la corde du tympan est à la glande sous-maxillaire (Cl. Bernard). C'est ce que s"est attaché à démontrer Marc Laflfont i qui a poursuivi à cet égard les recherches de Cl. Bernard. Pour cet auteur, le diabète artificiel, par piqûre du quatrième ventricule, est dû à une excitation et non à une paralysie. De nombreuses expériences sur les premières paires nerveuses de la région dorsale, sur le centre bulbo-médullaire, sur les neifs pneumo-gastriques, l'amènent aux conclusions suivantes : la glycosurie d'origine nerveuse peut avoir pour cause une paralysie vaso-motrice par suite de section, d'altération des nerfs ou des ganglions sympathiques, mais le plus souvent elle est due à des actions vaso-dilatatrices directes ou réflexes. 1» La vaso-dilatation est directe lorsqu'elle survient à la suite de la

1 Recherches expérimentales sur la Glycosurie considérée dans ses rapports avec le système nerveux, par Marc Laifanl. Thèse de Paris^ iSSQ,

piqûre du bulbe, d'une hémorragie du plancher, d'une excitation du ))out périphérique bien isolé de certains nerfs (par exemple, des premières paires nerveuses de la région dorsale, lesquelles livrent passage à des nerfs dilatateurs) ; 2» la vaso-dilatation est indirecte ou ré;iexe, lorsque l'excitation porle sur la moelle ou le bout central d'un nerf mixte (par exemple, du pneumogastrique). Dans ces conditions, l'excitation est ];ortée dans la moelle jusqu'aux centres vaso-dilatateurs, ou excito-fonctionnels de la glycogénie hépatique, centres placés dans le bulbe audessous de la petite diagonale du plancher du quatrième ventricule. Ces centres, symétriques, distincts et séparément excitables, sont le point de départ de nerfs dilatateurs vasculaires qui cheminent dans la moelle jusqu'à la hauteur de la première paire de nerfs dorsaux, à partir de laquelle, peut-être jusqu'à la troisième paire, ils sortent pour se jeter dans le tronc sympathique et de là dans les nerfs splanchniques. C'est pourquoi l'arrachement des premières paires nerveuses de la région dorsale supprime, comme l'avait vu Cl. Bernard, l'action réflexe (vasodilatatrice) des nerfs vagues sur la vascularisation des organes splanchniques. Ajoutons que le mode d'action de la piqûre portée sur le quatrième ventricule a été soigneusement déterminé : cette action est double, se traduisant d'abord par une irritation locale d'où suractivité circulatoire des viscères abdominaux ; à cette irritation succède une paralysie due à l'altération du centre par l'hémorragie consécutive : ce centre alors n'est plus excitable ni directement (nouvelle piqûre superposée), ni par action réflexe (excitation du bout central de pneumogastrique ou du nerf dépresseur du même côté).

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