TOME ir
COUKS Ulü PHYSIOLOGIi:.
Messieurs ,
Après vous avoir indiqué les caractères qui appartiennent au tissu cellulaire en général , nous devons voir de quelles variations cet élément est susceptible.
Différences selon les parties du corps. En comparant le tissu cellulaire des diverses parties de l’organisme , on ne peut qu’être frappé des différences qui existent entre celles-ci sous le rapport de son abondance , sous celui de la forme de ses mailles et de sa texture^ et, si l’on veut avoir égard aux matières qui y sont déposées , sous celui de la nature de ces matières.
Une différence sur laquelle j’appellerai d’abord votre attention , est celle qui résulte de la présence ou de l’absence de la graisse dans le tissu cellulaire. Cet élément semi-fluide se rencontre en effet dans celui de certaines parties de l’organismeetlui donne un aspect particulier; delà, la subdivision proposée depuis long-temps du système cellulaire en tissu cellulaire proprement dit, et en tissu adipeux, subdivision reproduite, dans ces derniers temps , par Béclard. Selon
Jui, la graisse serait renfermée dans de petites vésicules parfaitement closes , agglomérées en forme de grappes, et tout-à-fait différentes des cellules ordinaires de l’élément générateur, vésicules cpii seraient en même temps les organes de sécrétion de ce semi-fluide. Mais je puis vous assurer que je n’ai rien aperçu de semblable, et que je ne saurais trouver une différence aussi grande entre le tissu qui contient la graisse et le tissu parfaitement spongieux qui n’en renferme pas. Je pense que c’est la matière graisseuse elle-même qui forme les granules qu’on observe dans le premier , et que ceux-ci ne sont nullement renfermés dans autant de petites poches particulières , mais qu’ils se trouvent simplement déposés dans les mailles ordinaires du tissu générateur. Ce qui en a imposé à Béclard, c’est son opinion à l’égard de l’origine de la graisse. Il la regardait comme le résultat d’une sécrétion , et , dès - lors , ayant à trouver un organe pour cette fonction , il a pu facilement croire que chaque granule graisseux portait avec lui cet organe , sous la forme d’une vésicule extrêmement mince; cette supposition était encore corroborée par l’idée qu’il se faisait de la consistance de la graisse. Il regardait ce principe comme étant constamment fluide pendant la vie , et voyant qu’il ne gagnait cependant pas les parties les plus déclives, il se trouvait encore conduit par
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là à le considérer comme renfermé dans de petits sacs parfaitement clos. Pour nous, qui avons vu, d’unepart, quela graisse estune simple exhalation du sang veineux, et de l’autre, que, présentant une certaine consistance, elle ne tend par cela seul que fort peu , et dans des cas très-rares , à s’écouler vers les parties déclives , nous n’avons aucune raison pour trouver autre chose dans le tissu qui la reçoit que ce que l’observation nous montre clairement, c’est-à-diré un tissu cellulaire un peu plus serré que ne l’est ordinairement celui qui ne renferme pas le même dépôt. Béclard s’est également trompé en avançant que le tissu adipeux différait du cellulaire en ce qu’il ne s’y accumulait jamais de sérosité , comme dans ce dernier. Je puis vous assurer que, chez les sujets atteints d’anasarque, le tissu cellulaire graisseux renferme aussi de la sérosité , quoiqu’on moindre quantité que les parties qui ne sont pas déjà occupées^ comme lui , par une autre matière.
Voyons maintenant les différences du système cellulaire qui se rapportent plus immédiatement à telle ou telle partie du corps. Je suivrai pour cette revue l’ordre adopté par Bichat. Vous vous rappelez qu’il a divisé le tissu cellulaire en celui qui se trouve sous la peau, celui qui forme une couche sous les membranes muqueuses, celui que recouvrent les poches séreuses, celui qui for-
me des enveloppes aux organes , et celui qui pénètre dans le tissu constituant leur parenchyme.
Le tissu cellulaire sous-cutané est très-développé partout où la peau est mobile sur les parties sous-jacentes , et d’autant plus que cette mobilité est plus grande ; c’est ce qu’on voit surtout chez les animaux qui ont la faculté de mouvoir isolement leur tégument externe à l’aide d’un peaucier,pour secouer les corps étrangers et les inr sectes qui s’attachent à leur surface; chez eux , le tissu dont il s’agit est lâche et abondant, de manière à faciliter les déplacemens plus ou moins considérables de cette membrane ; c’est ce que vous pouvez voir dans le phoque , dans le bœuf , dans lemouton^ etè. Lorsqu’au contraire le derme repose immédiatement sur le système locomoteur , il n’y a de tissu cellulaire sous - cutané que celui qui est absolument nécessaire pour unir la peau aux parties sous-jacentes ; ainsi , on a peine à le trouver chez les tortues et chez les poissons, qui sont dans le cas dont je parle. Je signalerai encore comme des parties où le tissu cellulaire sous-cutané est abondant , celles qui exécutent des mouvemens considérables : il y en a beaucoup autour des grandes articulations, à l’aisselle , à l’aine , au jarret ; on en rencontre eu échange fort peu sous le cuir chevelu, et partout où le tégument est plus ou moins privé de