EXCRÉTION DE L’URINE (VESSIE
; pilles rénales, d’où il suinte par un grand nombre de petites fossettes ( lacunes papillaires) dans les calices et le bassinet; c’est toujours cette même force (vis a tergo ) qui lui fait parcourir le trajet des uretères jusqu’à la vessie, i car il n’est pas probable que d’ordinaire la contraction des : parois musculaires de ces canaux entre en jeu pour faire progresser l’urine par ondées; en effet, dans les cas d’exstrophie de la vessie, les uretères venant s’ouvrir au-devant de la partie inférieure de l’abdomen pour ainsi dire à ciel ouvert, on voit l’urine suinter goutte à goutte par ces orifices au fur et à mesure de sa production, et nullement s’écouler par jets saccadés comme ceux que produirait une contraction — Cependant il est probable que la contraction des uretères doit jouer un rôle important dans certaines circonstances: les uretères s’ouvrent dans la vessie en traversant très obliquement les parois de ce réservoir; il en résulte que lorsque la vessie est très distendue, la pression exercée sur ces orifices est très considérable, et la résistance à l’arrivée d’une nouvel le quantité de liquide doit être grande. C’est dans ces cas que la contractilité des uretères doitêtre mise à contribution, afind’y faire progresser l’urine par une espèce de mouvement péristaltique qui lui donne assez de orce pour vaincre la résistance qu’elle trouve à son passage a travers les parois vésicales.
La vessie est un réservoir résultant de la dilatation de la Partie inférieure de Youraque ou pédicule allantoïdien du fœtus: cette cavité est tapissée d’un épithélium et formée ie couches musculaires plus ou moins régulières.
L’ épithélium vésical est pavimenteux et stratifié, mais ses déments cellulaires superficiels sont remarquables par l’irrégularité et la bizarrerie de leurs formes (fig. 153): on rouve là toutes les formes si variables dont l’assemblage avait été regardé autrefois comme caractéristique des tumeurs malignes, du cancer en un mot. Au point de vue physiologique cet épithélium est remarquable par son imperméabilité; il s’oppose absolument aux passages : ainsi
1. Jamain, de l’Exstrophie de la vessie (thèse de Paris, 184.5). Vlph. Herrgott, de l’Exstrophie dans le sexe féminin (thèse de Nancy, 1874).
küss et duval, Physiologie.
APPAREIL URINAIRE
on a pu maintenir longtemps dans une vessie parfaitement saine une solution de belladone sans constater d’empoisonnement par l’atropine; de même avec des solutions opiacées. Mais si l’épithélium est altéré, il y a aussitôt absorption, et par exemple de l’eau alcoolisée, injectée dans une vessie
vessie, et qu’on dépose un sel ferrique sur la face externe de ce réservoir, on ne verra pas se lormer de bleu de Piusse, preuve que les deux sels sont séparés par une barnèie infranchissable, l’épithélium1. Mais si avec un lil de fer in-
1 Les recherches de MM. Cazeneuve et Livon viennent entièiement confirmer les résultats, aujourd’hui classiques, publiés par Küss et Susini. Dans ces nouvelles recherches les expérimentateurs ont surtout cherché si l’urée traverse l’épithélium vésical, et ils ont à cet efTet étudié la dialyse sur des vessies pleines d’urine, extirpées à des chiens et plongées aussitôt dans l’eau distillée. Dans plus de vingt expériences ils ont reconnu que la dialyse ne commençait que quatre heures après la mort de l’animal ; le raclage de la muqueuse avec le bec mousse d’une sonde amène la dialyse de Curée a travers une vessie qui vient d’être extraite, ce qui permet bien d’affirmer que l’imperméabilité vésicale est due à la fonction physiologique piopre de l’épithélium. — L’élévation ou l’abaissement de la température ferait perdre à l’épithélium ses propriétés. Chez l’animal en pleine digestion cette fonction épithéliale est très accusée ; mais dans 1 étal
Fig. -153. — Épithélium de la vessie*.
atteinte de catarrhe, a donné lieu rapidement aux accidents de l’ivresse.
Cet épithélium conserve encore sa vitalité et par suite son imperméabilité quelques heures après la mort; si on injecte par une sonde du ferro-cyanure dans la vessie d’un animal, qu’on le mette à mort, qu’on découvre la
ta’ol. I, fig. 8.)