MUSCLE DE L’ADAPTATION
ble que la rétine ou les organes centraux de la vision, s’apercevant de la confusion de l’image, réagissent sur les muscles ciliaires et en amènent la contraction. Le ganglion ciliaire ou ophtalmique a longtemps été regardé comme le centre de ces réflexes, qu’on semble devoir aujourd’hui rapporter plutôt à la partie céphalique de la moelle (protubérance annulaire et tubercules quadrijumeaux. Yoy. p. 105). — Les libres musculaires de la choroïde sont des fibres lisses : de là une certaine lenteur dans l’accomplissement de l’adaptation. Quant au nerf qui vient innerver le muscle choroïdien, ce paraît être la troisième paire crânienne: en effet Trautvetter a constaté chez les oiseaux que lors de l’excitation du moteur oculaire commun, l’image cristallinienne antérieure devient plus petite et se rapproche de l’image cornéenne ; donc, chez les oiseaux, c’est le nerf de la troisième paire qui préside à l’activité du muscle ciliaire, et il doit en être de même chez l’homme, quoique ce muscle soit strié chez les oiseaux et lisse chez les mammifères1.
B. — L’iris est un véritable diaphragme placé dans la chambre obscure que forme le globe oculaire: sa face antérieure est en contact avec 1 humeur aqueuse et tapissée par un prolongement de la membrane de Descemet (de la face postérieure de la cornée. Yoy. fig. 139, en 4 et 13). Sa face postérieure est, avons-nous dit, immédiatement en contact avec la partie périphérique de la convexité antérieure du cristallin, de sorte que la prétendue chambre postérieure n’existe pas. La périphérie se continue avec la choroïde, dont ce diaphragme est une dépendance ; son ouverture centrale correspond au centre du cristallin et constitue ce qu’on nomme la pupille.
Cette membrane a la structure de la choroïde : elle possède de nombreux vaisseaux, des cellules pigmentaires, qui forment également une couche épaisse à sa face profonde ou postérieure ( uvée ), et des fibres musculaires. Ce dernier élément est le plus important : il se compose de fibres disposées circulairement (sphincter de la pupille), et
1. Voy. II. Chrétien , la Choroïde et l’Iris, thèse de Paris, 187G.
concours.
ORGANKS DES SENS (OEIL)
défibrés irradiées (dilatateur de la pupille)1; ces fibres paraissent innervées par deux nerfs différents, les circulaires par le moteur oculaire commun (racine motrice du ganglion ophtalmique, nerfs ciliaires), les radiées par le grand sympathique. La pupille se dilate quand l’objet fixé est très éloigné; elle se rétrécit dans les cas inverses. Ces mouvements sont lents, parce que les fibres sont des fibres musculaires lisses, comme celles du muscle ciliaire ; comme ceux de ce muscle, les mouvements de l’iris sont de nature réflexe et ont sans doute le même centre de réflexion (voy. p. 105). Cependant l’iris paraît directement sensible à l’action de la lumière. — La volonté est impuissante à produire les mouvements de l’iris, mais on peut y arriver par une voie détournée : on peut par exemple dilater la pupille en regardant un objet très éloigné, en regardant à l’infini, dans
1. Les recherches de Ch. Rouget ont jeté des doutes sur l'existence ■défibres rayonnées ou dilatatrices de l’iris; ce physiologiste a constaté que dans l’iris des oiseaux il n’existe que des fibres musculaires a direction circulaire, et propres seulement à déterminer le resserrement delà pupille. 11 a montré que les faisceaux radiés, décrits comme muscle dilatateur de la pupille chez les mammifères et chez l’homme, correspondent en réalité aux veines de l’iris vides de sang. 11 n’y aurait donc pas état actif de l’iris, aussi bien dans le mouvement de la dilatation que dans les mouvements de constriction de la pupille : ce dernier mouvement serait seul actif. Un seul ordre de faisceaux musculaires suffit à expliquer tous les changements de la pupille, si le repos de l’iris est représenté par l’état extrême de dilatation. Il est très difficile de constater ce repos de l’iris: sur le cadavre même la pupille n’est que rarement à l’état de dilatation complète; c’est qu alors l’action directe de la lumière (démontrée par Brown -Séquard) et celte contraction ultime qui, dans les muscles de la vie animale, produit la rigidité cadavérique, peuvent déterminer après la mort un resserrement de la pupille, qui persiste presque indéfiniment; mais par exemple dans l’état de résolution générale du système musculaire, que l’on observe à la suite de l’inhalation prolongée du chloroforme, la pupille est largement dilatée. Enfin, 1 examen de 1 iris chez de jeunes mammifères (chat et lapin), dans les premiers jours qui suivent la naissance, alors que les paupières ne sont pas encore ouvertes et que l’organe de la vision n’a pas encore ressenti l’excitation de la lumière, cet examen a montré la pupille largement dilatée et l’iris sous la forme d’une bandelette étroite, ce qui ne dépendait pas d’un défaut de développement, car le courant d’un appareil d induction déterminai immédiatement un resserrement de la pupille aussi prononcé que chez l'adulte.
choroïde et iris.
le vide : bien des fois, surtout dansles temps passés, on Remployé ce simple détourpour donner aux yeux l’expression de Y extase 9 quise caractérise dans ces organes par une grande dilatation de la pupille. Ces effets de dilatation ou de rétrécissement peuvent encore être produits par des agents médicamenteux précieux pour le médecin: la fève de Calabar rétrécit, la belladone dilate la pupille pour un temps plus ou moins long.
La pupille est encore dilatée dans certaines maladies du cerveau et de la moelle. Enfin, les mouvements normaux sont plus ou moins faciles, plus ou moins vifs selon les personnes. Nous avons déjà vu que ces contractions paraissent ne jouer qu’un rôle très secondaire dans l’adaptation, de sorte qu’on peut dire en résumé que Y iris est simplement un diaphragme qui réglé lui-même et par action réflexe le diamètre de son ouverture.