‹ Cours de physiologie d'après l'enseignement du professeur KüssChapitre 85 sur 219 · VOIES DE L'ABSORPTION · texte numérisé non relu

VOIES DE L'ABSORPTION

ne passent pas par les mêmes voies que les substances précédentes et que le cliylifôre est spécialement préposé à leur aljsorption.

11 est permis, en effet, de su[)poser que la graisse contenue dans l'intestin est absorbée par les cellules de la villosité (cellules épithéliales et plasmatiques ) , lesquelles l'excrètent dans le' chylifère central. Nous avons, en effet, considéré les lymphatiques comme jn^éposés à recueillir les résidus profonds, les déchets que produit la vie des épithéliums. (V. p. 262).

Du reste, la graisse ne passe pas uniquement par la voie lymphatique; il y en a dans le sang de la veine porte, mais en quantité très pou considérable. De même, les autres substances qui ont subi l'absorption se retrouvent aussi dans les chylifères, mais en quantité infiniment petite relativement à la graisse qui y est contenue.

Cependant quelques auteurs refusent absolument aux vaisseaux de la veine porte le pouvoir d'absor])er et d'entraîner la graisse ^ ; c'est

l'"iG. 97. — Voies de l'absorption digestive *.

qu'en effet, la graisse que l'on trouve dans ce sang n'est pas dans le même état que dans le chyle ; chez les mammifères, ce n'est jamais de la graisse libre; ce sont des graisses saponifiées. Elles ont sans doute été saponifiées par le choléate de soude de la bile.

i V. Béclard, Recherches expérimentales sur les fonctions de la veine porte (Arch. génér. de médecine, 184S).

* Figure empruntée à Beaunis(iVou D. Eié';n. de physiol. humain e, 2' édit., Paris, 1881). — 1, Intestin ; — 2, vaisseaux sanguins (veine d'origine de la veine porte) ; — 3, veine porte ; 4, foie; — 5, veines sus-hépatiques ; — G, chylifères ; — 7, 7, ganglions lymphatiques ; •— 8, canal thoracique; — 9, système veineux (veine cave),

La plupart des substances toxiques sont absorbées par la voie des veines: l'intoxication étant très rapide, les poisons ne peuvent avoir passé par la voie des lymphatiques.

Les métaux absorbés à l'état des sels métalliques s'accumulent dans le foie. Ce fait est très important en ce qu'il nous montre le foie comme retenant une forte proportion de matières alimentaires pour les modifier. Et, en effet, l'albumine est transformée en arrivant par la veine porte au contact des cellules hépatiques.

Nous voyons, en somme, que les notions précises sur l'acte intime de l'absorption sont encore incomplètes. Nous nous sommes attachés ici à étudier ces phénomènes au point de vue de l'action qu'exercent les cellules vicaiites k travers lesquelles se fait l'absorption. Pour nous, ce travail d'absorption est essentiellement le fait de ces globules. Aussi nous sommes-nous peu arrêtés sur les théories physiques de l'absorption et les expériences pratiquées avec des membranes privées de vie. Nous avons du insister davantage sur les voies (vaisseaux sanguins et lymphatiques) de l'alx sr})tion digestive. La figure 97 résume, sous une forme schématique, la disposition de ces voies et leur rapport avec certains viscères (foie).

RÉSUMÉ. Absorption, bile et foie. — Les puénomènes d'absorption sont essentiellement, au point de vue physique, des phénomènes de diffusion et d'endosmose ; mais ces phénomènes sont régis parla nature même de l'épithélium, qui doit être traversé pour que les s'ihstances arrivent à se diffuser dans l'organisme, ou à y être entrahiée par la circulation.

h'état du sang (richesse ou pauvreté eu principes à absorber) et Vétat de la circulation (pressions fortes ou faibles) influent beaucoup sur la rapidité et l'intensité de l'absorption.

Pour Vabsorption intestitiale, la clef de tout le phénomène doit être cherchée dans le rôle de l'épithélium cylindrique qui recouvre les villosités. Les aliments dissous et décomposés par les sucs digestifs forment une sorte de blastéme générateur (Cl. Bernard, Kiiss), que les cellules épithéliales incorporent à leur propre substance, pour le transmettre ensuite au milieu intérieur sous-jacent (lymphe et sang du ch3-lifére central et des caj)illaires périphériques). Cette manière de voir nous dispense de chercher des théories compliquées pour expliquer l'absorption des corps gras : ceux-ci, dans cet acte d'absorption intestinale, comme dans tous les cas oii ils sont déposés, puis repris, par le sang dans l'intimité des tissus, se combinent avec les substances albuminoides des celhiles.

Il y a environ 1.300 grammes débile sécrétée en vingt-quatre heures. Cette bi'e renferme comme matières en solution: P les sels biliaires (choléate et cholate de soude) ; la cholestérinc (de la classe des alcools) ; la matière colorante ou bilifulvine.

ABSORPTION- — KOIK 3'^5

La bile est destinée à être en partie résorbée clans l'intestin; sa perle amène un L;ran(létat de souffrance du systéiuf^ pileux de ranimai (perle du soufre qui est contenu daas la taurine du laurocholatc ou cliolate de soude).

On a attribué à la bile des rôles divers: neutraliser le chyme acide que fournit l'estomac; énmlsionner et dédoubler les graisses; s'opposer à la fermentation putride du contenu intestinal; cette dernière opinion trouve une certaine confirmation dans les expériences. On peut aussi, se basant sur un grand nombre de considérations, émettre rhypolhèse que le rôle de'^la l)ile serait de favoriser la desquamation épithe'liale qui se produit dans la nmqueuse intestinale après chaque absorption digestive.

Le foie représente, au moins au point de vue physiologique, deuM glandes distinctes: i" \a glande biliaire, formée de tubes qui pénétrent le lobule hépatique, mais restent bien distincts, tapissés de petites cellules épithéliales, pavimenteuses (recherches de Gh. Legros); 2° le foie glycogénique, constitué par les grosses cellules hépatiques, disposées dans le réseau capillaire intermédiaire à la veine i)orte et aux veines sus-hépatiques.

Le foie glycogénique produit du sucre qu'il verse dans les veines sus-hépatiques; il le produit aux dépens d'une vadiWève glycogène{o\x amidon animal) et d'un ferment diastasique (analogue à la diastase salivaire) qui transforme cette matière en glycose, comme la ptyaliue ou la pancréatine le font pour l'amidon végétal. Non seulement le foie produit du sucre, mais il emmagasine, transforme et livre de nouveau sous forme de glycose le sucre absorbé dans l'intestin.

Cette fonction glycogénique est réglée par le système nerveux, comme le montre la célèbre expérience de la piqûre du quatrième ventricule et le diabète artificiel qui en résulte, ce diabète étant produit par l'excitation de certains nerfs qui sont au foie ce que la corde du tympan est à la glande sous-maxillaire.

Les voies par lesquelles sont transportées les substances absorbées sont représentées : 1° par les chylifères (surtout pour les graisses); 2» par la veine porte (pour les autres substances).

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