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INNERVATION

Ce centre est placé près de ceux des nerfs moteurs de la langue (gr. hypoglosse), des lèvres (noyau inférieur du facial) et des fibres cardiaques du spinal et du pneumogastrique. La paralysie labio-glosso-laryngce, si bien étudiée par Duchenne (de Boulogne), frappe successivement ces centres: généralement la langue est la première affectée; quelques mois plus tard les muscles du palais sont atteints; puis l’orbiculaire des lèvres; surviennent ensuite des accès de suffocation et des syncopes1.

Nous avons d é j à vu que le sang, par sa richesse en oxygène ou en acide carbonique, peut directement influencer ce centre respiratoire, et que notamment la présence d’un excès d'acide carbonique en contact avec la substance grise (V du 4e ventricule) de ce centre nerveux, constitue au plus haut degré le besoin de respirer. Le premier mouvement respiratoire du fœtus est sans doute produit par l’effet de l’interruption subite de la respiration placentaire, d’où une accumulation dans le sang d’acide carbonique qui vient directement exciter le centre nerveux respiratoire2. Mais la plupart du temps la respiration est le résultat d’un simple réflexe, dont cette substance grise forme le centre, et qui nous présente de plus à considérer des nerfs centripètes et des nerfs centrifuges.

2° Voies centripètes. — Les nerfs centripètes de la respiration sont tout d’abord les pneumogastriques, qui aboutissent au bulbe rachidien au niveau du nœud vital ; mais il faut ajouter à ces nerfs le plus grand nombre des nerfs sensitifs de la peau.

Les pneumogastriques transmettent au centre nerveux les impressions sensitives vagues de la surface pulmonaire,

1. Duchenne (de Boulogne), De V électrisation localisée, 3° édit., 1872, p. 564.

2. Mais il ne faudrait pas croire que l’acide carbonique seul suffit pour amener la respiration : nous savons que les éléments des centres nerveux consomment de l’oxygène, comme les autres éléments des autres tissus lorsqu ils fonctionnent. De sorte que la présence dans le sang d une grande quantité d’acide carbonique ne pourra produire aucun mouvement respiratoire, si, par l'absence d’oxygène, l’irritabilité de la substance grise du 4° ventricule a disparu, comme dans l’asphyxie.

RESPIRATION

impressions qui constituent le besoin de respirer. Si après avoir coupé le pneumogastrique au-dessus de la racine du poumon on vient à exciter son bout central, on voit les* mouvements respiratoires devenir plus intenses, plus rapides, et bientôt même, si l’excitation est très forte, les contractions du diaphragme se transformer en un véritable tétanos, de sorte que les animaux meurent par arrêts de la respiration dans un état d’inspiration tétanique. — Un des filets du pneumogastrique paraît avoir une action centripète toute spéciale sur le réflexe respiratoire : c’est le laryngé supérieur, qui paraît surtout donner lieu, à l’inverse du tronc pneumogastrique, à des phénomènes expirateurs: ainsi, si l’on sectionne ce nerf et que l’on excite son extrémité supérieure (centrale), on voit l’expiration se produire avec une grande énergie, et, si l’excitation est très forte, les animaux succomber dans une sorte de tétanos des muscles expirateurs. Un phénomène analogue se passe dansl affection connue sous le nom de coqueluche, qui n’est qu’une névrose du laryngé supérieur, en ce sens qu’elle excite ce nerf et porte cà l’excès les mouvements d’expiration. Comme dans l’expiration le diaphragme reste passif, on le voit, lors de l’excitation centripète du laryngé supérieur, demeurer complètement relâché, de sorte qu’à ce point de vue le laryngé supérieur a pu être considéré comme un nerf modérateur centripète de la respiration.

Cependant le pneumogastrique et sa branche laryngée supérieure ne sont pas les seuls nerfs centripètes de la respiration : en effet, quand on les a sectionnés, la 1 expiration ne s’arrête pas complètement, quoiqu elle change de rythme. Il y a d’autres voies sensitives, qui viennent mettre en jeu le centre respiratoire, et d’autres surfaces que la surface pulmonaire, servant de départ à ces nerfs centripètes. C’est la peau et ses nerfs qui jouent ce rôle. Pour expérimenter sur ces derniers conducteurs centripètes, il est impossible de couper tous les nerfs de la peau, mais on peut du moins soustraire la surface cutanée à toute impression extérieure, et particulièrement à l’impression de 1 ah ou de l’eau, car ce dernier milieu ambiant paraît également propre par son contact à impressionner les nerfs centi ipètes

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