RÉFLEXE RESPIRATOIRE
de la respiration. Si l’on couvre la peau d’un enduit imperméable, d’un vernis, on voit aussitôt la respiration s’affaiblir, se ralentir, s’arrêter même parfois, et en tous cas devenir insuffisante : l’oxygène n’est, plus fourni en quantité suffisante, les combustions se ralentissent, l’animal se refroidit et meurt; on a souvent employé ce moyen dans les laboratoires de physiologie pour transformer un animal à sang chaud en animal à sang froid, par un refroidissement lent et graduel. — Quelques cas accidentels ont permis de constater sur l’homme des états tout semblables, après destruction d’une grande partie ou de la presque totalité de la peau. Dans nos villes de grandes brasseries, il n’arrive que trop souvent qu’un garçon brasseur tombe dans une des immenses chaudières de ces établissements : retiré très vite, il n’en présente pas moins une brulûre, parfois légère, mais en tous cas très étendue et qui a profondément modifié la peau au point de vue nerveux, comme cela arrive pour la sensibilité de toutes les surfaces dont l’épithélium est altéré. Dans quelques cas de ce genre nous avons pu observer que la respiration ne se continue avec son ampleur et son intensité normales que grâce à l’intervention de la volonté. Le patient respire alors parce qu’il veut respirer, et le réflexe physiologique étant insuffisant par défaut dans les voies centripètes, les mouvements du thorax ne présentent plus ni leur forme rythmique ni leur apparente spontanéité normale ; mais si le malade oublie de respirer, les mouvements du thorax deviennent lents et faibles comme chez les animaux enduits d’un vernis; la température du corps s’abaisse, et n’est, maintenue que par l’action delà volonté sur la respiration. Il est évident qu’ici une des sources, la source cutanée, si l’on peut ainsi s’exprimer, du réflexe respiratoire, a été supprimée, et que l’action du pneumogastrique seul est. devenue insuffisante pour provoquer l’action du système nerveux central. La volonté supplée à ce manque d’impulsion extérieure, jusqu’à ce que les malheureux soumis icet étrange supplice succombent enfin à la fatigue et s’enlorment. Larespiration devient alors assez faible pourameler un refroidissement considérable et finalement la mort1.
1. De même que le pneumogastrique seul 11c suffit plus à provoquer
RESPIRATION
Le rôle de la peau dans la respiration nous est encore démontré par un grand nombre de pratiques médicales devenues tout à fait vulgaires, et qui consistent à rappeler et à exciter les mouvemenls respiratoires par des irritants portés sur la peau : telles sont les frictions, les affusions d eau fioide, les cautérisations, moyens plus énergiques qui parviennent parfois à rappeler les noyés à la vie; telles sont encore les diverses pratiques par lesquelles on détermine chez le nouveau-né le premier mouvement d’inspiration, parfois lent et paresseux à se produire, etc., etc.
3 0 Voies centrifuges. — Les voies centrifuges du réflexe respiratoire ont à peine besoin d’être indiquées ici ; l’anatomie nous montre assez ce que sont tous les nerfs moteurs qui se détachent des parties cervicale et dorsale de la moelle pour se rendre aux muscles des parois thoraciques ; signalons seulement, comme plus remarquable, le nerf phrénique, qui se détache du plexus cervical pour aller innerver le diaphragme; aussi peut-on, par des sections de la moelle au-dessous de l’origine de ce nerf, paralyser tous les muscles respiratoires, et ne laisser fonctionner que le diaphragme, qui à la rigueur peut suffire à lui seul à la respiration. ,