ENCÉPHALE : LOCALISATIONS CÉRÉBRALES. TU
veau ; mais de même qu’il y a quelques gauchers qui dirigent ces mêmes actes avec l'hémisphère droit, de même il y a quelques individus qui dirigent de préférence le langage articulé avec la troisième circonvolution frontale droite. Ces hypothèses si ingénieuses de Broca ont été depuis confirmées par des observations qui parlent toutes dans le même sens, c’est-à-dire d’une part par les observations où on a vu des gauchers devenus aphasiques, api es une lésion du territoire du côté droit (qui pour eux ■est 1 hémisphère actif), et d’autre part par les observations de gauchers non aphasiques malgré une lésion de la troisième circonvolution frontale gauche (voy. thèse de Lépine, p. 25). Enfin, lorsqu’un individu qui a appris à parler avec l’hémisphère gauche est privé, par suite d’une lésion pathologique ou traumatique, de l’action de la troisième circonvolution frontale gauche, il cesse de parler parce que la circonvolution du côté droit est incapable de lui servir; mais il peut au bout d’un temps plus ou moins long, à la suite d’une éducation nouvelle Je plus souvent insuffisante, suppléer en partie, à l’aide de celte circonvolution droite, aux fonctions abolies du côté opposé. Ces observations rendent compte de tous les faits en apparence si contradictoires qu’a fournis l’étude de l’aphasie. (Broca, Société d anthropologie, 1865.)
2® Des localisations cérébrales pourraient être également déterminées et circonscrites par des excitations expérimentales portées sur certaines parties de l’écorce cérébrale, telle est du moins l’opinion professée aujourd’hui par quelques physiologistes. Cette question est encore à l’étude; elle vient à l’encontre de ce qu’on admettait généralement jusqu’à ce jour, à savoir que Ja substance grise, à l’inverse de la substance blanche, n’est pas directement excitable; mais ce principe ne saurait être posé d une manière absolue; il n’y a pas en physiologie de principe semblable qui puisse être considéré comme de nature à faire dire non avenus des résultats bien établis par l’expérience. Malheureusement, les expériences d’excitation directe de l’écorce cérébrale ne sont pas à l’abri des objections. En présence des résultats contradictoires obtenus par divers expérimentateurs, nous devons procéder à un exposé méthodique des expériences produites et des explications mises en avant, en discutant les objections Imtes a la théorie des localisations corticales; nous arriverons ainsi a une conclusion qui, sans nier les localisations, attribuera les phénomènes observés bien plus à l’excitation ou à la lésion 1 0 a suJ,slai)cc blanche qu’à celle de la substance grise corticale. Les recherches actuelles sur l’excitation expérimentale de
DU SYSTÈME NERVEUX
certaines circonscriptions corticales des hémisphères ont eu pour point de départ les expériences de Fritsch et Hitzig. Ces auteurs, mettant à nu une certaine étendue des hémisphères d’un chien, cherchèrent s’ils ne pourraient pas obtenir des mouvements par l’excitation électrique de l’écorce cérébrale. Dans ces circonstances, ils obtinrent en effet des mouvements des membres et de la face. Ferrier institua à Londres des expériences semblables et observa les mêmes phénomènes1. Les résultats les plus saillants de ces recherches sont les suivants : les parties antérieures des hémisphères sont les seules parties
Fie. 2o. — Schéma probable des centres moteurs volontaires chez l'homme*.
dont l’excitation électrique produise des mouvements du corps ; dans certaines parties des circonvolutions de cette région antérieure se trouvent des lieux bien circonscrits et tels que l’excitation portée à ce niveau produit des mouvements isolés des paupières, du globe de l’œil, de la bouche, de la langue, du membre antérieur, du pied, de la queue, etc.; l’action des hémisphères est en général croisée. 11 n’entre pas dans notre plan d’indiquer ici, avec plus de détails, les régions cérébrales dont, chez le chien, l’excitation produit les résultats particuliers sus-
1. Ferrier, les Fondions du cerveau, trait, par 1t. C. de Varigny, Paris, 1878.
* F, Lobe frontal; — P, lobe pariétal; — O, lobe occipital; — T, lobe temporal (ou sphénoïdal) ; — 1, centre du langage articulé (siège des lésions dans l’aphasie); — 2, centre des mouvements du membre supérieur; — 3, centre pour le membre inférieur; — 4, centre pour les mouvements de la tête et du cou; 5, centre pour les mouvements des lèvres; — G, centre pour les mouvements des jeux.