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SUC PANCRÉATIQUE

les graisses ; il n agit pas non plus sur les albumines en général, mais seulement sur la fibrine du sang, qu’il transforme en peptone. C’est donc presque uniquement un liquide destiné à délayer le contenu intestinal. Sa sécrétion se produit sous l'influence des acides. Dans lés cas pathologiques, il peut être sécrété en très grande abondance, et c est ainsi que se produisent ces diarrhées séreuses, parfois si considérables.

Inobservations de tous les jours a depuis longtemps révélé Y influence du système nerveux sur la production des liquides intestinaux. Tout le monde connaît le retentissement que certaines impressions morales exercent sur le fonctionnement du tube intestinal, et l’affluence fâcheuse de produits liquides par laquelle se traduit parfois le sentiment trop vit du danger, la peur. L’expérience directe sur les animaux a prouvé que ces faits trouvent leur explication dans une paralysie réflexe des nerfs de l’intestin, et particulièrement des vaso-moteurs. Si l’on isole (Armand Moreau) les nerfs qui se rendent à une portion d’intestin, en avant soin de ménager les veines et les artères, l’intestin ayant été remis en place, on trouve le lendemain 1 anse intestinale en question distendue par une quantité considérable de liquide clair, alcalin, très ténu, et très analogue au suc entérique. — Une épreuve confirmative destinée à montrer que la présence du liquide provient réelement de la section des nerfs, consiste à intercepter une autie anse intestinale entre deux ligatures, mais en respectant les filets nerveux. La muqueuse de cette portion d’intestin, au lieu d’être baignée de liquide, se présente collante au doigt, presque sèche, telle qu’elle est dans un intestin à jeun b

Le suc pancréatique a été aussi appelé salive abdominale: en effet, de même que la structure du pancréas rappelle celle des glandes salivaires, son produit de sécrétion est de même très analogue à la salive; mais il en diffère d’abord par la proportion de matières solides qu’il contient,

, V i' S(rea,U’^T/ierC/ifo mT la sécrélion intestinale (Compte rendu de la Société de biologie, 1879).

appareil digestif.

car l’eau n’en forme que les 00 0/0, tandis qu’elle entre pour 99 0/0 clans la composition de la salive. Ce suc pancréatique est donc relativement très épais ; il est très coagulable par la chaleur, car il est très riche en albumine.— îl est alcalin comme toutes les salives, et en présence du produit stomacal imprégné de suc gastique, il neutralise l’acidité de ce dernier, et peut agir à son tour. Par les ferments qu’il contient (pancréatine), il peut agir à la fois sur les amylacés et sur les albuminoïdes; il transforme les premiers en sucre, comme la salive, et les seconds en peptone, comme le suc gastrique. Cette dernière action différerait de celle de la pepsine en ce qu’elle consiste en une liquéfaction directe, sans passer par le stade de porphyrisation.

De plus, et c’est peut-être là l’action la plus importante, il émulsionne les graisses, c’est-à-dire les met dans un état tel de division qu’elles restent fort longtemps en suspension et deviennent absorbables par les villosités intestinales. Cette propriété a été mise hors de doute parles belles expériences de Cl. Bernard. Une partie des corps gras est peutêtre, en même temps, saponifiée et dédoublée en acide gras et glycérine, observation due à Cl. Bernard et que Berlhelot'a confirmée. Dans tous les cas, une très faible proportion de corps gras est ainsi transformée : si l’on fait un mélange de suc pancréatique et de beurre, au bout de très peu de temps l’émulsion d’alcaline devient acide, et la liqueur prend l’odeur du beurre rance. On a cependant objecté à cette expérience que ce dédoublement peut être dû à une altération du suc pancréatique.

Les recherches de Kühne, Danileski, Hoppe Seyler (lutter, thèse citée) ont montré que le principe actit du suc pancréatique, la pancréatine, est un mélange de ti ois feiments particuliers, dont chacun a une action indépendante . le premier, précipitable par la magnésie calcinée, agit sur les corps gras; le second, qu on sépare en 1 entiainant mécaniquement par la précipitation d’une solution de ■collodion, est le ferment des corps albuminoïdes; enfin le troisième est analogue à la ptyaline, se précipite comme elle par l’alcool concentré, et porte son action spéciale sur les amylacés.

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