I. — FÉCONDATION
La fécondation résulte de la rencontre de Yovule et des
n’est là qu’un avortement des premiers jours ou des premières semaines(Haussmann) ; mais Courtya réuni plusieurs observations incontestables de menstruation membraneuse chez des vierges et chez des femmes mariées, chez lesquelles, malgré l'interruption avérée des rapports conjugaux, le phénomène se reproduisait avec une persistance qui ne saurait laisser de doute sur sa nature.
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spermatozoïdes. Nous connaissons l’appareil mâle destiné à éjaculer le sperme. L’appareil femelle destiné à le recevoir comprend :
(a) Les organes génitaux externes, qui possèdent des appareils érectiles ( bulbe duvagin, et corps caverneux du clitoris) analogues à ceux de l’homme, quoique rudimentaires; ces organes, et surtout la région clitoridienne, analogue au gland de la verge, sont le siège principal des sensations génitales voluptueuses.
(b) Le vagin, à l’entrée duquel (entre les petites lèvres et les caroncules myrtiformes) s’ouvre de chaque côté le canal excréteur des deux glandes de Bartholin, glandes analogues, et par leurposition etparleur produit, aux glandes de Cooper, que nous avons étudiées chez le mâle. Leur produit paraît destiné à lubréfier l’entrée du vagin. — Ces glandes sont intéressantes au point de vue pathologique : c'est en elles que siège chez la femme l’inflammation analogue à la blennorrhagie de l’homme: dans ces cas il n’y a presque jamais vaginite; la blennorrhagie chez la femme se traduit par ce qu’on peut appeler une Barlholinite .
Le vagin est essentiellement l’organe de la copulation: ses rides et ses plis transversaux excitent au plus haut degré la sensibilité du gland et amènent le réflexe de l’éjaculation; c’est donc dans le vagin que sont versés les spermatozoïdes. Aussi l’état de cette muqueuse peut-il avoir une certaine influence sur la vitalité de ces éléments fécondateurs: si la desquamation vaginale est notablement acide, son contact avec les spermatozoïdes peut être fatal àces filaments vibratiles, car on sait qu’ils sont frappés de mort, comme toutes les cellules à cils vibratiles, au contact d’un liquide acide. Au contraire la présence d’un mucus alcalin, comme celui que produit normalement l’épithélium pavimenteux du col de l’utérus, est éminemment favorable à la vie et aux mouvements des spermatozoïdes (voy. p. G84).
Les sensations génitales voluptueuses qui accompagnent l’acte du coït chez l’homme et qui sont nécessaires pour amener le réflexe de l 'éjaculation, ne paraissent pas devoir accompagner nécessairement cet acte chez la femme, afin d’amener la fécondation ; les seules conditions que doivent
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remplir les organes génitaux externes de la femme, c'est de permettre que la semence soit introduite dans le vagin et puisse y être retenue. La membrane hymen, qui présente toujours une perforation de forme variable (hymen semilunaire, hymen en fer à cheval, hymen annulaire, hymen bilabiéï, n’oppose pas d’obstacle à cette introduction, et du reste elle est d’ordinaire brisée dans le premier coït ; mais parfois cette membrane présente une sensibilité toute particulière, qui, mise en jeu par les plus légers attouchements, amène par action reflexe une contraction énergique du -sphincter du vagin, contraction accompagnée de violentes
douleurs et mettant obstacle à tout coït.
C’est ce phénomène si curieux au point de vue physiologique que Mar. Sims (de New-York) a étudié sous le nom de' vaginisme : Sims compare avec raison le vaginisme au blépharisme ou contraction spasmodique douloureuse et involontaire de 1 oibiculaiie des paupières, accompagnée d’une extrême sensibilité ou photophobie1. Ce chirurgien a de plus montré que le vaginisme ne pouvait être détruit ni modifiié par la dilatation forcée ou giaduelle, tant qu’on ne s’adressait pas au point de départ du réflexe, c’est-à-dire à l’hymen ou à ses débris (caroncules myrtiformes), mais que l’excision et la cautérisation de ces membianes sensibles (surtout à leur surface externe) font disparaître aussitôt les contractions spasmodiques qui étaient la suite deleur hyperesthésie.
Il est possible que le sperme soit lancé directement jusque dans l’utérus, car l’ouverture du méat urinaire du gland étant verticale, et celle du col de 1 utérus transversale, il y a Là une condition qui doit favoriser le passage dans la seconde ouverture du liquide qui sort avec violence de la première. Ce passage est peut-être favorisé par un état d’érection de l’utérus et de son col, érection qui ouvrirait largement l’ouverture de ce dernier ■, on a dit aussi que cette érection, dilatant la cavité delà matrice, amenait de la part de celle-ci une véritable aspiration sur le sperme.
l.Voy. pour plus de détails sur lu physiologie pathologique du vaginisme: Stoltz, Contracture spasmodique de l'orifice vaginal par hyperesthésie ( Vaginisme ). — Gazette médicale de Strasbourg, janvier
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Cependant l’observation directe chez les animanx (lapine) fait voir que le sperme n’est versé que dans le vagin 1 : Coste a montré même qu’il s’écoule de 10 à 20 minutes avant, que les spermatozoïdes commencent à se montrer dans l’ouverture du museau de tanche et dans la cavité du col. Aussi toute cause, naturelle ou artificielle, qui viendra atteindre la vitalité des spermatozoïdes (comme l’acidité du mucus vaginal) pendant leur séjour dans le vagin, mettra obstacle à la técondation. Les recherches de Coste lui ont montré chez la lapine l’existence d’une sécrétion particulière au niveau du col de la matrice, sécrétion qui vient diluer le sperme et augmenter la vivacité des mouvements des spermatozoïdes. Le sperme aurait donc à subir dans cette antichambre de la matrice une élaboration comparable à celle qui résulte déjà, dans les voies génitales du mâle, de son mélange avec les produits des vésicules séminales, des glandes bulbo«-uréthrales, etc. — 11 en serait de même dans 1 espèce humaine, d’après les recherches de Arm. Després (Académie de médecine, décembre 1869) : « Le col de butérus renferme des glandes en grappe ou tubuleuses rami- . ... . .. ■ . . .....
1. Nous ne pouvons toutefois nous dispenser de rapporter une observation très curieuse faite chez la femme et qui confirmerait singulièrement la théorie d’une aspiration active de la matrice sur le sperme pendant l’orgasme vénérien. Celte observation, due à un médecin anglaisai été reproduite dans tous les journaux de médecine (voy. Mouvement médical du 8 mars 1873). 11 s’agit d’une femmeatteinte de chute de la matrice et chez laquelle le moindre contact sur le col utérin amenait l’orgasme vénérien: « Je glissai la pulpe de mon indicateur trois ou quatre fois le long du col de l’utérus; immédiatement l’orgasme survint... Le col utérin, au début, était dur, ferme et avait l’aspect normal; son ouverture était close et n’aurait pu admettre la sonde. Presque aussitôt après le contact, le museau de tanche s’ouvrit largement et bâilla cinq ou six fois, pendant que l’ouverture externe était attirée vigoureusement dans l’intérieur de la cavité du col; ces phénomènes durèrent environ 20 secondes, puis tout rentra dans l’état normal, l’ouverture se referma cl le col reprit sa place... Quand j’aurai ajouté que la malade était très intelligente, qu’il n’y avait aucun état inflammatoire ni à l'ouverture, ni dans le col utérin, ni dans le vagin, et que toutes les parties étaient saines, qu’il n’existait qu’un déplacement, on pourra penser avec moi que j’ai été témoin de ce qui se passe pendant le coït, et que le passage du liquide spermatique dans l’utérus peut de cette façon s'expliquer clairement. »
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îées siégeant en partie dans le tissu musculaire de l’utérus, :omme les glandes prostatiques au milieu des fibres musculaires de la prostate. Ces glandes sécrètent un liquide clair, visqueux, albumineux, analogue au liquideprostatique, qui sort du col d’une façon intermittente et produit l'éjaculation de la femme. Ce liquide sort lentement du col et reste sur le museau de tanche et dans la cavité du col: cette éjaculation de la femme est destinée à fournir un véhicule aux zoospermes pour leur permettre d’arriver sûrement dans le col de V utérus l. »
Dans ces circonstances il est incontestable que ce qui joue le rôle essentiel pour faire parvenir des spermatozoïdes jusqu’à l’ovule, ce sont les mouvements propres de ces éléments vibratiles : il a suffi parfois que le sperme fût déposé à l’orifice vulvaire pour que les spermatozoïdes, par leurs propres mouvements, arrivassent à l’ovule, en suivant le vagin, le col et le corps de la matrice, et enfin les trompes de Fallope. Dans ce voyage plus ou moins long des ■spermatozoïdes, qu’on a appelés animalcules , il n’y a cependant ni spontanéité ni instincts: ils sont très nombreux, doués de mouvements très vifs, et du moment qu’ils se trouvent dans un liquide alcalin, ils se répandent de tous cotés et quelques-uns arrivent par suite jusqu’à la dernière extrémité des trompes de Fallope; c’est ainsi qu’un peu de sperme de batracien, déposé à l’extrémité d’un de ces longs chapelets d’œufs que pondent ces animaux, va féconder jusqu’aux derniers ovules de l’autre extrémité de cette chaîne.
C’est sur l’ovaire même ou au niveau du pavillon de la trompe que se produit la rencontre des spermatozoïdes avec l’ovule, la fécondation, comine le prouvent les grossesses péritonéales et tubaires.
Quant au phénomène même de la fécondation, il résulte de la pénétration des spermatozoïdes dans l’épaisseur ■ même de l’ovule, où ils fondent et disparaissent : cette pénétration est difficile à comprendre, vu l’épaisseur de
1 . Arm. Després, Études sur quelques points de l’anatomie et de la physiologie du col de l’utérus. (Bulletin de l' Acad, de medecine, 1809, t. \XX1V, p. 1131.)
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la membrane vitelline, mais chez nombre d’animaux on a pu constater dans cette enveloppe des pores ou canalicules destinées à donner passage à l’élément fécondant (micropyle).
Dans un travail récent 1 sur la fécondation et le développement de l’ovule du lapin, Weil a pu s’assurer de la pénétration des spermatozoïdes dans l’intérieur de l’ovule lui-même. Il aurait en outre constaté que ces éléments conservent leurs mouvements d’une façon très active plusieurs heures après leur passage à travers la membrane vitelline. Il les aurait vus non seulemont dans l’intervalle qui sépare les cellules du vitellus, après la segmentation de celui-ci, mais encore dans l’intérieur même du protoplasma des cellules vitellines. Là les spermatozoïdes ne tardent pas à perdre leurs contours et disparaissent. Tout porte donc à croire que l’acte de la fécondation consiste essentiellement en une fusion intime du spermatozoïde avec l'élément femelle., ainsi du reste que le démontre l’étude delà fécondation chez les végétaux inférieurs (chez les spirogyra par exemple).
L’ovule fécondé subit des métamorphoses que nous étudierons dans un instant; mais si nous le suivons dans son trajet, du pavillon de la trompe vers la matrice, nousvoyons que les organes qu’il parcourt ne se comportent plus de la même manière qu’ils le faisaient pour l’ovule non fécondé. Sous l’influence excitante de ce corps en voie de développement, l’épithélium utérin entre dans un état de vie tout particulier : la muqueuse forme de vastes bourgeons, et lorsque l’ovule arrive dans la matrice il se loge dans la cavité, dans le fond de l’espèce de vallée circonscrite par deux bourgeonnements ou villosités de ce genre; celles-ci continuent à se développer de tous côtés autour de l'ovule, qu’elles finissent par entourer, de manière à lui constituer une enveloppe continue, que l’on nomme la caduque (fig* 102, c, ce, f, k).
Toute la muqueuse utérineprend alors le nom de caduque : la partie qui tapisse l’utérus se nomme caduque utérine