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CENTRES MÉDULLAIRES

3° Des centres réflexes spéciaux de la moelle.

Lorsque, sous l’influence d’excitations faibles ou spécialementlocalisées, les mouvements réflexes ne s’irradient pas de manière à produire des contractions générales, lorsqu’ils restent circonscrits dans un domaine particulier de la sphère motrice, ce domaine est toujours dans un rapport constant avec la partie de la sphère sensitive sur laquelle a été portée l’excitation, c’est-à-dire que, selon que telle ou telle partie de la peau aura été excitée, ce sera toujours tel ou tel muscle, tel ou tel groupe de muscles, qui entrera en action. En d’autres termes, il y a un groupement, un rapport anatomique préétabli entre certains amas de cellules nerveuses de l’axe gris, d’une part, et certaines fibres centripètes et centrifuges, d’autre part; et tant que le phénomène réflexe î este circonscrit, il est toujours, par l’excitation des mêmes fibres sensitives, localisé dans les mêmes fibres motrices. Aussi l’expérimentation permet-elle de distinguer dans la moelle des centres circonscrits, c’est-à-dire des localisations fonctionnelles médullaires formant comme le premier échelon de la série des localisations plus élevées qu’on a établies dans les organes de la base de l’encéphale et que la physiologie expérimentale et la physiologie pathologique poursuivent aujourd’hui jusque dans la couche grise corticale des circonvolutions. Les différents centres fonctionnels dont 1 existence dans la moelle est aujourd’hui bien établie, sont:

Le centre cardiaque (Cl. Bernard). — Ce centre correspond à la pailie inférieure de la région cervicale et à la partie moyenne de la région dorsale ; son excitation accélère les battements du cœur; la transmission de cette excitation se fait par les nerfs cardiaques sympathiques qui émergent de la moelle avec les

thébaïne, la papavérine et la narcotine; les autres sont en effet modérateurs de l'excitabilité des centres nerveux, ce sont : la codéine la narcéine et la morphine.

A côté des modérateurs du pouvoir réflexe du centre médullaire, il faut citer quelques agents qui portent plus spécialement leur action sur des centres nerveux plus élevés : ce sont les anesthésiques , qui diminuent ou abolissent la fonction des centres de perception • tels sont : le chloroforme, l’éther, le chloral, le bromoforme, le bromal. 187 :C1 1{ei nard’ LeP°nssur les anesthésiques et sur V asphyxie. Paris’

DU SYSTÈME NERVEUX

racines du ganglion cervical inférieur ;

c’est le nerf accélérateur

du cœur.

Le centre cilio-spinal. — Par la précieuse méthode d’étude que lui a fournie la recherche des dégénérescences des nerfs sectionnés, Waller a pu montrer que les filets donnés à l’iris par le sympathique cervical naissent de la région cervicale inlerieure de la moelle. Chauveau a montré qu’à ce niveau existe un centre dit cilio-spincil, qui s’étend de la sixième vertèbre cervicale à la deuxième dorsale, et préside à la dilatation de l'iris : l’excitation des racines sensitives qui aboutissent à cette région

de la moelle produit la dilatation de l’iris.

Centre ano-spinal (Masius 1). — Ce centre siège, chez le lapin, au niveau du disque intervertébral unissant les sixième et septième vertèbres lombaires. Il préside a la tonicité musculaire et à la contraction réflexe du sphincter anal. La section de la moelle faite au-dessus de ce centre augmente les contractions toniques et réflexes du sphincter, et nous avons vu en effet "(page 80) que toute section de la moelle augmente le pouvoir excito-moteur des régions sous-jacentes à la section. Gluge a publié des expériences qui l’ont amené à admettre l’existence de deux centres ano-spinaux, l’un présidant à la tonicité.

l’autre aux mouvements réflexes du sphincter.

Centre vésico-spinal (Giannuzzi). — Ce centre est situé audessus du précédent, au niveau de la troisième et de la cinquième . vertèbre lombaire; il préside aux contractions des muscles de la vessie. Chez un chien dont la moelle est coupée au-dessous de la région dorsale, si on touche le gland ou h prépuce, ou si on chatouille le pourtour de l’anus, la vessie se vide par suite d’un phénomène réflexe dont le centre est dans

la région sus indiquée (Goltz).

Centre gènito-spinal (Büdge). — Ce- centre, situe; au niveau de la quatrième vertèbre lombaire chez le chien, n’aurait que quelques lignes de longueur. Il siège probablement, chez l’homme, vers le milieu de la moelle dorsale. 11 présidé a la contraction des canaux déférents et des vésicules séminales chez le mâle, à celle de l’utérus chez la femelle. En effet, lorsque la moelle est coupée immédiatement au-dessus de ce centre, on peut encore, par des excitations appropriées, produire tous les phénomènes dont est normalement le siège l’appareil génital On détermine chez le chien l’érection et des mouvements rythmiques du bassin en chatouillant le pénis (Goltz) ;

i. Mastus, Du centre ano-spinal (Journal de l 'anatomie de Robin, 1868. P. 197).

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