‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 58 · COURS DE PHYSIOLOGIE. (ïo · texte numérisé non relu

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qu’on ne peut mieux comparer ([uan squelette des animaux supérieurs. Ces pièces présentent des articulations intérieures qui sont indépendantes de la peau , et qui donnent insertion à des muscles particuliers. Dans ces mêmes astérides, et surtout dans les oursins, il y a un tissu osseux extérieur qui fait induLitaLlement partie de l’enveloppe. Il est^ en effet , très-facile de voir que c’est dans le derme que se dépose la matière calcaire qui , avec le temps, se convertit en véritable tissu osseux. Les pièces ne se soudant pas . se réunissent entre elles en se serrant les unes conti’e les autres, et il est à remarquer que, sur le dos de l’animal vivant , la matière inorganique se cristallise. Du reste, c’est là un caractère particulier à ces animaux^ que leur tissu osseux sousdermien entre dans la composition du derme même.

Unassez grand nombre d’eSpècesde cette même famille des oursins présentent une autre disposition non moins remarquable , c’est qu’elles ont une bouche inférieure centrale , dans laquelle on rencontre une série de pièces très-compliquées, qui donnent attache à des muscles très-puissans, et où se distribuent des vaisseaux et des nerfs nombreux ettx'ès-développés. Dans leur intervalle, on rencontre descorpsproduits, que nous connaî troussons le nom de dents; ces corps sont très-acérés et au nom-

(il) COMPOSITION INTIiME DES ANIMAUX.

lire de cinq , cl l’animal en fait usage pour Lriser des coquilles et attaquer certains animaux. Ainsi les actinozoaires nous présentent les trois espèces de tissu osseux , déjà constatées dans le squelette des animaux supérieurs. La même chose s’observe dans les holothuries , où nous trouvons un certain nombre de pièces osseuses qui entrent dans la composition de l’orifice du col , qui soutiennent les puissances musculaires^ et servent de point d’attache aux tentacules qui garnissent la bouche de ces animaux.

Tous les autres organismes du même type se simplifiant de plus en plus, nous ne pouvons plus espérer de retrouver aucun des systèmes osseux précédemment indiqués. Si, par exemple, nous prenons une actinie , animal charnu , à peau peu distincte, très-épaisse, à tentacules douées des couleurs les plus vives , nous voyons que ces animaux ne sont composés que d’une masse de tissu cellulaire , dans laquelle il est impossible de distinguer ni peau ni fibre musculaire. Le tissu de l’animal est contractile dans tous les points, et dans toutes les directions. C’est dans les mailles de ce tissu que, chez quelques espèces, se trouve déposée quelque peu de matière calcaire ; quelquefois même c’est une matière introduite, telle que des grains de sable , qui pénètre dans le tissu de l’animal , et lui prête des formes légè-

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rement fibreuses et tant soit peu solides. Toutefois , chez le plus grand nombre, la matière calcaire est déposée dans l’intérieur du tissu même de l’animal.

Pendant long-temps, j’ai considéré les animaux cpralligènes comme étant à la surface d’une partie calcaire leur servant délogé , de ce qu’on nomme leur polypier ; mais depuis que j’ai disséqué une astrée, en bon état de conservation, j’ai modifié ma manière de voir à ce sujet, et je la définis maintenant un animal actinoïde , dans les mailles duquel se développe une matière calcaire trèsabondante. De nouvelles observations m’ont encore confirmé dans l’idée que ces animaux ne sont pas des êtres placés à la surface d’un polypier. J’ai vu très-nettement que la membrane qui constitue l’animal occupe la partie inférieure du polypier, aussi bien que la supérieure; de sorte que la matière calcaire est comprise dans le tissu organique lui-même. Si vous traitez cette substance par les acides , vous trouverez une énorme quantité de carbonate de chaux , et une très-petite de matière animale; et comme celle-ci se décompose aussitôt que l’être vivant est sorti de l’eau, il ne reste plus que le polypier, chose peu importante pour nous. Ainsi, nous ne devons plus considérer les polypiers comme des matières exhalées à la surface de la peau , mais bien comme des

(i3) COMPOSITION INTIMK DEST ANIMAUX.

matières calcaires , déposées dans les mailles du tissu gélatineux de l’animal , qui va toujours se solidifiant de plus en plus ; en sorte qu’ici le tissu osseux devient une sorte de concrétion , un peu comme celles dont la pathologie nous offre des exemples dans l’espèce humaine^ fait qui me paraît avoir été mis hors de doute par MM. Quoy et Gaymard , dans leur dernier voyage maritime.

Telles sont , Messieurs, les considérations que je me proposais de vous offrir sur le tissu osseux. J’ai dû insister sur les particularités que présente ce tissu , afin de le séparer , d’une manière hien distincte , des produits de l’organisation, avec lesquels on l’a confondu pendant trop long- temps. De plus, il m’importait de mettre dans tout son jour cette vérité à laquelle j’attache une grande importance , savoir que le tissu osseux proprement dit n’est qu’une transformation du tissu cartilagineux, qui, à son tour, n’est qu’une modification du tissu cellulaire.

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