‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 162 sur 284 · DE L’ÉPIDERME · texte numérisé non relu

DE L’ÉPIDERME

flaires n’ont pas pour résultat de faire naître des granulation pigmentaires comme un élément nouveau, elles déterminent simplement l’hypertrophie de celles qui existent (Sappey)1.

La couche de Malpighi est la matrice de toutes les autres couches : ses globules se multiplient incessamment et grâce a cette prolifération physiologique, les éléments globulaires qui ont fait partie delà couche primitive s’éloignent Je p us en plus du derme pour former successivement des :ouches de plus en plus vieilles et par suite de plus en plus superficielles. Quand ces globules arrivent à une certaine ii s tan ce du derme, ils paraissent éprouver une mort subite bt cest ce qui établit cette brusque ligne de démarcation Mitre la couche cornée et le reste de l’épiderme ; cette mort aibite est le sort de toutes les cellules épidermiques (peut-

, laut-il faire une exception en faveur des productions nalogues a ceux des ongles, dont les globules conservent ncore leurs noyaux), et, d’après ce que nous avons vu de outes les cellules épithéliales (intestin). Ces changements rusques n ont rien d’étonnant et se trouvent parfois encore •us accentués : on a cité des exemples de décoloration resque intantanée de la chevelure par l’effet de diverses ecousses morales, et si cela n’indique pas de lavilalité dans ’s éléments des poils, cela prouve du moins qu’ils peuvent . ir de raPlfles modifications chimiques à la suite de cer- 11 ns états nerveux agissant sur eux soit directement, soit ai intermediaire du sang et des vaisseaux.

Les couches cornées ainsi produites sont destinées h être 'parees de 1 epiderme, et à tomber en se détachant, absounent comme nous avons vu l’épithélium de l’intestin fomir en ruine. Mais ici la chute ne se produit pas sous forme 1 mucus, ou de flocons plus ou moins albumineux, mais î '■ pent<s*écailles, de pellicules, de débris de llules dessechees. La partie foule superficielle de l’épi. ;rme est constituée par ces couches de débris prêts a se ; acher : c est ce qu’on appelle le fur fur, la couche fur racee, qui s’enlève au moindre frottement. CeUe des-

J8,Vpf 265. H‘ Farab°Uf’ De l'éPider™ et des épithéliums. Paris,

TÉGUMENT EXTERNE

quamalion furfuracée peut, sous l’influence de causes pathologiques, devenir plus abondante, et comme ces débris épithéliaux renferment de l’albumine transformée (kératine), du soufre, du fer, etc., il en résulte une perte réelle pour l’organisme, d’où la gravité des maladies dites squameuses, et leur effet épuisant. Nous avons vu de même que la fonte muqueuse trop considérable des épithéliums constitue des états pathologiques importants : la bronchite par exemple, et les catarrhes en général ne sont rien autre chose. On peut donc dire que ce qui est un pityriasis (ou desquamation) pour la peau, est un catarrhe pour une muqueuse.

Nous venons de voir que le produit de la desquamation épidermique n’est pas liquéfié en général, comme celui des muqueuses ; mais il existe des régions de la peau, des points plus abrités, où la desquamation est déjà moins sèche et se rapproche sensiblement du produit correspondant des muqueuses : nous citerons le creux de l’aisselle, la desquamation grasse de la peau du gland et de la face interne du prépuce (smegma préputial), et enfin nous étudierons, dans les glandes sébacées, des replis des enfoncements épidermiques, où la desquamation devient de plus en plus liquide, pour se transformer finalement en un liquide très ténu au niveau des glandes sudoripares. Chez le fœtus la desquamation épidermique n est pas non plus seclie et cornée; elle est caractérisée par sa dégénérescence graisseuse ( vernix caseosa) et analogue au smegma préputial ; cette desquamation graisseuse se continue encore après la naissance dans certaines régions, surtout dans celles qui se sont formées les deinières par exemple sur la tête, et particulièrement vers la ligne médiane et vers la grande fontanelle, où il semble que la peau n’était pas encore mûre lors de la naissance.

c ) Productions épidermiques.—- Outre celte végétation desquamative, l’épiderme est encore le siège de végétations particulières destinées à produire des organes plus ou moins permanents : ce sont les poils, .les ongles, \es plumes et autres produits cornés. La formation du poil est le hpe de toutes les autres: le point de départ de cette production est un bourgeon épidermique de la couche de Malptgh. qui s’enfonce dans le dermeety forme un sac en doigt degan (A fig. 113), ou rappelant plus oumoinsla forme d une bouteille ( follicule pileux ); au fond de ce cul-de-sac qui a vcgete

DE L’ÉIHDERME.

vers la profondeur, se forme un bourgeon épidermique (fig. 113), qui cette fois végète vers la superficie, s’allonge de plus en plus, traverse toute la longueur du follicule ( racine du poil), puis en sort (C) et vient proéminer plus ou moins au dehors ( tige du poil : cheveu, poil follet). Toutes ces productions sont composées d’éléments globulaires analogues à ceux de la couche cornée, et très hygroscopiques comme elle; cette hygroscopie est notablement diminuée, grâce à la matière grasse que les glandes sébacées répandent sur la peau et dont elles revêtent le poil au fur et à mesure de son développement, car nous verrons que ces glandes viennent déboucher dans la partie supérieure des follicules pileux. Quelques poils (poils tactiles du museau du chien et du chat) présentent dans leur intérieur une papille dermique qui monte jusqu’à une certaine distance dans le canal médullaire. Cette papille est très vasculaire : il était donc probable qu’elle renferme aussi les éléments nerveux qui en îont un organe du tact, et c’est ce que vient en effet de démontrer J. Dietl sur les poils du bœuf i.

Fig. J 1 3 . — Schéma d’un bourgeon profond de l’épiderme, ou formation d’un poil et de glandes sébacées *.

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