Parenchyme périérien
Si nous passons maintenant au parenchyme membraniforme qui sert à limiter l’individu dans l’espace, nous trouvons que, malgré les modifications notables qu’il subit, en raison des fonctions
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auxquelles il se trouve appelé, il offre néanmoins essentiellement la meme organisation sur toute la surface du corps (i) , soit à la peau, soit au canal digestif et à ses replis pulmonaire, ou vésico-vaginal .
^La structure de ce genre de parenchyme diffère surtout de celle de tous les autres en ce que l’on voit que les élémens anatomiques sont mêlés et confondus; et qu’il est formé de plusieurs couches que je vais vous indiquer rapidement , en procédant de la face adhérente à la face libre. La couche la plus profonde est le derme dont nous nous sommes occupés précédemment, et qui , vous vous en souvenez, ne consiste qu’en une modification très-simple de l’élément cellulaire. Cette partie du parenchyme cutané pourra quelquefois offrir une disposition particulière qui constituera les papilles, petitsprolongemens dermoïdes qu’on a pris à tort pour des appendices nerveux , comme le T’emarque judicieusement M. Gauthier. Au dessus du derme nous trouvons le réseau vasculaire composé lui-même des parenchymes artériel , veineux et lymphatique. Ce réseau se moule parfaitement
(i) Il ne faut pas comprendre dans ce parenchyme celui de quelques organes se'cre'teurs, tels que les cryptes qui s'y trouvent annexe's , et qui composent avec lui les appareils cutané , muqueux,etc., non plus que les plianères qui sont de véritables organes de sensibilité plus ou moins spéciale.
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bien sur les papilles qu’il reneontre , et eu reproduit exaclemeiil la forme. On est obligé d’admettre à priori à la surface de la couche vasculaire une couche nerveuse, qui, je crois vous l’avoir dit , n’est pas appréciable à la vue. Je dis qu’on est obligé de l’admettre, parce qu’il faut bien que la multitude des filets nerveux qui se rendent à la membrane tégumentaire^ etquilui donnent sa sensibilité^ se répandent à la surface. Quelle disposition ces nerfs affectent-ils à leur extrémité? C’est ce que nous ignorons ; on ne les a jamais vus à leur dernier terme. Comme la sensibilité de la peau est plus exquise sur les papilles , du moins dans beaucoup d’endroits du corps , on avait imaginé que ces éminences étaient formées par du tissu nerveux. M. Gall les croyait composées de matière grise. Mais il n’est besoin que de la forme meme des papilles pour expliquer leur plus vive sensibilité, et je persiste à penser qu’elles sont principalement formées par le derme, et seulement recouvertes du réseau vasculaire et des extrémités nerveuses.
Au-dessus encore de ces deux derniers élémens delapeau, etméme dansles mailles du réseau vasculaire , se rencontre une substance dont nous ferons l’histoire à propos des produits, et qui est connue sous le nom de pigmentum. C’est elle qui donne à la peau sa coloration , d’où l’on peut con-
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dure que la sienne varie beaucoup^ non-seulement selon la partie du tégument, mais aussi selon les tempéramens , les races, les animaux , etc.
Enfin, tout-à-fait à la surface de l’appareil cutané, l’on voit une couche fort mince, d’une substance sèche, qui n’est pas du tissu cellulaire condensé, qui n’est pas organisée, d’une substance morte par conséquent, et qui n’est, sans aucun doute, qu’un produit exhalé du réseau vasculaire, et desséché par l’influence des circonstances atmosphériques ; c’est l’épiderme.
Les tégumens présenteront des modifications très-nombreuses quant à la proportion de leurs diverses couches, selon les fonctions auxquelles chacune de leurs parties est appelée. Doivent-ils absorber avec activité , il y a peu ou point d’épiderme, le réseau vasculaire aura plus de développement, le derme sei’a plus mou et plus lâche. Une exhalation un peu considérable exigera les memes conditions. La peau a-t-elle besoin de beaucoup de sensibilité , son épiderme sera aussi moins épais, ses papilles plus nombreuses, les systèmes vasculaire et nerveux y abonderont. Enfin , doit-elle agir comme appareil de protection, l’épiderme , pour ne parler que de ses propres élémens , acquerra de l’épaisseur , ou bien le derme lui-même se condensera beaucoup, et pourra, dans quelque cas, devenir cartilagineux ou osseux.
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Commenous en avons des exemples dans plusieurs classes d’ostéozoaires, par exemple chez les tatous parmi les mammifères , chez les crocodiles et plusieurs sauriens, parmi les reptiles, et chez plusieurs espèces de poissons.
Ainsi, les différences que ce genre de parenchyme nous offrirait seraient très-considérahles , si nous l’étudions à différens endroits de la peau, comme au scrotum, au cuir chevelu, à l’extrémité des doigts, à la plante des pieds, aux paupières, aux oreilles, mais surtout aux différens endroits du canal intestinal, où il prend le nom àe membrane muqueuse, comme au palais, aux gencives, à la surface de la langue , dans l’œsophage, dans le pharynx , où il constitue les hranchies des poissons, dans l’estomac, et surtout dans les différentes parties de l’intestin proprement dit. Elles ne le seraient pas moins, si nous portions notre attention sur les modifications que présente ce tégument dans les voies aériennes, dans le cloaque urinaire, dans les voies utérines; mais ces détails nous conduiraient beaucoup trop loin. A plus forte raison , si nous voulons étudier les différences que les espèces de ce genre de parenchyme peuvent offrir suivant l’agc, suivant les maladies, et surtout suivant les espèces d’animaux , nous rentrerions presque alors dans ce
qu’on est convenu de regarder comme de J 'anatomie proprement dite.