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LOIS DES RÉFLEXES

Les mouvements réflexes, obéissant aux 5 lois que nous • venons de citer, présentent encore ceci de remarquable, qu ils se produisent avec une régularité, une coordination, qui semblent indiquer que ces réactions réflexes sont adaptées à un but. Il semble qu’il y a dans les dispositions histologiques de la moelle un mécanisme préétabli , dont les manifestations avaient si fortement impressionné les premiers vivisecteurs, qu’ils n’ont pas hésité (Robert Wyll, Prochaska, Legallois, Pfliiger) à douer la moelle de quelques-unes de ces propriétés psychiques, si vagues et si mal définies, que l’on désigne sous les noms de sensornï/ni commune, volonté, perception, âme, etc. Ainsi une grenouille à laquelle on a enlevé le cerveau (pour éliminer toute influence étrangère à la moelle), réagit, quand on pince une de ses pattes, comme pour se défendre; si on cautérise la peau d’un de ses membres avec une goutte d’acide, elle 1 essuie immédiatement avec cette patte, si par exemple 1 acide a été déposé sur la racine de la cuisse ou sur le bassin : bien plus, si on ampute le membre qui se fléchit ainsi vers la cuisse, on voit l’animal, réduit à son centre médullaire, après de vains efforts du moignon pour atteindre la partie lésée (loi de l’iiri ilatéralité), si l’irritation persiste et surtout si elle augmente, se servir du membre du cote opposé (loi de symétrie) pour aller frotter et essuyer la place iriitée. L irritation continuant, il peut se produire des mouvements dans tous les membres de l’animal, un saut en avant, la fuite en un mot. Des mouvements de ce genre, quoique moins complets, se manifestent chez l’homme pendant le sommeil, quand les organes cérébraux sont complètement inactils, et que l’action de chatouiller la plante du pied, quoique non perçue, n’en amène pas moins le retrait brusque du membre correspondant, ou des deux membres, etc. On voit que le plus grand nombre des réflexes coordonnés ont le caractère de mouvements de défense.

Variations d'intensité des mouvements réflexes. Quels que soient les phénomènes qui se passent dans les centres de substance grise (globules nerveux) lors de la production d un réflexe, on désigne sous le nom de pouvoir réflexe la piopriété qu a 1 axe gris de la moelle (ou les centres sein-

DU SYSTÈME NERVEUX

blables) de transformer des impressions centripètes en réactions centrifuges: cette expression offre une certaine commodité de langage, car ilest. des agents qui paraissent porter leur action sur \e pouvoir réflexe pour l’exagérer ou le diminuer, sans agir aucunement sur la partie centripète ou centrifuge de l’acte, mais uniquement sur l’acte central. Nous ne pouvons rapporter ici les nombreuses recherches par lesquelles on est parvenu à préciser ainsi l’action centrale de ces agents et distinguer ceux-ci des agents analogues qui portent plus spécialement leur action sur les voies périphériques ; il nous suffira de rappeler les belles expériences de Cl. Bernard sur le curare et les nerfs moteurs (voy. Physiologie des muscles, irritabilité musculaire). Quant aux agents qui modifient le pouvoir réflexe, nous citerons:

La température ambiante : les mouvements réflexes sont chez la grenouille plus énergiques et plus faciles à provoquer en été qu’en hiver (Brown-Séquard, Cayrade), mais aussi le pouvoir réflexe s’épuise plus vile pendant la saison chaude. — Les seclions de la moelle ou sa séparation de l’encéphale : dans ces cas les réflexes sont exagérés, ce qui paraît dû aune irritation des centres parle fait même de la section, plutôt qu’à l’interruption de toute communication entre ces centres et d’autres centres dits modérateurs (Stetschenow); et en effet cette exagération du pouvoir réflexe après les sections est de peu de durée. — Un certain nombre de poisons portent directement leur action sur les centres pour en exagérer le pouvoir réflexe: tels sont la strychnine, la morphine, la picrotoxinc, la nicotine, et cei tains pioduits plus ou moins pathologiques de l’organisme, comme dans les infections septiques, 1 urémie, 1 ictère grave.

Par contre le pouvoir reflexe est diminué pai 1 anomie, par de nombreuses excitations antérieures qui 1 ont épuisé, et par certaines substances toxiques ou médicamenteuses comme l’acide cyanhydrique, le bromure de potassium, tl certains principes de l’opium1.

1. Les recherches de Cl. Bernard sur les anesthésiques ont montré (lue tous les principes de l’opium ne sont pas des calmants : les uns sont excitateurs du système nerveux (cxcito-réllexes); ce sont: la

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