EXCRÉTION DE L’URINE (VESSIE
troduit dans la vessie par le canal de l’urèthre, on gratte ou idétruit un peu la suface épithéliale, aussitôt on voit se former une tache bleue en ce point. Cette opposition au passage résulte donc uniquement de la présence de l’épithélium, et il ne suffit pas, pour expliquer la non-absorption, d’invoquer l’absence d’origines lymphatiques dans la muqueuse vésicale, d’autant plus que nous avons vu que 'dans les phénomènes d’absorption les vaisseaux, sanguins •sont pour le moins aussi importants que -les lymphatiques1.
Les muscles des parois vésicales sont lisses, et par suite ià contractions lentes et paresseuses; mais ils sont aussi très élastiques, aussi la vessie est-elle très dilatable, et l’urine peut-elle s’y accumuler en quantité considérable. Quand cette distension du réservoir est poussée à l’extrême, elle devient une cause d’irritation pour la fibre musculaire, qui alors se contracte, et la vessie tend à expulser sou contenu: nous allons voir dans un instant que c’est cette réaction de la vessie contre son contenu qui amène le besoin d uriner. Lorsque la vessie est enflammée, ses parois musculaires sont moins élastiques (voy. Physiologie du muscle), et elles réagissent plus vite sur le contenu du réservoir; de là les fréquents besoins d’uriner dans ces circonstances.
Une question importante et d’ordinaire mal définie est celle de savoir comment l’urine, à l’état de repos de la vessie, est retenue dans ce réservoir et ne s’en échappe pas par l’orifice du col. On dit d’ordinaire que le col de la vessie est fermé par la contraction d’un sphincter vésical qui l’entoure; mais ces faisceaux musculaires sont très peu prononcés, et nous savons de plus qu’un muscle ne peut être continuellement contracté. Le
d’inanition, la fonction de l’épithélium est peu persistante après la mort. Enfin, certaines lésions des reins ou de la moelle épinière porteraient atteinte aux propriétés physiologiques de l’épithélium. — Nouvelles recherches sur la physiologie de l’épithélium vésical. Note de Cazeneuve et Livon (Comptes rendus Acad, des sciences, 16 sept. 1878).
1. Voy. J.-J.-C. Susini, De V Imperméabilité de l’épithélium vésical. Thèse de Strasbourg, 1867, n° 30. — Dans l’urèthre, au contraire, l’épithélium, beaucoup moins résistant, et de nature différente (cellules cylindriques cl pavimenteuses), permet parfaitement l’absorption. (Voy. Alling., thèse de Paris, 1871.)
APPAREIL URINAIRE
col de la vessie est fermé parce que c’est là sa forme naturelle, c’est l’état normal de son sphincter, comme de tous les anneaux musculaires semblables: ils oblitèrent à l’état de repos, et en vertu de leur seule élasticité, Forilice qu’ils circonscrivent. Mais pour peu qu’une cause quelconque tende à violenter ce sphincter, il devient impuissant à interdire le passage, et l’urine se fait jour à travers lui. La femme ne possède guère que cet appareil de contention, et aussi le moindre effort, un éclat de rire, font facilement sourdre quelques gouttes d’urine. — Mais il faut noter un grand nombre de dispositions particulières, et puissantes surtout chez l’homme, qui font que réellement il n’existe pas d’orifice à la vessie à l’état de repos.
D’abord l’axe de la vessie (Fig. 154) est loin d’être vertical, il est bien plutôt horizontal (cet organe étant couché sur la symphyse pubienne, elle-même presque horizontale); le conduit excréteur, le canal de l’urèthre, est d’abord dirigé verticalement en bas, puis se redresse pour marcher directement en avant, il en résulte pour ce conduit une grande tendance à être comprimé quand la vessie vient à se remplir énormément.
Vient ensuite la présence de la prostate (P/?, fig. 154), organe dur, composé de tissu fibreux, de glandes et d’éléments musculaires: cette prostate est traversée par 1 orifice du canal de l’urèthre, qu’elle entoure de façon à l’oblitérer complètement et à mettre ses parois opposées en contact. C’est là la principale cause de la rétention de l’urine dans la vessie à l’état de repos chez l’homme. Que la prostate s’hyperiropliie, elle constituera alors une barrière de plus en plus efficace, trop efficace même, et c’est ainsi qu’elle devient, chezles vieillards, la cause du plus grand nombre des rétentions pathologiques, c est-à-dire des rétentions que ne peuvent vaincre les efforts expulsifs de la \essie.
L’aplatissement du canal de l’urèthre et le contact de ses parois sont encore effectués parla disposition des aponéwoses périnéales, dont les faisceaux fibreux élastiques tirent de chaque côté sur ses parois en allant se fixer aux branches ascendantes de l’ischion et descendantes du pubis, de sorte qu’à ce niveau le canal est réduit à une fente transversale, et qu’il faut un certain effort expulsif pour en dilater la lumière.
Ainsi lorsque l’urine n’est pas poussée vers le canal de 1 urèthre, vers l’orifice vésical, avec une certaine force, cet oiifice n’existe réellement pas, et il n’est pas étonnant que le liquide s’accumule dans la vessie, dont les parois musculaires sont si élastiques et si dilatables. 11 n’y a donc aucune contraction, au cun acte physiologique proprement dit qui intervienne poui s op