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COURS DF. PHYSIOLOGIE

Ces ëlénicris, en les tlésignant d’après leur rôle dans l’économie, sont : l’élément généfateur, l’élément locomoteur ou contracLilc, et l’élément incitateur.

On peut dire, en d’autres termes, que l’élément générateur forme d’abord, par les profondes modifications dont je viens de parler, trois systèmes de tissus, qui diffèrent surtout par leurs propriétés vitales; ce sont le système cellulaire, le sysivème musciüaire et le système nerveux. Par des modifications moins considérables et souvent assez légères, ce meme élément se dispose en tissus, lesquels par leur réunion en pbis ou moins grand nombre composent des parenchymes, et jDar suite des organes c[ui ne sont que les parenchymes revêtant une forme particulière ; enfin les oiganes se groupent en appareils dont l’ensemble^ affectant une forme déterminée, constitue un être organisé, soit animal soit végétal, et selon cette dernière tel animal ou tel végétal.

On s’est depuis long-temps occupvi d(^ la classification des solides de l’organisme; juscy^’ici chaque autem’, envisageant ceux-ci sous un seul point 'de vue, les a disposés, d’après ce point de vue ex- "^clusif, d’une manière arbiy’aire et toute systématique, qui n’exprimait nidlefnent l’ensemble de leurs rapports et de leurS différences , mais seulement tel ou tel de leurs caractères communs ou

cliffcrentiels. En un mot, il est arrive ici ce qui a ou lieu en botanique et en zoologie, c’est-à-clirc que les classifications systématiques ont précédé de beaucoup les méiliodes naturelles, lesquelles, nous devons l’avouer, n’arrivent si tard que parce que la science doit. être déjà assez avancée pour qu’elles soient possibles.

D’iiprès la plus ancienne classification anatomicfue, celle i[ui se trouve dans les ouvrages de Galien et de quelques-uns de ses devanciers , les tissus se distinguent en ceux qui ;.soia*t généralement répandus dans l’organisme et eii ceux qui n’en occupent que tçlle ou telle pa,rtie. Bichat, dont vous avez fous lu et admiré le célèbre Traité cT Anatomie générale f di pvocéàé d’après le meme point de vue : aussi la distribution qu’il nous a donnée des systèmes élémentaires , est-eile loin d’etre bonne ; permettez-moi ce jugement sévère, mais Bicbat, «énie eréateur, n’avait, pas envisagé les r?q:)pdrls généraux des élémens organiques. Il y a quelques années, à une époque ou les cbimjstes , sur les pas de Fourcroy, appliquaient leurs découvertes à l’explication des fonctions des corps organisés , nous avons vu un, célèbre professeur de Montpellier , feu iM. Baumes , essayer de baser la pathologie sur là considération de la composition cliimique des élémens de l’organisme. Mais celle tentative a échoué et devait échouer, cai' il

est évident que la chimie organique n’est pas à Leaueoup près assez avancée pour en permettre le succès , non plus que pour fournir une bonne classification de nos tissus d’après leur eomposilion rnoléeulaire.

Il importe essentiellement , pour obtenir une distribution méthodique de ces derniers , de trouver un earaetère infaillible et constant, qui puisse nous servir de guide : or , je crois que la position seule nous fournira ce caractère , car , ainsi que

j’ai eu l’honneur de vous le dire , la position relative des divers parties de l’économie se trouve toujours en rapport avec la forme générale de l’animal .

Vous devez vous rappeler qu’en traitant de la zootaxie , ou de la distribution des animaux d’après leur forme , j’ai fait ressortir ce rapport de l’orsanisation intérieure avec cette dernière. Je

vous ai montré qu’en coupant un animal par un plan passant par son axe , vous obtenez deux parties latérales parfaitement semblables. Puis nous avons vu que dans cette espèce de cylindre que représente le corps, il y avait une enveloppe plus ou moins distincte du tissu sous-jacent , et qui se replie en dedans aux deux extrémités pour tapisser les ouvertures et la totalité du canal intérieur du cylindre. H y a donc une surface en dehors de celui-ci et une surface en dedans , qui toutes deux

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ont pour caractère d’étre en rapport avec les objets extérieurs ; et entre ces deux surfaces se trouve comprise toute la masse des tissus de l’animal, les systèmes vasculaire^ nerveux , etc. A la surface externe, on voit les appareils phaiiériques destinés à recevoir les impressions sensoriales produites par le monde extérieur , et à la surface interne on remarque l’appareil crypteux et glanduleux qui fournira les liquides nécessaires à la digestion ; enfin , dans le tissu intermédiaire se trouveront tous les organes qui se chargent d’élaborer , soit les impressions transmises par la surface externe et qui doivent donner lieu aux sensations , aux volitious , etc. , soit les matériaux nutritifs fournis par la surface interne; là aussi sont les organes qui serviront à la reproduction et à la décomposition. Il serait fort important de voir si l’on ne pourrait pas attacher aux divers systèmes organiques des noms rationnels déduits de leur situation, et établis sur une appréciation invariable de cette situation; ainsi il est bien certain qu’il y aura constamment chez un animal quelconque une surface externe , une sui face interne , et une partie intermédiaire ; il y aura aussi une partie supérieure , une partie inferieure et deux parties latérales , du moins dans la très-grande partie des animaux. Appuyé sur celte base immuable, M. Laurent, professeur

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d’anatomie à l’École navale de Toulon , a établi une nomenclature anatomique , qui , dans beaucoup de points, me paraît être en harmonie avec ce que j'avais moi-même conçu et professé, soit dans mes^ Principes de Zoologie, soit dans le premier volume de mes Principes d' Anatomie comparée. Mais je m’étais réservé d’essayer une nomenclature rationnelle , lorsque je serais parvenu à la fin de mon travail. Je connaissais trop bien les difficultés du sujet et les lacunes nombreuses dont il fourmille encore, pour essayer d’introduire à la fois dans la science une méthode nouvelle et un ensemble de nouveaux noms en hai’monie avec cette méthode. M. Laurent a été plus hardi ; adoptant la plupart de mes principes d’anatomie comparée, il a cherché, dans sa nomenclature, à faciliter aux élèves la conception et le souvenir des détails immenses dont se compose la science de l’organisation. 11 a réussi quelquefois , comme nous aurons dans plusieurs cas l’occasion de vous le montrer; mais suivant nous , ce u’est pas le moment d’établir une nomenclature définitive. La science n’est pas encore assez avancée, et les esprits n’en sentent pas encore le besoin, comme ils le sentiront nécessairement plus tard.

Vous avez vu que je divise les élemens de l’organisme en élément générateur et en élémens

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secondaires. Lelement générateur ou système celluleux est le premier dans l’ordre du développement et de l’étendue, puisqu’il sert de base à toutes les autres parties de l’organisme. Dans les systèmes secondaires, il y a, outre l’élément générateur qui apparaît d’abord seul, une partie nouvelle que la structure ne démontre pas toujours , qui est mise quelquefois en évidence par les réactifs chimiques, mais qui se distingue constamment, eid’une manièrebieumanifeste, parles propriétés vitales dont ces élémens sont doués, propriétés qui séparent ceux-ci de toutes les auti’cs modifications plus simples du système cellulaire. L’un des élémens secondaires jouit d’une faculté de contraction qui fait son premier caractère, et qui lui a mérité le nom de fihre contractile. M. Laurent lé désigne sous celui ^élément sarceux dérivé du mot grec (chair ). Le second de ces élémens est le système incitant, plus connu sous le nom de nerveux, et dont vous connaissez les propriétés si remarquables.

Nous allons voir maintenant que ces trois systèmes , le générateur ou cellulaire, le sarceux et \e nerveux, subissent chacun quelques modifications toujours peuprofondes, soit dans la forme, soit dans la disposition de leurs parties constituantes , soit enfin sous quelqu’autre rapport , et que ces modifications nous conduisent à former

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dans ces trois grandes sections, des genres et des espèces. C’est aux subdivisions dont je parle que conviennent plus particulièrement les dénominations de système et de tissus.

hJélément celluleux forme par des modifications peu profondes :

1» Le tissu dermeux que j’avais nommé d’abord tissu périérique , pour marquer qu’il est à la surface du corps, tant au dehors qu’au dedans, en un mot partout où celui-ci est en rapport avec le monde extérieur : c’est donc le tissu superficiel , ou de contact avec les corps extérieurs. 11 constitue la plus grande partie de l’enveloppe générale , la peau et l’intestin , en prenant ce dernier mot dans une acception particulière.

2° Un tissu que j’avais d’abord nommé liypolhécien, pour désigner sa position au dessous de l’enveloppe, et auquel il me paraît préférable de donner, avec M. Laurent , le nom de scléreux. Ce second genre comprend plusieurs espèces : le tissu fibreux élastique ou non, le tissu Jibrocartilagineux qui n’en est qu’une modification, le tissu cartilagineux, elle tissu osseux, qui n’est que le précédent, plus du phosphate de chaux, car tout os commence par l’état cartilagineux qui est par conséquent le type du tissu scléreux.

3® Le tissu séreux dont je conserve la dénomination vulgaire, toute mauvaise qu’elle est,

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parce que je nai pu encore en trouver une bonne à lui substituer (i). J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de ce tissu, à propos des fluides qui l’humectent ; il se forme , comme vous le savez , par la condensation du tissu cellulaire, et par sa disposition en couche merabraniforme à la surface des organes contigus qui se meuvent les uns sur les autres; par exemple, sur les surfaces articulaires osseuses, sur celles des organes de l’abdomen et du thoi’ax, et sur les parois de ces cavités, etc. Gomme le genre précédent, celui-ci sert d’une manière passive auxmouvemens.

4® Le tissu angéieux, qui résulte d’une condensation de l’élément générateur, en canaux cylindriques destinés à permettre la marche des fluides circulans. Ce tissu nous offre des subdivisions , savoir r les tissus angéieux centripète et centrifuge-, le premier se divise lui-même en neux est en lymphatique , on doit y rattacher comme variété du veineux le tissu érectile , qui est un tissu veineux ganglionaire (2).

(1) En y réfléchissant cependant davantage, j’adopterai volontiers, pour de'nommer ce genre, tel que je l’ai circonscrit , le nom de tissu kisteux proposé par M. Laurent.

(2) J’avais en effet , dans ma leçon orale , en traitant de la distribution méthodique des élémens solides de l’organisme animal , adopté le tissu angéieux, ainsi qu’il est indiqué ici ; mais plus lard, j’ai été conduit à le comprendre, pour sa partie essentielle (la membrane interne), dans le tissu kisteux, dont il a tous

Le premier élément secondaire ou le tissu sarceux comprend deux genres, le périérique^ qui se trouve en rapport avec le tégument ou péri ère tant externe qu’interne, elle profond ov^endérien, qui constitue le cœur; la division que j’indique ici est la seule qui exprime les différences les plus notables qu’on observe dans le tissu sarceux, et Bichat s’est gravement trompé en distinguant sous les noms de système musculaire de la vie animale et de système musculaire de la vie organique, le tissu sarceux du cœur et des viscères de celui qui forme la couche sous-cutanée. Cette distinction n’est pas bonne même chez l’homme et les animaux supérieurs , et elle est fort mauvaise chez les animaux inférieurs^ car nous en voyons plusieui s se mouvoir aussi bien à l’aide des muscles de leur canal intestinal , qu’à l’aide de ceux qui doublent le tégument externe, et non-seulement

les caractères. Je laisse cependant ma leçon telle qu’elle a été faite; et je rne bornerai à faire connaître cette nouvelle disposition dans la table synoptique, ainsi que l’introduction d’une nouvelle espèce de tis.su à laquelle j’ai donné le nom de tissu scro-dermeux, à cause de ses propriétés, qui tiennent à la fois de celles du tissu séreux ou kisteux et de celles du tissu dermeux; c’est lui qui double intérieurement les canaux excréteurs , lesquels sont bien distincts des canaux éjaculateurs.

D’après cette manière de voir, les vaisseaux qui constituent l’appareil circulatoire sont des organes formés d’un parenchyme, dans lequel peuvent entrer différons clémens ; mais e.ssentiellement le tis.su kisteux.

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I] ny a pas de différence essentielle entre ces deux parties du système sarceux , que Bichat a sèpare'es d’une manière si complète, mais il y en a une très-grande entre elles et le tissu du cœur, que ce grand anatomiste avait mis sur la meme ligne que le tissu contractile de l’intestin.

Nous diviserons donc le système dont il s’agit en deux genres, d’après sa situation à l’égard du tégument, et pour adopter une nomenclature scientifique, nous appellerons l’un système ou tissu sarceux périérique et l’autre tissu sarceux endérique ou endévien.

Maintenant nous pourrons subdiviser le premier, selon qu’il se rattache à la partie externe ou à la partie interne du périère, en système sarceux ectérien, et en système sarceux entérien. M. Laurent a eu l’heureuse idée d’emprunter à la nomenclature chimique les prépositions hjpo et deuto , pour désigner le degré de contractilité de ce tissu; en conséquence il propose le nom àèlijposarceux pour désigner celui qui est le moins contractile, c’est-à-dire, dans les animaux supérieurs , celui que nous nommons sous-muqueux , et il appelle deuto sarceux le tissu le plus contractile , celui de la vie animale ;deJBichat^De la sorte nous aurons, je crois, une assez bonne division de l’élément contractile.

Quant à \ élément ou système nerveux , je le

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divise en deux. genres qui comprennent chacun deux espèces. Le premier genre est le système nerveux ganglionaire qui se suljdivise en pulpeux , et en non pulpeux ou résistant. Le second genre comprend \e système nerveux filamenteux, qui se distingue selon qu il sert à établir la communication des centres entr’eux , ou à porter l’excitation de ces centres aux organes ou des organes aux centres. On pourra ensuite le diviser en deux espèces, suivant qu’il appartient aux fonctions de la vie animale ou à celles de la vie organique, comme Bichat l’a fait.

Avant de passer à l’étude successive de chacun de ces tissus , il ne sera peut-être pas inutile de vous en donner une table synoptique qui vous permette d’en saisir l’ensemble.

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