‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 156 sur 284 · ASSIMILATION · texte numérisé non relu

ASSIMILATION

■ sont entièrement mêlés l'un à l’autre et s’accomplissent le plus souvent simultanément; cependant il est certaines périodes où les phénomènes d’entrée prédominent, d’autres ■où les phénomènes de sortie sont plus accentués. Il est donc permis, pour la commodité de l’analyse physiologique, d’étudier séparément les premiers actes sous le nom d’asiS imitation , parce que par ces actes des substances plus ou moins différentes de celles de l’élément vivant deviennent ■semblables à elles ou tout au moins leur sont incorporées; et les seconds actes sous le nom de désassimilation, parce qu’alors les principes qui faisaient partie de la substance des éléments cessent d’être semblables à celle-ci, et s’en séparent en prenant un état qui, sans être absolument celui des corps d’origine minérale, s’en rapproche par la propriété de cristalliser (acide urique, urée, etc.)

Assimilation. — L’acte d’assimilation est un de ces phénomènes élémentaires que la physiologie n’a pu encore analyser, et dont elle ne saurait espérer découvrir de sitôt le mécanisme intime; c’est ce qu’on peut, cà ce point de 'vue, appeler un acte vital. Il est en effet évident que les ■simples lois de la physique sont impuissantes à expliquer comment la cellule vivante, l’élément anatomique, attire cà ! lui telle substance du milieu ambiant; ici les lois de l’endosmose ne sauraient être invoquées, car le plus souvent les choses se passent cà l’inverse de ce que pourrait faire ■supposer à priori la réalisation d’un simple phénomène d’endosmose. Ainsi, le globule sanguin nage dans un liquide, le sérum sanguin, riche en sels de soude et relativement pauvre en sels de potasse; cependant ce sont surtout les sels de potasse que le globule sanguin attire à lui et qu’il s’assimile. Chaque élément anatomique choisit pour ainsi dire dans le milieu intérieur les substances qu’il s’incorpore, c’est ainsi que les sels du tissu musculaire ne sont ipas les mêmes que ceux du cartilage. Le peu que nous enseigne la chimie sur l’assimilation des substances azotées • et des hydrocarbures nous montre que pour ces substances, comme pour les sels, il ne saurait être question d’ex- ; pliquer leur entrée dans les éléments anatomiques par le

fait d’un simple acte d’endosmose; il y a, en effet, au moment de 1 assimilation de ces substances, des actes qui les modifient en combinant des éléments empruntés aux unes et aux autres; c’est pourquoi l’assimilation des matières protéiques est aidée par la présence des substances hydrocarbonées ; c’est pourquoi on a reconnu depuis longtemps la nécessité d’une alimentation mixte.

Ce n’est pas non plus simplement par un acte d’endosmose ou de diffusion gazeuse que l’oxygène du sang vient dans les éléments anatomiques pour y donner lieu à la combustion des substances ternaires et quaternaires. L’oxygène est, dans le sang, combiné avec l’hémoglobine des globules sanguins; il faut donc une action particulière des éléments anatomiques pour s’emparer du gaz vital qui leur est nécessaire, en désoxydant l’hémoglobine; il est impossible de définir entièrement celte action, mais la réalité de son existence est rendue bien évidente par l’étude des actes semblables ou même beaucoup plus énergiques que nous voyons accomplis par des organismes élémentaires, monocellulaires. Ainsi, certains ferments, qui ont besoin d’oxygène pour se développer et vivre, s’ils ne trouvent pas dans le milieu ambiant ce gaz libre ou en solution, mais seulement à l’état de combinaisons, sont capables de défaire ces combinaisons pour se procurer le gaz comburant; c’est le cas de ces vibrioniensqu’a étudiés Pasteur, qui décomposent le larlrate de chaux ou qui transforment l’acide lactique en acide butyrique : « Chez l’homme et les animaux supérieurs, dit Ci. Bernard, les éléments anatomiques se comportent comme ces animalcules vibrioniens : ils désoxydent l’hématine. »

Désassimilation. — L’acte complexe de désassimilation représente, dans son ensemble le plus général, un phénomène chimique d’oxydation, par lequel les substances faisant partie de l’élément anatomique sont transformées en produits qui doivent être rejetés; le but de ces oxydations, pour ne parler ici que de la forme la plus générale du phénomène, est de produire, par la chaleur développée, les différentes forces qui sont le résultat du fonctionnement

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des éléments anatomiques (chaleur, travail mécanique du muscle, phénomène de conduction nerveuse, etc.).

Il est difficile de dire exactement quand finit l’assimilation et quand commence la désassimilation. En effet, il faut distinguer, dans les substances assimilées et désassimilées, celles qui peuvent être considérées comme servant spécialement h la réparation des tissus, et celles qui sont employées par ces tissus pour produire les combustions fonctionnelles auxquelles nous avons fait précédemment allusion. Une comparaison classique fera bien comprendre celte distinction: l’organisme, qui produit du travail (contraction musculaire, etc.) en brûlant les substances alimentaires, a été souvent, par une comparaison dont on a abusé, identifié au fourneau d’une machine à vapeur, qui produit :le la chaleur, et par suite le travail de la vapeur, en bruant du charbon. En adoptant cette comparaison, nous devons remarquer que non seulement le fourneau brûle du combustible, mais que la machine elle-même s’use; il faut ion seulement lui fournir du charbon, mais il faut la réiarer; de même l’organisme brûle les substances alimenaires, mais en même temps les éléments anatomiques, iègesde ces combustions, perdent de leur propre substance ; Il faut qu ils s’assimilent des substances réparatrices en nême temps que les matériaux nécessaires à de nouvelles combustions.

En poussant plus loin cette comparaison, on peut concevoir, ous une forme pour ainsi dire idéale, les divers actes successifs le 1 assimilation et de la désassimilation des substances purenent réparatrices : on peut construire le schéma suivant que mus empruntons à Beaunis. « Soit, par exemple, pour fixer les 'dées, 1 assimilation d’une substance albuminoïde par une fibre musculaire. Dans un premier stade, stade de fixation , la fibre nuscuiaire s’empare de l’albumine qui lui est offerte parle sang l;t la lymphe à l’état d’albumine du sérum; mais à cet état, l’altumine ne peut entrer dans la constitution de la fibre, il faut Mu’elle soit transformée, stade de transformation , elle devient i lors de la myosine ; mais elle a encore une étape à franchir ■ mur devenir partie intégrante de la fibre musculaire, c’est le tlade d 'intégration ou de vivification ; e\\e n’était jusqu’ici que ubstance organique, elle devient organisée , vivante, elle devient

substance contractile1. ï — Quant aux substances qui seraient regardées comme représentant simplement le combustible de la machine animale, on pourrait dire que pour elles il y a à peine assimilation; elles ne font que traverser l’élément anatomique sans entrer dans sa constitution propre, de môme que le charbon ne fait réellement pas partie de la machine dans laquelle il est brûlé. Pour ces substances, on arriverait à formuler ce paradoxe, quelles sont désassimilées, c’est-à-dire brûlées, etc., sans avoir été réellement assimilées.

Mais en réalité, les choses ne sauraient être conçues sous cette forme schématique: une même substance, par son dédoublement, peut fournir à la fois des matériaux réparateurs et des matériaux combustibles; elle est donc assimilée pour une partie de se> principes composants, alors que la désassimilation commence déjà pour l’autre partie. C’est pourquoi nous disions qu’on ne peut préciser à quel moment cesse l’assimilation et à quel moment commence la désassimilation.

Pieu plus, il n’est pas prouvé que les phases, plus ou moins hypothétiques, de ces deux actes se passent toutes dans ! intimité même de I clément anatomique : la cellule vivante peut agir à distance sur les substances du sang et de la lymphe, et y produire des combinaisons oxydantes et des dédoublements, qui se passent à cédé d’elle, mais non en elle. Nous avons exposé précédemment (voy. Chaleur animale, siège des combustions, p. 4N0) les travaux de Ludwig, d’après lequel l’acide carbonique ne prendrait pas naissance au niveau même des éléments anatomiques, et ceux de Plluger, qui place au contraire le siège des combustions organiques dans l’intimité même des éléments des tissus.

Ou voit combien il s’on faut que nous soyons fixés sur le siège réel de certains actes de désassimilation. On se lerait également illusion en croyant résolues toutes les questions qui se rapportent à la nature du phénomène chimique correspondant: on considère ce phénomène comme une combustion, une oxydation; cette vue n’est juste que comme résumant les résultats généraux. Mais une semblable formule ne peut rendre compte de tous les actes par lesquels les tissus produisent de l’acide carbonique, ni de ceux par lesquels ils sont le lieu de dégagement de forces vives (de

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