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SÉCRÉTION DU LAIT

La glande mammaire paraît prendre la graisse toute formée dans le sang. Il est possible que la caséine soit la matière albuminoïde du sang transformée, et ce qui le prouverait, c’est que le premier lait, ou colostrum, ne présente pas encore la caséine toute formée. Le sucre de lait n’est pas dans le sang, il est formé parla glande mammaire. Lorsqu’on nourrit une chienne avec des amylacés, il est vrai qu’on trouve une grande quantité de sucre de lait ; mais si on supprime les amylacés et qu’on ne donne à 1 animal que de la viande (aliments albuminoïdes), le sucre de lait diminue, puis sa quantité reste stationnaire, ce qui semble prouver que les cellules de la glande mammaire ont le pouvoir de fabriquer le sucre de lait, c’est-à-dire de transformer les matériaux albuminoïdes du sang en sucre de lait (analogie avec l’action glycogénique du foie).

L’analyse du lait de femme fournil les proportions suivantes, pour un litre ou 1000 grammes:

Eau 900 gr.

Beurre (chez la femme) 30 —

Caséine 28 —

Sucre de lait 45 —

Phosphates 2, 50

Dans le lait de vache il y a 40 à 50 gr. de beurre, 48 de caséine et 52 de sucre de lait. En somme, le lait de vache est plus riche en matériaux nutritifs. Conclusion pratique : étendre d’eau le lait de vache et le sucrer un peu pour nourrir les enfants dans l’allaitement artificiel, allaitement déplorable, mais quelquefois nécessaire.

Lasécrétion du lait est essentiellement intermittente, et ne se produit que sous l’influence de conditions spéciales, liées au fonctionnement des organes génitaux : cette foncsion s’établit chez la femme à l’époque de la parturition, et produit d’abord du colostrum, puis bientôt le véritable lait. Pendant ses longues époques de repos, la glande est comme atrophiée; c’est son état normal chez la jeune fille, chez la vieille femme et chez l’homme. A l’époque de la puberté elle se développe chez la femme, mais les culs-de-sac mammaires et leur épithélium globulaire ne sont bien distincts

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et bien caractérisés que sous l’influence de la grossesse et de la parturition ; La fonte qui produit le lait n’est que le dernier terme de cette hypertrophie. Cette hypertrophie et cette fonte peuvent se produire sous l’influence d’excitations directes et dans quelques circonstances particulières • des jeunes filles vierges ont vu, après avoir donné leur sein à un nourrisson, sous l’influence excitatrice de la succion cette glande se développer et produire du lait; des hommes „ meme ont donné lieu à un phénomène analogue. Enfin à I époque de la naissance, des enfants mâles ou femelles secrétent par cette même glande rudimentaire un liquide très analogue au lait, et qui est sans doute en rapport avec a presence d’une sécrétion graisseuse analogue sur toute \ la surface de la peau ( vernix caseosa ).

Ces différents phénomènes, et surtout les premiers, prouvent que la sécrétion mammaire est un phénomène réflexe, mais la physiologie expérimentale n’a pu encore spécifier les voies nerveuses par lesquelles se fait cette action: les expériences sur les nerfs intercostaux et sur les branches du sympathique ont été également négatives l. L’ali-

mentation paraît aussi avoir une grande influence sur la production et la nature du lait, comme il était facile de le Prévoir. Enfin on a remarqué qu’un grand nombre de médicaments administrés à la nourrice se retrouvent dans le lait, ce qui nous offre un moyen excellent quoique indirect d agir sui le nourrisson. Ainsi, par un moyen d’analve très sensible, MM. Maycnçon et Bergeret ont pu déterminer que le mercure ou les sels mercuriels, pris en une seule fois et môme à dose très petite, sont éliminés en grande partie dans la sécrétion lactée l’hydrargyration d’une nourrice qui allaite un enfant syphilitique est donc très rationnelle. (Voy. Journal de V Anatomie et de la physiologie de Ch. Robin, janvier 1873).

Lejait nous représente le type d’un aliment complet (voy. p. 325), car, pendant une période de temps considérable, il forme la seum nourriture de l’enfant; il en est de même de l 'œuf, qui

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