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SIÈGES DES COMBUSTIONS

Le calcul, appliqué aux résultats de l’expérience, donne quelque chose de satisfaisant et amène à ce fait que la chaleur produite par la combustion de l’hydrogène et du carbone des aliments suffit pour rendre compte de toute la chaleur animale : dans le cas de variation de cette chaleur il a toujours été constaté qu’on avait introduit dans l’économie animale des quantités de matières combustibles en plus ou en moins.

Quant aux lieux précis où se produisent ces combustions, nous avons vu, à propros de la respiration, que ce n’est point au niveau du poumon, mais bien au niveau des capillaires, dans l’intimité des tissus 1. Nous savons de plus que le sang veineux est en général le plus chaud, puisque en de-

1 . CI. Bernard s’est attaché à déterminer la topographie de la chaleur dans les différents troncs de l’arbre artério-veineux. Pour cette recherche il s’est servi d’appareils thermo-électriques sensibles à 1 /50e de degré, et formés d’aiguilles soudées placées dans une bougie de gomme élastique. L’expérience se fait avec ces appareils de la manière suivante : sur un chien, l’artère et la veine crurale étant découvertes, dans la région inguinale, on introduit dans chaque vaisseau une bougie munie de l’aiguille thermo-électrique : à quelque profon- Jeui que 1 on pousse la sonde introduite dans l’artère, on trouve que a température est constante dans ce vaisseau, aussi bien que dans iliaque, dans 1 aorte abdominale, thoracique, jusqu’au ventricule gauche. Au contraire, à mesure qu’on enfonce la sonde qui est placée dans la veine, on voit la température s’élever peu à peu, à mesure (lie 1 extrémité de la sonde arrive dans les parties de la veine cave dus rapprochées du diaphragme. C’est lorsque cette extrémité est ‘nivée au niveau du diaphragme, que l’on constate la température a plus élevée : en ce point les veines sus-hépatiques viennent se jeter ans la veine cave inférieure. — Cette expérience, modifiée de dierses manières, donne toujours des résultats concordant avec la héorie qui place dans le système capillaire la production de la chaïui animale : si le sang des veines périphériques (surtout des veines uperficielles des membres) est plus froid que le sang artériel, c’est u’ily a une déperdition de calorique qui en diminue la température, irsqu on examine, au contraire, comme dans les expériences types ue nous venons de rappeler, le sang des veines sus-hépatiques, qui ’a point subi cette perte de chaleur, on y trouve l’excès de tempéîtuio que la théorie devait faire admettre. Si pendant l’expérience mimai s agite, la température du sang veineux augmente (la conaction musculaire a produit de la chaleur). (Voy. Cl. Bernard Lems sur la chaleur animale, sur les effets delà chaleur et sur la fié- " e • Paris, 1876, et Physiologie opératoire, 1879.)

CHALEUR ANIMALE

venant artériel au contact de l’air pulmonaire, il subit en même temps un léger refroidissement. Plus la combustion est vive dans un organe, plus le sang veineux qui en sort est chargé de chaleur, témoin le sang des veines sus-hépatiques et le sang veineux d’un muscle en contraction. Tout le monde est d’accord aujourd’hui sur la complexité des phénomènes qui produisent la chaleur animale. Ce qui divise les physiologistes, c’est l’importance comparative des réactions dont le sang est le siège, et de celles qui se passent dans l’intimité des tissus. Pasteur, Blondeau, Camille! Saint-Pierre accordent la prépondérance aux premières (voy. Moniteur scientifique du D1' Quesneville, août et novembre 1872). Bernard reconnaît à peu près exclusivement, nous ne dirons pas l’importance, mais l’existence des secondes. Pour lui, c’est dans la profondeur des organes, au contact des éléments histologiques, que la chaleur s’en-i gendre par les réactions chimiques dont s’accompagne leur nutrition et leur fonctionnement. Et ce; réactions sont infiniment complexes : elles peuvent être des dédoublements, des fermentations, etc.

Mais on a cherché à localiser encore avec plus de précision lelieu des combustions ■ se produisent-elles dans les éléments histologiques eux-mêmes, ou bien dans les capillaii es qui sou! en. contact avec les éléments histologiques? Sur celte question les physiologistes allemands, qui en ont fait une étude particulière, sont divisés en deux écoles : 1° Pour Ludxvig et ses élè\es,cesl dans l’intérieur des capillaires que se passe l’acte d’oxydation et la production d’acide carbonique. Les arguments invoqués en faveu<’ de cette manière de voir reposent surtout sur les analyses récentes des gaz de la lymphe par Hammarsten : elles montrent que ce liquide, qui charrie directement les produits de désintégration des tissus, renferme moins d’acide carbonique que lt sang veineux. D’où celte conclusion que l’acide carbonique ne se produit pas au niveau même des éléments histologiques! 2° Pflu^er pense que la tension de l’acide carbonique dans la lymphe ne nous donne pas la mesure exacte de la tension de ce gaz dans les éléments histologiques eux-mêmes. Pour mesurer aussi directement que possible celte tension, Pfluger s adresse aux sécrétions normales de l’économie (bile, salive), qui, resuM tant directement de la fonte des éléments cellulaires :doiveni

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