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MÉCANISME DE L’ADAPTATION

que dans le phénomène de l’accommodation, les changements qui surviennent dans l’œil n’ont lieu que sur la partie antérieure du cristallin, elles mensurations de l’image en question prouvent (d’après les lois des miroirs convexes) que quand on regarde un objet éloigné, celte convexité du cristallin diminue (puisque cette image augmente), que si, au contraire, on regarde un objet rapproché, cette convexité augmente (puisque les dimensions de cette image diminuent).

Ainsi l’adaptation se fait par une modification du cristallin. Quant aux puissances qui peuvent ainsi changer la forme de cette lentille, nous les étudierons avec les membranes accessoires destinées à maintenir et à modifier le fonctionnement des parties essentielles de l’œil, et notamment avec la choroïde et l’iris (muscle ciliaire).

D. Imperfection de l’appareil de dioptrique oculaire. — Considéré comme appareil physique, l’œil est loin d’être parfait: aussi peut-on y constater les diverses imperfections qui se trouvent dans les appareils physiques analogues, et qui sont connues sous le nom d’aberration, soit de sphéricité, soit de réfrangibilité.

L’œil n’étant qu’un appareil dont la partie essentielle est une lentille, il arrive que celle-ci, quoique très perfectionnée, ne réunit pas exactement au même point les rayons qui, partant d’une même source lumineuse, arrivent sur les bords ou sur le centre du cristallin. Le foyer de la lentille n’est donc pas unique, et c’est ce qui constitue Y aberration de sphéricité. Nous verrons que l’iris, comme les diaphragmes des instruments d’optique, remédie en partie à cet inconvénient.

L’ aberration de réfrangibilité consiste en une inégale réfraction des divers rayons colorés qui composent la lumière blanche, de sorte que l’œil décompose la lumière ordinaire des objets qui la lui projettent et nous les fait voir plus ou moins colorés : en un mot, l'œil n’est pas un appareil achromatique parfait. Ce défaut ne nous est pas sensible d’ordinaire, par l’effet de l’habitude, mais plusieurs expériences le rendent évident. Nous n’en citerons qu’une : si on regarde le cheveu d’une lunette astronomique, en l’éclairant avec delà lumière rouge, on s’aperçoit que pour le voir avec un autre rayon du spectre (avec une autre couleur) il faut changer la place de l’oculaire; donc l’œil adapté

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pour voir avec la lumière rouge ne l’est plus exactement pour voir avec les autres rayons du spectre.

Enfin, une certaine irrégularité dans la courbure des surfaces des milieux de l’œil constitue ce qu’on nomme Y astigmatisme (ou aberration mono chromatique). L’astigmatisme est une irrégularité de la réfraction de l’œil si fréquente, qu’on peut regarder ses faibles degrés comme existant chez la majorité des individus; mais d’ordinaire son existence ne trouble pas la vision au point d’attirer l’attention du sujet. L ’ astigmatisme consiste en ce que la courbure des surfaces de séparation des milieux de l’œil (et surtout la courbure de la surface antérieure de la cornée) varie plus ou moins sensiblement d’un méridien à l’autre. Supposons par la pensée une cornée parfaitement normale, séparée en deux moitiés suivant son axe verlical, les fragments conservant leur position primitive, la surface de section présentera une courbure d’un rayon déterminé; supposons cette même cornée divisée suivant son axe transversal : alors la surface de seclion présentera une courbure identique (œil normal, non astigmatique), c’est-à-dire que ces deux sections appartiendront à une circonférence du même rayon. Au contraire, dans un œil astigmatique (et presque tous les yeux le sont), le rayon de l’une sera plus court que le rayon de l’autre, en un mot les deux courbures seront inégales. 11 est aisé de comprendre que cet écart, s’il vient à être suffisamment prononcé, troublera la marche des rayons lumineux au moment où ils pénètrent dans l’œil. En effet, si nous admettons que l’iine des circonférences a un rayon notablement plus court que l’autre, nous concluons implicitement que l’œil est myope dans le premier sens, tandis qu’il peut l’être beaucoup moins, pas du tout, et qu’il peut même être hypermétrope dans l’autre sens. 11 est facile de comprendre qu’il suffit, pour remédier à ce défaut dans la réfraction de l’œil, de faire traverser aux rayons lumineux une lentille taillée de manière à rétablir l’équilibre entre les méridiens inégaux, de sorte que les rayons lumineux, après avoir subi l’action de cette lentille et celle du milieu cornéen, adoptent une direction semblable à celle que présentent les rayons qui auraient t raversé une cornée normale. Ou se serf pour cela de verres empruntés non plus à des surfaces sphériques, mais à des surfaces cylindriques, et on les dispose de manière que la convergence qu’ils produisent selon un seul plan coïncide précisément au jdan du méridien suivant lequel la surface cornéenne de l’œil est moins convexe : c’est ainsi que se trouve corrigé ce défaut dans la convexité.

ASTIGMATISME.

If- — Membranes ou enveloppes de l'œil.

Les enveloppes de l’œil sont, en allant de dehors en dedans, la sclérotique, la choroïde et la rétine : la dernière est la membrane essentiellement douée de sensibilité. Nous avons à étudier les deux premières comme enveloppes protectrices, destinées à maintenir et même à modifier les fonctions des parties essentielles de l’œil.

1° Sclérotique.

La sclérotique forme comme le squelette de l’œil : c’est la membrane destinée à maintenir la forme du globe oculaire, et à donner insertion aux muscles qui doivent le mouvoir. Fibreuse chez l’homme, cette enveloppe devient successivement cartilagineuse et même osseuse chez les oiseaux et les reptiles.

En avant cette sclérotique se modifie : de blanche et opaque, elle devient transparente et incolore, et constitue la cornée, que nous avons déjà étudiée. La cornée est plus convexe, appartient à un segment de sphère d’un rayon plus court que la sclérotique, c’est-à-dire que le reste du globe oculaire (fïg. 132, p. 608).

2° Choroïde.

La choroïde tapisse exactement la sclérotique mais, au niveau de la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée, elle se sépare de ces membranes pour entrer dans la chambre anterieure de l’œil et former au-devant du cristallin un diaphragme appelé iris. Nous avons donc à étudier la choroïde proprement dite et Yiris.

A. — La. choroïde proprement dite est essentiellement une membrane vasculaire ; elle est de plus tapissée à sa face interne par une couche de cellules pigmentaires régulièrement hexagonales; enfin elle renferme, surtout en avant, des éléments musculaires. De là trois rôles principaux assignés à cette membrane.

1° Comme organe vasculaire (nombreuses artères ciliaires ou choroïdiennes, et réseaux veineux formant les vasa vorticosa), elle est destinée à servir d’appareil de caléfaction à la membrane nerveuse (rétine) sous-jacente : nous ayons vu en effet que la richesse en réseaux sanguins est la règle générale pour tous les organes qui contiennent de

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nombreuses terminaisons nerveuses et surtout des appareils des sens spéciaux, comme pour les papilles de la pulpe des doigts, pour la membrane olfactive, la langue, etc.

2° Le pigment de la face interne de la choroïde joue un rôle important dans la vision; la rétine étant transparente, les rayons lumineux arrivent jusque sur le pigment choroïdien, qui se comporte vis-à-vis d’eux d’une manière encore difficile à interpréter : peut-être cette couche absorbe-t-elle les rayons les plus irritants, et sert-elle de miroir réflecteur pour les autres, qui impressionnent alors les organes terminaux des fibres nerveuses de la rétine; nous verrons en effet que les éléments sensitifs de la rétine ont leur extrémité libre tournée vers la choroide, et ne sont sans doute impressionnés que par les rayons que réfléchit celte sorte de miroir (Ch. Rouget). Cette couche pigmentaire n’est pas toujours absolument noire : il y a là de grandes variétés selon les animaux; chez quelques-uns, comme par exemple chez le bœuf, elle présente des reflets métalliques (tapis) qui rappellent parfaitement la surface d’un miroir. Peut-être aussi que cette couche pigmentaire, si foncée et si opaque en d’autres points, est destinée à empêcher, comme le noir mat dont on revêt la face interne de nos chambres obscures, la réverbération irrégulière et en tous sens des rayons lumineux, et à assurer ainsi a netteté de la vue; en effet les animaux qui manquent de pigment choroïdien ( albinos ) ne supportent qu’avec peine l’action d’une lumière vive ( héliophobes ). Toujours est-il que le pigment choroïdien est accessoirement très utile a la vision et que si dans la vieillesse la face interne de la choroïde tend à se décolorer, cette transformation, quoique secondaire, n’est pas étrangère à l’affaiblissement de la vue

à cet âge avancé. ... , jo

3° Enfin les éléments musculaires de la choroïde {muscles ciliaires ), développés surtout dans sa partie antérieure et annexés à des prolongements érectiles {procès ciliaiies) sont destinés surtout à agir sur le cristallin et a produire les changements de forme que nous avons étudies a propos, de l’adaptation; mais on est loin d’être d’accord sur c mécanisme par lequel l’action musculaire agit sur la ien-

CHOROÏDE

tille (fig. 139). Le muscle ciliaire se compose de fibres longitudinales est de fibres circulaires. Les premières peuvent agir en prenant un point fixe à l’union de la sclérotique et de la cornée (au niveau du canal de Schlemm),

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