OEIL
oculaire celui que représentent ces rayons après avoir subi l’action convergente de la lentille oculaire (fig. 135) : il est évident, d’après les plus simples notions d’optique, que si le point lumineux est situé très loin, si les rayons lumineux viennent par exemple de l’infini, d’une étoile, le cône objectif a sa longueur maximum, tandis que le cône oculaire est le plus court possible. Si au contraire les rayons lumineux viennent d’un objet très rapproché de l’œil, le cône objectif esttr ès court, mais produit dans l’œil un cône oculaire beaucoup plus long que précédemment. On voit que dans et s circonstances ce ne serait que pour une seule distance de l’objet lumineux que le cône oculaire présenterait exactement la longueur nécessaire pourque son sommet vînt tomber précisément sur la rétine; dans tous les autres cas, que le point lumineux fut plus loin ou plus près de l’œil, il donnerait un cône oculaire ou trop court ou trop long, et dont le sommet se trouverait par conséquent en avant ou en arrière de la rétine : le point lumineux, en un mot, se peindrait sur la rétine, non par un point, mais par un petit cercle, dit cercle de diffusion, et les images obtenues dans ces conditions seraient confuses.
Mais ce qui se passerait ainsi dans un appareil de physique tel que nous l’avons conçu, n’a pas lieu dans un œil normal. Quelle que soit' (dans de Certaines limites) la distance du point lumineux, nous pouvons toujours faire en sorte que le sommet du cône oculaire, produit par ses rayons, vienne tomber précisément sur la rétine : nous pouvons regarder alternativement, et voir presque avec une égale netteté une étoile et le bout de notre nez. En un mot nous pouvons adapter , accommoder notre œil aux distances.
C. Adaptation. — Le mode selon lequel se produitl’arftf/;tation, c’est-à-dire la coïncidence ton jours exacte du sommet du cône oculaire avec la rétine , n’a pu être précisé que dans ces derniers temps. On a même longtemps nié l’existence de l’adaptation. La preuve de l’existence tl e cette fonction peut être donnée par plusieurs expériences. Si l’on place par exemple en face de soi deux doigts l’un derrière l’autre à une certaine distance, et qu’on fixe son attention
sur l’un d’eux, on s’aperçoit alors que l’on ne voit distinc-
küss et duval, Physiologie. 35
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ORGANES DES SENS (OEIL)
tement que celui-ci, c’est-à-dire que l’œil n’est adapté que pour voir l’un des doigts, et ne l’est point pour l’autre, qui paraît vaguement dessiné ; c’est qu’en ce moment l’un des deux doigts se peint régulièrement sur la rétine, et les divers points de l’autre n’y produisent que des cercles de diffusion. — Le fait est encore bien mieux démontré par une expérience célèbre due à Scheiner : elle consiste à placer devant l’œil une carte percée de deux petits trous rapprochés l’un de l’autre (Mm, Nn ; fig. 136) et à regarder
deux points lumineux (deux têtes d’épingle par exemple) placés l’un devant l’autre à une certaine distance (comme les deux doigts dans l’expérience précédente) : si l’on fixe attentivement l’un de ces points, on voit l autre double. Voici la raison de ce fait. Si par les deux ouvertures Mm et N11 (fig. 136) on fixe le point lumineux a, il se passe dans l’œil un phénomène d’adaptation, à la suite duquel le cône oculaire est tel que son sommet tombe sur la rétine ; donc les sommets des deux cônes partiels passant par les deux ouvertures se confondent en un seul (en a ), puisque ces deux cônes font partie du cône total qui se produirait si l’on examinait le point lumineux à 1 œil découvert , mais celle disposition est uniquement relative au point a , et
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Fig. 136. — Expérience de Scheiner*.
* AB, diaphragme avec deux ouvertures (Mm et Nn).
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lequel l’œil est adapté, et dont l'image vient se faire en a (sur
a, Point pour lei
6, Point pour Ici après s’ètre rcncon contrent la rétine
la rétine).