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organique, epoque à laquelle on ne distingue en lui quuue matière semi-fluide; mais il ne faut pas , en bonne science , prendre scs termes de définition , et par suite une dénomination, dans un caractère qui appartient à letat d’imperfection de l’être que l’on veut étudier. D’autres anatomistes sont partis d’une théorie allemande, entièrement hypothétique, consistant à envisager toute partie organique comme composée d’une matière amorphe dans le principe , et qui se disposerait plus tard en globules, à l’aide desquels elle constituerait des fibres , etc. J’aurai l’occasion de vous démontrer qüe ces prétendus états amorphe et globuleux de la matière animale n’ont aucune i-éalité.
Le nom de lamineux, donné au tissu qui nous occupe , ne peut convenir qu’à quelques-unes de ses parties, car il s’en faut de beaucoup qu’on lui trouve partout une texture lamelleuse. L’épithète de filamenteux vaudrait peut-être mieux, parce qu’il y a toujours des fîlamens dans ce tissu; mais d’un autre côté elle ne le caractériserait pas suffisamment.
Nous ne croyons pas non plus devoir adopter la dénomination de corps cvihleux , attendu qu’elle ne se l'apporte qu’à une seule époque du développement de l’élément générateur. Quant aux autres noms qui lui ont été donnés , nous ne
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nous y arrêterons pas , parce qu’ils méritent plus ou moins les reproches cjue nous venons de faire aux précédens. Je crois devoir choisir, avec la plupart de nos anatomistes , celui de tissu cellulaire qui se rattache à la définition que je donne de cet élément.
Je le définis ; « un corps spongieux , celluleux , composé de filamens et de lames anastomosés ( et non entrelacés ) dans divers sens , de manière à laisser entre eux des vacuoles ou des aréoles nombreuses et irrégulières. » Je n’ai pas besoin de vous montrer l’importance de cet élément sans lequel on ne saurait concevoir de nutrition , ni de génération. Cette importance a été sentie de bonne heure, même avant Bordeu, qui a écrit un ouvrage ex-professo sur le tissu cellulaire J qu’il appelle tissu muqueux; vous avez sans doute lu cet ouvrage , et vous avez dû y trouver, ainsi que dans plusieurs autres du même auteur, les germes des idées que Bichat a développées plus tard avec un talent si supérieur.
Nous allons étudier ce tissu en suivant la méthode que nous avons adoptée pour les élémens qui nous ont occupés jusqu’à présent. Voyons d’abord ce qu’il est à l’état vivant.
Lorsque vous l’examinez chez un animal en vie, et dans une partie où il soit abondant (par exemple, autour des gros paquets de vaisseaux
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et de nerfs à leur sortie des cavités tborachique et abdominale) , vous trouvez que le tissu cellulaire est dans une sorte de turgescence; si l’animal est débilité par la maladie ou par toute autre cause , celte turgescence n’existe pas , et le tissu cellulaire est affaissé. On a eberebé la cause de ce pbénomène dans une propriété érectile qu’on supposait à ce tissu ; mais nous avons vu qu’on peut le rapporter à la vapeur des fluides abondans qui abreuvent celui-ci dans l’état de santé. La coupure , la piqûre et la déchirure du tissu cellulaire ne produisent aucune douleur , d’où l’on peut conclure qu’il est insensible; en échange, il est susceptible de contraction, et c’est ce dont il est facile de se convaincre en mettant un agent de stimulation en contact avec lui ; on peut considérer cètte contractilité comme l’origine, comme le premier rudiment de celle qui se manifeste d’une manière si prompte, et si remarquable dans les muscles soumis à la volonté.
Il ne faut pas confondre cette contraction du tissu cellulaire vivant, déterminée par une cause irritante, avec la rétraction qui a lieu lorsqu’on approche de lui un corps incandescent; il y a , dans ce dernier cas, coagulation par la chaleur de l’albumine qui entre dans ce tissu, et non contraction véritable; c’est un pbénomène tout chimique qu'’on produit aussi bien après la mort que pendant la vie.
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Après ce petit nombre de details sur le tissu cellulaire vivant, passons aux observations beaucoup plus nombreuses, qui ont été faites sur lui dans Torganisme mort.
Caraclères anatomiques. Le tissu cellulaire SC compose de filamens cylindriques , et souvent aussi de lamelles, qui s’entremêlent, ou mieux s’anastomosent, comme les lamelles elles filamens d une éponge , de manière à former un réseau irrégulier, et en laissant entre eux des vacuoles ou cellules qui communiquent les unes avec les autres, comme le démontrent l’insufflation et l’infiltration, soit artificielle, soit pathologique. Voilà ce que présente à l’txiil nu le tissu générateur sous le rapport de sa texture..
Caractères microscopiques. Le microscope n’apprend rien de nouveau sur la composition anatomique du tissu cellulaire; il ne sert qu’à montrer dans de plus grandes proportions la structure que nous venons de décrire , et qu’à nous faire voir que les filamens appréciables à l’œil nu sont eux-^ memes composés de filamens plus fins , et qu’on retrouve dans leur propre texture celle que nous apercevons sans instrumens dans le tissu cellulaire lui-même. Le grossissement faitencore apercevoir parmi les élémens anatomiques qui constituent ce tissu par leur assemblage et par leurs fréquentes, anastomoses, des parties si petites dans tous les sens
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et éclairées de telle manière en raison de leur forme , que plusieurs observateurs les ont prises pour des globules ; et cela leur coûtait d’autant moins qu’ils aimaient à voir partout la forme globuleuse , préoccupés qu’ils étaient par de fausses théories auxquelles le microscope prête si facilement le secours de ses illusions. Cette réflexion s’adresse aussi à l’opinion de Fontana, qui consiste à considérer le tissu cellulaire à l’instar de tous les autres solides de l’organisme, comme composé de cylindres tortueux ; rien n’est plus illusoire et moins démontré par la saine observation que l’existence de cette prétendue forme des élémens organiques.
Caractères physiques. Le tissu cellulaire est d’une couleur blanche tirant quelquefois légèrement sur le gris ; cette différence dépend , comme vous le concevez bien, dans le premier cas^ de la superposition de plusieurs lamelles , et, dans le second^ de leur isolement; car il est évident que la couleur sera d’autant plus blanche que la lumière sera plus réfléchie, et, au contraire, d’autant plus grise qu’elle traversera davantage le tissu dont il est question , en d’autres termes que celuici sera plus transparent.
Ce tissu est très-extensible, caractère qu’il doit non-seulement à la nature de sa substance , mais encore et bien plus évidemment à sa texture la-
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che , spongieuse. Il est également élastique, ce qui tient aussi principalement à sa structure; car nous connaissons des corps qui , dépourvus d’élasticité par eux-mênies, acquièrent cette propriété lorsqu'on les dispose d’une certaine manière. C’est ainsi que le fil de fer devient élastique quand on lui donne une forme spiroïde , tandis qu’il ne l’était pas auparavant. Le tissu cellulaire est dans le même cas, à la différence près , que chez lui la disposition réticulée ne fait qu’accroître une propriété qu’il possède déjà sensiblement dans sa forme élémentaire, et par sa propre nature.
Sa densité n’a pas encore été bien appréciée , et ne saurait l’être que très-difficilement à cause de la quantité de vacuoles qui résultent de sa texture ; car, pour être exact dans cette appréciation , il faudrait faire abstraction de toutes ces lacunes qui augmentent le volume du tissu cellulaire , et il faudrait réduire celui-ci à ses propres élémens mis en contact; sans cela, on ne pourra jamais déterminer légitimement quelle différence existe, à volume égal, entre la densité de ce tissu et celle d’un liquide quelconque pris pour point de comparaison. Nous nous bornerons à dire que la densité de ce tissu varie beaucoup ; mais il ne faut pas oublier que toutes les différences qu"’on peut obsel’ver à cet égard dépendent pour le moins autant d’une modification de texture que d’une
véritable condensation de la matière qui forme le tissu cellulaire. C’est ce qui a certainement lieu dans l’espèce de densité qu’il acquiert pour constituer les membranes séreuses ; n’est-ii pas vraisemblable que chez elles il y a simple apposition des fibrilles et des lamelles, et par conséquent disparition des vacuoles qui les écartent ailleurs, mais que la substance celluleuse elle-même a peu changé sous le rapport de la densité?
Le tissu cellulaire est mauvais conducteur du calorique. Toutes les personnes qui se sont occupées d’hygiène, ont observé que les parties très-celluleuses se refroidissent moins facilement que les autres. Les individus gras et ceux qui ont de la bouffissure sont moins sensibles queles sujets maigres aux changemens de température.
L’élément qui nous occupe possède encore une propriété fort intéressante pour le physiologiste , c’est d’être éminemment hygrométrique , caractère qu’il doit principalement à sa nature albumineuse , mais cependant aussi à sa structure. Du tissu cellulaire sec, placé dans un air chargé de particules aqueuses , les absorbera avec beaucoup d’avidité.
On admet enfin que ce tissu est bon conducteur de l’électricité, et l’on sc fonde pour cela sur ce que les courans électriques ne produisent de la douleur que dans les endroits qui ne sont que
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médiocrement pourvus de cellulosité , et où il y a solution de continuité, par exemple aux articulations. Il est certain que 1 électricité traverse notre corps avec une rapidité qu’on n’a pu calculer jusqu’à présent 5 et, comme le tissu cellulaire est la base de tout l’organismé , on peut bien le regarder comme le conducteur de ce genre d’action.
Caractères organoleptiques . L’odeur du tissu cellulaire est celle de l’animal entier. Il n’a pas de saveur appréciable; cependant, chez les animaux qui font usage de matières salines , il participe plus ou moins à la saveur de ces matières. Il est sans action sur notre peau, et d’une digestion fort difficile; c’est un aliment peu nourrissant, ce qu’il faut attribuer , soit à sa nature albumineuse , soit à ce que , sous un volume apparent considérable, il représente néanmoins fort peu de matière.
Caractères chimiques. Le tissu cellulaire n’a pas encore été étudié d’une manière satisfaisante sous le rapport de ses propriétés chimiques. Il se dessèche avec beaucoup de facilité quand il est exposé a 1 air , et il acquiert alors cet aspect et cette disposition membraniformes , que nous lui trouverons bientôt dans tous les endroits où il sert a circonscrire les organes , où il doit constituer une envelop[)C. Il so putréfie très-lente-
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ment ^ comme le savent toutes les personnes qui ont observé des plaies de mauvaise nature , ou des abcès par congestion ; ces personnes ont dû remarquer que, dans ces cas, le tissu cellulaire peut rester fort long-temps sans se décomposer au milieu d’un pus sanieux et fétide , dont le contact putréfierait en très-peu de temps la plupart des autres elémens de l’organisation. Nous verrons, en faisant l’bistoire des produits anormaux , que les auteurs qui ont regardé le pus comme le résultat d’une fonte du tissu cellulaire se sont complètement trompés.
L’eau en ébullition n’agit que très-difficilement sur le tissu cellulaire , et ne parvient à le coaguler qu’après un temps considérable. Elle détermine d’abord sa granulation ; il prend ensuite un caractère de plasticité, et finit par se dissoudre ; mais en laissant alors la liqueur se refroidir on voit s’en séparer une sorte de gelée , qui a fait penser que l’élément générateur était composé de gélatine j je vous rappellerai seulement que ce qu’on a nommé ainsi ne paraît pas être, comme on l’a cru, un principe immédiat particulier, mais simplement de l’albumine modifiée par l’action de la chaleur; d’où nous pouvons conclure que le tissu cellulaire n’est formé que par ce dernier principe , qu’il est albumineux. L’alcool produit sa coagulation. Il se comporte comme
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une substance neutre ii l’égard de la teinture de tournesol , et du sirop de violette.
Selon les personnes qui regardent encore la gélatine comme une matière sui genens, le tissu cellulaire ( lorsqu’il se réduit en gelée) serait composé comme suit :
Oxigène 27,207
Hydrogène
Carbone 47’^^^
Azote. ..... 16,998
Mais pour celles qui , adoptant les idées de M. Chevreul, à l’égard de la gélatine, considèrent ce tissu comme composé d^albumine , il résulte de la combinaison de :
Oxigène 25,872
Hydrogène 7,54©
Carbone 52,883
Azote 18,706
Du reste, je ne crois pas cpi’aucun chimiste ait analysé le tissu cellulaire lui-même ; on s’est borné à extraire de la gélatine delà vessie natatoire des poissons, qu’on a regardée, je ne sais trop pourquoi , comme représentant en tout point le tissu dont il s’agit j et c’est l’analyse de cétté gélatine qu’on nous a donnée comme celle de cet élément.
Maintenant, pour achever de caractériser autant qu’il est en nous , le tissu cellulaire , nous reviendrons sur la manière dont il manifeste sa
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vitalité, ou, pour parler le langage de Bichat, sur ses
Propriétés vitales ^ sujet dont nous avons déjà dit un mot précédemment. Toutes les expériences ont prouvé cpre ce tissu est complètement privé de sensibilité; on a Lien pu en piquant un filet nerveux qui le traversait , provoquer une douleur qui semblait se rapporter à lui, mais en y regardant de plus près on demeure convaincu que le nerf lésé ne se distribue point au tissu cellulaire , qu’il lui reste étranger, et que par conséquent la douleur résultant de la piqûre n’accuse nullement de la sensibilité chez ce dernier. Quant à la contractilité, l’élément organique qui nous occupe n’en manifeste point sous l’influence nerveuse non plus que sous celle de l’électricité (ce qui établit déjà un rapport entre ces deux genres d’influences). Mais le contact d’un corps irritant, et surtout l’action du froid déterminent dans le tissu cellulaire une sorte de contraction. Bicbat a distingué ce phénomène, des véritables contractions vitales, et l’a rapporte à une propriété indépendante de la vie , et résultant de la nature et, de la disposition intime de la substance celluleuse, propriété qui a été distinguée par. ce grand anatomiste, sous le nom de contractilité de tissu. Ce genre de contraction est surtout manifeste au scrotum ; vous savez tous
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que cette partie se trouve , pendant la grande chaleur , dans un état de laxité remarquable , tandis que dans les temps froids elle est fortement rétractée. Or , c’est bien certainement dans le tissu cellulaire que se passe le changement que je vous rappelle ici. Ce changement s’observe d’une manière sensible partout où le tissu cellulaire est un peu abondant et naturellement lâ- ,cbe ; on le remarque chez les personnes grasses , et généralement chez toutes celles qui en ont beaucoup au dessous de la peau : dans les temps froids ces personnes remarquent une diminution sensible dans le volume de leur corps , et se trouvent plus au large dans leurs vêtemens. Au restej ce n’est pas seulement au tissu cellulaire qu’appartient la contractilité de tissu ; nous la retrouverons dans quelques uns des élémens qu’il forme en se modifiant, et notamment dans la peau , membrane que nous voyons se dilater et se rétracter selon qu’elle est en rapport avec une température chaude ou froide. Le tissu cellulaire offre un caractère de vitalité remarquable, et qui établit d’une manière nouvelle sa qualité de générateur j je veux parler de la facilité avec laquelle il se reproduit : de même que dans l’ordre du développement de l’organisme , c’est lui qui forme la base, le parenchyme de nutrition de toute l’économie, de même aussi dans les cas de solution
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(le continuité , c’est lui qui est la base de la cicatrice; on le voit alors prendre de l’extension pour létablir la continuité interrompue, et fournir la trame première dans laquelle la nutrition s’opérera pour achever le tissu nouveau.
Tels sont, Messieurs, les caractères généraux que nous présente l’élément cellulaire. Il nous reste maintenant à jeter un coup-d’œil sur les différences qu’on peut observer en lui ; nous réserverons ce sujet pour notre prochaine leçon.
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QUATORZIÈME LEÇOIN.
Sommaire. Différences que pre'sente le tissu cellulaire. — Différences selon' les parties du corps : on en remarque sous le rapport de son abondance , de sa texture , et des matières qui s’y trouvent de'pose'es. Re'futation de l’opinion de Be'clard sur le tissu cellulaire adipeux. — Des tissus celluleux sous-cutane , sous-muqueux , sous-se'reux et ende'rlen. — Différences selon les âges ; Changemens remarquables que subit ce tissu depuis le premier âge embryonnaire jusqu'à la vieillesse. — Différences selon les sexes ; Rapports du tissu cellulaire de la femme avec celui de l’enfant ; raison organogénique de ce rapport. — D/fjérences selon les tempéramens.— Différences selon les races. — Différences selon quelques circonstances hygiéniques, telles surtout que le se'jour et le climat. — Différences dans les maladies ; Hypertrophie et atrophie du tissu celluleux, son inflammation ; thdorie de la cicatrisation et des adhe'rences pathologiques ; maladies aslhe'niques , alte'rations de texture ; erreurs des pathologistes à leur e'gard , et confusion qu’ils ont faite de ces alte'rations avec de simples de'pôts de produits dans les cellules de l’èlèment ge'ne'rateur. — Différences dans la séné animale ; Coup-d’œil général sur ces différences et sur leurs causes; coup-d’œil particulier sur l’état du tissu cellulaire dans les divers groupes de l’échelle.