‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 20 sur 284 · BULBE RACHIDIEN · texte numérisé non relu

BULBE RACHIDIEN

une chienne, dont la moelle avait été coupée à la hauteur de la première lombaire, a présenté les phénomènes du rut, a été fécondée, enfin a mis bas, comme une chienne dont la moelle est intacte.

Enfin, la moelle, par l’ensemble de divers centres, préside à la coordination des mouvements de locomotion ; nous avons déjà insisté sur cette coordination médullaire de réflexes généraux adaptés à un but. Nous ajouterons seulement ici qu’après l’ablation du cerveau sur une grenouille, non seulement l’équilibre et les mouvements d’ensemble sont possibles, mais qu'ils s’exécutent avec une sorte de fatalité, comme si le libre fonctionnement du cerveau protégait l’indépendance des groupes musculaires. Quand l’un des membres se meut, les autres se meuvent aussitôt. Quand l’un d’eux est mis au repos, les autres cessent également de se mouvoir (Onimus). Mais nous verrons bientôt que d’autres organes, notamment le cervelet, jouent, surtout chez les animaux supérieurs, un rôle important dans la coordination des mouvements.

En résumé, l’étude de la moelle, considérée comme centre, nous montre que, de même que chez les articulés chaque centre d’action du système nerveux est distinct, et que leur ensemble forme deux cordons parallèles présentant des renflements suc cessifs,de même le système nerveux cérébro-spinal est composé d’un certain nombre de centres nerveux échelonnés, ayant chacun une certaine spécialité, recevant chacun ses impressions d’un département déterminé du corps, et provoquant par ses réactions le mouvement dans un département correspondant. Chacun de ces centres est intimement relié aux centres voisins, supérieurs et inférieurs ; mais il n’en est pas moins vrai que l’être humain est, a ce point de vue, une « collection d’organismes, comme 1 a dit Durand (de Gros), donnant à cette conception le nom de polyzoïsme. C’est une collection de moi distincts, et l’unité apparente est tout entière dans l’harmonie d’un ensemble hiérarchique dont les éléments, rapprochés par une coordination et une subordination étroites, portent néanmoins, chacun en soi, tons les attributs essentiels, tous les caractères primitifs de l’animal individuel. »

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