BILE
la taurine), puisque clans la bile de 24 heures il y a en moyenne 3 grammes de soufre ; or cette substance est d’une grande importance pour tous les éléments de l’épiderme, et notamment pour ses productions cornées (poils, ongles, etc.).
En somme la présence de la bile dans l’intestin paraît nécessaire à l’accomplissement régulier de la digestion et de l’absorption. Mais comment agit-elle ? — Un fait que nous avons déjà fait prévoir, et sur lequel il faut insister ici, c’est que la bile n’est point versée dans l’intestin de manière à se trouver en présence du produit de la digestion stomacale : lorsque la bile arrive dans le duodénum, le contenu de l’intestin est déjà loin vers l’iléon, ou même le gros intestin, et se trouve déjà en grande partie absorbé. Ce seul fait, de même que les propriétés bien établies de labile normale (neutralité notamment), nous amène à ne pas attacher beaucoup d’importance à certaines hypothèses qu’on a faites relativement à l’action de la bile sur le chyme i. Ainsi on a dit que la bile étant fortement alcaline et le chyme acide, ces deux liquides se neutralisaient réciproquement; que la bile précipitait du produit stomacal un chyme brut, sous forme de flocons. On a supposé enfin que ce liquide émulsionnait les graisses, les dédoublait même, etc., etc.
Une autre série d’opinions, moins en contradiction avec les faits, mais souvent tout aussi hypothétiques, fait de la bile un liquide qui s’oppose à la fermentation putride du contenu intestinal, et en effet, quand la bile est détournée et versée au dehors, les fèces acquièrent une odeur très fétide. Ou bien on considère la bile comme un excitant de la muqueuse et du muscle . intestinal ; mais nous avons vu que l’érection de la villosité est essentiellement épithéliale et se produit bien avant l’arrivée de la bile , uniquement sous l’action excitante du suc gastrique ; d’autre part les mouvements des parois musculaires de l’intestin se produisent tout aussi bien quand la bile est détournée de ce canal.
I. Voy. Blondlot, Inutilité de la bile dans la digestion proprement dite, Nancy, J 85 J .
A P PAREIL DIGESTIF
En présence de ces doutes et de ces hypothèses, il faut se demander si la bile a réellement une action digestivej; si, outre son rôle de liquide en partie excrément itiel (cholestérine), elle a un rapport important avec les fonctions intestinales. Dans ce cas, ne pourrait-on pas, pour arriver à une hypothèse probable, prendre pour point de départ ce fait que labile n’arrive dans l’intestin que lorsque l’absorption est à peu près terminée; lorsque l’épithélium qui a servi au passage commence à se flétrir et à se desquamer? On voit alors que la bile elle-même subit quelques changements : sa matière colorante se précipite et va se mêler aux fèces qu’elle colore; il en est de même de la cholestérine qui est un produit excrémentitiel ; le reste de la bile semble disparaître dans les parois intestinales et être résorbé, mais non en nature, car on ne retrouve pas ses acides dans le sang: elle paraît décomposée au moment même où elle pénètre dans la muqueuse intestinale.
Cet ensemble de faits, et celui bien connu que la bile dissout très vite tous les éléments cellulaires (comme on peut très bien le constater sur les globules sanguins) ; enlîn cette circonstance que la plus grande activité de la desquamation épithéliale de l’intestin coïncide avec le contact de la bile, semblent nous autoriser à conclure que l’arrivée et l’action de la bile sont en rapport avec cette chute des épithéliums. La bile servirait donc essentiellement à renouveler le revêtement cellulaire, à aider la chute des anciens éléments et la restauration des nouveaux : elle produit, qu’on nous permette l’expression, un véritable balayage de cet atelier oa vient de se produire le travail si laborieux de l’absorption, et reconstitue de nouveaux organes épithéliaux prêts pour un nouveau fonctionnement semblable. Cette reconstitution se fait par les jeunes cellules dont nous avons eu occasion de constater la présence dans la partie piofonde de l’épithélium. Aussi ne trouve-t-on jamais l’intestin privé de cellules épithéliales : c’est que la nouvelle génération est si rapide, qu’on n’a pas le temps de la constater, \oilée encore par les débris en ruine des anciens éléments. Nous a\ons vu que. lorsque la bile est détournée du canal intestinal, les animaux sont incapables d’absorber, particulièrement les coips gras : ils se portent bien, mais il leur faut double ou tiipie t alion d’aliments. Donc la digestion proprement dite ne soutire pas, c’est l’absorption seule qui est insuffisante, et particulièiement celle des graisses : or, cette absorption est la plus laborieuse, c’est celle qui exige le plus d activité de la paît de 1 épi thélium ; la bile serait donc en rapport avec 1 absorption > es
FOIE : GLYGOGÉINESE.
coi ps gras, en rendant plus «actif l’acle de renouvellement, la desquamation et la végétation de l’épithélium.
b. fonction du foie. — Glycogénèse.
Le rôle de la bile dans l’absorption nous explique déjà importance physiologique de cet énorme viscère, Je foie; mais nous avons déjà vu que cet organe n’est pas sans action sur la composition du sang, sur la formation et sur la destruction de ses éléments globulaires, et particulièrement des globules rouges (voy. Sang, p. 215). Enfin les travaux de El. Bernard ont révélé dans cet organe de nouvelles fonctions, celles de la glycogénie, de sorte qu’il aurait pour le moins autant d’importance sur la constitution du sérum que sur celle des éléments figurés du samr
Si l’on déchire le foie, on voit que la surface de la déchirure ofire des grains saillants, gros comme des grains de millet et sépares par des sillons plus ou moins irréguliers. Ces grains constituent les lobules du foie, ils ont 1 millim. environ. Lorsqu’on coupe un de ces lobules, on remarque que Je centre est un peu plus fonce et la partie extérieure plus claire. Dans d’autres cas, c est la partie superlicielle qui est la plus foncée. Ces différences de couleur tiennent à la nature du contenu des vaisseaux et des canahcules biliaires. Les lobules sont très rapprochés chez homme. — Avec un instrument grossissant de 50 diam environ, on aperçoit au centre l’orifice béant (VII, fia-. 87) d’un
IGennn11' 18881 a T® s“s"héPat;(ïue» veine intralobulaire de Kiernan, 1838). A la surface du lobule on aperçoit les ramifica-
mns de la veine porte (VP, fi g. 87) qui sont contenues, depuis le hile jusqu aux lobules, dans la capsule de Glisson. Les ramificat.ous de la veine porte entre les lobules ont été comparées aux nés d un arbre qui pénétré entre les pierres d’un sol pierreux. Elles portent le nom de veines inter-lobulaires de Kiernan De ces veines partent des capillaires (r, fig. 87) qui sillonnent ? l0bul? l’our a!'cr s* J*® dans l’origine des veines su Z tiques. Les cap.l aires du lobule sont petits, 10 eu movSles mailles sont étroites. moyenne,
Avec un grossissement de 300 à 350 diam. on verra entre les
en G, «g. 87). Ces ceilulel sont élément ïc "EX É pourlesuere (et peut-être pour la bile?) Les cellules b/pa “qués ont ele decouvertes par Purkinje et Ilenle. EMes sont polyédriques!
APPAREIL DIGESTIF
tantôt cubiques, tantôt prismatiques. Elles n ont pas d enveonne et elles offrent tous les caractères des jeunes cellules. Elles possèdent un ou deux noyaux, tous caractères qui prouvent une grande activité dans ces cellules. Les granulations sont nom breuses dans le protoplasma de ces cellules : granulations protéiques, (glycogéniques et graisseuses. Les granulations glÿcogénigues, sous l’influence (1e la teinture d’iode, se colorent en violet. La matière glycogène, véritable amidon animal, est quel uuefois à l’état de dissolution et ne se montre pas sous forme de granulations. Dans ces cas, il suffit de traiter par la teinture d’iode la surface d’une coupe du foie pour obtenir la coloial.o n
V1 Les granulations graisseuses existent de tout temps dans les cellules hépatiques, elles sont plus nombreuses apres ; le i repas On ne les rencontre pas, 'dit-on, chez les animaux qui vivent a l’état sauvage. L’accumulation de ces granulations finit pai transformer "les cellules en véritables vessies graisseuses phénomène qui s’observe pathologiquement da"t f°ie gras e physiologiquement dans le foie des animaux. qu on engraisse
(pour la confection des pâtés de foie).
Tel est le foie glycogénique (glande vasculaire sangui )• Nous l’avons déjà dit (voy. p. 35-2), le foie peut oire considère
comme composé de deux glandes qui se pénétrent recipioque remme c mpo £ <t ]a |and ïascn aire sanguine
Z 87). Nous avons vu les fonctions de la glande biliaire ces
fonctions peuvent être regardées comme 'ud«P « A v c 0 “énUi de la o-l an de vasculaire, surtout au point de vue de la gageai e (Cl Bernard); l’étude embryologique du développement du f „ us a aussi rervi à montrer cette indépendance, -;t°u. au poin de vue anatomique (C. Morel, voy. ci-dessus, p 3o2). Enfin on en trouve des preuves nombreuses, et peut-etre plus mantes encore dans les faits empruntés a la pathologie.
1 ci rlans H cirrhose du foie, affection qui porte sur le tissu connectif de l’organe, quoique les grandes cellules hépatiques
« *> roie qui porte uniquement
sur les grandes cellules, ne modifie parfois eu rien la secre biliaire, et sur des foies très volumineux, devenusp. “^^able plètement gras, on trouve encore de la bi t 1