SUC PANCRÉATIQUE
La sécrétion du pancréas paraît être à peu près continue, comme celle des salives; mais elle est d’ordinaire très faible, et ne devient considérable qu’au moment où le produit stomacal arrive dans l’intestin. Cette sécrétion est donc évidemment réflexe, quoiqu’on ne connaisse pas cependant les voies nerveuses de ce phénomène; cependant on a remarqué que la section des pneumogastriques arrête la sécrétion du pancréas. Dans le liquide normalement sécrété, on reconnaît des débris des cellules des culs-de-sac glandulaires : cette sécrétion résulte donc, selon la loi générale, d’une fonte des éléments glandulaires l * * *.
Les influences qui président à la sécrétion du liquide pancréatique paraissent être de même nature que celles qui président à la sécrétion du suc gastrique. De même que l’estomac a besoin de peptogènes (voir plus haut, p. 368), le pancréas aurait besoin de pancrécitogènes : ainsi le pancréas sécréterait moins par un mécanisme nerveux réflexe, que par le fait qu’il est chargé à un moment donné des matières propres à donner lieu cà sécrétion, c’est-à-dire que le sang lui apporte des peptones déjà élaborées par l’estomac.^ La théorie des pancréatogènes, établie par L. Corvisart -, a même précédé celle des peptogènes et en a été le point de départ; elle a été reprise par Schiff, qui y a introduit quelques éléments nouveaux sur les fonctions de la rate dans ses rapports avec la digestion. En effet, tandis que l’estomac emprunte directement les peptogènes à la circulation (si toutefois le sang en contient), la formation
1. « La cellule sécrétoire des animaux concentre-t-elle, crée-t-elle les principes immédiats qu’elle renferme? C’est une question difficile à résoudre. J ai constaté par exemple que chez les animaux en hiberna-
tion la cellule pancréatique ne contient pas de pancréatine. II en serait de même chez les animaux à jeun; mais aussitôt que l’on donne des aliments et que la digestion commence, ces cellules se rempliraient de pancréatine et deviendraient actives. Il faudrait admettre que dans ce cas il y a eu création de pancréatine dans la glande par l’influence
nerveuse, ou bien qu’il y a eu apport par le sang de la matière. « (Cl Bernard, De la physiologie générale, notes, 1872, p. 284.) v
-. L. Corvisart , De la fonction digestive du pancréas sur les ali-
m))'’ aWt<'S’ ,U a rAcadémie de médecine (Gazelle hebdomadaire,
du suc pancréatique exigerait l’intervention üe la raie. Schiir a vu qu’après l’extirpation de la raie ou après que cet organe a subi des lésions expérimentales profondes, le suc pancréatique, sécrété au moment ou il est d’ordinaire le plus actif, se trouve alors absolument dépourvu de ferment capable d’agir sur les albumines.
III. — Mouvements de V intestin. Les aliments ainsi modifiés par les sucs entérique et pancréatique parcourent le canal de l’intestin grêle sous l'influence de ses mouvements péristaltiques1. Ces mouvements , à l’état normal, sont toujours lents, faibles, et s’ils s’exagèrent, ils produisent les douleurs connues sous le nom de coliques. Ces contractions sont réflexes ; on les voit s’exagérer surtout dans les cas pathologiques : ainsi certains purgatifs agissent surtout en exagérant ces mouvements, telles sont les huiles et en général les substances végétales ; les purgatifs salins au contraire agissent surtout en amenant l’hypersécrétion des glandes de Lieberkühn, d’où une diarrhée séreuse, sans coliques. Si l’on examine le cadavre d’un homme mort en bonne santé et en bonne digestion, on trouve dans le canal intestinal, à des distances assez rapprochées, des ondées de matière alimentaire qui ont déterminé des plaques rouges sur la muqueuse, laquelle est restée pâle dans les intervalles. Cet état de congestion est en rapport avec la sécrétion plus active qui se fait en ces points, et le pancréas lui-même se congestionne vivement pendant qu’il sécrète .
La marche des matières paraît être rapide dans les deux premières parties de l’intestin grêle ( duodénum et jéjunum ); ce n’est que vers l 'iléon que la marche parait se retarder et que les aliments se rapprochent, de sorte qu’à la fin de l’intestin grcle on les trouve entassés. Comme pendant ce trajet les matières alimentaires sont soumises à Y absorption, on peut dire que leur marche 6
1. Vov. Legros et Onimus, Recherches expérimentales sur les mourcments de l’intestin. (Journal de l'anat. eide la physiol . , de Ch . 0 ,n» 1869, n° de janvier.)
RÉSUMÉ
ralentit a mesure que leur consistance augmente et que leur quantité diminue.
Résumé. — Les aliments sont destinés à réparer jles pertes de 1 organisme et à fournir les matériaux nécessaires à la production de diverses forces (chaleur, travail mécanique, etc). On peut di\isei les aliments en trois classes : minéraux, hydrocarbures, albuminoïdes. La division de Liebig (en respiratoires et plastiques) ne peut plus être admise aujourd’hui, du moins telle que la concevait Liebig.
La digestion a pour but de transformer les aliments de manière à les rendre absorbables par la muqueuse intestinale. Ces transformations sont Je résultat d’actions mécaniques et chimiques qui se passent successivement dans la bouche, l’estomac et l’intestin.
Dans la bouche, les aliments sont divises par la mastication et imbibés d’eau par la salivation. La salive parotidienne sert surtout à la mastication, la sous-maxillaire à la gustation, la sublinguale à la déglutition. La salive mixte agit de plus chimiquement sur 1 amidon, qu’elle transforme en sucre, au moyen d’une substance albuminoïde, ferment soluble, qu’elle renferme, la ptydline ou diastase animale.
B- La déglutition nous montre, dès son deuxième temps , un exemple du mouvement dit péristaltique, c’est-à-dire par lequel le bol alimentaire progresse dans un canal musculaire, grâce a la double action des fibres circulaires qui le chassent en avant et des libres longitudinales qui amènent au-devant de lui bipartie du canal dans laquelle il va s’engager. La déglutition est un phénomène réflexe. Pendant qu’elle s’accomplit , l’arrière-cavité des fosses nasales est fermée par le jeu des piliers postérieurs du voile (muscles pharyngo-staphylins, constituant un véritable sphincter ); 1 orifice du larynx est fermé parie renversement de 1 épiglotte, dont toutefois la présence n’est bien utile que pour la déglutition précipitée des liquides.
G- Estomac. Disposition de fibres musculaires permettant aux liquides de passer directement du cardia au pylore : question de 1 absorption stomacale très controversée ; pour beaucoup de physiologistes, Y estomac absorbe les liquides; pour d’autres (expériences sur les chevaux), il est réfractaire à toute absorption
Dans le vomissement , l’estomac est à peu près passif ; ilnVit que pour favoriser la sortie par le cardia des matières qui sont expulsées par la presse abdominale et diaphragmatique.
Le suc gastrique, sécrété par les glandes dites pepsiques (par-
APPAREIL DIGESTIF
-opposition aux glandes dites muqueuses), est un liquide clair, incolore, d’une densité de 1001 à 1010, d’une réaction acide. Il contient comme éléments actifs : 1° une substance coagulable (albuminoïde), la pepsine } ferment soluble, qui a pour effet de transformer les albumines en peptones, mais qui n’agit qu’en présence de : 2° un acide; l’acide lactique pour les uns, l’acide chlorhydrique pour les autres.
Quant aux résultats de la digestion stomacale, nous adoptons l’opinion qui attribue au suc gastrique une action plus complexe que de réduire les aliments en une bouillie plus ou moins épaisse (chyme). Le suc gastrique liquéfie les substances albuminoïdes ■et les transforme en peptones.
Le suc entérique achève cette transformation.
Le suc pancréatique agit à la fois : 1° sur les albuminoïdes, qu’il achève de transformer en peptones ; 2° sur l’amidon, qu’il transforme en glycose; 3° sur les graisses, qu’il met dans un état d’émulsion persistante et dont il dédouble peut-être une faible proportion.
Quant à la bile, nous la considérons comme agissant surtout <pour favoriser Y absorption des produits de la digestion.