‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource] (volume 2)Chapitre 41 sur 58 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Messieurs ,

Si nous jetons maintenant un coup-d’œil sur les différences que présente l’élément sarceux, nous trouvons d’abord que ses modifications selon les parties de V organisme ont été étudiées d’ime manière bien imparfaite , du moins pour ce qui concerne spécialement la fibre sarceuse, car, quant à la fibre musculaire , elle a été observée avec le plus grand soin, et l’on sait sur elle à peu près tout ce qu’il est possible de savoir. Si je n’avais cru devoir établir les deux sous-espèces que je vous ai indiquées , ce serait ici le lieu de comparer, ainsi que l’a fait Bicbat , le système musculaire delà vie animale avec celui de la vie organique qui constitue l’enveloppe contractile de notre canal intestinal. Mais j’ai préféré séparer nettement ces sousespèces l’une de l’autre ; d’où résulte que nous ne nous occuperons ici que des différences peu considérables que présente le système musculaire de la vie animale.

Nous trouvons que les muscles de la locomotion proprement dite diffèrent entre eux, i° sous le rapport de la disposition de leurs fibres élémentaires, les unes à l’égard des autres, en ce

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qu’elles sont plus ou moins rappi ocliées , tantôt parallèles, tantôt plus ou moins obliques, etc. ; 2® sous celui de la disposition de ces mêmes fibres à l’egard des tendons , tant sous le point de vue de leur mode d’insertion sur eux , que sous celui de leur longueur relative; quelquefois elles s’insèren t sur les côtés , d’autres fois à l’extrémité de ces parties scléreuses, elles sont plus ou moins longues qu’eux , etc ; 3® sous celui de la force de contraction des muscles ; ceux-ci difierent entre eux à cet égard, non seulement, comme on le comprend très-bien , selon la longueur de leurs fibres, soit musculaires, soit tendineuses, selon le nombre de ces fibres, leur arrangement, etc., mais encore selon que l’influence nerveuse agit sur eux d’une manière plus ou moins intense. Mais je ne connais personne qui ait cherché la mesure de la force d’innervation à laquelle sont soumises les fibres contractiles.

V ous voyez , d’après ce peu de mots , que ce serait sortir de notre sujet que de nous arrêter sur des différences qui intéressent spécialement l’appareil locomoteur, et qui trouvent nécessairement leur place dans l’histoire de la dynamique animale.

Les différences relatives aux âges viennent confirmer ce que j e vous ai dit de la structure anatomique delà fibre sarceuse chez les jeunes sujets.

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]| csl cei laiii que, chez eux, il est impossible d’apcrccvoir le tissu dont nous parlons, en ce qu’il n’est point assez distinet de la forme ge'latineuse, sous laquelle le jeune produit se présente à nous. V ous savez cependant que je n’ai point admis l’état globulaire, et que je vous ai dit que la disposition muqueuse est l’origine de tout le tissu celbdaire, qui va toujours se fibrillant davantage, à mesure que nous avançons vei-s le tei’me de la vie; aussi le tissu cellulaire d’un vieillard est-il très-prononcé, landis que celui d’un enfant ne l’est pas du tout : il en est de même de la fibre sarceuse. A un certain âge , il est impossible d’apercevoir cette disposition , qui va toujours se marquant de plus en plus. Dans les muscles qui ont agi ou qui peuvent agir, elle commence par être cachée par le développement, de plus en plus sensible, des systèmes vasculaire et nerveux . Enfin on arrive à un âge où la fibre musculaire offre tous les caractères de la fibre rouge, à cause de l’énorme quantité de sang qui entre dans sa composition. Plus on avance en âge , plus cette matière devient abondante^ et plus les vaisseaux deviennent nombreux et ramifiés, et c’est alors que la fibre sarceuse revêt tous les caractères de la chair musculaire, et quelle devient toujours plus contractile sous l’influence de la volonté. Dans ce cas, les chimistes trouvent la matière fibrineuse et l’azote en plus grande quan-

(5) COMPOSITION INTlMIi DKS ANIMAUX. [l'Xn

tité, taudis que chez les jeunes sujets ils rclilaientune plus {irande propoiTioii de matière albumineuse, ainsi que vous l’avez pu voir sur mes tables, en comparant la chair du veau et de l’agneau à celle du bœuf ou du mouton -, c’est alors aussi qu’il vous devient impossible de distinguer les cylindres creux de Fontana, dont je vous parlais dans la précédente leçon . A la première époque de la vie, les muscles sont peu gonflés et les contractions musculaires sont faibles. Avec l’age, les chairs acquièrent de là sécheresse et de la dureté. Aquoi tient cette métamorphose? A la diminution de l’élément sarceux introduit dans les mailles celhdaires, au développement du tissu cellulaire, à sa sécheresse et à sa densité. Essayez, par exemple, de faire cuire un morceau de cheval très-vieux , vous y trouverez la partie fibreuse très-développée , il vous sera impossible deladéchii-er sous vos dents; le bouillon que vous en extrairez n’aura pas les mêmes qualités que celui qui sera le produit d’une chair plus jeune ; il passera moins facilement à l’aigre que celui-ci, tandis que celui qui est fait avec des viandes prises dans l’âge adulte , offre tous les caractères d’un bon bouillon, que nous reconnaissons à la couleur , à la saveur et à l’odeur. Chez les animaux supérieurs^ et principalement dans l’espèce humaine , la couleur de la fibi’e musculaire varie. Cette observation est due

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à Bichat. C’est lui qui, le premier, a montré qu’à mesure que le tissu sarceux diminue dans ses parties essentielles, il prend une couleur jaunâtre, et que peu àpeu la disposition graisseuse se manifeste. Ce n’est pas la fibre musculaire qui éprouve une semblable conversion; mais le tissu cellulaire enveloppant devient le siège d’un dépôt de graisse.

Les différences selon les sexes sont de même nature que les précédentes. Chez les individus femelles, l’élément sarceux est, en tbèse générale, moins développé que chez les mâles. La fibre est plus molle et plus lâche , ce qui tient à ce qu’elle renferme plus de tissu cellulaire et moins de sang, tandis que chez les sujets vigoureux du sexe masculin , elle acquiert tous les développemens possibles , surtout dans certaines circonstances que je vous ferai connaître ultérieurement.

Les tempévamens et les races ont également une influence assez marquée sur le système sarceux. Si vous comparez la chair d’un lymphatique avec celle d’un individu sanguin ou bilieux , vous verrez que ces différences sont très-faciles à reconnaître. 11 suffira aussi de voir des muscles bien préparés des différentes races humaines pour reconnaître aussitôt celle à laquelle ils appartiennent. Comparez, par exemple, les muscles d’un Malais à ceux d’uiiHindou, etil vous sera facile de les distinguer. La sécheresse des tendons , la longueur

des OS et leur dureté vous en indiqueront assez l’origine. Prenez ensuite ceux d’un Caraïbe, et coinparcz-les h ceux de la race blanche, vous reconnaîtrez facilement que les fibres musculaires et probablement l’élément sarceux diffèrent sensiblement. En pourrait-il être autrement? Ne savons-nous pas que les races ne sont que des exagérations des lempéramens, et que, sous ce rapport, elles offrent des caractères assez tranchés.

Quant à Y influence des circonstances hygiéniques, tout le monde connaît combien elles sont manifestes. On sait , par exemple , qu’un séjour prolongé dans une habitation convenable facilite le développement du système musculaire, qui se trouve affaibli lorsque l’homme et les animaux sont placés dans des conditions opposées. La natation dans l’eau froide, et surtout dans l’eau de mer, en stimulant la peau , en activant l’appétit, accroît aussi la force du tissu musculaire. L’exemple des danseurs, chez qui les muscles des mollets sont très -développés; celui des forgerons, qui ont les muscles des bras et du thorax egalement très-gros , vous montrent aussi l’influence des circonstances hygiéniques sur ce système.

Différences dans les maladies. Le tissu sarceux sous-dermien est-il susceptible d’éprouver des al-

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térations dans ses propriétés, suivant les maladies? C’est ce qui est indubitable.

.On conçoit très-bien qu’il puisse être atteint d’hypertrophie ; mais je ne connais aucun fait qui démontre réellement l’existence de cet état. Il n’en est pas de même de l’atrophie, qni peut être déterminée par plusieurs causes , et essentiellement par la compression , par le défaut d’usage , d’activité , dénutrition suffisante, et même d’irritation nerveuse. Dans ce cas , en examinant le parenchyme d’un muscle, on ne trouve réellement plus que du tissu cellulaire ou du tissu fibreux, sans trace d’élément sarceux.

Nous ignorons s’il est susceptible d’altérations dans quelques-unes de ses propriétés physiques , anatomiques, chimiques ou vitales ; ou mieux, nous ne savons pas en quoi ces altérations consistent.

Nous ne pouvons pas assurer que, par lui-même, il soit susceptible d’inflammation : quelques auteurs le croient cependant. Mais peut-être l’in-flammation qu’on a cru y remarquer appartenaitelle à l’élément vasculaire ou cellulaire qui entre dans la composition du parenchyme musculaire ?

Sa cicatrisation est certainement due au tissu cellulaire de ce même parenchyme, car la fibre sarceuse ne se reproduit pas.

Quelques auteurs ont prétendu que ce tissu

(g) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 33 1 était susceptible de transformation cartilagineuse, osseuse et graisseuse ; mais cela est fort douteux pour les deux premières. Quant à la dernière, on sait maintenant d’une manière positive que, lorsqu’un muscle passe à l’état graisseux, la graisse accumulée se dépose dans les mailles du tissu cellulaire et du tissu sarceux , ce qui comprime et détruit celui-ci ; mais que ce n’est pas lui qui est réellement converti en graisse.

Dans ma manière de voir , il n’est pas non plus susceptible des dégénérescences cérébriforme, tuberculeuse, squirrheuse, qu’on lui a attribuées , les substances qu’on désigne sous ces noms étant des productions du sang , et non des tissus.

Différences dans la série. Si nous passons maintenant aux modifications que subit la fibre contractile dans la série des animaux , vous verrez , Messieurs , que cette fibre sera d’autant plus distincte , aura un caractère d’autant plus spécial , et sera d’autant plus soumise à l’influence de la volonté, que l’élément sanguin sera lui-même plus distinct des autres fluides, mieux caractérisé, c’est-à-dire qu’il contiendra plus de fibrine et moins de sérum. Nous avons vu précédemment que ce sont les oiseaux , et surtout ceux de haut vol , qui ont le sang le plus fibrineux et le plus rutilant : eh bien ! vous allez voir aussi tout à l’heure que c’est dans celte classe d’animaux que

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la fibre contractile jouit , au plus haut degré, des propriétés statiques et physiologiques qui lui appartiennent; nous trouverons que c’est dans cette classe que la contractilité volontaire a le plus d’énergie; au contraire, à mesure que nous descendons dans la série , à mesure que le sang deviendra plus séreux , mais surtout quand il ne marchera plus dans un système vasculaire évident , ou qu’il ne subira plus de circulation proprement dite , vous verrez la fibre charnue perdre • ses caractères distinctifs, et se confondre enfin avec l’élément général et celluleux. Ce que je vous dis là est parfaitement en harmonie avec ce que je vous annonçais en traitant de la spécialisation progressive des tissus dans l’organisme, à mesure qu’on s’élèvera dans la série. Vous remarquerez , en outre , que le rapport qui se montre entre l’état du sang et celui de la fibre musculaire, est tout-à-fait en harmonie avec les connaissances que nous devons aux chimistes sur la composition du fluide sanguin et sur celle de l’élément contractile; c’est, nous disent-ils, la présence de la fibrine qui fait le caractère spécial de l’un et de l’autre, qui donne au sang sa coagulation et à la fibre musculaire la force de contraction ; la couleur du premier et celle de la seconde , bien qu’elles ne soient pas inhérentes à ce même principe immédiat , sont cependant d’autant plus pro-

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noncées, qu’il est plus abondant et plus manifeste. 11 est donc naturel que la fibre qui nous occupe , aille en se confondant de plus en plus avec l’elément générateur, à mesure qu’on l’examine dans des espèces animales plus éloignées de celles qui possèdent am sang bien caractérisé (i). C’est, au reste, ce dont nous allons trouver la confirmation , en parcourant les principaux groupes de la série.

Comme ce sont les mammifères qui nous ont fourni le t^'^pe d’après lequel nous vous avons décrit la fibre contractile , il ne nous reste rien de nouveau à vous dire sur les caractères qu’elle offre à ce premier degré de l’échelle animale. J ai cherché s’il y avait dans l’élément sarceux de ces animaux quelques différences qui fussent en rapport avec celles de leur taille et de leur nourriture) mais je puis vous assurer que, malgré toute l’attention dont je suis capable , il m’a été impossible de trouver rien qui pût servir à distinguer nettement les fibres des divers groupes de mammifères. Ainsi, les éléphans et les musaraignes, qui certes sont des espèces bien éloignées l’une de l’autre sous le rapport de la taille, n’offrent pas les plus légères différences è l’égard

(i) Le rapport dont nous parlons se retrouve encore quand on observe la quantité de sang que reçoivent les muscles , quantité qui est toujours proportionnée à leur énergie.

de leur libre coniractile ; il y eu existe, à la vérité, dans la manière dont celle-ci se dispose en faisceaux , et dans l’arrangement de ces faisceaux pour former les muscles; mais les différences de ce dernier genre sont tout-à-fait indépendantes de l’état de la libre elle-même , et ne se rapportent qu’aux formes de l’appareil locomoteur; c’est là un sujet à part, que nous avons traité dans un autre cours , et dont nous n’avons plus à nous occuper maintenant. Quant aux différences que la nourriture semblerait devoir introduire dans l’élément sarceux des diverses familles de cette classe , je n’en ai pas aperçu de constantes , et celles que j’ai vues doivent être plutôt rattachées à l’étatdusang, à celui de la circulation, età l’activité nerveuse, qu’à la nourriture elle-même. En effet, lorsque vous comparez la chair musculaire d’un animal carnassier , tel que le lion , le tigre , le chat lui-même, avec celle d’un rongeur, d’un lapin par exemple, vous trouverez que la première est plus dense, plus colorée , et la seconde plus pâle, plus muqueuse ; mais cette différence ne dépend pas de la nourriture , car s’il en était ainsi, on la trouverait nécessairement dans la comparaison de ces mêmes carnassiers avec les ruminans; or, la chair de ceux-ci est aussi trèsdense, très-colorée. D’où viendra donc l’espèce d’opjiosition que nous avons remarquée entre la

(i3) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. 335 libre conlraclilc tic quelques herbivores, et celle tics carnassiers? Elle est vraisemblablement liée à 1 état tlu sang et du degré d’énergie nerveuse des uns et des autres. Iæs rongeurs sont timides et faibles ; les carnassiers sont hardis et forts , leur sang est plus riche et lancé par un cœur plus fort que celui des précédens. Pourquoi les ruminans, qui SC nourrissent comme les rongeurs, de substances végétales, mais qui n’ont pas leur timidité, présentent - ils un tissu musculaire aussi dense, aussi coloré que la plupart des animaux , qui font de la chair leur nourriture exclusive ? La preuve sans réplique du peu d’influence de l’alimentation sur les caractères de l’élément qui nous occupe, c’est que nous voyons des espèces de la même famille, qui se nourrissent de même , par exemple , les lièvres et les lapins , offrir des chairs presque aussi différentes que celle de ces mêmes animaux et des carnassiers. Vous savez, en effet, très -bien que les lièvres ont une chair foncée , ou, pour me servir de l’expression vulgaire, une chaire noire , et les lapins une chair blanche.

Certes, ici ce n’est pas le courage qui fait la différence 5 mais les premiers, appelés à beaucoup de mouvement , avaient besoin d’un tissu musculaire plus parfait que ces derniers, qui , même à l’état sauvage, se tienVient habituellement blottis dans leurs trous ; aussi le lièvi’e est-il beauconp plus sanguin que le lapin. Il serait intéres-

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sant d’aualyscr, avec plus de soin qu’on ne l a fait , les circonstances auxquelles se rattache la coloration de la libre contractile- On peut certainement affirmer^ dès à présent, que ce caractère, aussi bien que la densité et l’énergie de l’élément qui nous occupe, sont d’autant plus prononcés, c|ue l’animal est plus près de l’age adulte, plus fort , ou qu’il a l’babitude d’une locomotion plus active, toutes circonstances auxquelles se lient également l’abondance et un état plus parfait du sang : mais vous venez de voir que l’espèce de nourriture n’influe pas d’une manière appréciable sur l’état de la fibre musculaire.

On n’en peut pas dire autant du séjour : vous vous rappelez que les mammifères aériens et les mammifères aquatiques nous ont offert d’assez notables différences dans la composition de leur sang , et que nous avons reconnu que ce fluide était plus aqueux, plus noir, que sa portion veineuse était plus abondante chez les phoques et les cétacés que chez les espèces terrestres. Leur chair nous offre un caractère analogue; elle est généralement très-colorée. Cela tieut-il à ee que beaucoup de sang la pénètre , on à ce que la fibrine qui entre dans sa composition est plus colorée que de coutume? Je l’ignore ; mais j’inclinerais volontiers vers la première de ces hypothèses.

Chez les oiseaux , nous trouvons le tissu sar-

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ceux composé d’un beaucoup plus grand nombre de fibres, dans un espace donné , que chez les mammifères. Sans prétendre fournir une évaluation rigoureuse de ce genre de supériorité , puisque toute appréciation mathématique est absurde dans ce qui concerne les organismes, je crois qu’on peut, sans exagération , porter à plus d’uri tiers l’excédent des fibres contractiles qui se trouvent chez un oiseau dans le meme espace que chez un mammifère. Aussi, la force locomotrice est-elle, en généial , toutes choses égales d’ailleurs, beaucoup plus grande chez le premier. Tout ceci est parfaitement en harmonie avec l’état du sang , puisque nous avons vu que ce fluide est encore plus parfait, plus riche en fibrine dans la seconde classe des ostéozoaires que dans la première. Il existe cependant des différences assez notables entre les divers groupes d’oiseaux, sous le rapport de leur chair musculaire. Celle-ci n’a pas chez tous des caractères également prononcés, et ne surpasse pas constamment celle des mammifères en densité et en coloration. Ainsi, les espèces terrestres, qui ne sont pas appelées à une locomotion très-active, ont , comme heaucoup d’animaux supérieurs , une chair blanche et plus ou moins muqueuse (i) , tandis que les espèces

(i) Nous devons toutefois remarquer que le tissu musculaire de ces espèces est toujours plus dense et moins muqueux que celui

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qui volent, et surtout celles qui s’élèvent dans les hautes régions de l’atmosphère, où l’air devient de plus en plus rare^ ont nécessairement dû réunir toutes les conditions organiques d’une grande force de locomotion, et présentent^ en conséquence, une chair dense, fortement colorée, alimentée par un sang tellement fibrineux , qu’on n’y distingue presque que des globules, ainsi que nous l’avons dit ailleurs. Dans les oiseaux aquatiques, les muscles sont, à la vérité, très-colorés, comme vous le voyez chez les canards et les oiesj mais cette coloration n’est pas accompagnée de la grande densité qui s’y joint chez les oiseaux de haut vol ; elle dépend vraisemblablement de la présence d’une quantité considérable de sang dans le tissu sarceux, et je suis peu disposé à la croire inhérente à ce tissu ; car vous savez combien la chair de ces animaux rend de sang par la cuisson, et quelle prédominance acquiert le sang veineux, toutes les fois qu’un animal , de quelque classe qu’il soit , est appelé à se mouvoir dans l’eau.

La taille des oiseaux ne paraît pas , non plus que leur nourriture , apporter de différences dans les caractères de leur fibre contractile.

Chez les reptiles , l’élément sarceux est moins caractérisé que dans les classes supérieures , sans

des mammifères à chair blanche. Qu’on compare, si l’on veut s’en convaincre , celui d’un poulet à celui d’un lapin.

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cesser toutefois delre très-tîisiiiicl. Celui des tortues, dont le goût est très-rcnommc , a quelque chose de la chair du veau et de celle du poulet ; il est comme intermediaire entre elles jiour sa blancheur et son degré de densité. Dans les crocodiles , les lézards , et généralement dans les sauriens , nous trouvons une fibre musculaire bien distincte , mais généi-alement encore plus blanche que chez les animaux plus élevés , parce que le sang est déjà beaucoup moins fibrineux , et que le sérum y prédomine déjà beaucoup.

Au reste, je n’ai pas trouvé de différences notables et essentielles entre les diverses familles de cette classe, sous le rapport de l’élément sarceux. On peut en concevoir, cependant, en songeant à la "grande quantité d’ammoniaque qui se produit dans la chair des serpens , et surtout dans celle des vipères et des couleuvres, circonstance qui, vous le savez, a conduit les médecins à faire usage de cette chair desséchée, à titre de moyen sudorifique , et qui lui a peut-être valu une place parmi les nombreux matériaux dont se compose la préparation vraiment avantageuse , connue sous le nom de thériaque.

Dans les amphibiens , c’est-à-dire dans les grenouilles , les crapauds , les salamandres , où le sang offre peu de plasticité , où ses globules sont gros, mais peu fibrineux, la chair est plus molle,

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