TOME II
(JOURS DE PJIYSIOLOGIE.
Messieurs ,
Après avoir esquissé les principaux caractères connus du tissu séreux , nous avons maintenant à le suivre dans les modifications qu’il peut offrir.
Différences selon les parties de V organisme. La forme essentielle de ce tissu est toujours , comme vous l’avez vu , celle de sacs sans ouverture ; les variations secondaires qu’il présente sous ce rapport , sont réglées par les organes qu’il est appelé à revêtir. Quant aux autres différences qui se font remarquer entre ses diverses parties, elles n’intéressent que son épaisseur ; celle-ci est constamment proportionnée à l’étendue et à la fréquence des rnouvemens.
Il me suffira , du reste , pour vous faire apprécier toutes ces différences , de vous rappeler les diverses localités cpi’occupe le système des membranes séreuses. Nous trouvons d’abord une de ces membranes dans la cavité cérébro-spinale, qu’elle tapisse en revêtant aussi les centres nerveux. Remarquons, en passant, que son épaisseur est un peu plus grande à l’endroit oii elle passe du cerveau à la moelle épinière. Quoi qu’eu aient dit quelques auteurs , l’arachnoïde ( c’est ,
(.■i) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. O.C)3 comme vous le savez , le nom de la se'reuse encéplialique), se retrouve jusque dans les ventricules cérébraux; mais la portion qui se prolonge, plus mince que la portion externe , n’est continue à celle-ci, chez les mammifères^ que dans les premiers temps de la vie, c’est-à-dire, seulement lorsque les cavités, dont nous venons de parler , ne sont pas encore parfaitement closes par la jonction des lobes qui les forment en se roulant sur eux-memes à la rencontre l’un de l’autre. Il arrive ici à l’arachnoïde ventriculaire ce qui arrive, chez la plupart des mammifères , à la portion du péritoine qui accompagne les testicules lorsqu’ils descendent dans les bourses, à la tunique vaginale ; l’une et l’autre finissent par se séparer de leur membrane - mère , lorsque la cavité dans laquelle elles pénètrent vient à se ferrtier complètement.
La cavité qui constitue les chambres de Vœil se trouve manifestement limitée de toutes parts par une membrane séreuse, bien qu’il soit difficile d’en démontrer l’existence. Lorsque vous étudiez la face interne de la cornée transparente, celle de la partie antérieure de l’iris , vous voyez que les chambres de l’œil sont constamment remplies par des fluides séreux exhalés, parfaitement analogues à de la sérosité ordinaire.
Quant à la poitrine, il est certains animaux
chez lesquels vous trouvez trois kystes séreux , l’un médian, qui appartient au cœur, et qui a des caractères particuliers , et deux membranes séreuses, qui tapissent toute l’étendue de la cavité thoracique, et qui, en s’adossant sous la ligne médiane, dans la profondeur de cette cavité, laissent entre elles , postérieurement et antérieurement , des espaces nommés mediastins.
La cavité abdominale, beaucoup plus vaste que les précédentes , est également tapissée , ainsi que les organes qui y sont contenus , par une membrane séreuse très-étendue , qui se replie de divers manières en enveloppant ces organes, et forme, à plusieurs d’entre eux, des pédicules tels que le mésentère , etc. Enfin , à la partie postérieure de l’abdomen, on trouve un prolongement plus ou moins dictinct de cette cavité, dans lequel sont logés les testicules , et où ces organes ont entraîné cette portion de la séreuse de l’abdomen, connue sous le nom de tunique vaginale, portion qui , ainsi que nous l’avons vu toutà-l’beure, ne se sépare de la membrane-mère , pour en former une à part, qu’à une certaine époque de la vie.
Viennent ensuite les membranes du fœtus qui l’enveloppent de toutes parts , et dont la structure est en tout analogue à celle des précédentes. Chez le fœtus , en elfet , la continuation des en-
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veloppes du cordon ombilical, eu se renversant, va former autour de l’individu une double membrane, dont l’extérieure a reçu le nom de cborion , tandis que l’intérieure est appelée arnnios , et exbalele liquide amniotique. C’est dans l’épaisseur de cette seconde membrane que se développe le tissu spongieux auquel on a donné le nom de placenta.
Différences selon les âges. Elles ont été peu étudiées. On sait cependant que la membrane séreuse qui se prolonge dans les ventricules du cerveau et dans l’intérieur de la moelle épinière forme, dans le jeune âge, une seule cavité, de manière à ce qu’on peut , en irisuflant l’une, gonfler immédiatement l’autre. En effet, le ventricule du canal rachidien, à cet âge, est extrêmement développé, et se continue par le quatrième ventricule dans ceux du cerveau. Plus tard , cette disposition et cette communication deviennent de moins en moins manifestes. Le ventricule rachidien disparaît, et la communication de la cavité séreuse extérieure du cerveau, avec l’intérieure, ou ayec les cavités dites ventricules, disparaît tout-à-fait.
Les membranes séreuses thoraciques, cardiale, et abdominale offrent des variations qui sont en rapport avec le développement des organes. Ainsi, chez les jeunes sujets , elles sont d’une extrême minceur ; avec l’âge, elles acquièrent une densité
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de plus en plus grande, et perdent en même temps de leurs facultés d’absorption et d’exlialation. Nous avons déjà fait observer que la séreuse testiculaire , qui , dans le très-jeune âge, n’est pas distincte du péritoine, en devient d’abord un prolongement , un simple diverticulum , pour s’en séparer ensuite tout-à-fait.
Je ne connais pas encore d’observations qui démontrent que le sexe , le tempérament , les races et les circonstances hygiéniques aient quelque influence pour modifier le tissu séreux. Mais à priori, je ne crains pas d’avancer que les différences qui peuvent en résulter doivent être fort peu importantes.
Différences selon les maladies. Les membranes séreuses sont évidemment susceptibles d’airopbie et d’hypertrophie, consécutivement à une inflammation ou à une suh-inflammation. En effet , il est certain que dans cet état morbide on trouve toujours la membrane séreuse épaissie, quelquefois indurée et plus blanche que dans l’état ordinaire, étayant alors perdu de sa faculté absorbante , caractères qui indiquent que là s’est développée une sorte d’inflammation latente , due à une sur-excitation de la nutrition. 11 est facile d’obtenir l’atrophie , puisque c’est un moyen thérapeutique que l’on emploie depuis longtemps dans la cure de l’hydrocèle , qu’on a essayé
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contre les liyclropisies abdominales , et qu’on a proposé dans le cas d’iiydro-péri carde, sans réfléchir à rénornie différence qu’il y a entre le cœur et les testicules, et surtout à celle de leurs fonctions. On peut , et l’expérience le prouve , déterminer impunément une inflammation adliésive du testicule , cet ox’gane n’élant pas susceptible de mouvemens qui lui soient propres ; mais comment supposer que l’on puisse tenter la meme chose sur le cœur , sans amener plus ou moins rapidement la mort du sujet ? Quoi qu’il en soit^ lorsque vous venez à disséquer une hydrocèle traitée par la méthode d’excitation vous trouvez une adhérence de toute la' superficie de l’organe avec sa cavité, adhérence qui n’est presque jamais complète. Alors les points non adhérons offrent quelques petites poches dans lesquelles s’est accumulée de la matière albumineuse, en plus ou moins grande quantité; mais le tissu séreux adhérent se montre atrophié au point de se transformer en tissu cellulaire dans les endroits où l’adhérence a lieu avec la membrane albuginée, tandis qu’il a pris les caractères du tissu fibreux , dans ceux où il est uni à la peau du scrotum.
Les altérations physiques dont les membranes séreuses sont susceptibles dans l’état pathologique, sont très-peu connues, et se rapportent tou-
tes au plus ou moins d’épaisseur el à l’altération de la couleur normale de ce tissu. Quant aux altérations cliimiques, elles sont complètement ignorées. Les altérations vitales se manifestent parla douleur , qui est d’autant plus vive , que la maladie qui affecte le sujet est plus intense.
Le tissu séreux est surtout susceptible de contracter une espèce d’inflammation inconnue dans les autres membranes qui composent l’organisme, et c’est encore là un caractère qui le distingue de l’épiderme, avec lequel on a prétendu le confondre.
Si vous déterminez une inflammation à la surface de la peau, sans avoir, au préalable, enlevé l’épiderme à l’aide d’un vésicatoire ou d’une substance analogue, jamais vous ne verrez se développer un nouveau tissu ; tandis que dans le tissu séreux, si une pareille inflammation se développe, il arrive qu’au bout de quelque temps il se forme des membranes d’adhérence et de continuité , qui ne sont pas des fausses membranes , ainsi qu’oji l’a annoncé. J’ai dit, dans mes précédentes leçons, qu’il était impossible d’admettre que les fausses membranes pussent jamais s’organiser, et par là j’ai entendu que toute fausse membrane était le produit d’une matière exhalée à la sm-face d’une membrane quelconque. Nous verrons , en effet, lorsque nous traiterons des produits de l’orga-
nisnic , qu’à la suite de riiiflammation d’une membrane séreuse , on rencontre souvent dans la cavité de celle-ci une abondante exhalation de matière albumineuse qui se concrète à sa surface, et vient former une sorte de fausse membrane. Cette matière ne s’organise jamais, ainsi que l’a ti'ès-bien démontré M. Lippi. Cet anatomiste a fait voir que les vaisseaux qu’on prétendait avoir reconnus dans ces pseudo-membranes, étaient le résultat d’hémorragies faites dans l’intérieur du tissu pour se.créer une issue.
D^autrefois les mêmes tissus , placés dans les mêmes conditions, offrent par extension de substance , de véritables membranes parfaitement organisées , parcourues en tous sens par des vaisseaux faciles à injecter; membranes qui semblent être greffées sur la séi euse primitive. Ce sont là des membranes d’adhérence , qui , comme vous le voyez , sont bien différentes de ces concrétions albumineuses auxquelles on a donné le nom de fausses membranes.
D ij^férences dans La série animale. On peut établir en principe que plus les organes d’un animal sont distincts , plus le mouvement dont ils jouissent leur est propre, et plus les membranes séreuses sont développées. C’est dans les animaux supérieurs , et principalement dans l’espèce humaine, que ces caractères se présentent au degré le plus élevé.
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Chez Vhomme en particulier, l’on rencontre toutes les membranes séreuses sans exception. En effet, il nous présente clans leur summum de développement les membranes du cerveau, celles- de la moelle épinière, de l’œil, du cœur, celles du thorax, de l’abdomen et des testicules^ ainsi que les membranes propres du fœtus. Mais , pour peu que vous descendiez dans l’écbelle , vous trouvez que certains mammifères sont déjà moins bien pourvus que l’bomme. Ainsi, il en est chez qui l’on ne: trouve pas la membrane séreuse du scrotum , parce que les testicules ne descendent pas de l’abdomen, mais restent plus ou moins enveloppés par la membrane péritonéale.
Chez les oiseaux qui viennent immédiatement après les mammifères , les choses se passent autrement. Le diaphragme offre ce caractère particulier d’ëtre l’abaisseur des côtes ; le cœur est à sa place ordinaire ; mais le poumon occupe la partie supérieure du thorax, disposition qui tient à l’espèce de locomotion dont jouit l’animal , et C£ui fait que le diaphragme pénètre dans le thorax en refoulant le poumon, un peu comme cela a lieu chez les phthisiques. Chez ces animaux, les poumons n’ont pas de membrane séreuse qui leur soit propre; mais ils sont en partie recouverts par la membrane péritonéale. Les oiseaux manquent également de la séreuse du scrotum , par la meme raison que les mammifères qui offrent ce carac-
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tèrc. Quant aux enveloppes séreuses du fœtus , ou les rencontre dans l’œuf, mais à un état plus rudimentaire que dans la classe précédente.
Les reptiles offrent la meme disposition. Ainsi, dans les tortues, dans les crocodiles, les lézards et les caméléons, la membrane péritonéale pénètre de plus en plus dans la cavité thoracique. Chez les grenouilles , la confusion est encore plus grande ; le poumon flotte comme un organe libre dans cette cavité , qui est enveloppée par la membrane séreuse de la cavité abdominale. Ce n'est pas qu’à proprement parler, le poumon soit entièrement dépourvu de membrane séreuse chez ces animaux -, mais les plèvres n’y sont pas distinctes.
Chez les poissons, les dispositions précédemment indiquées sont encore plus manifestes : le cœur est bien revêtu de son péricarde, pourvu de sa membrane séreuse, et la vaste cavité abdominale de ces animaux est complètement tapissée par le péritoine -, peut-être même ont-ils une poche séreuse de plus que les précédons, car leur vessie natatoire est intérieurement revêtue d’une membrane qui me paraît avoir tous les caractères des séreuses ; par contre , on peut douter qu’ils aient une véritable arachnoïde.
Dans cette même classe d’animaux , on remarque une particularité dont Bichat avait cité un
exemple dans l’espèee humaine , savoir , la continuité d’une séreuse avec le tégument , qui s’observe chez la femme à l’ouverture des trompes. Chez les poissons, la cavité séreuse abdominale communique avec la peau elle-même , par une ouverture plus ou moins immédiatement extérieure.
Dans les entomozoaires , il n’y a pas trace de membrane séreuse ; on ne trouve ni péricarde ni membranes crâniennes. Le tissu nerveux est en contact immédiat avec le tissu cellulaire. Cependant quelques auteurs ont prétendu trouver un péricarde rudimentaire chez les crustacés ; leur erreur vient de ce qu’ils ont pris pour tel une certaine disposition du tissu cellulaire.
Chez les malacozo aires céphales, on croit en retrouver quelques traces. Ainsi, l’œibdes cépba lapodes, des sèches entre autres, présente une cavité qui , dit- on , serait tapissée par une membrane séreuse ,, analogue à celle que nous avons constatée dans la chambre iridienne des mammifères ; mais en outre , chez eux , il y a ime espèce d’enveloppe crânienne. Cependant il m’a toujours été impossible de séparer une membrane séreuse des parties cartilagineuses auxquelles elle doit adhérer; et comme chez les animaux invertébrés il n’y a pas de déplacement du cerveau consécutivement à l’acte respiratoire , il
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n y avait pas nécessité h ce que la niasse cérébrale fût enveloppée d’une ou plusieurs membranes séreuses. Aussi je pense que clans ces classes il n’y a pas d’autres membranes séreuses proprement dites, qu’au cœur et aux intestins et encore n’est-il pas absolument certain qu’il y en ait dans les malacozoaires acéphales ; le premier organe à part chez eux , mais seul peut encore exister , le canal intestinal est en très-grande partie dans le parenchyme général. Au reste, ces faits ne doivent pas vous surprendre, car ils viennent confirmer le principe que j’ai posé antérieurement, savoir que le tissu séreux est en rapport avec les mouvemens cju’exécutent les organes.
Si vous descendez encore plus dans la série animale, vous restez convaincus que dès que les organes ne sont plus distincts et flottans dans une cavité, il n’y a plus aucune trace de tissu séreux: ainsi les oursins et les étoiles de mer ne peuvent vous en fournir ; à plus forte raison les méduses , les actiniaires , les polypiaires et les zoopbylaires.
2" Du tissu kysieùx synovial.
La seconde espèce de tissu kysteux, ou le tissu kysleux synovial, offre quelcpies particularités importantes à noter. On le rencontre dans toutes
les parties de l’appareil locomoteur où il y a solution de continuité , et, par conséquent , mouvement. Il est donc partagé en autant de parties ou de poches qu’il y a de ces solutions de continuité : il se trouve quelquefois entre les vertèbres, entre les pièces qui constituent les membres aux articulations des appendices avec le tronc , et partout enfin où il y a mouvement possible à la suite de l’action des puissances musculaires , lorsqu^l n’y apas torsion, mais changement de rapport. C’est à cette disposition qu’il convient d’attribuer la douleur que nous fait éprouver la commotion produite par un courant électrique, qui ne se fait ressentir, comme on le sait, qu’aux articulations, c’est-à-dire là où il y a solution de continuité. Il faut aussi rapporter à la même cause les craquemens des articulations, lorsqu’elles ont été fortement tirées dans le sens de leur direction. Ce dernier phénomène est dû au détachement du fluide interposé.
Caractères anatomiques. Le tissu kysteux s}^novial forme donc autant de bourses et de capsules distinctes qu’il y a de mouvemens possibles dans les organismes; il offr» tous les caractères du tissu précédent ; seulement , lorsqu’on l’analyse avec soin , on s’aperçoit bientôt qu’il a plus d’analogie que le tissu séreux avec les membranes muqueuses. Au lien de présenter la disposition serpen-
(i5) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 2'j‘j tante que nous avons précédemment indiquée, il est plus disposé en granulations régulières, et présente davantage la disposition granuleuse que nous savons être propre aux membranes muqueuses , et c’est à tort que Bicliat l’a considéré comme homogène.
Caractères chimiques. Les analyses chimiques n’ont pas encore été faites avec assez de soin, pour que nous puissions rien dire de la nature de cette sous-espèce du tissu kysteux.
Caractères vitaux. Les phénomènes vitaux d’irritation y sont très-manifestes. Ce tissu est effectivement le siège d’inflammations très-vives , et l’on voit se développer en lui des hydropisies , qui ne sont jamais le résultat d’une diathèse hydropique. Comme le pi’écédent , ce tissu est susceptible d’hypertrophie et d’atrophie; l’inflamma- ,tion suffit pour amener le premier résultat , et la perte du mouvement' occasionne toujours le second. Lorsque vous examinez dans nos boucheries les articulations des bœufs qu’on y amène de la Normandie , ou de contrées encore plus éloignées , vous les trouvez constamment enflammées ; c’est à cet état que l’on doit de rencontrer ces espèces de prolongemens vasculaires et graisseux appelés glandes synoviales, que l’on a considérés comme servant à la sécrétion de la synovie, erreur dont Bichat a su faire justice.
COURS DR l'HYSIOLOGIR. (,6)
J’évite dessein de vous parler des difjérences que présente ce tissu selon les parties de l’organisme, car ce serait tomber dans des détails qui auraient l’inconvénient de fatiguer votre attention , et qui , d’ailleurs , sont du domaine de l’anatomie topographique.
Je me bornerai à vous faire observer que le tissu kysteux synovial peut se trouver : {a) entre deux os (c’est le tissu synovial proprement dit) ; (Z>) entre les os et les tendons ; (c) enfin ^ entre les tendons ( ce sont les bourses muqueuses qui se trouvent dans plusieurs points de notre organisme, et qui se produisent, pour ainsi dire, aux endroits où glissent les tendons des muscles ; elles ne diffèrent du tissu synovial que sous le rapport de la forme et de la situation , car la disposition est absolument la même ).
Différences selon les âges. Nous savons cependant que les âges leur impriment des modifications particulières, qui sont de telle nature, que, plus il y a de mouvemens possibles dans les parties, et plus ces membranes sont développées.
Les différences que peut offrir le tissu kysteux synovial , relatives aux circonstances hj'giéniques , nous sont tout-à-fait inconnues , et celles qui se rapportent aux maladies sont les mêmes que dans le tissu séreux. Eu effet, les poches synoviales sont susceptibles d’atrophie , par cela seul
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([U elles contraclciitrinfianimation atlliésive. Dans le cas d’ankylose consécutive aux tumeurs blanches , dont sont trop souvent affectées les extrémités articulaires , il y a une véritable atrophie du tissu kysteux synovial, déterminée primitivement par l’irritation développée dans les parties malades , et secondairement par le défaut de mouvement. Il est du reste très-remarquable que ce tissu s’ossifie moins souvent que le tissu angéial , dont nous allons bientôt nous occuper ; et par là j’entends qu’il est plus rarement le siège d’un dépôt de matière calcaire , car l’expression d’ossification est impropre. Le tissu séreux proprement dit offre parfois des lames assez considérables de matière calcaire. Il est meme des animaux où l’on en rencontre à l’état normal. Les carnassiers , par exemple , ont la tente du cervelet et la faux du cerveau constamment ossifiées. Bichat , qui avait déjà fait cette observation , avoue avoir rencontré très-rarement des ossifications des membranes synoviales , tandis que celles des membranes séreuses se présentèrent à lui trèsfréquemment.
Différences dans la série. Quant aux différences relatives aux animaux , elles sont peu importantes.En général, ce tissu ne peutexister que dans les ostéozoa ires , les seuls qui soient pourvus d’un -squelette.