‹ Cours de physiologie générale et comparée [electronic resource]Chapitre 24 sur 45 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

Messieurs ,

Dans la dernière séance , nous ayons terminé ce que nous avions à dire sur la partie séreuse du sang ; aujourd’hui nous passons à l’histoire d’une seconde partie de ce liquide.

De l’hématosine.

Le second principe constitutif du sang est , comme nous l’avons dit, une matière colorante propre que l’on est convenu de nommer hématosine , la chimie végétale ayant déjà consacré , pour désigner un autre principe rouge ( i) , le mot , plus simple et plus naturel d ’hématine. C’est à M. Brande, et ensuite à M. Berzelius que nous devons la connaissance de l’hématosine. Jusqu’à eux on avait cherché à expliquer la coloration du sang par une certaine combinaison de sousphosphate rouge de fer et d’albumine (MM. Foui croy et Yauquelin), ou par une dissolutiondu fer dans l’alcali libre du sang (MM. Deyeux et Parmentier), ou par un mélange d’albumine et de péroxide de fer, comme l’ont proposé, dans ces derniers temps, MM. Prévost et Dumas.

M. Berzelius ayant repris en sous -oeuvre tou -

(i) Celui qui colore le bois de cnmpèche.

tes les expériences sur lesquelles reposent ces théories de la coloration du sang, a démontré qu’on ne pouvait expliquer celle-ci par des combinaisons d’albumine avec la soude ou avec le fer ; qu’il y avait bien du phosphate de fer dans le sang, mais que jamais un albuminate de fer ne pouvait donner une couleur rouge , et qu’en attendant mieux il fallait regarder la partie colorante du sang comme un principe particulier.

Le célèbre chimiste que je cite n’a pas assigné à cette matière de position déterminée dans le globule ; il la regarde comme répandue à la fois dans l’enveloppe et dans les parties intérieures, et il admet en outre qu’elle se trouve suspendue dans le véhicule séreux ou albumineux du sang.

L’hématosine est très-abondante dans le caillot ; l’on éprouve assez de difficulté pour l’en séparer , et l’on n’y parvient qu’à l’aide des procédés chimiques , ou du lavage ; jamais elle ne s’isole spontanément. On l’obtient , en elfet , soit en dépôt au fond du sérum du sang dont on a enlevé la fibrine, suivant le procédé de M. Brande, soit en pressant et en séchant à 70° la masse brune coagulée provenant de la trituration de tranches minces de caillot dans une petite quantité d’eau , d’après le procédé de M. Berzelius , soit enfin, comme le pratique M. auquel in , en

traitant le caillot du sang bien égoutté par l’acide

a3o cours DE PHYSIOLOGIE. (4)

sulfurique ëlendu d’eau , que l’on neutralise ensuite par l’ammoniaque.

Quanta la quantité d’hématosine qui entre dans le sang, il résulte des observations de M. J. Davy, quelle peut être évaluée à 0,4-7 • M. Berzelius n’a pas encore porté l’analyse jusqu’à apprécier et à déterminer les proportions de cette substance.

Caractères physiques. L’hématosine présente une consistance semi-liquide , gélatineuse ; elle la doit sans doute à la présence d’une certaine quantité d’albumine, dont la présence s’oppose à ce que la fluidité soit parfaite. La densité et la pesanteur spécifique de l’hématosine varient beaucoup et proportionnellement au soin avec lequel on l’a privée de la fibrine et du sérum qui restent en combinaison avec elle. On ne peut encore faire une juste évaluation de ces caractères , à cause du peu d’attention que l’on a donné jusqu’ici , en les étudiant , aux circonstances capables de les modifier. On porte néanmoins à 1086 la pesanteur spécifique de ce principe.

Caractères microscopiques. La matière colorante du sang, observée à l’aide du microscope, présente , comme ce liquide lui-même, un véhicule plus ou moins séreux, dans lequel flottent une multitude de petits corps, qui ne sont autre chose que des débris des globules décomposés , notamment ce qu’on a regardé comme leurs enve-

(S) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. ‘^3t

loppes, et même, dit-on, quelques globules encore intacts. Je n’ai pas eu l’occasion de confirmer cette observation , qui est due à M. Brande.

Caractères organoleptiques . L’odeur de l’hématosine est semblable à celle du sang; il en est de même de sa saveur, qui est aussi salée , à cause des sels reste's en combinaison avec ce principe.

Caractères chimiques . L’hêmatosine est soluble dans l’eau, suivant quelques chimistes^ et insoluble suivant les autres, ce qui lui permet de s’en séparer constamment par le repos. M. Berzelius trouve , du reste , une grande analogie entre la fibrine et l’hématosine , ce qui me porterait à croire que celle-ci contient encore une quantité considérable de la première. Ce résultat n’ofTre rien d’étonnant , s’il y a dans la substance qui nous occupe des globules de sang non décomposés. M. Berzelius ayant analysé cette substance, pense quelle est composée d’oxigène , d’azote, de carbone , d’hydrogène , de soufre, de calcium, de phosphore , et de fer, et en l’incinérant la cendre lui a donné, sur cent parties :

D’oxide de fer

o,5oo

De sous-phosphate de fer. .

De magnésie

De chaux

D’acide carbonique , et de

perte

a3# COURS DE PHYSIOLOGIE. (G)

L’hématoSine , suivant le meme cliimiste , contient de la matière grasse du cerveau , et trèsprobablement de l’albumine.

Voilà, Messieurs, le très-petit nombre de résultats que nous a fournis jusqu’à ce jour l'étude de la matière colorante du sang.

Ajoutons, en terminant ce que nous avons à dire sur elle , qu’on ne peut la regarder, ainsi qu’on l’a proposé, comme caractérisant ce fluide, et comme propre à le distinguer des autres fluides circulans; pour qu’il en fût ainsi , il faudrait qu’elle existât dans le sang de tous les animaux, ce qui n’est pas, comme vous le savez , puisque chez la très-grande majorité des invertébrés ce liquide est incolore.

(C) De la fibrine.

Nous arrivons maintenant au dernier élément anatomique que l’on rencontre dans la composition du fluide nutritif. On lui a donné le nom de fibrine parce que retrouvant ce principe dans les fibres musculaires , on l’envisageait comme ces fibres elles-même tenues en suspension dans le sang. Mais nous verrons que si l’élément dont il s’agit caractérise les muscles, elles constitue par sa déposition dans leur trame celluleuse, il y a dans la disposition qu’elle y prend, et en général dans la structure des fibres de ces organes, quelque cliose de très-difficile à étudier.

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La fibrine forme la moindre partie du sang, comme le prouvent les observations de M. J. Davy qui n’en porte la quantité qu’à 1 1,4 sur cent. On ne l’obtient qu’artificiellement , c’est-à-dire en plaçant le caillot sous un robinet, en le lavant et le malaxant; l’eau enlève alors l’hématosine, et ne laisse que la fibrine en plus ou moins grande quantité.

Caractères physiques. Le principe dont il s’agit, isolé et réduit lui meme, est constamment d’un blanc grisâtre, ou jaunâtre et opaque; il jouit d’une ténacité assez remarquable et d’une grande élasticité, qu’il doit à la disposition que prennent ses particules constituantes lors de la coagulation. L’observation de cette élasticité, en vertu de laquelle la fibrine r evient sur elle-même lorsqu’on la distend, a portéàla considérer comme une contractilité tout-à-fait analogue à celle des fibres musculaires; d’où quelques physiologistes ont conclu que cette dernière était due à une propriété particulière de l’élément dont il est question. Nous ne discuterons pas ici la valeur de ces rapprochemens , pour ne pas anticiper sur un sujet qui doit bientôt nous occuper; et nous nous contenterons pour le moment de reconnaître à la fibrine une rétractili té bien manifeste. Sa pesanteur spécifique présente d’assez grandes variations : elle parait surpasser de 46 à 5y millièmes celle de l’eau.

COURS UK PHYSIOLOGIE.

Caractères microscopiques . Si vous vous bornez à placer une couche de fibrine sur le porteobjet du microscope, vous ne verrez en elle qu’une matière gela tin iforme, une sorte de mucus coagulé qui serait étendu en membrane, et au milieu duquel se montrent quelques îles , et vous n’apercevrez aucune trace de structure lîbrillaire. Mais cette structure vous apparaîtra manifestement, si vous tiraillez un peu le fragment fibrineux dans un sens.

Je puis vous assurer que la disposition filamenteuse de la fibrine devient alors tellement manifeste , et tellement semblable à ce que nous observerons sur les filamens nerveux , que beaucoup de personnes , bien qu’habituées à l’étude microscopique des tissus, pourront s’y tromper. Les fibrilles que l’on aperçoit dans ce cas, sont disposées irrégulièrement. Quanta leur composition globulaire , dont on vous parle dans la plupart des ouvrages, elle n’existe pas. C’est dans leur imagination que les théoriciens ont puisé l’idée que les fibres, et en général tous nos tissus, sont formés par des globules disposés les uns à la suite des autres en séries linéaires ; si quelques personnes disent avoir vu cette composition, elles ont été dupes d’une de ces illusions d’optique, auxquelles le microscope donne lieu lorsqu’on n’a pas beaucoup d’habitude de son usage , et quand on ,n éclairé pas convenablement l’objet observé. Tous

(«,) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. u35

les micrographes savent qu’on peut voir beaucoup de choses différentes selon la manière dont on fait arriver la lumière sur cet objet, et selon la quantité de lumière dont on use. C’est parce qu’il connaissait toutes ces causes d’illusions et de variations dans les résultats des observations microscopiques, que M. Hodgkins a eu soin de noter le volume de lumière qui lui a servi à faire les siennes, avertissant franchement le lecteur des différences qu’il rencontrait selon qü’il observait à pleine lumière ou à demi lumière; aussi les laits que nous devons à cet habile micrographe , sont-ils d’un nrand intérêt.

Caractères organoleptiques . L’odeur de la fibrine est nulle; il en est de même de sa saveur , parce que tous les sels contenus dans le caillot sont entraînés avec la matière colorante lors du lavage , à l’aide duquel nous avons vu qu’on sépare ces deux élémens du sang.

Caractères chimiques. D’après l’analyse de MM. Gay-Lussac et Thénard, la fibrine serait composée de •'

Carbone 53,56o.

Oxi gène 1^685.

Hydrogène 7,021.

Azote I9,g34-

Cette substance qui renferme une énorme pro-

portion d’eau , estimée par M, Chevreul à 8g, 65 pour cent , ne contient ni acides ni sels alkalins ; aussi est-elle sans action sur la teinture de tournesol, et sur le sirop de violette. Elle est insoluble dans l’eau froide, et se décompose dans l’eau bouillante au bout de quelque temps. L’acide acétique concentré la transforme, à l’aide de la chaleur , en une matière gélatineuse ; la soude et la potasse la dissolvent.

Ces dernières circonstances méritent d’être notées , parce quelles nous fourniront peut-être quelques lumières sur certains phénomènes de nutrition.

Je remarquerai encore que l’élasticité de la fibrine est due à la présence d’une certaine quantité d’eau en combinaison avec elle; caria dessiccation lui enlève complètement cette propriété et la rend cassante. Nous verrons parla suite que le tissu jaune est dans le même cas, et que , pour lui ôter et lui rendre son élasticité, il suffit de lui enlever et de lui rendre de l’eau.

M. Lourdes a fait, comme vous le savez , des expériences galvaniques qui lui ont paru fournir la preuve de la contractilité de la fibrine. Ayant placé du sang entre les deux pôles d’une pile , il observa un mouvement de resserrement dans le caillot ; mais ce mouvement n’était, point une contraction véritable, c’était tout simplement un acte

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de coagulation rendu plus prompt et plus manifeste par l’action galvanique. Des observateurs allemands, qui ont analysé avec soin toutes les circonstances de ce phénomène, et je citerai entre autres M. Heidmann , ont parfaitement démontré par leurs propres expériences queM.Tourdes s’était trompé, et que le mouvement de rétraction dont nous venons de parler , n’est nullement semblable à la contraction d’un tissu musculaire.

Je termine ici ce que j’avais à vous dire sur chacune des trois parties du sang , et je reprends maintenant ce fluide dans sa totalité. Nous ne nous arrêterons pas ici à envisager l’action que les divers réactifs chimiques exercent sur lui ; nous devons nous borner à étudier celle qu’il éprouve de la part des circonstances qui existent souvent dans les organismes. En effet, quelle notion utile pour la physiologie vous fournira l’observation de ce qui se passe quand vous mettez le sang en rapport avec l’acide nitrique ou avec quelqu’autre menstrue?

Le sang peut être mêlé en toute proportion avec l’eau , sans qu’il se divise en sérum et en caillot ; c’est là une circonstance bien importante à noter pour la pathologie.

'-*38 ’ (OURS DK PHYSIOLOGIE. (i-j)

Tant qu’il est en mouvement , il res Le avec tous ses caractères d’uniformité de composition. Le repos, au contraire, est très-favorable à cette séparation des élérnens du sang, et peut-être doit-on attribuer en partie au ralentissement de la circulation, pendant les derniers momens de la vie , la formation des masses fibrineuses polypiformes qu’on rencontre fréquemment dans les gros vaisseaux.

Nous verrons plus tard s’il n’y a pas moyen d’entrevoir, dans le ralentissement éprouvé par le liquide dont il s’agit , lorsqu’il est parvenu au système capillaire , une des conditions qui le rendent propre aux actes de nutrition. Nous verrons aussi ce qui arrive chez les animaux qui passent une partie de l’année dans un état d’engourdissement déterminé par les circonstances extérieures.

Suivant Wiiœler le sang est alcalin. D’après des auteurs anciens , il contiendrait une quantité d’air considérable, qu’on estime à la 35e partie de sa masse ; mais je ne sache pas que cette assertion ait été confirmée.

En jetant les yeux sur la liste des substances admises dans la composition du sang , nous trouvons une énorme quantité d’eau, de l’albumine, de la fibrine, de l’bématosine, de la matière grasse du cerveau (cérébrine), de l’urée, du laclale de soude, delà soude, du chlorure de sodium, depo-

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tassium, du sulfate de potasse, du phosphate de chaux et de magnésie, du péroxide de fer. Reprenons chacun de ces élémens , et voyons jusqu’à quel point leur existence dans les organismes animaux est prouvée.

L’eau forme, comme je vous l’ai déjà dit, le véhicule général de toutes les parties organiques, et par conséquent celui de tous les élémens du sang; elle y est meme dans des proportions extrêmement considérables.

L ’ albumine existe aussi , sans aucune espèce de doute, dans toutes les humeurs animales; toutes les fois que de l’eau pénètre dans l’économie, elle se charge de ce principe en traversant les tissus ; parcourez l’échelle des êtres animés, et vous retrouverez partout de l’albumine; vous la verrez dans le sang de tous les animaux invertébrés, où elle constitue souvent la seule partie coagulable de ce liquide ; chez ces êtres le fluide nutritif réduit à sa partie séreuse ne présente plus de globules, mais seulement des grumeaux albumineux: en sorte que le sang non coloré devient alors, sous ce rapport , comme sous beaucoup d’autres , analogue au fluide lymphatique que nous avons vu, tantôt épanché dans les mailles de nos tissus, tantôt oscillant ou circulant dans les vaisseaux lymphatiques, avec celte différence essentielle, que le premier contient une bien plus grande pro-

y./|0 COURS DE PHYSIOLOGIE. (i^)

portion de substance coagulable. Cbez les animaux inférieurs ce . rapprochement est encore plus' évident, puisque dans le plus grand nombre des cas, le fluide sanguin n’est jamais coloré, que les globules sont rares et ne présentent plus cette régularité qui se remarque dans ceux du sang des ostéozoaires. Aussi , comme nous le verrons plus loin, le sang extrait du cœur d’une écrevisse, du vaisseau dorsal d’une larve de scarabée monocéros , ne contient-il pas plus de globules , que le fluide que l’on extrait des mailles de leur tissu cellulaire.

L’albumine existe donc dans le sang de tous les animaux; c’est essentiellement dans la partie séreuse de ce fluide qu’elle doit se trouver , car les globules ne s’aperçoivent pas chez la plupart des invertébrés.

La fibrine existe , comme nous avons vu , dans le caillot seul ; on l’en obtient par le lavage avec l’eau pure, et l’on peut reconnaître , dans la masse blanchâtre qui constitue ce caillot ainsi lavé, le même produit que celui que fournit et qui caractérise chimiquement la chair musculaire; il y a identité complète entre la fibrine du sang et celle des muscles. C’est une chose, à ce qu’il paraît , tout-à-fait hors de doute.

L’hétnatosine , comme vous l’avez vu tout-àl’heure, appartient spécialement au sang; elle le

caractérise selon M. Ckevreul. Elle se trouve clans 1 e caillo t; peu t-être en existe-t-il aussi un peu dans le véhicule lui-même , comme me l’a assuré le même chimiste, et cela se concevrait assez bien , car il se peut que les globules communiquent de leur matière colorante à la sérosité.

La matière grasse ou cérébrine a été signalée dans le sang, par M. Chevreul , à une époque où toutes les graisses étaient confondues par les chimistes. Il l’obtint en traitant la fibrine par l’éther. Est-ce , comme le pense M. Berzelius , à une décomposition artificielle de cette dernière substance que l’on doit la cérébrine? nous ne pouvons le décider ; cependant il est probable que non ; car , on trouve ce principe gras non - seulement dans le caillot, mais aussi dans le sérum. D’ailleurs , comme la graisse proprement dite est exhalée du système veineux , ainsi que nous le verrons plus tard , il ne saurait nous répugner d’admettre l’existence d’une matière analogue dans le sang , et surtout dans le sang veineux , sur lequel les chimistes ont fait la plupart de leurs expériences.

L’urée a été admise dans ces derniers temps au nombre des élémens du sang , d’après une expérience qui consiste à extirper les reins d’un animal vivant. Comme la mort ne suit pas immédiatement cette opération , et tarde pendant un

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temps qui suffit pour qu’on puisse observer le résultat de la suppression de la sécrétion urinaire, on a pu étudier ce résultat : or l’on a trouvé , et c’est à MM. Prévost et Dumas que nous devons la première notion de ce fait, que le sang contient alors une quantité très-notable durée. Maintenant il reste à savoir si , comme le pensent ces habiles observateurs , celte expérience prouve l’existence habituelle de l’urée elle-même dans le liquide nutritif ; ou, si l’on ne doit pas se borner à en conclure que les élémens de ce principe immédiat existaient seuls dans le système vasculaire , et qu’ils ne s’y sont combinés que par suite de l’ablation des organes dans lesquels cet acte avait lieu auparavant? Les sectateurs de la première supposisition, auxquels se joignent MM. Chevreul et AVoehler , citent, pour l’appuyer, la présence dans diverses par ties du corps de concrétions d’urate de soude , l’odeur urineuse que prend la sueur dans les suppressions d’urine , et une observation de Nysten qui trouva tous les caractères de ce liquide dans la matière vomie par un sujet atteint d’une affection semblable. Mais tout cela me paraît fort peu décisif, et ne confirme, selon moi , que la présence des élémens de l’urée dans le sang, et la possibilité de leur combinaison dans certaines circonstances. Il est néanmoins un lait qui, s’il reçoit confirmation, mettrait tout-à-

(17) COMPOSITION INTIME DES ANIMAUX. ‘lly$

fait hors de doute l’existence normale de cette substance , préalablement à la sécrétion rénale; c’est la découverte qu’on dit en avoir faite dans le sérum, en le traitant d’abord par l’éther et ensuite par l’alcool.

Le lactale de soude ou plutôt celui de potasse qui a été signalé par M. Berzelius, n’a pas encore été observé par d’autres chimistes.

La soude carbonaiée qu’avait vue de Haen dans le sang , y a été aussi trouvée par Rouelle de l’ancienne école française , et par tous les chimistes subséquens.

Tous ont également reconnu l’existence dans ce liquide des chlorures de sodium et de potassium , du sulfate de potasse , et des phosphates de chaux et de magnésie , que MM. Deyeux et Vauquelin ont rencontrés les premiers dans le sang; mais je suis porté à croire que ces sels sont des résultats de l'opération chimique, comme le pense M. Berzelius, qui les regarde positivement comme des produits de cette dernière , assurant qu’il n’a pu les obtenir en traitant le sang liquide par des acides , et qu’il ne les a vus qu’après l’incinération.

Le peroxide de fer a été découvert dans le sang parMenghini. M. Berzelius assure, contradictoirement à l’opinion de quelques auteurs , qu’il n’y est pas à l’état de sel, et notamment à celui de

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