‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 26 sur 58 · JA I · texte numérisé non relu

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sert à désigner. Nous voyons , en effet , des masses assez considérables de phosphate de chaux se développer dans les poumons^ sous rinüucnce de causes déterminables, quoic|u’iinparfaitement déterminées jusqu’à présent. Les enveloppes fibreuses du cerveau nous' en présentent aussi , et à cc propos, je vous ferai remarquer que les incrustations se distinguent des os proprement dits , et meme des ostéides, en ce quelles n’ont rien de régulier dans leur conformation.

On rencontre encore de ces ossifications anormales dans le tissu fibreux qui entre dans la composition du cœur des mammifères , dans les plèvres pulmonaire et costale, et là elles se présentent sous la forme de plaques irrégulières , en un mot , avec tous les caractères des productions anormales. Tout le monde sait que la membrane fibreuse sous-jacente à la membrane élastique artérielle , et le tissu fibreux des valvules des veines ne s’ossifient que trop souvent, puisqu’ainsi que l’ont très-bien démontré Corvisart et Laënnec, dont les observations ont été récemment confirmées par M. Cruveilhier, c’est à ces inscrustations qu’il convient de rapporter la cause organique d’une partie des maladies du cœur et des gros vaisseaux. I;a rate présente aussi des altérations de même nature , et j’en ai également trouvé dans le pénis et dans l’enveloppe fibreuse

immédiate des ovaires et des testicules. En un mot, c’est une loi générale que je crois pouvoir établir , que partout où il y a du tissu fibreux, les incrustations osseuses peuvent se développer. On en rencontre aussi dans diverses portions du tissu cellulaire , ce qui ne vous surprendra pas , puisque nous avons vu que ce tissu est la base , l’origine du tissu fibreux , du cartilage , dont l’os lui-même n’est qu’une modification, ainsi que je l’ai prouvé.

Il n’est pas inutile de vous faire observer que l’os que l’on rencontre dans le pénis d’un grand nombre de mammifères est véritablement normal , qu’il présente tous les caractères d’un véritable os, et qu’étant placé sous la couche musculaire contractile , il doit être considéré comme faisant partie du squelette.

Les différences relatives aux âges sont nombreuses , et se rapportent toutes au plus ou moins de solidité du tissu osseux , au développement proportionnel des formes spongieuse , aréolaire ou compacte de chaque os , à l’ordre régulier de l’ossification de chaque pièce du squelette, et à la rapidité avec laquelle elle a lieu pendant la gestation ou après que le jeune animal est arrivé à la lumière, etc. Déjà nous avons vu qu’ayant commencé par être muqueux, l’os passe ensuite à l’état fibreux, puis à l’état cartilagineux, et qu’il devient

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de plus en plus calcaire à mesure que riiidividu vieillit , c’est-à-dire quela matière inerte tend toujours davantage àprédominer sur lamatièrevivante. C’est à cette dernière circonstance qu’il faut rapporter toutes les diflerences que présente le tissu osseux dans ses actes physiologiques. Aussi a-t-on remarqué , depuis long- temps , que les os sont d’autant plus susceptibles de s’enflammer, et qu’en eux la cohésion est d’autant plus active que l’individu est plus jeune , tandis qu’au contraire plus l’individu est âgé, et plus ses os se brisent avec facilité, conditions dont le physiologiste et le pathologiste doivent tenir un compte exact, ainsi que nous le verrons lorsque nous serons arrivés à l’étude de la nutrition.

Différences selon les sexes. Jusqu’à présent elles sont peu connues, par cela seul qu’elles ont été peu étudiées ; cependant il est facile de concevoir que la différence des sexes puisse avoir une grande influence sur l’organisation intime de leur système osseux. En effet , on peut établir a priori que les os seront d’autant plus mous , plus cartilagineux, que l’être auquel ils appartiennent est plus faible ; et l’observation viendrait confirmer ce résultat. Je regrette de ne pouvoir, en ce moment , vous présenter aucun terme de comparaison. Si vous aviez sous les yeux le squelette d’un lion et celui d’une lionne , le parallèle que vous

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établiriez entre eux vous démontrerait que les os de Fun et de l’autre diffèrent, non- seulement quant à la forme , aux saillies et à l’épaisseur du tissu éburné , mais encore quant à la densité et à la couleur, de sorte qu’il est impossible de se refuser à admettre que toutes ces différences dépendent des élémens divers qui les constituent.

Différences selon les iempéraniens . Vous savez tous que, dans les collections de squelettes, il en est qui sont plus blancs les uns que les autres , et dont la conservation est plus ou moins parfaite. Cela dépend des tempéramens dont se trouvaient doués les individus auxquels ces squelettes appartenaient. En effet, dans les tempéramens bilieux, sanguins et lymphatiques, qui , seuls, sont primordiaux , au moins dans l’espèce humaine le squelette offre de notables différences quant à la quantité de graisse dont il est imbibé , -quant à la blancheur et à la solidité de son tissu éburné : cette dernière qualité est portée à im très - haut degré dans les tempéramens bilieux et sanguins , tandis que le squelette des individus lymphatiques est surtout remarquahle par la prédominance des tissus blanc et par la blancheur. Du reste, je dois avouer que j’étahlis plutôt ces distinctions sur des vues a priori que sur des faits positifs ; c’est assez vous dire qu’elles ont besoin de recevoir confirmation.

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Les différences selon les races n’ont pas été beaucoup plus observées que les précédentes. Cependant on peut, sans difficulté , distinguer le squelette d’un Nègre de celui d’un Caraïbe ou d’un Malais. On observe, en effet, quelques différences dans la force , la grosseur et l’élargissement des os. Je suis également certain qu’il est des pièces osseuses qui, chez la race nègre, n’ont pas la meme densité que chez la race caraïbe. Jusqu’à présent , je n’ai pu voir que deux exemples de la race malaise , qui , comme vous le savez , est très-maigre, très-élancée, et dont les os sont très-grêles , bien que les individus de cette race jouissent d’une force très-remarquable.

Différences hygiéniques. D’après ce que nous venons de dire sur les sexes , les races et les tempéramens , il est facile de concevoir cjue les différentes conditions hygiéniques auxquelles les animaux sont soumis , doivènt apporter d’importantes modifications à la structure de leur tissu osseux. Dans l’espèce humaine , comme chez les animaux , les individus qui habitent des pays élevés offrent dans leur tissu osseux une disposition tout-à-fait analogue à celle que je vous ai fait remarquer pour les tissus fibreux et dermoïde. Et pour n’en citer qu’un exemple , je dirai qu’à la solidité des os , il est facile de distinguer un chc-

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Val arabe parmi toutes les autres races de cette espèce animale. Ainsi, j’ai eu roccasion de voir à Londres le squelette d’un fameux cheval , connu sous le nom d’EcIipse, et qui est conserve par uu ve'te'rinaire distingué de ce pays ; j’ai reconnu dans l’harmonie des pièces du squelette , dans la solidité, la pesanteur et la densité des os , toutes les conditions de l’extrême agilité qui distinguait cet animal. Je crois que si l’on étudiait avec soin les différences de quantité que présente le tissu éburné, selon que les individus habitent des lieux bas et humides , ou secs et élevés , on arriverait au même résultat pour l’espèce humaine. La température, qui a une si grande influence sur les êtres et sur tous les tissus d’un même être , doit également modifier d’une manière puissante l’organisation du tissu osseux. On sait, en effet, qu’une même plante, selon qu’elle végète au bas d’une montagne et dans un lieu humide, ou dans un lieu sec et élevé^ et exposé à l’influence solaire , présente des différences si tranchées , que plus d’une fois on a proposé d’en faire des espèces distinctes. En un mot , tous les caractères de l’abondance du tissu cellulaire et des fluides déposés entre ses mailles, que l’on rencontre chez les espèces qui habitent des contrées humides et peu éclairées , au contraire des caractères opposé.s observés chez celles qui vivent dans des condi-

(à5) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 21 7 lions toutes différentes, doivent nécessairement avoir une grande influence sur le tissu osseux ^ puisque vous savez que, pour ({ue le racbistisme se développe, il faut rencontrer la réunion des circonstances suivantes : absence de l’action solaire et de la lumière , et prédominance du froid et de rbumidité. D’un autre côté, on a reconnu, depuis long-temps, que le racbistisme est dû tout simplement au peu d’abondance de la matière calcaire , et à l’iiypertropbie de la substance cartilagineuse.

On ne met plus en doute aujourd’hui que les ûlimens contribuent à modifier le tissu osseux. Dans une thèse récemment soutenue à la Faculté des sciences de Paris, on a établi comme un résultat d’observations comparatives , que la proportion de carbonate et de phosphate de chaux qui entre dans la partie solidifiée des os, diffère selon que l’animal se nourrit de substances animales ou de substances végétales. Ainsi, ayant analysé des os de mouton comparativement avec des os de lion, on a trouvé que le carbonate de chaux est proportionnellement plus considérable chez le mouton que chez le lion. Du reste, il serait à désirer que ces observations fussent confirmées 3 jusque-là, il convient de suspendre tout jugement. L’auteur a également reconnu que dans les animaux inférieurs, qui,

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comme les poissons et les reptiles , se nourrissent exclusivement de matières animales, le carbonate de chaux existe en moindre quantité que dans les mammifères. Quoi qu il en soit de ces laits et des conclusions auxquelles ils pourraient donner lieu , il est un fait positif, c’est que la nutrition modifie puissamment tout notre tissu osseux, ainsi que le prouve la teinture en rouge des os des animaux qui ont mangé de la garance , fait important , dû au hasard , mais dont la science a su tirer d’utiles inductions.

Il est certain que la coloration rouge des os par la garance a lieu dans tout le tissu de l’os , qu’elle est d’autant plus facile, que l’animal est plus jeune et par conséquent ses os plus celluleux , chose toute simple d’après ce que nous avons dit précédemment. Aussi la coloration est-elle moins vive dans le tissu éburné que dans les autres tissus osseux, et la couleur rouge va-t-elle toujours en diminuant de plus en plus , à mesure qu’on approche de la face externe. Le périoste est très-peu coloré, la membrane médullaire l’est davantage ^ et enfin le tissu celluleux l’est au plus haut degré ; ce qui prouve encore ce que j’avais démontré dans mes deux précédentes leçons , savoir que l’ossification se fait de l’intérieur à l’extérieur , et non pas de la face externe à la face interne, ainsi qu’on l’a cru pendant long- temps.

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Il est un autre fait curieux sur lequel j’appellerai toute votre attention. Il existe une espèce de poule à périoste noir, dont les plumes sont recourbées et l’aspect assez misérable : elle semble meme avoir une mauvaise santé ; son périoste est d’un noir très-vif, et sa peau offre une teinte noirâtre bien prononcée. N’ayant point analysé un os de cet animal, je ne saurais dire à quelle cause il convient de rapporter ce caractère particulier . Il existe aussi un poisson dont les vertèbres sont d’un trèsbeau vert : ceux qui ne le connaissent pas pensent devoir s’abstenir d’en manger, parce qu’ils supposent que , dans la cuisine , on a fait usage d’un vase de cuivre dans lequel on a faitrefroidir l’eau. Ce poisson existe sur nos côtes , et le peuple en fait un gi'and usage. Il serait à désirer que les chimistes l’analysassent, et nous missent à même de nous prononcer sur cette circonstance remarquable.

Différences suivant les maladies. En vous entretenant des cbangemens que l’état de maladie imprime nécessairement au tissu osseux , je n’ai pas la prétention de vous rien dire de ces altérations qui dépendent du nombre des pièces osseuses dont se compose le squelette, des diffornaités dont elles sont susceptibles , des modifications qu’elles peuvent présenter dans leur forme, non plus que des arrêts de développement

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qui constituent ces monstruosités , parce que toutes ces particularités, quelqu’intérêt qu’elles méritent d’ailleurs , se rattachent à l’histoire du squelette , et non pas à celle du tissu osseux. Dans nos précédentes leçons , je me suis surtout attaché à éviter de tomber dans l’inconvénient de confondre les tissus avec les organes. Plus tard , le moment viendra de vous entretenir des combinaisons binaires , ternaires de nos tissus , et c’est ainsi que nous verrons comment le parenchyme de nos organes est modifié selon le plus ou moins grand nombre de tissus qui le composent : à l’aide de ces notions, nous pourrons nous élever jusqu’à la connaissance des causes qui prédisposent nos organes à une maladie plutôt qu’à une autre. Je n’entends pas non plus vous rien dire des changemens que peut présenter un os à la suite d’une fracture ou dW déplacement quelconque. Je ne veux fixer votre attention que sur les différences que l’état de maladie entraîne dans la proportion de la matière vivante sur la matière morte; en d’autres termes, je ne prétends vous entretenir que de l’atrophie et de l’hypertrophie de chacune de ces deux substances.

Le tissu osseux peut être hypertrophié à la suite d’un énorme développement de la matière vivante; et , dans ce cas, l’os hypertrophié offre des caractères particuliers , qui, tous, dépendent de

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l’accroissenient de la substance animale. Si , jusqu’à présent, les travaux des chimistes ne- nous ont rien appris de satisfaisant sur la nature de cette substance, je nedoute pas qu’à l’avenir ils ne découvrent que la partie vivante du tissu osseux des animaux à sang rouge et chaud , et meme des reptiles , vient de la gélatine. Cependant il pourrait se faire que ces tissus osseux fussent susceptibles de se convertir en tissu muqueux. En effet , nous verrons plus loin, que chez les amphibiens et chez les poissons, le système osseux, après avoir été traité par les acides, au lieu de se dissoudre dans l’eau bouillante , ainsi qu’il arrive ordinairement à la gélatine , se gonfle et se boursouflle comme de la gomme , et que , d’ailleurs , il offi’e tous les caractères d’un véritable mucus. Vous savez, au reste, qu’au] ourd’hui un sujet de vives discussions parmi les chimistes, est de savoir si la gélatine est ou non une modification de l’albumine ; cette question, tout intéressante qu’elle est^ ne doit pas nous occuper en ce moment.

Les maladies peuvent aussi apporter de véritables différences dans la proportion des deux substances inorganiques que l’on rencontre dans les os. Elles portent en entier sur la proportion du carbonate et du phosphate de chaux. C’est un point sur lequel je dois m’arrêter quelques instans , car nous ne faisons que rassembler d’im-

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portails malériaux qui , plus tard, nous serviront à résoudre les questions relatives à la nutrition des os , à leur cicatrisation , à rinflarnmation dont ils sont susceptibles , aux sympathies qu’ils exercent, et à la sensibilité qui leur est échue en partage.

Nous savons que le tissu osseux peut acquérir une densité, une solidité et une résistance énormes^ et que parfois il est extrêmement friable. Ces différences dépendent, dans le premier cas, de riiypertrophie des principes calcaires qui se sont déposés dans la partie vivante du tissu osseux , et , dans le second cas, de leur atrophie. Pour vous convaincre de ce que j’avance , il vous suffirait de jeter un coup-d’œil sur nos collections , et vous verriez que ces os ainsi hypertrophiés offrent une pesanteur et une solidité très-remarquables , tandis que ceux qui sont atrophiés ont très-peu de matière inorganique, sont très-friables, et offrent une extrême ténuité; ceci tient probablement à une modification particulière de la matière organisée; toutefois le silence absolu des auteurs sur ce point ne me permet pas de l’affirmer.

La différence des proportions entre les deux substances organique et inorganique du tissu osseux a aussi pour résultat d’augmenter et de diminuer l’élasticité des os. De plus, outre les différences de coloration, que j’ai déjà signalées,

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et qui dépendent de conditions physiologiques , il en est d’anlrcs qui résultent directement de l’état morbide. Nous savons que, chez les phthisiques , ce tissu est plus blanc, et que les squelettes d’individus morts de cette maladie se conservent avec beaucoup de facilité. De quelque façon qu’on s’y prenne , il est impossible , dans nos climats, de faire périr un ours de phthisie ; aussi , à quelques précautions qu’on ait recours pour conserver xm squelette de celte espèce animale , pour peu qu’il soit âgé , la graisse qui suintera du tissu spongieux obligera bientôt à s’en défaire. Mais les tigres, les singes, les lions , qui appartiennent à des climats très-chauds, et qui , dans nos contrées , périssent rapidement à la suite de phthisies ou de pleurésies , nous présentent des os très-blancs et de facile conservation. Il est d’autres maladies , telles que le scorbut, qui donnent aux os un aspect grisâtre, meme après qu^on a essayé de les dessécher.

Le rachitisme , nous l’avons déjà dit , en ramollissant les os, leur donne un aspect spongieux. J ai examiné tout récemment encore des os de rachitique, et je me suis convaincu que cette maladie dépend d’une disposition à l’hypertrophie de toute la partie cartilagineuse de l’os, qui a lieu aux dépens du développement de la partie calcaire. De là vient que, par le seul fait de la près-

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sion du corps sur les membres , ces derniers sont susceptibles de contracter de fâcheuses ineurvations. Examinez, en effet, l’os d’un rachitique, et vous trouverez le périoste manifestement enflammé, et le tissu eellulaire pénétrant dans les mailles du tissu cartilagineux. Cet examen vous fournira une nouvelle preuve , s’il en était encore besoin , de la marche que suit l’ossification; car , dans les os des rachitiques, la surface externe est complètement cartilagineuse, tandis que les filets internes sont ossifiés , et la membrane médullaire enflammée, nouveau caractère qui indique que le tissu est hypertrophié.

D’autres maladies rendent, au contraire, le tissu osseux si friable, qu’il suffit de le presser entre les doigts pour qu’il se brise. En l’examinant avec soin , en pareil cas , vous voyez que sa fragilité dépend de l’absence du tissu cartilagineux. Mais il arrive aussi que parfois il devient trèséburné, et alors il est impossible d’en faire l’anatomie autrement qu’en le soumettant à l’aetion des acides.

Vous connaissez les différences que les maladies peuvent apporter dans la composition chimique des os, puisqu’elles portent sur la pi'oportion de la matière inorganique et de la matière organisée, qui varie avec l’âge. Il est des individus qui ont les os mous et flexibles comme la femme

Sujiiot, tandis que d’autres les ont fragiles comme ceux des vieillards, fait facile à expliquer d’après tout ce que nous avons dit précédemment.

Je ne mets pas en doute que les proportions de carbonate et de phosphate de chaux ne varient à l’infini ; mais je ne sache pas que les pathologistes aient fait aucune observation sur ce point. A défaut d’observations positives, je ne puis offrir que des conjectures.

Quant aux modifications que les maladies peuvent apporter dans les propriétés vitales du tissu osseux , elles sont constamment en rapport avec ces altérations elles-mêmes, ou plutôt elles en sont la conséquence immédiate. On sait, par exemple, que les os sont susceptibles d’hypertrophie; et que chez eux , l’atrophie est tout aussi évidente , car on a trouvé des parties osseuses qui étaient réduites au point de n’avoir ni matière calcaire , ni tissu cartilagineux , ce dernier étant passé à l’état fibreux. Du reste , le tissu osseux n’est jamais contractile; mais il peut être le siège de douleurs assez vives , qui certainement dépendent de la présence des filets nerveux qui se distribuent dans les os. Cependant on ignore leur véritable siège, quoiqu’il soit évident que ce ne puisse être que dans la partie vivante du tissu , la partie inerte n’étant capable d’aucun acte de sensibilité organique.

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