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C. — Tubercules quadrijumeaux

Les fonctions des tubercules quadrijumeaux sont en rapport, sinon avec les perceptions visuelles, du moins avec la coordination des mouvements des globes oculaires et des mouvements réflexes qui amènent la dilatation ou le resserrement des deux iris (Herbert Mayo, Flourens) ; mais, en l’absence des hémisphères cérébraux, les impressions lumineuses, quoique parfaitement perçues (l’animal suit des yeux et de la tête les mouvements d’une bougie allumée), ne sont pas conservées et ne peuvent pas donner lieu à une élaboration intellectuelle ; ce sont, à ce point de vue seulement, des sensations imparfaites : l’animal voit, mais il ne regarde pas spontanément. Les tubercules quadrijumeaux sont aux sensations visuelles ce que la protubérance est en général aux sensations de tact, de douleur, etc. Il est probable que ces tubercules président encore à d’autres fonctions, jusqu’à présent indéterminées, puisqu’on les voit très développées chez des animaux complètement privés de la vue (Taupe asiatique, Cécilie, Myxine) : aussi Serres

DU SYSTÈME MERVEUX.

avait-il considéré ces organes comme des centres de coordination des mouvements.

Les excitations portées dans la région des tubercules quadrijumeaux donnent lieu à des troubles du mouvement (Serres, Flourens), mais ces effets paraissent tenir à ce que les pédoncules cérébraux, ou tout au moins les pédoncules cérébelleux supérieurs sont fatalement atteints dans les expériences de ce genre. C’est qu’en effet les blessures des pédoncules cérébraux et même celles des hémisphères cérébraux (dont ils représentent les fibres afférentes et efférentes) produisent aussi, soit dit en passant, des mouvements de rotation qui, du reste, rentrent tous dans la variété des mouvements de manège, le cercle décrit étant plus ou moins grand. D’après les expériences de Prévost, ce mouvement de manège aurait lieu, dans ce cas, invariablement du côté de l’hémisphère lésé. Ce mouvement devient plus manifeste quand on atteint les couches profondes de l’hémisphère (corps strié, couches optiques et enfin pédoncule cérébral). Il n’y a donc pas à parler avec certitude des tubercules quadrijumeaux, comme organes coordonnateurs desmouvements généraux.

D. — Hémisphères cérébraux.

a. Fonctions générales des cen tres cérébrauoc 'proprement dits.

En généralisant l’expression de phénomènes réflexes, nous pouvons l’appliquer aux phénomènes qui se passent entre la moelle et l’encéphale : en effet le cerveau ne paraît communiquer directement avec aucune des parties de la périphérie, il ne peut percevoir que ce qui se passe dans la moelle; puis dans le cerveau les réflexes se font pour ainsi dire à l’infini, entre les nombreux centres réunis par des commissures multiples; et c’est après cette série d’actions, qui en partie constituent pour le moi ce quon appelle la perception, que le cerveau réagit sur la moelle et de là sur l’extérieur, dans les phénomènes qui sont considérés comme volontaires.

Sensations. Le cerveau est donc le siège du phénomène de la perception, sous l’influence d’un agent extérieur dont

CERVEAU : SENSATIONS. lü7

i action lui est transmise par les nerfs périphériques et par a moelle. En effet la perception ne se produit pas clans le sommeil, pendant lequel le cerveau est hors de service (\°\. plus haut (p. 101) le rôle de la protubérance comme siégé des sensations brutes, c’est-à-dire qui ne se transforment pas en idées).

Les phénomènes de perception se divisent en ceux qui nous donnent des renseignements précis sur les objets extérieurs : ce sont les sensations spéciales, que nous étudierons à propos des organes des sens; et ceux nommés sensations générales, qui nous avertissent seulement des modifications que subissent nos organes, sans nous donner de renseignement précis sur la nature des agents qui amènent ces modifications : la douleur est le type de cette seconde espèce de sensations. On trouve des transitions entre ces deux espèces de sensations, que l’on nomme encore, les premières objectives, et les secondes subjectives.

Les sensations générales ou subjectives peuvent ellesmemes présenter deux formes : dans la première forme la sensation (de douleur par exemple) se localise parfaitement comme la sensation cl’une brûlure sur un point de notre té-

T°"î* frme’ au c0lUraire- la sensation lagut. et difficile a localiser, comme le malaise minéral

!ue ,iait éprouver un commencement d'asphyxie. On a cher

die a exprimer cette différence en appliquant à celle der-

mere forme de sensation le nom de sentiment et réservant

a a piemierc celui de sensation proprement dite. Mais une

meme influence peut faire naître à la fois une sensation

C'fst a nsi °Ca 'teef e‘ U'le Sensation va8ue 0li sentiment, nonl f„" -q a fa,m se manifeste par une sensation que

m cl et .la0"5 e" S!nera' (ia"S le creux épigastrique (estodans to , r U" smUmcnt vasne et indéfini qu’on éprouve dans tout I organisme et qui s'étend jusqu’aux extrémités

o forme de fatigue. Il en est de même de la soif, qui se

aérai Lhang,„l“,“af,',n SUUoraIe’ e‘ "" “”“•»** <*-

Les sensations localisées se produisent d’ordinaire sons influence d une action extérieure portée sur une partie determinee de nos surfaces, et parviennent aux centres

DU SYSTÈME NERVEUX

nerveux par des nerfs toujours également déterminés. Mais si une cause vient agir sur ces nerfs en un point quelconque de leur trajet, nous percevons la sensation qui en résulte comme se produisant vers le point de la surlace d’où viennent les nerfs en question. Si l’on comprime brusquement le nerf cubital vers la partie postéro-interne du coude (gouttière épitrochléo-olécrânienne), c’est vers l’extrémité'cutanée de ce nerf, c’est-à-dire vers la partie interne de la main (et surtout vers le petit doigt) que nous localisons l’impression douloureuse ainsi produite. Ce phénomène constitue ce qu’on nomme Y excentricité des sensations. Quel que soit le point où le nerf est atteint, la sensation est toujours excentrique; même quand le centre nerveux est atteint, c’est à l’extrémité périphérique du nerl sensitif en rappport avec ce centre que nous localisons la sensation. Les malades frappés d’apoplexie cérébrale se plaignent de douleurs périphériques dont la cause est entièrement centrale.

Ces considérations nous donnent la clef du mécanisme par lequel se produisent les hallucinations , dont la cause réside dans l’encéphale et. qui donnent lieu à des sensations que le malade rapporte à la périphérie.

C’est ainsi que s’expliquent également les sensations associées : une sensation extérieure parvenant à un centre nerveux peut y produire une excitation assez iorle pour s’irradier vers des centres voisins ; ceux-ei nous donneront alors des sensations identiques à celles que nous éprouverions s’ils avaient été mis en jeu par les nerfs qui les lont communiquer avec la périphérie Ainsi, un corps mtro- ,luit clans l'oreille (conduit auditil externe) peut produire comme sensation associée un sentiment de chatouillement dans l’arrière-gorge, par suite la toux et meme le vomissement. Ces associations se font dans ce cas grâce au voisinage du noyau gris central du trijumeau et du noyau du glosso-pharyngien et du pneumogastrique, d ou irradiation des excitations perçues par le premier jusque sur les seconds. (Voy: les fig. 1!) et 21, p. 8c et 9d.)

Mémoire et volonté. Enfin les sensations présentent encore ce fait particulier qu’elles peuvent être comme emm a-

Acéphale : instinct et intelligence. JOü

gasmées dans les organes cérébraux ; les impressions s’y fixent, pour reparaître plus tard : ainsi se produisent les phenomenes désignés sous le nom de mémoire. Les sensations, ainsi conservées comme à l'état latent, reparaissent alors, par un mécanisme analogue à celui des sensations associées, et la reviviscence d’une sensation particulière peut amener celle d’une foule d'autres voisines ou anaîô-

S s . une idée en appelle une autre ; c’est ce qu’on appelle 1 association des idées. 1 jppene

Tous ces phénomènes (perception avec mémoire idées volonté) sont aujourd’hui parfaitement localisés dans la couche grise corticale des circonvolutions cérébrales - celte pa'lie des hémisphères cérébraux est, en un mot le siè"o des facultés intellectuelles et instinctives. En effet Flou rens a montre qu’un animal privé de ses lobes céréb aux' prend! air assoupi, n’a plus de volonté par lui-même ne se livre a aucun mouvement. spontané; mais quand on le frappe quand on le pique, il affecte encore les allures d’un anima qui se réveille. Si c’est un oiseau, il „e vole Vu" quand on le jette en l’air; si c’est une grenouilîe elle , e saute que quand on la touche. Flourens semblait en conclure que I animal n’avait plus de sensation. 11 estLelZlé garnie de dire que les actions que nous venons d’indiuuer e peuvent s’opérer sans être provoquées par des sê’sa

'™Z‘ -T™ Tr nis0naées’

a plusieurs reprises contre le même obstacle n„ » » cipal oùTes^se ‘V'0*168 Cérébra“ '« «ce ptacle pT

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Kèss ci p"Sgfe Ct Caractérisée par un arrêt

110 DU SYSTÈME NERVEUX

de développement des lobes cérébraux, l’observation a établi que cet état coïncide toujours avec un avortement plus ou moins complet des facultés intellectuelles.

Le phénomène central de la volonté nous échappe du reste, à moins qu’il ne rentre dans la série des associations d’idées l. Mais nous savons du moins que les lésions du cerveau détruisent les manifestations dites volontaires, paralysent les mouvements volontaires d’une manière croisée: les mouvements du côté droit du corps sont cibolis peu une lésion siégeant dans V hémisphère gauche et vice versci. Les nerfs centrifuges conducteurs de la volonté s’entre-croisent donc en s’éloignant du cerveau. Mais il ne faut pas localiser cet entre-croisement uniquement à l’extrémité inférieure des pyramides : il se fait sur une région plus vaste depuis ce point jusqu’<î la partie la plus antérieure de la protubérance. Une lésion qui siégera en un point de cette étendue pourra donc atteindre à la fois des fibres déjà entrecroisées et des fibres qui ne le sont point encore, et produire ainsi ces curieuses paralysies alternes, qui siègent du côté droit pour la face par exemple, et du côté gauche pour le reste du corps. Dans la moelle les conducteurs de la "volonté se trouvent dans les cordons antérieuis et dans les latéraux. (Voy. : Plnjsiologie de la moelle, p. 68, 85 et 100.) 1 Nous trouvons pour les phénomènes volontaires et poulies phénomènes de motilité en général des associations analogues a celles que nous avons trouvées pour la sensi-

1 « Celte hypothèse ferait disparaître la difficulté de chercher dans 1 ’nrnane central le commencement et la fin d’une sene de dégageants non rhythmiques et non continus (c’est-à-dire spontanés et sans cause physique). Dans ce cas les phénomènes materiels qui se nassent dans l’organe central ne se distingueraient des simples pher0mènes réflexes que par une extension plus grande, soit dans le tels so t dans l’espace, localisée dans de nombreux organes don

licitation est unie à la manifestation d’idées... Or, comme on peut 1 excitation est u forment des séries non interrompues

fficTchTînes de pensées) dont le point de départ se rattache a une excitation nerveuse (sensation) et dont le point ter^inal es ,a tour une idée unie à une excitation nerveuse (volon c

donc à chercher l’origine de toute excitation nerv0"*®^°“ta^“r® dans l’excitation d’un organe terminal nei veux pénpl q ;

mann, Physiologie, trad. française, p. 437.)

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