V. — GROS INTESTIN
Les aliments livrés par l’estomac forment une masse liquide; nous avons vu qu’ils devenaient de plus en plus liquides par l’adjonction du suc pancréatique et du suc entérique. Mais à mesure que ces matières parcourent l’intestin grêle, leur consistance augmente, en même temps que leur masse diminue, parce que la plus grande partie en est absorbée. Ce que l’intestin grêle livre au gros intestin n’est donc plus qu’une matière presque solide, qu’un résidu destiné à être expulsé, et qui ne peut plus revenir sur ses pas, vu la présence delà valvule iléo-cœcale, qui s’oppose à tout reflux. Chez l’homme il n’y a plus guère d’action digestive dans le gros intestin ; cependant les quelques substances qui ont échappé à l’absorption y sont prises par le courant sanguin, et le gros intestin peut même absorber des liquides qui y ont été directement introduits. Après l’injection rectale de substances grasses(surtout dégraissés émulsionnées), les lymphatiques qui viennent du gros intestin offrent les mêmes caractères, le même aspect de chylifères que ceux de l’intestin grêle. Ici les villosités manquent, rîiais elles sont remplacées par des plis nombreux de la muqueuse. Chez les herbivores, où le cæcum est très développe, cette partie du tube intestinal est le siège de véritables phéno-