‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 34 sur 58 · IH · texte numérisé non relu

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à-clii’C, le tissu musculaire^ qui n’est aussi qu’une modification du système fondamental , du système cellulaire. Cependant nous vous entretiendrons auparavant d’une autre modification de la trame, cellulaii’e , à laquelle originairement j’avais donné le nom de tissu de séparation des organes, ce qui le définit très-Lien , et que , dans ces derniers temps, M . Laurent a désignée par l’appellation de tissu kysteux. Sur ce point, Messieurs, Bichat est encore notre maître, Qu’est à l’aide des travaux de Bordeu , que l’on peut considérer comme son précurseur, et de ceux de Pinel , qui continuait Bordeu , que Bichat a été conduit à concevoir l’ouvrage qui révéla son génie au monde savant je veux parler du Traité des membranes.

Le tissu kysteux offre moins de modifications que le précédent; il se trouve dans l’organisme partout où doit s’opérer un mouvement quelconque, et alors il se présente sous la forme d’un tissu extrêmement lisse, et jouissant, à un trèshaut degré, de la double faculté d’absorber et d’exhaler. Vous savez que le cœur est susceptible de mouvemens, et de mouvemens assez imporlans, pour que la vie de l’animal cesse aussitôt qu’ils viennent eux-mêmes à cesser : aussi cet organe est-il enveloppé d’une poche fibreuse appelée péricarde, qui n’est qu’une modification du tissu cellulaire. Yous savez égale-

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nient que le cerveau est susceplible de certains déplacemens de totalité , qui sont en rapport constant avec les mouvemcns de la respiration ; aussi se trouve- t-il enveloppé d’une membrane, <{ui, se pliant et se repliant sur elle-même, tapisse la totalité de l’organe , et par la disposition de ses replis, vient, sous le nom à' arachnoïde interne, recouvrir l’intérieur de la cavité cérébrale. On rencontre une membrane de même nature dans les cavités thoracique et abdominale^, où elle tapisse tous les organes qui y sont contenus, et où elle est connue sous les dénominations de plèvre et de péritoine. Ce n’est pas tout : le système vasculaire lui-même est, dans sa totalité, limité , ou mieux , formé par une membrane kysteuse.

Déjà je vous ai dit que le système vasculaire devait être considéré comme une vaste cellule se ramifiant à l’infini , naissant en pointe, et se réunissant vers le milieu ; si vous en joignez les deux extrémités , vous aurez une idée complète de la circulation. Dans l’intérieur de celte vaste cellule, circulent continuellement des fluides, et de là vient que son intérieur est revêtu d’une membrane particulière tout-à-fait analogue à celle que nous avons indiquée tout à l’heure, et qui depuis long- temps est connue sous le nom de membrane séreuse. En effet, pour peu qu’on

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analyse la membrane interne des artères et des veines, on s’aperçoit que c’est une membrane séreuse, accomplissant les mêmes fonctions que la membrane externe, et susceptible des mêmes maladies qu’elle.

Les membranes séreuses, considérées en général, ne sont donc que des kystes , de véritables vessies, placées entre l’organe et les parties qui l’environnent , et adhérant à l’un et aux autres ; conformation extérieure , qui avait fait comparer assez plaisamment la membrane dont il s’agit à nos bonnets de coton.

Nous avions donc raison de considérer le tissu kysteux comme un tissu de séparation des organes, établissant autour d’eux une sorte d’atmosphère, et qui, de toute nécessité, s’organise en vertu des mouvemens qui s’opèrent dans l’organisme ; et de fait , on le rencontre partout où il y a mouvement. C’est ainsi qu’on le voit, même dans le cas de fausse articulation, de fractures du bras ou de la cuisse, pourvu qu’il y ait mouvement , et , dans ce cas , la membrane séreuse artificielle qui se forme, exhale une matière toutà-fait analogue à celle que nous avons dit s’exhaler dans les parties séreuses. Il en est de même toutes les fois qu’un corps étranger est déposé dans nos tissus, ou que ce corps tend à les pénétrer. Dans ce cas, non -seulement le tissu est revêtu

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d’une membrane fibreuse , mais souvent il est tapissé d’une autre membrane qui offre tous les caractères d’une véritable séreuse ; nouvelle preuve que le tissu kysteux est le produit nécessaire de la solution de continuité des diverses parties de l’organisme : en effet , partout où cette solution de continuité existe, comme dans les tendons des muscles , les gaines de ces tendons , il y a développement d’une véritable membrane séreuse.

Il résulte encore des considérations qui précèdent , qu’une artère non plus qu’une veine ne sauraient être pour nous des organes composés d’élémens organiques divers ; c’est au moins ce que nous révèle une analyse approfondie des élémens anatomiques de l’organisation, envisagés d’un point de vue général.

Ce que nous venons de dire nous porte à con-

dure que le tissu kysteux est susceptible d’étre divisé en plusieurs espèces , selon le siège qu’il occupe. Nous avons donc à étudier successivement la disposition des membranes séreuses , celle des membranes synoviales , et celle des membranes angéiales.

I ° Du tissu kysteux séreux.

Ce tissu avait été entrevu par Bordeu , et Pinel en avait assez bien déterminé les propriétés ; c’est

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il lui que nous devons d’avoir isolé scs maladies de celles des autres organes , d’en avoir judicieusement analysé les symptômes généraux et particuliers, et d’avoir déduit de ces connaissances des méthodes thérapeutiques rationnelles, parfaitement d’accord avec les lésions reconnues de ce tissu, et avec celles de l’organe sous-posé. Cependant c’est encore à Bichat que nous devons la majeure partie des observations et des faits que nous possédons sur le tissu séreux.

Caractères anatomiques. 11 se présente , ainsi que son nom l’indique , sous la forme de kystes enveloppant les organes et les cavités où il y a un mouvement possible. Ainsi on le rencontre à la surface du cerveau , qui est sujet SI des déplacemens de totalité, en i-apport avec les mouvemens de la respiration ; la moelle vertébrale , le cœur , la totalité des cavités tboracbique et abdominale , l’interieur du scrotum lui-même, en sont revêtus. Les membranes non adventives ou propres du fœtus se présentent aussi sous la forme d’une poche séreuse qui offre tous les caractères du tissu séreux, et qui laisse exhaler une humeur particulièie , que nous vous avons fait connaître , et que nous avons rangée, en effet, au nombre des exhalations séreuses.

Il est remarquable que ce tissu se trouve en rapport de fonction avec le système cutané et le

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système intestinal ; ce qui est un point importanl à noter, surtout pour la pathologie et la thérapeutique. Ces rapports sympathiques d’organisation doivent être soigneusement distingués des sympathies proprement dites, qui proviennent constamment du système nerveux , comme nous le verrons plus Uird.

C’est probablement ce l'apport constaté entre certaines fonctions de l’enveloppe générale et les membranes séreuses qui a fait qu’on a voulu, à plusieurs reprises , comparer le système séreux h. l’épiderme, ce qui était une eri’eur. Ce dernier n’est, comme vous le savez , que le produit d’une exhalation qui se fait à la surface des êtres organisés ; c’est au moins ce que je me propose d’éta^ hlir sur des faits irrécusables. Le tissu séreux, au contraire, est le produit d’une sorte de compression du tissu cellulaire, qui revêt de plus en plus la forme fibreuse , et je crois que Bichat qui, le premier, eut cette idée, se serait facilement aperçu de son erreur, s’il eût pris en considération les faits suivans.

Soit que vous placiez un vésicatoire à la surface de la peau , soit que vous le mettiez en contact avec une muqueuse, dans l’un comme dans l’autre cas, vous verrez l’épiderme se soulever, et vous observerez tous les phénomènes de la vésication; ce qui n’aurait point lieu, s’il était possi-

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Lie que vous fissiez une semblable application sur une membrane séreuse , après l’avoir mise à découvert. De là j’induis qu’on ne peut pas absolument comparer une membrane séreuse à l’épiderme, anatomiquement parlant, et que ces deux tissus n ont d’autre analogie , que de servir de limite aux organes qu’ils enveloppent, ou sur lesquels ils sont appliqués.

En quelque lieu que vous étudiez le tissu séreux, que vous preniez celui qui recouvre le cœur , ou celui qui se trouve à l’origine des gros vaisseaux qui en sortent , et où toujours il vous sera facile d’en isoler une quantité assez considérable pour l’analyser indépendamment du tissu fibreux sous-jacent , vous verrez qu’il se continue avec ce même tissu fibreux , auquel il est uni par une trame celhdaire plus ou moins abondante et plus ou moins lâche.

Caractères microscopiques. En l’examinant à l’aide du microscope , on voit qu’il présente toute la structure d’un tissu fibreux. On y aperçoit, en effet, une grande quantité de filamens extrêmement contournés , serrés les uns contre les autres, et, pour ainsi dire, vermiculés, tissu entièrement semblable à celui que Batscb a nommé serpentant , dans lequel on aperçoit une certaine quantité de vaisseaux, bien que nos injections y pénétrent avec difficulté. On a avancé

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sans aucun fondement que le tissu séreux était homogène, sans aucune trace de fibres; ce serait en contradiction avec ce qu’en dit Bichat, qui le regardait comme le tissu le plus analogue au tissu cellulaire. Or, nous avons vu que le propre de ce système est de former des espèces d’aréoles de tissu spongieux : il n’est donc point homogène. Toutes ces dispositions sont rendues encore plus sensibles par la macération.

Caractères physiques. Vous verrez aussi que sa blancheur varie selon qu’il est appliqué sur une ma.sse plus ou moins considérable de tissu cellulaire ou de tissu fibreux. Si vous le placez dans des conditions telles, que la lumière puisse le traverser avec facilité, c’est-à-dire, si vous l’isolez et le placez entre votre œil et le jour, il vous paraîtra d’un blanc grisâtre , légèrement transparent. Du reste, il est peu susceptible de se laisser distendre, et jouit d’une faible élasticité; cependant cette dernière propriété n’est pas la même partout, car le tissu séreux qui tapisse les artères est assez élastique. Son épaisseur varie selon le lieu où on l’observe. Ses autres propriétés n’ont pu jusqu’à présent être étudiées, ce qui tient à la difficulté qu’on éprouve à le séparer nettement des tissus sous-posés.

Caractères chimiques. Nous ne pensons pas qu’aucun chimiste se soit occupé d’analyser ce

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tissu. Jusqu a présent, les anatomistes qui l’ont e'tudic ne l’ont pas offert aux chimistes dans un état d’isolement assez complet, pour (]ue ces derniers pussent, à laide des réactifs, nous faire connaître ses caractères différentiels. Cependant il est probable qu’il est essentiellement albumineux.

Propriétés vitales. Le tissu séreux n’est point contractile. Il est insensible dans l’état de santé, ainsi que le prouvent les expériences de Haller , et de tous les physiologistes qui se sont occupés de déterminer le degré de sensibilité ou d’insensibilité de chacun de nos organes. Mais dans l’état moi’bide,il peut acquérir une extrême sensibilité, ainsi qu’on l’observe dans les inflammations du péritoine et de la plèvre, et la douleur que le malade éprouve, dans ces cas, a un caractère particulier. Lorsque nous traiterons de la physiologie proprement dite , et que nous parlerons de la douleur, nous essaierons de déterminer eu quoi consiste la douleur particulière que ressentent les malades en pareille occasion , si toutefois nous trouvons dans notre langue des expressions susceptibles d’exprimer les nuances si fugitives d’un phénomène aussi difficile à caractériser.

yiIVGT-UNIÈME LEÇON-

Sommaire. Suite de l’histoire du tissu kysteux .séreux. — Différences de ce tissu selon les localités ; coup-d’œil sur les diverses membranes séreuses qui existent dans l’organisme ; rapport qu’on observe entre l’arachnoïde ventriculaire et la tunique vaginale des testicules, à l’égard de leur mode de formation.— Différences selon les âges. — Différences selon les sexes , les tempéramens , les races et les circonstances hygiéniques. — Différences dans les maladies ; hypertrophie et atrophie ; adhérences et fausses membranes. — Différences dans la série animale. — ■ 2° Du tissu kysteux synovial : il existe dans toutes les parties de l’appareil locomoteur où il y a solution de continuité et mouvement habituel. — Ses caractères anatomiques , chimiques et vitaux; — ses différences. — 3“ Du tissu kysteux angéial. — Considérations générales sur l’idée qu’il faut se faire du système vasculaire, et plus particulièrement de la place qu’y occupe le tissu kysteux. — Caractères anatomiques, physiques , chimiques et vitaux de ce tissu; — ses différences selon les parties du corps : ce qu’il est dans les vaisseaux lymphatiques, dans les artères, dans les ganglions vasculaires, dans l’organe d’impulsion.

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